Cornelia Ramondt-Hirschmann
Cornelia Ramondt-Hirschmann, née le à La Haye et morte le à Hilversum, est une enseignante, féministe et pacifiste néerlandaise. Elle est une des figures les plus importantes du mouvement pacifiste féminin avant et pendant la Première Guerre mondiale. Elle est également active dans la plupart des mouvements féministes dès la fin du XIXe siècle. Elle est membre du mouvement théosophe.
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Susanna Theodora Cornelia Hirschmann |
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Biographie
modifierOrigine et éducation
modifierSusanna Theodora Cornelia Hirschmann, dite Cor, est née le 29 juillet 1871 à La Haye. Elle est la fille unique de Frederik Willem Louis Antonie Hirschmann (1839-1880) et de Sophie Bahnsen (1849-1911)[1]. Son père, administrateur de la Marine royale néerlandaise, meurt lors d'un voyage en Inde néerlandaise alors qu'elle n'a que neuf ans. Elle grandit avec sa mère à La Haye et fréquente une école chrétienne de formation d'enseignants de cette ville. En 1889, elle obtient son diplôme d'institutrice et l'année suivante un certificat de français. Elle s'installe alors à Nimègue avec sa mère[1].
Elle obtient un diplôme d'enseignement sportif en 1893. Après quelques années, les deux femmes s'installent à Utrecht. Cornelia Hirschmann y épouse Ramondt le 15 juin 1899. Le couple s'installe à Breda. Ils ont une fille, Sophie[1].
Mouvement féministe
modifierCornelia Ramondt-Hirschmann entre en contact avec le mouvement féministe néerlandais et devient rapidement une fervente militante de l' Association internationale des mères (Internationale Moedervereniging), de la Vereeniging voor Vrouwenkiesrecht (Association pour le suffrage des femmes) et de l'Alliance internationale des femmes[1]. En 1903, la famille s'installe à La Haye, et Cornelia Ramondt-Hirschmann travaille, entre autres, avec Johanna Naber et Mien van Itallie-van Embden comme secrétaire au sein du Nederlandse Vrouwen Raad (nl) (Conseil des femmes néerlandaises)[1].
La Théosophie
modifierElle s'implique également dans le Nederlandse Vegetariërsbond (nl) (Association végétarienne néerlandaise) et l'Association de philosophie de La Haye. Elle s’intéresse à la théosophie d’Helena Blavatsky et donne régulièrement des conférences pour la section néerlandaise de la Société théosophique[1]. Entre 1927 et 1930, elle est secrétaire générale de cette société et participe à des conférences à l'étranger[2].
Mouvement pacifiste
modifierEn 1912, la famille déménage à nouveau et s'installe à Amsterdam.
Le Congrès international des femmes de La Haye
modifierCornelia Ramondt-Hirschmann est impliquée dans le mouvement pacifiste. Elle est co-organisatrice du Congrès international des femmes, qui se tient à La Haye en 1915. Lors ce congrès, elle est élue présidente de la branche néerlandaise du Comité international des femmes pour la paix permanente, lui-même fondé lors du congrès[1].
L'expédition pour la paix
modifierÀ l'issue du congrès, deux délégations sont formées pour présenter aux chefs d'États le manifeste adopté lors du Congrès. Cornelia Ramondt-Hirschmann est membre de la délégation qui remet les résolutions aux dirigeants scandinaves et russes, avec Emily Greene Balch, Chrystal Macmillan, Rosika Schwimmer et Julia Grace Wales[3][4][5].
La deuxième délégation, menée par Jane Addams a pour mission de rencontrer les pays belligérants [6][7].
Les contacts à travers l'Europe ont lieu de mai à juillet 1915. Les femmes réussissent à contacter les chefs d'état au nom du congrès international des femmes, se présentant ainsi comme en mouvement uni. Durant ces entretiens, le statut des femmes et particulièrement leur accès au droit de vote est également évoqué[8].
La délégation menée par Cornelia Ramondt-Hirschmann rencontre d'abord le Premier ministre néerlandais, Pieter Cort van der Linden, qui se montre réticent à agir, déclarant qu'il fallait attendre le « moment opportun »[8].
La délégation n'obtient pas de résultat au Danemark et en Norvège. Un an plus tard, elle arrive en Suède à bord du Peace Ship (Navire de la paix). Les déléguées s'entretiennent avec le ministre des Affaires étrangères, Knut Wallenberg (en) qui s'engage à ce que son pays joue un rôle de médiateur si la délégation féminine parvenait à persuader deux nations hostiles d'accepter d'y participer[1][9].
Encouragé par cette évolution, le groupe essaie de se rendre à Petrograd (sans Rosika Schwimmer, qui, en tant que Hongroise, ne peut pas entrer en Russie[7]. Après plusieurs jours, les déléguées obtiennent une rencontre avec le ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Sazonov qui, malgré ses précédentes déclarations négatives, publie une déclaration selon laquelle la Russie ne s'opposerait pas à une conférence de médiation neutre[7].
Après une rencontre avec Aletta Jacobs, la délégation décide de se séparer, Cornelia Ramondt-Hirschmann et Rosika Schwimmer contactent le ministre allemand des Affaires étrangères Gottlieb von Jagow, tandis qu'Emily Greene Balch et Chrystal Macmillan s'entretiennent avec le Lord Président du Conseil et le secrétaire britannique aux Affaires étrangères Robert Crewe-Milnes[7]. Gottlieb Von Jagow déclare que l'Allemagne n'est pas opposée à une médiation neutre. Robert Crewe-Miles, pour sa part, se limite à déclarer que la Grande-Bretagne ne s'opposerait pas à une telle réunion et qu'elle ne contesterait pas la tenue d'une conférence. Fort de ces déclarations, Rosika Schwimmer obtient l'engagement de Kurt Wallenberg de présenter le plan au gouvernement et au cabinet suédois[7]. Pendant que les déléguées mènent leur mission à l'étranger, Aletta Jacobs exhorte le Premier ministre néerlandais Pieter Cort van der Linden à tenir la conférence à La Haye mais celui-ci exige l'assurance du soutien du président américain Woodrow Wilson et envoie Aletta Jacobs en mission officielle d'enquête. Cependant, elle ne parvient pas à persuader Wilson d'agir à ce moment-là, et la conférence visant à établir la Société des Nations n'aura lieu qu'après la fin de la guerre[7][10][8].
Ligue internationale des femmes pour la paix et la liberté
modifierEn 1919, Cornelia Ramondt-Hirschmann se rend avec Aletta Jacobs et Mien van Wulfften Palthe (en) à la réunion du Comité international des femmes pour la paix permanente à Zurich, lors de laquelle l'organisation change de nom pour devenir la Ligue internationale des femmes pour la paix et la liberté (WILPF)[10]. Cornelia Ramondt-Hirschmann est nommée secrétaire internationale de la Ligue en 1921 et y occupe ensuite divers postes, elle est notamment coprésidente entre 1935 et 1937[1][11].

En 1923, elle divorce et obtient la garde de sa fille qui poursuit des études supérieures au Bryn Mawr College[1].
Entre 1924 et 1926, elle parcourt différentes villes des États-Unis en prononçant des discours sur la paix.
Les années du nazisme
modifierLa même année, Cornelia Ramondt-Hirschmann organise la première marche silencieuse pour la paix, la Marche des femmes pour la paix. Ces marches se répètent à La Haye, chaque année le 18 mai jusqu'en 1940[1].
En 1935, elle est engagée dans le Comité central de Wuppertal, fondé par des personnalités néerlandaises et la section d'Amsterdam du Parti communiste d'Allemagne qui soutient les personnes persécutées par le régime nazi par des collectes de fonds et la présence aux procès[1][12].
En 1936, elle est membre conseil d'administration du Bureau central pour la paix (Centraal Vredes Bureau) et participe aux collectes de fonds en faveur des victimes de la guerre civile espagnole[1].
En 1938, elle retourne à La Haye et y vit jusqu'à l' invasion des Pays-Bas par l'Allemagne. Elle retourne alors à Hilversum pour vivre avec sa fille et se retire de la vie politique[1].
Cornelia Ramondt-Hirschmann décède le 20 novembre 1957, dans la maison de sa fille à Hilversum.
Liens externes
modifier- Notices dans des dictionnaires ou encyclopédies généralistes :
Références
modifier- 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 15 (nl) Sietske van der Veen, « Hirschmann, Susanna Theodora Cornelia (1871-1957) » [archive du ], sur Digitaal Vrouwenlexicon van Nederland, (consulté le )
- ↑ (en-US) Amanda Verdery Young, « Cornelia Ramondt-Hirschmann », sur Women In Peace, (consulté le )
- ↑ John Paull, « The Women Who Tried to Stop the Great War: The International Congress of Women at The Hague 1915 », Global Leadership Initiatives for Conflict Resolution and Peacebuilding, (DOI 10.4018/978-1-5225-4993-2.CH012, lire en ligne, consulté le )
- ↑ (en) Myriam Everard et Francisca de Haan, Rosa Manus (1881-1942): The International Life and Legacy of a Jewish Dutch Feminist, BRILL, (ISBN 978-90-04-33318-5, lire en ligne)
- ↑ (de) « Der Frauenfriedenskongress in Den Haag 1915 und seine Überlieferung - Female Peace Palace - MK forscht - Kammerspiele », sur www.muenchner-kammerspiele.de (consulté le )
- ↑ (en) Peggy Caravantes, Waging Peace: The story of Jane Addams. 1st Auflage. , 2004, (ISBN 1-93179840-0) (englisch, archive.org)., Greensboro, North Carolina, Morgan Reynolds, (ISBN 1-93179840-0, lire en ligne
) - 1 2 3 4 5 6 (en) Anne Wiltsher, Most Dangerous Women: Feminist peace campaigners of the Great War, Londres, Pandora Press, (ISBN 0-86358-010-6, lire en ligne
) - 1 2 3 (nl) Laura Brinkhorst, « Vrouwen op vredesexpeditie. Het kiesrecht- en vredesactivisme van de International Committee of Women for Permanent Peace (1914-1918) », Historica, no 3, , p. 21-26 (lire en ligne)
- ↑ (en) Myriam Everard et Francisca de Haan, Rosa Manus (1881-1942): The International Life and Legacy of a Jewish Dutch Feminist, BRILL, (ISBN 978-90-04-33318-5, lire en ligne)
- 1 2 (en) Aletta Henriette Jacobs, Memories: My Life as an International Leader in Health, Suffrage, and Peace, Feminist Press at CUNY, (ISBN 978-1-55861-138-2, lire en ligne)
- ↑ (en) « Cor Ramondt-Hirschmann », sur www.lonsea.de (consulté le )
- ↑ (de) « Die Wuppertaler Gewerkschaftsprozesse Stracke, Stephan », sur Dussmann - Das Kulturkaufhaus (consulté le )