Cornelia Hesse-Honegger
Cornelia Hesse-Honegger, née en 1944 à Zürich, en Suisse[1] est une illustratrice suisse. Elle pratique l'aquarelle et la photographie. Son sujet de prédilection est l'intersection entre les arts et les sciences, avec un focus sur les effets mutagènes de la radioactivité sur les insectes.
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Carrière
modifierElle commence sa carrière en tant qu'illustratrice dans un laboratoire d'entomologie de l'Université de Zurich dans les années 1960[2] ; elle y fait des dessins d'insectes et plus particulièrement de mouches exposées à divers agents mutagènes, tels que les rayons X et le méthanesulfonate d'éthyle (un composé similaire à l'agent orange)[3].
En 1969, elle commence à collectionner et réaliser des aquarelles d'insectes[4]. En devenant collectionneuse, elle se forme à trouver les insectes, les identifier et connaître leurs habitudes. La peinture de ses spécimens lui apporte une connaissance approfondie de leur anatomie[5]. En 1986, en réaction à la catastrophe nucléaire de Tchernobyl, elle peint pour documenter les effets des retombées radioactives et de l'exposition à la radioactivité sur le monde des insectes[3].
Pour approfondir et illustrer son message, elle se rend en 1987 dans l'est de la Suède, une région fortement touchée par les retombées radioactives de Tchernobyl, où elle s'emploie à peindre des insectes mutants[2].
Elle continue ensuite ses recherches sur ses propres fonds financiers, en se rendant dans des centrales nucléaires de Suisse, du Royaume-Uni, de France et d'Allemagne, ainsi qu'à Three Mile Island en Pennsylvanie, sur le site d'essais nucléaires du Nevada et aux installations de fabrication de bombes nucléaires de Hanford, dans l'État de Washington, aux États-Unis, pour étudier et peindre des insectes mutants[6].
Après la fusion des cœurs de la centrale nucléaire de Fukushima, elle se rend au Japon pour étudier les insectes mutants qui s'y trouvent[7]. Dans le cadre de son travail de terrain, elle collecte plus de 17 000 insectes[2].
En 1999, le MoMA lui consacre une exposition intitulée Animal.Anima.Animus[8].
Réception critique
modifierHesse-Honegger alerte dès les années 1990 sur l'impact des radiations sur les insectes[2]. Ses articles sont fortement critiqués par les scientifiques de l'époque qui s'appuient sur l'angle artistique pour en balayer le fond[5]. Elle est cependant citée et invitée, notamment en Suisse par les mouvements anti-nucléaires et ses articles auront, selon Hugh Raffles, un anthropologue lui ayant consacré un livre, un impact fort sur le vote d'un moratoire de 10 ans sur la construction de centrale nucléaire en Suisse.
En 1998, l'historien de l'art Martin Kemp, analyse son travail dans la revue Nature[9] à travers le prisme de sa discipline, où il explique qu'il souhaite défendre son droit à explorer ces questions, malgré les critiques scientifiques « It is not my intention to offer a judgement on her subsequent disputes with the majority scientific view that what she is recording is statistically insignificant and without correlation to low levels of ionizing radiation, but rather to sustain the right of the obsessional enquirer to probe uncomfortably into visual corners where dark questions lurk. ».
Prix et récompenses
modifierEn 1994, Hesse-Honegger reçoit le prix d'Art-Science-Lettre de la Société académique d'encouragement et d'éducation[2]. En 2015, elle reçoit le prix « Avenir sans nucléaire »[2]. En 2018, elle est lauréate de la biodiversité et de la conservation de la nature lors de la Convention internationale des lauréats de l'environnement de la Fondation européenne pour l'environnement (de)[2].
Notes et références
modifier- ↑ « Cornelia Hesse-Honegger », Atomic Photographers (consulté le )
- 1 2 3 4 5 6 7 « Cornelia Hesse-Honegger », European Environment Foundation (consulté le )
- 1 2 (en) Helen Thompson, « Chernobyl’s Bugs: The Art And Science Of Life After Nuclear Fallout », sur Smithsonian Magazine (consulté le )
- ↑ Hesse-Honegger, « Lying on a Daily Basis », Interalia Magazine, (lire en ligne, consulté le )
- 1 2 Hugh Raffles, Matthieu Dumont et Cornelia Hesse-Honegger, Créatures de Tchernobyl: l'art de Cornelia Hesse-Honegger, Wildproject, coll. « Petite bibliothèque d'écologie populaire », (ISBN 978-2-38114-031-5)
- ↑ Hesse-Honegger, « Artist Project / Mutations: Unnatural Selections », Cabinet Magazine, (lire en ligne, consulté le )
- ↑ (de) « Mutanten aus Fukushima », Taz, (lire en ligne, consulté le )
- ↑ « Cornelia Hesse-Honegger | MoMA », sur The Museum of Modern Art (consulté le )
- ↑ Kemp, « Hesse-Honegger's hand-work », Nature, vol. 392, no 6676, , p. 555 (PMID 9560149, DOI 10.1038/33298, S2CID 31063347, lire en ligne, consulté le )
Liens externes
modifier- Ressources relatives aux beaux-arts :
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