Coq Gaulois (cheval)
Coq Gaulois est un cheval de course pur-sang français, né en 1915 au haras de Campagne près de Nîmes, dans le département du Gard.
| Coq Gaulois | |
| Race | Pur-sang |
|---|---|
| Père | Royal Dream |
| Mère | Confiserie |
| Sexe | Étalon |
| Robe | Gris |
| Éleveur | Georges Arnaud |
| Propriétaire | Pierre Thomas, puis Charles Liénart, puis duc Decazes |
| Entraîneur | Jean Lieux |
| Jockey | William Head |
| modifier |
|
Il est connu pour avoir remporté le Grand Steeple-Chase de Paris en 1920, devenant ainsi le premier cheval à la robe grise à inscrire son nom au palmarès de cette épreuve depuis sa création en 1874.
Une course porte aujourd'hui son nom à l'hippodrome d'Auteuil.
Origines et élevage
modifierCoq Gaulois est élevé au haras de Campagne, situé dans les environs de Nîmes, dans le Gard, par Georges Arnaud, banquier et l'une des personnalités les plus marquantes du Midi de la France[1].
Coq Gaulois est le fils de l'étalon Royal Dream, ancien stayer anglais importé et étalon des Haras nationaux à Tarbes[2]. Sa mère, Confiserie, est une poulinière grise née en 1903 au haras de Campagne, fille de l'étalon Le Basilic et de Confiture (par Upas)[3]. Coq Gaulois est ainsi un pur produit du haras de Campagne par les deux branches de son pedigree. Sa robe grise est héritée en droite ligne du Basilic, lui-même gris par Le Sancy, via sa mère[2]. Sa naissance en 1915 et son pedigree complet sont attestés par la nomenclature du haras d'Ouilly publiée en 1922[4].
Georges Arnaud réservait depuis plusieurs années l'intégralité de sa production à Pierre Thomas, principal propriétaire hippique du Sud-Est.
Celui-ci revend Coq Gaulois après-guerre à Charles Liénart, banquier belge et grand propriétaire d'obstacle, titulaire de neuf titres de propriétaire entre 1899 et 1921[5].
Le cheval court sous les couleurs rouge toque rouge de Liénart, entraîné par Jean Lieux et monté par William Head, dit « Willy » ou « le Bison », né à Saint-Germain-en-Laye en 1890, leader de la profession en 1919 et 1920[5], père d'Alec Head et grand-père de Christiane Head.

Carrière
modifierSaison 1920
modifierEn avril 1920, Coq Gaulois remporte le Prix du Président de la République à l'hippodrome d'Auteuil lors du dimanche de Pâques, s'imposant facilement avec plusieurs longueurs d'avance[6].

Le Grand Steeple-Chase de Paris est couru le 20 juin 1920 devant 98 575 spectateurs payants[7]. Les deux grands favoris sont des représentants anglais : Troytown, vainqueur du Grand National d'Aintree quelques semaines plus tôt et tenant du titre à Auteuil, et Pœthlyn, double vainqueur du Grand National[7].
Au premier saut de la rivière des tribunes, Troytown mène devant Coq Gaulois. Après le bull-finch, Coq Gaulois prend l'avantage et s'impose sous la selle de William Head, en portant 66 kilogrammes, par quatre longueurs sur Héros XII, Troytown terminant troisième[8],[9].

La victoire d'un cheval portant un nom à consonance patriotique est saluée avec enthousiasme par un public à grande majorité français[7]. Coq Gaulois devient ainsi le premier cheval gris à remporter le Grand Steeple-Chase de Paris depuis la création de l'épreuve en 1874[2].

Saison 1921
modifierCoq Gaulois poursuit sa carrière sous les couleurs de Charles Liénart lors de la saison 1921. Le 17 novembre 1921 à Auteuil, sa rencontre avec Héros XII est présentée comme le clou de la réunion, mais le cheval déçoit et laisse la victoire aux représentants de M. Coulon[10].
Après la carrière sportive
modifierCarrière d'étalon
modifierCharles Liénart décède en novembre 1921 à 74 ans. Par testament, il lègue ses couleurs rouge toque rouge à William Head, en témoignage de la fidélité de son jockey. La totalité de son effectif est rachetée par le duc Decazes[5], qui acquiert à la fois le haras d'Ouilly, situé à Pont-d'Ouilly dans le Calvados, et l'ensemble des chevaux. Coq Gaulois y commence une carrière d'étalon, confirmée par la nomenclature du haras publiée dans Le Jockey en février 1922[4].
En février 1922, le duc Decazes offre gratuitement dix saillies de Coq Gaulois à la Société d'Encouragement à l'élevage du Cheval de Guerre, réservées à des juments poulinières de demi-sang primées[11].
Trois ans après avoir acquis l'effectif Liénart, le duc Decazes inscrit à nouveau son nom au palmarès du Grand Steeple-Chase de Paris grâce à un autre pensionnaire du haras d'Ouilly, L'Yser, vainqueur en 1923[9]. Coq Gaulois est exporté aux États-Unis en 1924[2],[12].
Hommage
modifierEn janvier 1923, le Prix de Boulogne à l'hippodrome d'Auteuil est rebaptisé Prix du Coq Gaulois, alors que le cheval est encore en activité comme étalon[13]. Cette course porte toujours son nom plus de cent ans après[14].

Une photographie de presse de l'Agence Rol, prise le 20 juin 1920 à Auteuil, est conservée à la Bibliothèque nationale de France et consultable sur Gallica[15].
Références
modifier- ↑ « Échos et nouvelles », Le Jockey, 23 octobre 1920, disponible sur RetroNews (BnF) : .
- 1 2 3 4 « Le Berry et la rare histoire des gris avec le Grand Steeple-Chase de Paris », sur France-Sire, (consulté le ).
- ↑ « Haras de Campagne : nomenclature au 1er janvier 1909 », Le Jockey, 22 janvier 1909, disponible sur RetroNews (BnF) : .
- 1 2 « Les Haras de France : Haras d'Ouilly, appartenant au duc Decazes », Le Jockey, 28 février 1922, disponible sur RetroNews (BnF) : .
- 1 2 3 « La Head-mania (2e partie) : William, le grand-père dit le Bison ! », sur France-Sire, (consulté le ).
- ↑ Le Monde Illustré, 10 avril 1920, p. 193, disponible sur RetroNews (BnF).
- 1 2 3 « Le Grand Steeple des anecdotes (2/2) », sur France-Sire, (consulté le ).
- ↑ « Après la Grande Quinzaine Hippique », La Vie au Grand Air, 20 juillet 1920, disponible sur RetroNews (BnF).
- 1 2 « Gagnants depuis 1874 », Le Jockey, 19 juin 1927, disponible sur RetroNews (BnF) : .
- ↑ Le Jockey, 17 novembre 1921, disponible sur RetroNews (BnF).
- ↑ « Le site de presse de la BnF », sur RetroNews, .
- ↑ Le Jockey, 20 juin 1925, disponible sur RetroNews (BnF) : .
- ↑ Le Siècle, 25 janvier 1923, disponible sur RetroNews (BnF) : .
- ↑ « Prix Coq Gaulois », sur France Galop (consulté le ).
- ↑ « Auteuil, 20/6/20, Coq gaulois gagnant du grand steeple », sur Gallica (BnF) (consulté le ).