Couvent anglais (Bruges)
Le Couvent anglais est un couvent de Bruges qui fut occupé par des chanoinesses anglaises à partir de 1629. Il est aussi connu sous le nom de couvent anglais des sœurs de Notre-Dame-de-Nazareth[1] ou couvent des Dames anglaises et est situé dans la Carmerstraat. Le couvent comprend une église à coupole qui date de 1739. Dès sa fondation, le couvent a accueilli en pension des jeunes-filles anglophones originaires de tout pays, soucieuses de recevoir une éducation catholique.
(nl) Engels Klooster
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Couvent et église conventuelle |
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1650, 1739 |
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Carmersstraat, 83-87 |
| Coordonnées |
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Louvain puis Bruges
modifierÀ l'origine, le couvent Sainte-Monique, couvent entièrement anglais, a été fondé à Louvain en 1609 par le prieuré Sainte-Ursule de Windesheim. Il était imprégné de la spiritualité de la Dévotion moderne et de la Règle de saint Augustin et accueillit de nombreuses postulantes anglaises au XVIe siècle. Des chanoinesses anglaises de ce couvent s'installèrent à Bruges en 1629, dans un hospice nommé Nazareth. L'hospice était auparavant destiné à accueillir des pèlerins. Les chanoinesses avaient fui les persécutions qui sévissaient alors contre les catholiques en Angleterre. Dès 1647, la prieure de l’époque entreprit la construction d’un véritable couvent autour de la maison primitive. La première chapelle fut consacrée en 1650.
XIXe et XXe siècles
modifierLors de la Révolution française, le Couvent anglais accueille de nombreux religieux et religieuses qui y trouvent temporairement asile. En 1794, les sœurs sont cependant contraintes de fuir en Angleterre. Ce départ a lieu sous la direction de la prieure Mère Mary Augustina More, une descendante directe de Thomas More . Elles s'installent à Hengrave Hall (Suffolk). Quelques sœurs malades ou incapables de voyager vu leur âge restèrent dans le couvent sous la seule garde courageuse de Sr Olivia Darell. Celle-ci vendit le couvent à une personne amie quand les Français commencèrent à vendre les biens de l'Église. Cette manœuvre permit aux sœurs de le racheter une fois le calme revenu[2].
En 1802, les sœurs décident de revenir à Bruges après la signature de la Paix d'Amiens. C’est alors que la population locale leur donne spontanément le nom de « Couvent anglais ». Ce nom est resté jusqu’à nos jours.
À son décès, Mère Mary Augustina More lègue au couvent le portrait de Thomas More (école de Hans Holbein) ainsi qu’une vertèbre de son cou. Le portrait et la relique sont encore conservés au couvent.
Au XIXe siècle, le couvent va s’agrandir et prospérer. Dès la seconde moitié du XIXe siècle, on y trouve des novices belges.
En 1886, une implantation est réalisée en Angleterre avec la fondation du Prieuré de Notre-Dame-du-Bon-Conseil à Haywards Heath dans le Sussex. Parmi les sept fondatrices, on trouve trois Belges : Sr Mary Aloysia de Neckere, Sr Mary Margaret Vandenpeereboom et Sr Theresa Agnès van Zuylen van Nyevelt. Les liens entre les deux couvents restent étroits grâce à l’échange de membres. De nombreuses sœurs font partie successivement des deux communautés, et certaines prieures le sont en Angleterre puis à Bruges.
De 1959 à 1983, une branche du couvent est active au Rwanda (Kaduha dans le diocèse de Butare). En 2001, un couvent est ouvert à Rwamagana (diocèse de Kibungo) pour accueillir les postulantes locales.
Le Couvent anglais et l'éducation
modifierDès sa création, les religieuses s'investissent dans l’éducation. Un pensionnat est attaché au couvent afin d'offrir une éducation catholique à des jeunes filles anglophones de diverses nationalités. Le nombre des élèves varie de 70 à 80 jeunes filles. Cette vocation va lui donner une renommée internationale. Plusieurs anciennes élèves postuleront pour entrer au couvent. Certaines en deviendront la prieure.
À partir de la seconde moitié du XIXe siècle, les élèves d'origine anglaise deviennent minoritaires. Au XXe siècle, elles sont quasiment toutes Belges ou en provenance d’autres pays que l'Angleterre. L’école devient également une finishing school pour des jeunes filles issues principalement de la noblesse et de la haute bourgeoisie belges.
En 1973, l’école ne pouvant délivrer de diplômes légaux est contrainte de fermer ses portes et est transformée en maison d'hôtes, conservant le nom de Nazareth pour cette activité. Le contexte historique explique le caractère international et œcuménique marqué de cette maison d'hôtes. La liturgie, à laquelle les hôtes étaient toujours invités à participer, était célébrée en plusieurs langues. De nombreux anglicans et catholiques anglais, ainsi que des groupes de personnes handicapées, se rendaient à Nazareth.
En 2008, la partie abritant la maison d'hôtes est achetée par le Sint-Leocollege, qui l'utilise comme internat jusqu'en 2017.
Guido Gezelle
modifierLe prêtre et poète Guido Gezelle fut nommé recteur du couvent au début de l'année 1899. Il mourut le 27 novembre de la même année dans la Father’s House, une maison située à l’extérieur de la clôture, réservée à l’aumônier du couvent. Un verset, gravé à l'entrée du couvent, commémore sa mort : « En 'k hoorde de veugeltjes zoo geerne schufelen » (« et j'aimais entendre le bruissement des petits oiseaux »). Ce furent vraisemblablement ses derniers mots.
Durant les quelques mois de son mandat d'aumônier, Gezelle exerça les fonctions de directeur spirituel auprès des religieuses et d'enseignant religieux auprès des jeunes filles de l'école du couvent.
Visiteurs célèbres
modifierParmi les personnalités venues visiter le Couvent anglais, citons :
- Le roi Charles II d’Angleterre en exil, accompagné de son frère Henri Stuart, futur duc de Gloucester (1656 et 1657). Lors de leur seconde visite, ils étaient accompagnés de leur sœur Mary, veuve de Guillaume II d'Orange-Nassau, stathouder des Provinces-Unies[3].
- Le duc d’York, futur roi Jacques II (1656).
- Jacques III, prétendant au trône d’Angleterre et d’Irlande (1708).
- Frederica (Whilhelmine) de Prusse, épouse de Guillaume Ier roi du Royaume uni des Pays-Bas (1815).
- Le kroonprins, futur Guillaume II des Pays-Bas, et son épouse, la grande-duchesse Anna Pavlovna de Russie, sœur du tsar Alexandre de Russie (1819).
- Le roi Léopold Ier de Belgique et la reine Louise-Marie (1843)[4]. Ils étaient accompagnés de la reine Victoria d’Angleterre et du prince consort Albert de Saxe-Cobourg-Gotha[5].
- La reine Élisabeth de Belgique[6] (1918).
- La princesse Margaret d’Angleterre (1958).
- Le roi Baudouin et la reine Fabiola (1980).
Le bâtiment
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Au XVIIIe siècle, d'importants travaux de construction furent entrepris. Le réfectoire et le cloître furent agrandis, et la façade sur rue fut ornée d'un portail néoclassique.
Une église à coupole fut érigée entre 1736 et 1739 en remplacement de la chapelle originelle. Cette église à nef unique est de style baroque tardif ou néoclassique primitif. La coupole repose sur des colonnes corinthiennes. Les murs latéraux de la coupole sont percés sur leurs quatre faces de fenêtres ovales.
L’accès de l’église depuis la rue a été muré en 1802 pendant l’occupation française pour ne plus en permettre l’accès qu’aux résidentes.
L'intérieur de l'église est richement décoré. Le maître-autel est composé de 23 types de marbre différents. Les peintures du dôme datent de 1870.
Bibliographie
modifier- Sister Mary Aline Hubain (prieure) et Bernard van de Walle de Ghelcke, « Histoire du monastère de Nazareth - Couvent Anglais à Bruges », Bulletin de l'ANRB, no 327, , p. 3-46
- B. Janssens de Bisthoven (Chanoine), « Monastère de Nazareth (Couvent anglais) à Bruges », Monasticon belge, vol. III « Flandre-Occidentale », no 4, , p. 1143-1165
- Adolphe Duclos, Bruges, histoire et souvenirs, Bruges,
- A. de Behault de Dornon, Bruges séjour d'exil des rois d'Angleterre Edouard IV (1471) et Charles II (1656-1658), , p. 383-398
- Octave Daumont, Le cloître de Nazareth, Bruges,
- (nl) Robert Lagrain, Gezelles godsdienstlessen in het Engels klooster, Brugge, Van de Wiele,
- (nl) P.G. De Bruijn, Guido Gezelles handschriften uit het Engels klooster te Brugge, Antwerpen, Centrum voor Gezellestudie,
- (nl) Christophe Deschaumes, « Snaggaardstraat, tuin van het Engels klooster », Erfgoed nu, vroeger en in de toekomst. Open monumentendag 2014, Brugge,
- (en) Caroline Bowden (éd.), The chronicles of Nazareth (The English convent), Bruges 1629-1793, Woodbridge,
Articles connexes
modifierNotes et références
modifier- ↑ Jean Bernard, « Plongée dans la Bruges des congrégations », La Libre Belgique, (lire en ligne).
- ↑ Voir Site officiel.
- ↑ de Behault de Dornon, op. cit., pp. 383-398.
- ↑ Ils furent accueillis par l'abbé Léon de Foere, recteur du couvent depuis 1823. L'abbé de Foere, ancien opposant au régime hollandais, avait été membre du Congrès national et avait fait partie de la délégation qui avait proposé le trône de Belgique au futur Léopold 1er. Il avait également accueilli ce dernier à Bruges lors de son entrée solennelle en 1831. (Jean Stecher, « Léon de Foere », dans Biographie nationale de Belgique, vol. 7, Bruxelles, 1880-83).
- ↑ de Behault de Dornon, op. cit., pp. 385.
- ↑ Sa visite eut lieu le 12 novembre 1918, le lendemain même de la signature de l'armistice
