Crassula ovata
Crassula ovata ou Arbre de Jade, Crassule ovale[1], est une espèce de plantes succulentes de la famille des Crassulaceae, originaire d'Afrique du Sud et commune dans les régions tempérées comme plante d'intérieur, et ailleurs comme plante ornementale de jardin.
Étymologie et dénominations
modifierLe nom de genre Crassula dérive du latin crassus, -a, -um, « épais », par allusion aux feuilles succulentes.
L’épithète spécifique ovata dérive du latin ōvātus, -a, -um, « ovale, ayant la forme d'un œuf », là aussi par allusion à la forme ovale des feuilles.
C'est l'une des espèces appelées couramment « Arbre de Jade » mais elle a de nombreux autres noms vernaculaires tels que « arbre de l'amitié », « arbre de la chance » ou « arbre d'argent » (surnom donné également au Pachira aquatica).
Description
modifierCrassula ovata est un arbuste sempervirent, très branchu et complètement glabre, pouvant atteindre 3 mètres de haut[2]. Il ne doit pas être confondue avec Crassula arborescens, moins répandue mais très ressemblant. Les tiges peuvent atteindre jusqu’à 20 cm à la base.
Ses feuilles de 3 à 7 cm sont vert couleur de jade. Elles sont charnues, de forme elliptique à obovale-spatulée, entières, légèrement concave dessus, persistantes, parfois bordées d’un liseré rougeâtre[2]. Les feuilles épaisses (crassula signifie « épais » en latin) stockent de l’eau et sont recouvertes d’une cuticule pour limiter l’évaporation de l’eau par les feuilles.
Certaines variétés peuvent développer une teinte rouge sur les bords des feuilles lorsqu'elles sont exposées à des niveaux élevés de rayonnement solaire. Une nouvelle croissance de la tige est de la même couleur que la texture des feuilles, mais devient marron et boisée avec l'âge.
Les fleurs 5-mères en forme d’étoile sont portées par une inflorescence en corymbe dense à lâche. Le calice campanulé est 5 mm de diamètre alors que la corolle blanche ou légèrement rose est faite de 5 pétales, de 6-7(10) mm de long, oblongs à lancéolés, et étalés. Les étamines ont des filaments de 5 mm de long.
Crassula ovata fleurit s’il bénéficie de conditions adéquates : à savoir une période hivernale fraîche avec 5 à 10 °C la nuit, des journées courtes et un manque d’eau pendant plusieurs semaines.
Le fruit est un follicule de 3 mm de long.
- Jeunes pousses
- Détail des branches.
- Inflorescence.
- Fleur vue de dessus.
- Fleurs.
- Floraison.
Métabolisme en deux temps
modifierLes crassula sont des plantes CAM (au Métabolisme acide crassulacéen) pouvant vivre dans des milieux arides où l'air est très sec, car les stomates de leurs feuilles restent fermés durant la journée pour limiter les pertes d'eau par évapotranspiration. Les stomates des plantes CAM s'ouvrent uniquement la nuit, à un moment où la température est plus basse que durant la journée et le taux d'humidité est plus élevé. Cela provoque une faible transpiration et donc de faibles pertes d'eau. C'est pourquoi les plantes CAM se sont spécialisées dans la fixation du CO2 pendant la nuit. Durant cette période, la plante CAM fait "le plein" de CO2 sous forme d'acide malique, mais elle ne peut pas le transformer tout de suite en sucre du fait de l'obscurité. En effet, comme toutes les autres plantes, les plantes CAM ont besoin de l'énergie lumineuse du jour pour compléter le cycle de Calvin et pour ainsi accomplir la photosynthèse en entier[3].
Taxonomie et classification
modifierLe botaniste britannique Philip Miller (1691-1771) fut le premier à décrire la plante, dans le The Gardener Dictionary[4], en 1768, sous le nom de Cotyledon ovata avec des « feuilles ovales, unies, pointues, & opposées »[5].
George Claridge Druce révisa la nomenclature en 1917 et fit passer la plante dans le genre Crassula de la famille des Crassulaceae[6].
Synonymes d’après Wikispecies[7]
- Cotyledon ovata Mill.
- Crassula argentea Thunb.
- Crassula articulata Zuccagni
- Crassula lucens Gram
- Crassula nitida Schönl.
- Crassula obliqua Haw.
- Crassula portulacea Lam.
- Toelkenia ovata (Mill.) P.V.Heath
Écologie
modifierCette plante est originaire de l’Afrique du Sud (Province du Cap, KwaZulu-Natal) et Mozambique.
Elle est naturalisée en Californie, en Espagne, dans les îles Canaries et à Madère.
Propriétés
modifierL'exposition à la sève ou aux feuilles peut provoquer des dermatoses[8]. La toxine responsable de la toxicité n'est pas clairement connue.
Utilisation
modifierCette plante succulente est commune dans le monde entier comme plante d'intérieur. C'est une plante très utilisée comme plante d'appartement car elle est très facile à entretenir.
Aspects culturels
modifierDans certains pays, le Crassula est offert pour porter chance et prospérité[9]. L'arbre de jade peut vivre pendant de nombreuses années s'il est bien entretenu. Avec sa couleur verte vive et ses feuilles brillantes qui se bouturent très facilement, il symbolise la croissance et la vitalité.
L'arbre de jade est notamment apprécié en Asie pour ses propriétés symboliques et pour son apparence. En Chine, par exemple, l'arbre de jade est considéré comme un symbole de longévité, de bonheur et de prospérité. Sa forme, sa couleur vive et sa résistance en font également un élément apprécié dans la décoration intérieure. De plus, l'arbre de jade est facile à entretenir et peut être cultivé à l'intérieur, ce qui en fait un choix populaire.
Ethnomédecine et médecine
modifierTraditionnellement Crassula ovata est réputée antioxydante, anti-inflammatoire, antimicrobienne et cicatrisante[10][source insuffisante][Information douteuse]. Elle fait partie des plantes médicinales des Khoïkhoï d'Afrique du Sud et dans la pharmacopée chinoise comme remède contre la diarrhée et pour désinfecter les plaies. Une activité bactéricide générale "très minimale" a été mise en évidence, in vitro (dans des boîtes de Petri), ce qui fait dire aux chercheurs que "les affirmations selon lesquelles elle peut guérir les blessures sont très probablement fausses"[11]. Cependant, une activité significative est visible in vitro sur Escherichia coli, laissant penser que "le potentiel de la plante [...] pour soulager les maux d'estomac doit encore être étudié plus en détail"[11]. L'activité hépato-protectrice (en) (liée à la présence de plusieurs antioxydants terpénoïdes et les flavonoïdes et à la présence de quatorze composés phénoliques, dont des dérivés de bergénine, de kaempférol et de quercétine[12][source insuffisante][Information douteuse]) a été mesurée chez le rat (2025), chez qui elle réduit sensiblement les taux de malondialdéhyde[13].
Culture
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Crassula ovata s'épanouit en climat de type méditerranéen ou subtropical, avec des étés chauds et un air sec. Comme toutes les Crassulaceae, elle utilise le métabolisme acide crassulacéen, ce qui lui permet de fermer ses stomates le jour et de limiter ainsi ses pertes en eau.
- Exposition : Elle supporte bien une exposition en plein soleil ou à mi-ombre.
- Température : Elle doit être cultivée de préférence en extérieur tant que les températures sont supérieures à 5 degrés[14]. La culture en pot est donc préférable en zone gélive (elle peut être cultivée en extérieur et supporter quelques légeres gelées blanches dans le sud de la France). Crassula ovata est parfois cultivée en bonsaï. En intérieur, éviter des températures élevées associées à une faible luminosité qui peuvent causer l’étiolement des tiges et la chute des feuilles. Au printemps, quand on ressort la plante à l'extérieur, il faut acclimater progressivement la plante au soleil pour éviter une brûlure du feuillage.
- Substrat : un substrat drainant (type terreau spécial cactées ou ajout de sable/perlite) est idéal pour éviter tous risques de pourrissement des racines.
- Arrosage : Originaire d'Afrique du Sud, cette plante grasse stocke l'eau dans ses feuilles charnues, elle supporte donc très bien les périodes de sécheresse et a besoin de peu d'arrosage (bien laisser sécher le substrat avant de ré-arroser).
- Fertilisation : un apport d'engrais mensuel en été (ou engrais à libération lente) est recommandé pendant la période de croissance.
- Multiplication : Elle se reproduit facilement par bouturage de préférence au printemps ou en début d'été. Il suffit de piquer en terre une branche ou une simple feuille pour assurer un enracinement rapide.
- Maladies et ravageurs : la plante est rarement malade et craint principalement un excès d'arrosage ou de trop grands froids. Les cochenilles farineuses sont des ravageurs communs de Crassula ovata et peuvent causer une déformation de la plante pendant la croissance.
- Crassula ovata var. monstruosa, individu de 20 ans.
- C. o. var. monstruosa.
- C. o. var. cristata.
- C. o. var. Tricolor.
- Un monstruosa de 2 ans.
Notes et références
modifierNotes
modifierRéférences
modifier- ↑ Natacha Mauri, « Crassula ovata, Arbre de Jade, Crassule ovale »
- 1 2 Kew, Royal Botanic Garden, « Crassula ovata (Mill.) Druce » (consulté le )
- ↑ (en) Micheal J Crawley, Plant ecology, Londres, Blackwell Scientific Publications, , 497 p. (ISBN 0-632-01363-X), p. 368
- ↑ Philip Miller, The Gardeners Dictionary : Containing the Methods of Cultivating and…, London, (lire en ligne)
- ↑ Philip Miller, Dictionnaire des jardiniers et des cultivateurs, Vol 2, chez Benoit Le Francq, Bruxelles, (lire en ligne)
- ↑ Druce, « Crassula », Rep. Bot. Soc. Exch. Club Brit. Isles 4 (suppl. 2), vol. 617,
- ↑ wikispecies, « Crassula ovata »
- ↑ (en) M.D., M.D. et Ph.D. (préf. Lewis R. Goldfrank), Handbook of Poisonous and Injurious Plants, Second Edition, Springer, , 2e éd., XVIII-340 p., 1 vol. : ill. ; 21 cm (ISBN 978-0-387-31268-2, 0-387-31268-4 et 978-0387-33817-0, BNF 41132620), p. 137.
- ↑ david, « Une plante incroyable qui apportera une bonne énergie et une bonne fortune dans votre maison. », sur TonMag.fr, (consulté le )
- ↑ Somendra Kumar, Tirthankar Choudhury, Rajesh Kumar et Sheela Kushwaha, « A Review on Discovering the Satisfying Potentials of Crassula Ovata: From Modern Usages to Medication Presentations », International Journal of Science and Technology (IJST), vol. 2, no 3, , p. 36–46 (ISSN 3049-1118, DOI 10.70558/IJST.2025.v2.i3.241077, lire en ligne, consulté le )
- 1 2 Mwangi Muiruri et Wambura Mwangi, « Phytochemical and Antimicrobial Activity of (Crassula ovata) Jade Plant on Different Strains of Bacteria », European Journal of Medicinal Plants, vol. 11, no 1, , p. 1–12 (DOI 10.9734/EJMP/2016/19753, lire en ligne, consulté le )
- ↑ (en) Sahar Abdulaziz AlSedairy, Manal Abdulaziz Binobead, Fuad Alanazi et Ibrahim M. Aziz, « Evaluation of the Antibacterial, Antioxidant, Anticancer, and Antidiabetic Activities of the Leaves and Inflorescences of Crassula capitella », Biomedicines, vol. 14, no 1, , p. 121 (ISSN 2227-9059, DOI 10.3390/biomedicines14010121, lire en ligne, consulté le )
- ↑ Department of Pharmacology, Pravara Rural College of Pharmacy, Pravaranagar-413 736, Maharashtra, India et Santosh B. Dighe, « EFFECT OF CRASSULA OVATA PLANT EXTRACT ON CCL4 - INDUCED LIVER TOXICITY AND PENTOBARBITAL SLEEPING TIME IN RATS », Indian Drugs, vol. 62, no 11, , p. 53–67 (DOI 10.53879/id.62.11.15402, lire en ligne, consulté le )
- ↑ (en) « Crassula ovata - jade plant », sur rhs.org.uk (consulté le ).
Liens externes
modifier- Ressources relatives au vivant :
- Australian Plant Name Index
- Base de données des plantes d'Afrique
- Calflora
- EPPO Global Database
- Germplasm Resources Information Network
- Global Biodiversity Information Facility
- iNaturalist
- Interim Register of Marine and Nonmarine Genera
- International Plant Names Index
- Invasive Species Compendium
- Jardin botanique du Missouri
- New Zealand Organisms Register
- The Plant List
- PLANTS Database
- Plants of the World Online
- Portale della Flora d'Italia
- Red List of South African Plants
- Système d'information taxonomique intégré
- Tela Botanica
- Tropicos
- VicFlora
- Notices dans des dictionnaires ou encyclopédies généralistes :
- (en) Catalogue of Life : Crassula ovata (Mill.) Druce (consulté le )
- (fr + en) ITIS : Crassula ovata (Mill.) Druce
- (en) GRIN : espèce Crassula ovata (Mill.) Druce
- Jardin botanique de Montréal - Fiche Crassula ovata