Constitution en 17 articles

constitution historique du Japon

La Constitution en 17 articles (十七条憲法, Jūshichijō kenpō?) est un document juridique japonais qui aurait été écrit par le prince Shōtoku en 604. S'il porte le nom de constitution, ce texte ne met l'accent sur les lois fondamentales par lesquelles l'État doit être régi. Il s'agit plutôt d'un document d'inspiration bouddhiste et confucéenne qui traite de morale et qui proclame les vertus attendues des responsables gouvernementaux et des sujets de l'empereur. C'est l'un des premiers documents dictatoriaux moraux de l'histoire.

Histoire

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La chronique historique du Japon Nihon shoki (720) indique que la Constitution en 17 articles aurait été rédigée en 604[1]. Le texte aurait été adopté au cours du règne de l'impératrice Suiko, mais il est possible qu'il date plutôt de la fin du VIIe siècle[2].

Contenu

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La Constitution en 17 articles proclame des vertus que les fonctionnaires et les sujets de l'Empereur doivent suivre pour assurer le bon fonctionnement de l'État japonais, où l'empereur doit être considéré comme la plus haute autorité[3].

Le document est écrit sous la forme d'aphorismes ou de commandements. Sa toute première phrase est « Il faut honorer l'harmonie »[4]. Le document dispose également : « Vénère sincèrement les Trois Joyaux : le Bouddha, son enseignement et la communauté ordonnée » ; « Lorsque tu reçois les ordres impériaux, ne manque scrupuleusement pas de leur obéir » ; « Les ministres et les fonctionnaires devraient faire de leurs comportements décents leur principe directeur, car le principe directeur du gouvernement du peuple consiste en un comportement convenable » ; « Châtie ce qui est mal et encourage ce qui est bon » ; « Se détourner de ce qui est privé et se tourner vers ce qui est public » ; « Que chaque homme ait sa propre charge, et ne laisse pas les sphères du devoir être confondues » ; « Les décisions sur des questions importantes ne doivent pas être prises par une seule personne ».

Validité

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La mesure dans laquelle le document correspond à la définition d'une constitution est débattue. Bien qu'il introduise des principes de gouvernance tout comme le préambule des constitutions modernes comme la Constitution des États-Unis, il manque souvent d'autres éléments attendus. William Theodore de Bary soutient que « la “constitution” du prince Shōtoku place davantage l'accent sur les valeurs morales et spirituelles fondamentales que sur la codification détaillée des lois et leur application »[5].

Cette constitution est restée valable jusqu'à ce que le ritsuryō prenne effet à la fin du VIIe siècle. Il est souvent affirmé que les aspects non contredits par aucune législation ultérieure étaient encore considérés comme valables en 1890 et le sont encore aujourd'hui[6]. Hideaki Kase, commentateur conservateur, fait également valoir que puisqu'elle n'a jamais été explicitement abolie, elle est encore partiellement valable.

Notes et références

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  1. W. G. Aston, trans., Nihongi, Chronicles of Japan from the Earliest Times to A.D. 697, 2 vol. in 1 (London, Keagan and Co., 1896), vol. 2, p. 128-133.
  2. Laurent Nespoulous et Pierre-François Souyri, Le Japon : Des chasseurs-cueilleurs à Heian, -36 000 à l'an mille, Paris, Belin, coll. « Mondes anciens », , 538 p., chap. 7 (« Le Japon archaïque »), p. 274-275.
  3. William Theodore de Bary (dir.), Sources of Japanese Tradition, volume 1 : From Earliest Times to 1600, Columbia University Press, 2e édition, 2002, vol. 1, p. 54-55.
  4. Jean-Hubert Moitry, Le droit japonais, Presses universitaires de France, coll. « Que sais-je ? », (ISBN 978-2-13-041953-2)
  5. William Theodore de Bary, « The Constitutional Tradition in China », Journal of Chinese Law, vol. 9, no 7, 1995, p. 14.
  6. (en) « Prince Shotoku on Simply Japan », sur veryasian.weebly.com (consulté le ).

Annexes

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Liens externes

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