Céramique de Koishiwara
La céramique de Koishiwara (小石原焼, Koishiwara-yaki), autrefois appelée céramique de Nakano, est un type de poterie japonaise traditionnellement produit à Koishiwara (en), dans l’ouest du Japon[1].

La céramique de Koishiwara comprend des objets utilitaires tels que des bols, des assiettes et des tasses à thé. Elle se caractérise par l’usage d’engobes décoratifs appliqués sur la surface des pièces[1].
Histoire
modifierLa poterie apparut à Koishiwara en 1682, à la suite du déplacement vers le village voisin de Tsuzumi de l’atelier de Takatori, fondé par des potiers coréens[2].
Un four destiné à la cuisson de la porcelaine fut construit à Koishiwara, et des porcelaines destinées à l’exportation y furent produites à partir de matériaux locaux jusqu’au XVIIIe siècle. Le style de Koishiwara tel qu’il est connu aujourd’hui était déjà formé au milieu du XVIIIe siècle[1],[2].
Délaissant progressivement la production de porcelaine, les potiers se tournèrent vers un grès à cuisson sombre pour réaliser leurs céramiques[1].
XXe siècle
modifierÀ partir du milieu du XXe siècle, des avancées technologiques telles que les broyeurs d’argile, les plaques d’enfournement et les fours électriques permirent aux potiers de Koishiwara de travailler de manière plus efficace et plus rentable que les autres potiers de la région environnante.
Grâce à cela, les potiers de Koishiwara purent acquérir des terrains autour de leurs ateliers de céramique et les développer en sites touristiques et en centres de vente[3].
La céramique moderne de Koishiwara est aujourd’hui considérée comme l’une des réussites du mouvement mingei, consacré à l’artisanat populaire japonais[2],[3],[1].
Style actuel
modifierParmi les caractéristiques stylistiques de la céramique de Koishiwara figurent différents types de décors à l’engobe, dans lesquels un engobe clair est appliqué sur une pièce encore à l’état de cuir avant qu’un outil ne soit utilisé pour tracer un motif révélant l’argile sombre située en dessous[4],[1].
Le style caractéristique de double glaçure propre à Koishiwara consiste à recouvrir l’ensemble de la pièce d’une glaçure transparente, puis à y faire couler ou déposer par endroits des glaçures vert cuivre et ferrugineuses sur cette base claire[1],[4].
La région demeure aujourd’hui un important centre de production de céramiques utilitaires, attirant de nombreux touristes et vendant chaque année de grandes quantités de poteries[3].
Glaçure
modifierParmi les couvertes feldspathiques d'origine coréenne adaptées aux conditions japonaises, Herbert Sanders cite une glaçure transparente employée dans les fours de Koishibara et d'Onda. Celle-ci est composée de quatre parts de pierre akadani, deux parts de cendres de paille de riz et quatre parts de cendres communes. Les matières étant préparées sous forme liquide, les proportions sont exprimées en volumes[5]
Fours
modifierLe site de Nakano disposait de deux fours : un premier nommé Chawangama produisant des ustensiles pour le thé, et un autre nommé Sarayakigama pour la vaisselle de table[6].
Voir aussi
modifierRéférences
modifier- 1 2 3 4 5 6 7 Anneliese Creuger, Wulf Creuger et Saeke Itô, Modern Japanese Ceramics: Pathways of Innovation and Tradition, New York, Lark Books, , 87-89 p.
- 1 2 3 Andrew L. Maske, Potters and Patrons in Edo Period Japan: Takatori Ware and the Kuroda Domain, Burlington, VT, Ashgate, , 45 p.
- 1 2 3 Brian Moeran, Folk Art Potters of Japan: Beyond an Anthropology of Aesthetics, Honolulu, Hawai'i, University of Hawai'i Press, , 96, 125, 149, 198
- 1 2 (en) Richard L. Wilson, Inside Japanese Ceramics: A Primer of Materials, Techniques, and Traditions, New York, Weatherhill, Inc., , 108-109 p. (ISBN 0-8348-0346-1)
- ↑ Dr Herbert H. SANDERS et Kenkichi TOMIMOTO, Connaître et réaliser la céramique [« The World of Japanese Ceramics »], vol. 1, Japon, Office du Livre Dessain et Tolra, , 251 p., p. 227
- ↑ Michel Maucuer, Céramiques Japonaises : Un choix dans les collections du musée Cernuschi., Paris, PARIS musées, , 184 p. (ISBN 978 - 2 7596 - 0038 - 0)