Coutumes de Toulouse

manuscrit de la Bibliothèque nationale de France

Les Coutumes de Toulouse sont, du XIIIe siècle à la Révolution française, la base du droit coutumier en vigueur à Toulouse.

La premier acte connu à mentionner expressément des coutumes de Toulouse date de [1]. Au XIXe siècle, des auteurs  tels Firmin Laferrière (-) en [2] et Adolphe Tardif (-) en [3]  ont soutenu qu'elles remonteraient au Bréviaire d'Alaric, à l'Épitome de Gaius voire, pour certaines d'entre elles, à la loi des XII Tables[4]. Mais leur thèse a été abandonnée au XXe siècle.

En , à la mort de la comtesse de Toulouse, Jeanne, et de celle de son époux, Alphonse de Poitiers, Toulouse devient, en exécution du traité de Paris de , une ville royale[5]. Ses consuls, afin d'obtenir la confirmation de sa coutume par l'autorité royale, la font compiler par des notaires à partir de leur registres[6]. Ils la présentent au roi de France, Philippe III le Hardi, lors de son passage à Toulouse[6]. En , celui-ci ordonne, par un mandement du , l'établissement de la coutume de Toulouse[7]. La procédure comprend : la confirmation, par soixante notables bourgeois, de la coutume que les consuls (ou capitouls) ont consignée dans leurs registres ; et son examen par trois commissaires  à savoir[8] : le sénéchal de Toulouse, Eustache de Beaumarchais ; son juge-mage, Étienne Motel ; et l'abbé de Moissac, Bertrand de Montaigu  chargés de proposer au roi d'en écarter les dispositions qui leur paraîtraient mauvaises[7]. La mise en œuvre de la procédure est ralentie par la croisade d'Aragon[8]. Elle n'aboutit qu'en , après la mort de Philippe III, sous le règne de son fils, Philippe IV le Bel[7]. Elle s'achève le [7],[8] par une cérémonie dans l'église Saint-Pierre-des-Cuisines en présence des notables de la ville[8].

Suivant l'avis des commissaires, Philippe IV a retranché vingt-trois articles correspondant aux dispositions qui auraient accordé aux Toulousains une indépendance jugée excessive : droit des consuls (ou capitouls) d'interpréter la coutume et d'en imposer leur interprétation, même aux juges royaux ; droit des notaires de conférer à leurs actes une valeur privilégiée ; liberté des poids et mesures ; juridiction des églises de Saint-Sernin et de Saint-Étienne[7]. Ainsi, le texte définitif des Coutumes de Toulouse se compose de cent-soixante articles[7]. Ils sont répartis en quatre titres : le premier est relatif aux règles de procédures ; le deuxième, aux contrats ; le troisième, aux régimes matrimoniaux et aux successions ; et le quatrième, aux biens et aux tenures[7].

Le premier commentaire connu des Coutumes, en latin comme celles-ci, est daté de [1]. En , l'historien français du droit Henri Gilles (-) en a donné la première édition dans laquelle il en a identifié l'auteur anonyme : Arnaud Arpadelle, ayant exercé les activités d'avocat, de juge royal et de professeur, connu pour être l'auteur de nombreuses gloses[1].

La première[9],[10],[11] édition critique connue des Coutumes date de  : elle est l'œuvre de Jean de Casevieille (-) qui les publie à Toulouse, en latin, assorties d'un commentaire également en latin[12].

Notes et références

modifier
  1. 1 2 3 Ourliac 1971, p. 214.
  2. Laferrière 1855.
  3. Tardif 1884.
  4. Ourliac 1971, p. 215.
  5. Roschach 1891, sec. I, p. 12.
  6. 1 2 Roschach 1891, sec. I, p. 13.
  7. 1 2 3 4 5 6 7 Ourliac 1971, p. 216.
  8. 1 2 3 4 Dossat 1984, p. 132.
  9. Garnier 2017, p. 169.
  10. Gilles 1969, p. 65.
  11. Tardif 1884, introd., sec. III, p. XXIV.
  12. Poumarède 2011, p. 130.

Voir aussi

modifier

Sur les autres projets Wikimedia :

Bibliographie

modifier

Document utilisé pour la rédaction de l’article : document utilisé comme source pour la rédaction de cet article.

Éditions

modifier

Articles connexes

modifier

Liens externes

modifier