Haras de Campagne
Le haras de Campagne est un ancien haras de pur-sang français situé dans les environs de Nîmes, dans le département du Gard, actif de la fin du XIXe siècle au début du XXe siècle siècle.
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Haras |
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vers 1895 (haras) ; 1902 (White House) |
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Propriété de Georges Arnaud, banquier nîmois et membre de la famille fondatrice de la banque Arnaud-Gaidan & Cie, il est notamment connu pour avoir produit Coq Gaulois, vainqueur du Grand Steeple-Chase de Paris en 1920.
Propriété familiale jusqu'en 1967, le domaine abrite aujourd'hui le Golf Club de Nîmes Campagne[1].
Histoire du domaine
modifierLe domaine de Campagne, situé à environ neuf kilomètres de Nîmes, est une propriété ancienne dont les origines remontent à l'époque des Templiers[1].

À la suite d'un incendie, Georges Arnaud, banquier issu d'une grande famille nîmoise, fait l'acquisition des terres afin d'en faire dans un premier temps un domaine dédié à la chasse[1].
Passionné par les États-Unis, Georges Arnaud décide, à son retour d'un voyage outre-Atlantique, de faire construire sur le domaine une réplique miniature de la Maison-Blanche de Washington. La construction, achevée en 1902 et baptisée « White Home », constitue aujourd'hui le club-house du Golf de Campagne[1]. Sa construction est mentionnée comme récente dans le reportage que Le Sport Universel Illustré consacre au haras en 1904[2].
Histoire du haras
modifierDès 1884, Georges Arnaud figure dans la presse spécialisée comme acheteur et vendeur de chevaux de sang[3]. Dans un premier temps propriétaire de chevaux de course actif, il loue sa cavalerie au comte d'Espous de Paul dès 1893[4]. Il décide en 1895 de louer la carrière de tous ses chevaux de course au comte de David de Beauregard et de se consacrer exclusivement à l'élevage du pur-sang[5].
Les environs de Nîmes ne passent pas, au début du XXe siècle siècle, pour une région naturellement propice à l'élevage du cheval de course. Le Sport Universel Illustré note en 1904 que cette opinion « s'impose plus vivement encore lorsqu'on promène un coup d'œil navré sur la ceinture de plaines arides qu'il faut traverser pour sortir de la vieille cité »[2]. Le haras de Campagne constitue à cet égard une exception remarquable, produisant des chevaux de qualité reconnue à l'échelle nationale dans un territoire où rien ne semblait le prédestiner.

Le domaine est décrit en 1904 par Le Sport Universel Illustré dans un reportage de cinq pages avec photographies. Il s'étend sur trente-cinq hectares, comprenant prairies dans les fonds, parcours d'entraînement sur le versant, paddocks entourés de barrières blanches et deux groupes de bâtiments pouvant accueillir une quarantaine de chevaux. Le journal décrit Georges Arnaud comme un éleveur qui consacre son activité au pur-sang « non comme une affaire, ni pour se créer une distraction ou une occupation », mais par amour du cheval[2].
Cette reconnaissance s'illustre lors des ventes de Deauville de l'été 1920, où Georges Arnaud figure en tête du classement des éleveurs avec 29 425 francs d'argent public, devançant des propriétaires et éleveurs de premier plan tels que le baron Édouard de Rothschild, propriétaire du haras de Méautry, ou le marquis de Ganay, président de la Société d'Encouragement[6]. Un éleveur du Gard, dans une région réputée hostile à l'élevage du pur-sang, domine ainsi le marché de la place hippique la plus prestigieuse de France.
À partir de 1910, un co-éleveur, M. A.-G. Zafiropulo, fait élever plusieurs poulinières au haras de Campagne aux côtés de Georges Arnaud[7].
Dans ses dernières années, Georges Arnaud réserve l'intégralité de la production du haras à Pierre Thomas, principal propriétaire hippique du Sud-Est, « qui a remporté avec eux les importants succès que l'on sait »[8].
Étalons
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L'étalon vedette du haras au début du XXe siècle siècle est Le Basilic, gris, né en 1893, par Le Sancy et La Dauphine. Ancien pensionnaire du baron de Schickler au haras de Meautry, il est frère utérin de Le Capricorne et de La Licorne. Loué puis acheté au baron de Schickler, ses poulains se distinguent par leur précocité et leur grande taille[2].
À partir de 1907, Le Basilic est remplacé comme étalon principal par Lamb (alezan, né en 1900, par Upas et Barbara/King Lud)[9]. En 1910, un second étalon, Bill et Portland (bai-brun, né en 1890, par Saint Simon et Electric Light/Sterling), rejoint l'effectif[7].
À partir de 1912, l'étalon national Royal Dream, ancien stayer anglais en poste à Tarbes, est utilisé pour la saillie de plusieurs poulinières du haras[10].

Poulinières et production
modifierLe haras compte une quinzaine de poulinières aux origines soigneusement choisies. Parmi les productrices notables figurent Saxe (alezane, née 1890), La Marizza (alezane, née 1891), Campana (baie, née 1894) et Roubine (grise, née 1892)[2].
Trois poulinières grises issues de la production du Basilic intègrent le haras en 1907 comme reproductrices : Confiserie (grise, née 1903, par Le Basilic et Confiture/Upas), Clochette (grise, née 1903, par Le Basilic et Campana/Krakatoa) et La Madrague (grise, née 1902, par Le Basilic et La Marizza/Silvio)[11].
Parmi les produits notables élevés au haras figurent Monopole II, Kara Bouroum, Marmouset II, Sacripant, Saint-Raphaël, Flageolet, Marie Galante et Mon Duc[2],[8].
Étalons
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L'étalon vedette du haras au début du XXe siècle siècle est Le Basilic, gris, né en 1893, par Le Sancy et La Dauphine. Ancien pensionnaire du baron de Schickler au haras de Meautry, il est frère utérin de Le Capricorne et de La Licorne. Loué puis acheté au baron de Schickler, ses poulains se distinguent par leur précocité et leur grande taille[2].
À partir de 1907, Le Basilic est remplacé comme étalon principal par Lamb (alezan, né en 1900, par Upas et Barbara/King Lud)[9]. En 1910, un second étalon, Bill et Portland (bai-brun, né en 1890, par Saint Simon et Electric Light/Sterling), rejoint l'effectif[7].
À partir de 1912, l'étalon national Royal Dream, ancien stayer anglais en poste à Tarbes, est utilisé pour la saillie de plusieurs poulinières du haras[10].
Dans ses dernières années, le haras adopte comme étalon Nuageux (bai, 1912, par Val Suzon et Louli, sœur de Nephté qui a produit Nuage et Nimbus, par Flying Fox et Fanny, par Isonomy). Nuageux a gagné le prix du Cèdre et le Grand Critérium d'Ostende à deux ans, et a couru deux fois en Angleterre à trois ans. Ses premiers produits ayant débuté en 1920 — Rule Britannia, Koutaïs, Canada, Arkangel — sont tous gagnants[12].

Produit majeur
modifierEn 1915, la poulinière Confiserie donne naissance à Coq Gaulois, gris, par l'étalon national Royal Dream. Coq Gaulois est ainsi un pur produit du haras de Campagne par les deux branches de son pedigree, sa robe grise étant héritée du Basilic via sa mère Confiserie[13].

Cédé par Georges Arnaud à Pierre Thomas puis à Charles Liénart, Coq Gaulois remporte en avril 1920 le Prix du Président de la République, s'imposant facilement avec plusieurs longueurs d'avance[14], puis en juin le Grand Steeple-Chase de Paris, devenant le premier cheval gris vainqueur de cette dernière épreuve depuis sa création en 1874[15]. Au Grand Steeple, Coq Gaulois prend l'avantage après le bull-finch et s'impose par quatre longueurs sur Héros XII devant Troytown[16].

En février 1922, le duc Decazes offre gratuitement dix saillies de Coq Gaulois à la Société d'Encouragement à l'élevage du Cheval de Guerre[17].
En janvier 1923, une course de l'hippodrome d'Auteuil est rebaptisée Prix du Coq Gaulois en hommage au plus célèbre produit du haras[18], course qui porte toujours ce nom plus de cent ans après[19].
Vente de dispersion (1920)
modifierLe 13 décembre 1920, moins de deux mois après la mort de Georges Arnaud, l'intégralité de l'effectif du haras de Campagne est dispersée lors d'une vente sans réserve organisée à Maisons-Laffitte[12]. Le catalogue comprend un étalon, neuf poulinières et six foals.
Étalon
modifier- Nuageux (bai, 1912, par Val Suzon et Louli/Flying Fox), vainqueur du prix du Cèdre et du Grand Critérium d'Ostende
Poulinières
modifier- Confiserie (grise, 1903, par Le Basilic et Confiture/Upas) — mère de Coq Gaulois, non saillie en 1920
- Rfoqa (alezane, 1904, par Grandmaster et Rossinante/Clairon) — mère de Ramscapelle II, non saillie en 1920
- Kaia (baie, 1906, par Perth et Kara Belnaia/Atlantid) — mère de Kara Bouroum, saillie par Nuageux
- Antonine (baie, 1909, par Rabelais et Amande/Vigilant) — gagnante de 25 000 fr. en plat et obstacles, saillie par Nuageux
- Sonatine (grise, 1911, par Macdonald II et Souris/Le Sancy) — saillie par Nuageux
- Croix de Fer (bai brun, 1911, par St Wolf et Confiserie) — demi-sœur de Coq Gaulois, gagnante de 29 895 fr. en plat, saillie par Nuageux
- Couronne de Fer II (bai brun, 1912, par Bill of Portland et Candee/Callistrate) — mère de Camelot et Chaperon Rouge, saillie par Nuageux
- Couronne d'Argent (grise, 1912, par Bill of Portland et Confiserie) — demi-sœur de Croix de Fer et de Coq Gaulois, n'a jamais couru par suite de la guerre, mère de C'Est la Guerre, gagnante en plat et obstacles dans le Midi, saillie par Nuageux
- Klithia (baie ou grise, 1917, par Ukase II et Kaia/Perth) — demi-sœur de Kara Bouroum, non encore saillie
Foals
modifier- Affidavit (bai brun, 10 mars), par Nuageux et Asti (gagnante de 40 000 fr. en plat et obstacles)
- Aigoual (bai foncé, 10 mars), par Nuageux et Antonine
- Call Money (bai, 2 février), par Nuageux et Côte d'Ivoire (demi-sœur de Coq Gaulois)
- Canigou (gris, 6 avril), par Nuageux et Côte d'Argent — demi-frère de C'Est la Guerre
- Sinaïa (baie, 3 mars), par Nuageux et Sonatine — mère de Santi Quaranta, gagnante
- Kanjar (bai, 29 mars), par Nuageux et Kaia — demi-frère de Kara Bouroum et de Koutaïs
Devenir
modifierLe domaine bâti reste propriété familiale jusqu'en 1967 et accueille depuis le Golf Club de Nîmes Campagne, dont la « White Home » constitue le club-house[1].
Références
modifier- 1 2 3 4 5 Site du Golf de Campagne, histoire du domaine, consulté le 18 juin 2026.
- 1 2 3 4 5 6 7 « L'élevage en France et à l'étranger : Le Haras de Campagne, près Nîmes, appartenant à M. Georges Arnaud », Le Sport Universel Illustré, n° 394, 7 février 1904, p. 83-87.
- ↑ L'Acclimatation des animaux et des plantes, 28 décembre 1884, p. 2, disponible sur RetroNews (BnF) : .
- ↑ La Semaine mondaine, 8 mars 1893, p. 2, disponible sur RetroNews (BnF) : .
- ↑ La Semaine mondaine, 1er janvier 1896, p. 2, disponible sur RetroNews (BnF) : .
- ↑ Le Jockey, 12 août 1920, disponible sur RetroNews (BnF).
- 1 2 3 « Haras de Campagne : nomenclature au 1er janvier 1910 », Le Jockey, 13 janvier 1910, disponible sur RetroNews (BnF) : .
- 1 2 « Échos et nouvelles », Le Jockey, 23 octobre 1920, disponible sur RetroNews (BnF) : .
- 1 2 « Haras de Campagne : nomenclature au 1er janvier 1907 », Le Jockey, 16 janvier 1907, disponible sur RetroNews (BnF) : .
- 1 2 « Haras de Campagne : nomenclature au 1er janvier 1914 », Le Jockey, 4 février 1914, disponible sur RetroNews (BnF) : .
- ↑ « Haras de Campagne : nomenclature au 1er janvier 1908 », Le Jockey, 10 février 1908, disponible sur RetroNews (BnF) : .
- 1 2 « Vente sans réserve des animaux composant le Haras de Campagne ayant appartenu à M. G. Arnaud », Le Jockey, 2 décembre 1920, p. 3, disponible sur RetroNews (BnF) : .
- ↑ « Les Haras de France : Haras d'Ouilly, appartenant au duc Decazes », Le Jockey, 28 février 1922, disponible sur RetroNews (BnF) : .
- ↑ Le Monde Illustré, 10 avril 1920, p. 193, disponible sur RetroNews (BnF).
- ↑ « Le Berry et la rare histoire des gris avec le Grand Steeple-Chase de Paris », sur France-Sire, (consulté le ).
- ↑ « Après la Grande Quinzaine Hippique », La Vie au Grand Air, 20 juillet 1920, disponible sur RetroNews (BnF).
- ↑ La Presse, 20 février 1922, disponible sur RetroNews (BnF) : .
- ↑ Le Siècle, 25 janvier 1923, disponible sur RetroNews (BnF) : .
- ↑ « Prix Coq Gaulois », sur France Galop (consulté le ).
