Culture de Valdivia
La culture de Valdivia (d'environ 3500 à ) est une des plus anciennes cultures archéologiques néolithiques et potières d'Équateur et d'Amérique du Sud. Elle s'est développée dans les zones côtières de l'Équateur, dans les provinces du Guayas, d'El Oro et de Santa Elena. Elle se caractérise notamment par ses figurines en céramique.
Historique des fouilles
modifierLa culture de Valdivia (vers 3500 - ) doit son nom au village de Valdivia, situé sur la côte sud-ouest de l’Équateur (province de Santa Elena). C’est dans cette zone que les premiers vestiges caractéristiques (habitats, poteries, figurines) ont été découverts au début des années 1950 par l’archéologue équatorien (originaire de Guayaquil) Emilio Estrada Icaza (es).
En 1956, Emilio Estrada publie les premières informations sur la culture de Valdivia à partir de pièces de céramique, en particulier des statuettes féminines dites « Vénus de Valdivia ». Après plusieurs années de fouilles et de travaux menés par Estrada en collaboration avec Clifford Evans et Betty Meggers, deux membres de la Smithsonian Institution, un rapport est publié en 1965, qui identifie les cultures de Valdivia et de Machalilla. Ces auteurs proposent comme date de début de cette séquence culturelle la date de , ce qui ferait de la culture de Valdivia la plus ancienne culture américaine productrice de céramique.
À partir de 1975, des fouilles sont menées sur le site de Real Alto, dans la paroisse de Chanduy (es), située dans le canton de Santa Elena, dans la province de Santa Elena. Les fouilles réalisées sur ce site montrent que la culture de Valdivia ne tirait pas sa subsistance uniquement de la mer mais également de l'agriculture[1].
- Localisation de la culture de Valdivia
- Vision restrictive
- Vision extensive
Habitat
modifierD'après les restes archéologiques trouvés sur le site de Real Alto, les habitations typiques étaient de forme ovale, avec des murs de terre et de roseaux, un sol de terre battue et des toits de palmes à deux pentes. Leurs dimensions étaient d'environ 8 mètres sur 12. Le village de Real Alto, le plus ancien village découvert en Équateur, se composait de telles habitations familiales sur un plan en rectangle ou en U, dégageant une place centrale dépourvue de restes archéologiques, et encadrée par deux monticules cérémoniels, l'un d'eux semblant destiné à des fêtes ou cérémonies, à en juger par les très abondants restes de céramique brisée volontairement qui s'y sont accumulés, et l'autre, appelé « monticule des sacrifices », où ont été trouvés les squelettes d'une femme et de plusieurs hommes. Ces découvertes font également de Real Alto un centre cérémoniel et religieux.
Mode de subsistance
modifierLes restes archéologiques attestent que la culture de Valdivia pratiquait la culture du cotonnier (Gossypium barbadense), des haricots, du balisier (canna edulis), du maté (lagenaria siceraria) et des calebasses comestibles. En revanche, bien que la présence du maïs ait été attestée dans la région dès la culture de Las Vegas (es), antérieure à la culture de Valdivia, la culture du maïs ne semble avoir pris de l'importance qu'à l'extrême fin de la période de Valdivia.
Le cacao était également domestiqué dès la seconde moitié du IVe millénaire av. J.-C., comme en témoignent les traces de théobromine trouvées dans des céramiques de la culture de Valdivia[2]. Des traces d'ADN mélangées de plusieurs variétés de cacaoyer, originaires de plusieurs régions d'Amazonie, établissent que se pratiquaient des échanges inter-régionaux.
Outre l'agriculture, la culture de Valdivia pratiquait la pêche des poissons et des coquillages, la chasse et la cueillette[1].
Céramique
modifierLes céramiques de la culture de Valdivia sont relativement épaisses (de 5 à 7 mm), et inspirées par la forme naturelle des calebasses, sans rebords incurvés. L'une des caractéristiques les plus notables de la culture de Valdivia est la présence des « Vénus de Valdivia », figurines propitiatoires féminines d'abord sculptées dans des pierres tendres, puis plus tard faites de céramique. Leur voute crânienne aplatie a suggéré à certains chercheurs que ces statuettes ont pu servir à inhaler des drogues. Il existe également des preuves de la consommation de feuilles de coca (statuettes aux joues gonflées par la mastication, récipients contenant des substances alcalines nécessaires à la consommation de la coca…)[1],[3].
Les phases Valdivia. Phase 1: 3800-3300 2: 3300-3000 3: 3000-2800 4: 2400-2250 5: 2250-2100 6: 2100-1950 7: 1950-1800 8a: 1800-1600 8b: 1600-1450[4].
Galerie
modifier- Deux récipients Valdivia avec décors en labyrinthe. Museo Casa de Alabado, Quito.
- Poteries Valdivia. Phases 3: 3000-2800 ; 4: 2400-2250 ; 5: 2250-2100 ; 6: 2100-1950. Museo Casa de Alabado (es)
- Figurines. Période: Formatif ancien 3500-1500. Musée des Amériques, Auch
- Figurine : femme enceinte. Terre cuite H. 3,8 cm. 2300-2000. Walters Art Museum
- Figure des deux sexes. Terre cuite modelée, incisée, piquetée. Céramique H. 10,2 cm. 2200-2000. Met
Références
modifier- 1 2 3 Olaf Holm, « Les cultures formatives de l'Équateur », Les dossiers d'archéologie, no 214, , p. 34-45 (ISSN 1141-7137)
- ↑ Florence Rosier, « Le cacao était déjà utilisé en Amérique il y a 5300 ans. », Le Monde, , p. 7 (lire en ligne)
- ↑ Les Civilisations précolombiennes, E. Taladoire et P. Lecocq, P.U.F. coll. « Que sais-je », n° 567, 2016 (1re édition).
- ↑ (es) James Zeidler & Douglas H. Ubelaker, « De Las Vegas a Valdivia: evidencia bioarqueológica de la Transición Demográfica Neolítica (TDN) en el Sitio Real Alto, Costa de Ecuador », dans Mary Beatriz Jadán Veriñez (Autora y Editora), Valdivia, una Sociedad Neolítica: Nuevos aportes a su conocimiento, Ediciones UTM - Universidad Técnica de Manabí, (ISBN 978-9942-948-53-3, lire en ligne), p. 23 (120-158).
- ↑ Valdivia : figure stylisée du Met. : notice du musée .