Georges Arnaud (banquier)

Georges Arnaud, de son nom complet Jean Louis Georges Arnaud (31 mai 1862, Nîmes – 20 octobre 1920, Nîmes), est un banquier et éleveur de chevaux de course français, décrit à sa mort comme « l'une des personnalités les plus marquantes du Midi »[1].

Georges Arnaud
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Biographie
Naissance
Décès
(à 58 ans)
Nîmes, Gard
Nationalité
Française
Père
Philippe Arnaud (1830-1897)
Mère
Léontine Pallier (1838-1912)
Conjoint
Émilie Blachier (1866-1945)
Enfants
Raoul Arnaud (1886-1973) · Louise Arnaud (1888-1975) · Henri Arnaud (1891-1967) · Suzanne Pauline Arnaud (1894-1919) · Hélène Arnaud (1897-1983)

Gérant puis président de la Banque Arnaud-Gaidan & Cie, l'une des principales maisons de banque régionales du Midi de la France, il est également propriétaire du haras de Campagne, dont le produit vedette, Coq Gaulois, remporte le Grand Steeple-Chase de Paris en 1920.

Famille et origines

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Georges Arnaud est le fils de Philippe Arnaud (1830-1897) et de Léontine Pallier (1838-1912).

Il épouse le 18 juin 1885 à Nîmes Émilie Blachier (1866-1945), dont il a cinq enfants : Raoul (1886-1973), Louise (1888-1975), Henri (1891-1967), Pauline (1894-1919) et Hélène (1897-1983)[2].

Son père Philippe Arnaud est lui-même le fils de Jacques Arnaud (1799-1834) et de Françoise Gaidan (1803-1887), sœur de Jean Gaidan, co-fondateur avec Jacques Arnaud de la Banque Arnaud-Gaidan & Cie en 1848.

Son oncle, Joannin Eugène Arnaud (1826-1890), dirige quant à lui la Manufacture Arnaud-Gaidan.

Georges Arnaud appartient donc à la troisième génération de la maison bancaire familiale[3].

La famille Arnaud est l'une des grandes familles foncières du Gard : le domaine de Campagne, que Georges développe en haras, s'étend sur environ mille hectares, tandis que le domaine de Galoffre, propriété de son père Philippe Arnaud, couvre deux mille hectares ainsi que dans Nîmes[4].

Les liens entre les familles Arnaud et Pallier traversent trois générations : la mère de Georges est elle-même une Pallier ; sa fille cadette Hélène Arnaud (1897-1983) épouse Jean Pallier (1894-1982), X-Mines, qui deviendra président-directeur général de la Compagnie algérienne de crédit et de banque[5] ; et son fils Henri Arnaud (1891-1967) épouse quant à lui Germaine Pallier (1893-1985)[6].

Carrière bancaire

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À la mort de son père Philippe Arnaud le 4 avril 1897, Georges Arnaud reprend avec son frère cadet Ernest (1863-1947) la direction de la banque familiale. Le capital est alors réduit de moitié, passant de trois millions à 1 500 000 francs[7].

Banque Arnaud Gaidan & Cie, publicité.

En janvier 1912, la banque se transforme en Comptoir commercial d'escompte du Midi, société anonyme au capital de dix millions de francs, dont Georges Arnaud prend la présidence. Le réseau couvre alors l'ensemble du Languedoc et de la vallée du Rhône, de Narbonne à Paris[8].

En 1913, sous l'impulsion de Jules Charles-Roux, la Société marseillaise de crédit absorbe le Comptoir commercial d'escompte du Midi. Georges Arnaud siège au conseil d'administration de la SMC jusqu'à sa mort, jouant un rôle actif dans ce rapprochement[9].

Il siège également au conseil de la Société Centrale des Banques de Province, est membre du comité de l'Union syndicale des banquiers de Paris et de la province, ainsi que du syndicat des banquiers des départements[10].

Éleveur de chevaux de course

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Dès 1884, Georges Arnaud figure dans la presse spécialisée comme acheteur et vendeur de chevaux de sang[11]. En 1895, il décide de se consacrer exclusivement à l'élevage du pur-sang et développe le haras de Campagne, situé à environ neuf kilomètres de Nîmes, sur un domaine dont les origines remontent à l'époque des Templiers[12].

Passionné par les États-Unis, il fait construire sur le domaine en 1902 une réplique miniature de la Maison-Blanche, baptisée « White Home », qui constitue aujourd'hui le club-house du Golf Club de Nîmes Campagne[12].

Le Sport universel illustré lui consacre en 1904 un reportage de cinq pages avec photographies, le décrivant comme un éleveur qui se consacre au pur-sang « non comme une affaire, ni pour se créer une distraction ou une occupation », mais par amour du cheval[13].

La Victoire de Coq Gaulois au Grand Steeple-Chase de Paris, 1920

Lors des ventes de Deauville de l'été 1920, il figure en tête du classement des éleveurs avec 29 425 francs d'argent public, devançant le baron Édouard de Rothschild, propriétaire du haras de Méautry, et le marquis de Ganay, président de la Société d'Encouragement[14].

Son produit le plus célèbre, Coq Gaulois, né en 1915 au haras de Campagne, remporte en juin 1920 le Grand Steeple-Chase de Paris, devenant le premier cheval gris vainqueur de cette épreuve depuis sa création en 1874[15].

Mort et postérité

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Georges Arnaud décède le 20 octobre 1920 à Nîmes, à l'âge de 58 ans. Sa nécrologie paraît dans Le Jockey du 23 octobre 1920, qui souligne que « dans ses dernières années, [il] avait réservé toute la production de son haras à Pierre Thomas, principal propriétaire hippique du Sud-Est, qui a remporté avec eux les importants succès que l'on sait »[1].

Campagne, 1904

Peu après sa mort, l'effectif du haras de Campagne est dispersé aux enchères à Paris le 13 décembre 1920, comprenant neuf poulinières, six foals et un étalon[16].

Le domaine de Campagne et sa « White Home » restent propriété familiale jusqu'en 1967, avant d'accueillir le Golf Club de Nîmes Campagne.

En janvier 1923, une course de l'hippodrome d'Auteuil est rebaptisée Prix du Coq Gaulois en hommage au plus célèbre produit de son haras, Coq Gaulois, course qui porte toujours ce nom plus de cent ans après[17].

Références

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  1. 1 2 Le Jockey, 23 octobre 1920, disponible sur RetroNews (BnF) : .
  2. ↑ Geneanet, fiche Jean Louis Georges Arnaud, source : M. Chevallier (Archives municipales de Nîmes), acte x 24.
  3. ↑ Paul Marres, Nîmes au XIXe siècle, disponible sur nemausensis.com.
  4. ↑ Charles Gervais, Indicateur des vignobles méridionaux, 1898, liste des domaines du Gard.
  5. ↑ Annuaire Desfossés, 1956, p. 203, notice Jean Pallier.
  6. ↑ Geneanet, fiche Ernest Jean Frédéric Henri Arnaud.
  7. ↑ La Semaine mondaine, 4 août 1897, p. 3, disponible sur RetroNews (BnF) : .
  8. ↑ « Comptoir Commercial d'Escompte du Midi », La Côte de la Bourse et de la Banque, 10 janvier 1912, disponible sur RetroNews (BnF) : .
  9. ↑ Nicolas Stoskopf, Dictionnaire historique des banques du groupe CIC, Éditions La Branche, 2009, p. 26, disponible sur HAL : .
  10. ↑ « Nécrologie », L'Écho de Paris, 31 octobre 1920, p. 2, disponible sur RetroNews (BnF) : .
  11. ↑ L'Acclimatation des animaux et des plantes, 28 décembre 1884, p. 2, disponible sur RetroNews (BnF) : .
  12. 1 2 Site du Golf de Campagne, histoire du domaine, consulté le 18 juin 2026.
  13. ↑ « L'élevage en France et à l'étranger : Le Haras de Campagne, près Nîmes, appartenant à M. Georges Arnaud », Le Sport universel illustré, n° 394, 7 février 1904, p. 83-87.
  14. ↑ Le Jockey, 12 août 1920, disponible sur RetroNews (BnF).
  15. ↑ « Le Berry et la rare histoire des gris avec le Grand Steeple-Chase de Paris », sur France-Sire, (consulté le ).
  16. ↑ « Vente sans réserve du Haras de Campagne ayant appartenu à M. G. Arnaud », Le Jockey, 2 décembre 1920, p. 3, disponible sur RetroNews (BnF) : .
  17. ↑ « Prix Coq Gaulois », sur France Galop (consulté le ).

Voir aussi

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