Au Japon, les arts artisanaux traditionnels (工芸, kōgei?) possèdent une longue tradition et une longue histoire. Cette catégorie comprend aussi bien les objets artisanaux réalisés par des artisans individuels ou des groupes d’artisans que les œuvres créées par des artistes indépendants d’atelier utilisant des matériaux, procédés ou techniques artisanaux traditionnels.

Jarre sur pied de style palatial, Aichi (lieu de découverte), période Yayoi, Musée national de Tokyo (vers Ier siècle–IIIe siècle apr. J.-C.)[1]

Histoire

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Brûle-parfum en cloisonné à motif de brocart, par Takahara Komajiro, ère Meiji, Walters Art Museum (années 1880)[2]

L’artisanat japonais remonte aux tout premiers peuplements humains des îles. L’artisanat au Japon trouve ses origines dans les productions rurales et les nécessités matérielles de la vie ancienne. Traditionnellement, les artisans utilisaient des matériaux naturels et locaux, et les objets étaient créés pour être utilisés, et non simplement exposés. Ainsi, la frontière entre art et artisanat n’est pas toujours clairement définie[réf. nécessaire].

Les objets artisanaux étaient nécessaires à toutes les couches de la société et devinrent progressivement de plus en plus sophistiqués dans leur conception et leur exécution. L’artisanat entretenait des liens étroits avec l’art populaire, mais évolua vers les beaux-arts tandis qu’apparurent diverses écoles de pensée esthétique, telles que le mingei. Les artisans et artisanes devinrent ainsi des créateurs d’un raffinement croissant[réf. nécessaire].

Cependant, ces productions n’étaient pas uniquement destinées à la consommation intérieure : à une certaine époque, des objets comme les céramiques réalisées dans des ateliers d’art furent produits pour l’exportation et devinrent un pilier important de l’économie[réf. nécessaire].

Les affiliations familiales ou les lignées sanguines revêtent une importance particulière pour l’aristocratie ainsi que pour la transmission des croyances religieuses dans diverses écoles bouddhiques. Dans le bouddhisme, l’usage du terme « lignées » est probablement lié à une métaphore liquide utilisée dans les sutras : la décantation des enseignements d’un « vase du dharma » vers un autre, décrivant la transmission complète et correcte de la doctrine du maître au disciple[réf. nécessaire].

De manière similaire, dans le monde des arts, le processus de transmission du savoir et de l’expérience forma la base des lignées familiales. Pour les artisans de la céramique, du métal, de la laque ou du bambou, cette acquisition du savoir impliquait généralement un long apprentissage auprès du maître de l’atelier, souvent le père du jeune disciple, d’une génération à l’autre.

Dans ce système appelé dentō (伝統?, litt. « tradition »), les traditions étaient transmises dans le cadre d’une relation maître-disciple (師弟, shitei?). Ce système comprenait des règles strictes devant être respectées afin de permettre l’apprentissage et l’enseignement d’une voie (道, dō?). Le savoir pouvait être transmis soit oralement (伝承, denshō?), soit par écrit (伝書, densho?).

Vivant dans la maison du maître et participant aux tâches domestiques, les apprentis observaient attentivement le maître, les élèves plus avancés et le fonctionnement de l’atelier avant même de commencer une véritable formation. Même dans les phases plus avancées de l’apprentissage, il était courant qu’un disciple apprenne uniquement par une observation attentive et appliquée.

L’apprentissage exigeait de l’élève un travail quotidien très soutenu en échange d’une rémunération faible, voire inexistante. Il était également fréquent que la maîtrise de certains artisanats se transmette au sein d’une même famille de génération en génération, donnant naissance à de véritables dynasties. Dans ce cas, le nom du maître établi était repris à la place du nom personnel. En l’absence d’héritier masculin, un parent ou un élève pouvait être adopté afin d’assurer la continuité de la lignée et de reprendre ce nom prestigieux[réf. nécessaire].

Avec la fin de l’époque d’Edo et l’avènement de l’ère moderne Meiji, la production industrielle fut introduite ; les objets et styles occidentaux furent copiés et commencèrent à remplacer les formes anciennes. Dans le domaine des beaux-arts, des mécènes tels que les seigneurs féodaux daimyo (大名, daimyō?, litt. « grand nom ») ne furent plus en mesure de soutenir les artisans locaux autant qu’auparavant.

Alors que l’artisanat japonais fait à la main constituait autrefois la principale source des objets utilisés dans la vie quotidienne, la production industrielle de l’époque moderne ainsi que les importations étrangères le marginalisèrent progressivement dans l’économie. L’artisanat traditionnel commença à décliner et disparut dans de nombreuses régions à mesure que les goûts et les méthodes de production évoluaient.

Certaines formes artisanales, comme la fabrication des sabres, devinrent obsolètes. Le penseur japonais Okakura Kakuzō s’éleva contre la suprématie alors à la mode de l’art occidental et fonda la revue Kokka afin d’attirer l’attention sur ce problème.

Des artisanats pratiqués depuis des siècles furent de plus en plus menacés tandis que d’autres, plus récents et introduits depuis l’Occident, comme la verrerie, connurent un essor.

Vingtième siècle

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Application d’un décor peint, atelier de porcelaine, Kyoto (1914).
Publicité pour la société de cloisonné Kin'unken (en), Kyoto (vers 1910)[3]

Bien que ces objets aient été désignés comme Trésors nationaux — les plaçant ainsi sous la protection du gouvernement impérial —, il fallut du temps pour que leur valeur culturelle soit pleinement reconnue.

Afin de mieux protéger les arts et artisanats traditionnels, le gouvernement institua en 1890 le corps des artistes de la Maison impériale, spécialement nommés pour créer des œuvres destinées au palais impérial de Tokyo et aux autres résidences impériales. Ces artistes étaient considérés comme les plus célèbres et les plus prestigieux et travaillaient dans des domaines tels que la peinture, la céramique ou la laque.

Cependant, si ce système de mécénat leur offrait une certaine protection, les artisans relevant de l’art populaire demeuraient exposés. Une réaction à cette évolution fut le mouvement mingei, le mouvement des arts populaires, qui se développa à la fin des années 1920 et dans les années 1930, sous l’impulsion de son fondateur Sōetsu Yanagi (1889–1961).

Le principe philosophique fondamental du mingei était « l’art artisanal fait à la main par les gens ordinaires » (民衆的な工芸, minshū-teki-na kōgei?). Yanagi Sōetsu découvrit la beauté dans les objets quotidiens, ordinaires et utilitaires créés par des artisans anonymes et inconnus.

La Seconde Guerre mondiale laissa le pays dévasté et, par conséquent, l’artisanat en souffrit fortement. Le gouvernement mit alors en place un nouveau programme connu sous le nom de Trésor national vivant, destiné à reconnaître et protéger les artisans — individuellement ou collectivement — aussi bien dans les beaux-arts que dans les arts populaires.

L’inscription sur cette liste s’accompagnait d’un soutien financier destiné à la formation de nouvelles générations d’artisans afin d’assurer la continuité de ces formes artistiques. En 1950, le gouvernement national instaura également la classification des biens culturels immatériels, attribuée aux patrimoines culturels considérés comme ayant une grande valeur historique ou artistique du point de vue des techniques artisanales. Ce terme désigne exclusivement les savoir-faire humains détenus par des individus ou des groupes, indispensables à la production de biens culturels.

Le gouvernement poursuivit ensuite cette politique de protection : en 2009, par exemple, il fit inscrire le washoku à la liste du patrimoine culturel immatériel de l’UNESCO.

Les gouvernements préfectoraux ainsi que les municipalités disposent eux aussi de leurs propres systèmes de reconnaissance et de protection des artisanats locaux (meibutsu).

Cependant, malgré ces mesures, les artisans du secteur privé continuent de faire face à d’importantes difficultés : ils doivent à la fois rester fidèles à la tradition tout en réinterprétant les formes anciennes et en créant des idées nouvelles afin de survivre économiquement et de rester pertinents aux yeux des clients.

Ils sont également confrontés au problème du vieillissement de la société japonaise : les savoirs ne sont plus transmis à un nombre suffisant d’élèves des jeunes générations, ce qui entraîne parfois la rupture des relations traditionnelles maître-disciple (shitei) au sein des familles lorsque aucun successeur n’est trouvé[4].

Aube par Tokuda Yasokichi III (en) (1992)[5].

À mesure que les règles sociales évoluaient et devenaient plus souples, le système patriarcal traditionnel fut lui aussi contraint de se transformer. Par le passé, les hommes détenaient majoritairement les titres de « maître » dans les artisanats les plus prestigieux.

La céramiste Tokuda Yasokichi IV (en) fut la première femme à succéder à son père, Tokuda Yasokichi III, comme maître de son école, celui-ci n’ayant pas de fils et refusant d’adopter un héritier masculin[5].

Malgré la modernisation et l’occidentalisation, un certain nombre de formes artistiques continuent d’exister, notamment grâce à leurs liens étroits avec certaines traditions : on peut citer par exemple la cérémonie japonaise du thé, l’ikebana, ainsi que, dans une certaine mesure, les arts martiaux (dans le cas de la fabrication des sabres).

Dans les années 1950, le maire de Gifu invita Isamu Noguchi à contribuer à la revitalisation de l’industrie locale du papier washi, alors en déclin.

Cette collaboration conduisit l’artiste à réinterpréter et moderniser les lanternes traditionnelles akari (en). Isamu Noguchi repensa ces lampes en utilisant du fil métallique à la place du bambou pour la structure et des ampoules électriques plutôt que des bougies[6].

Les « sculptures lumineuses Akari », comme l’artiste les appelait, pouvaient être facilement aplaties et expédiées, et connurent immédiatement un grand succès commercial au Japon comme à l’international[7],[8]. Ces lampes sont encore aujourd’hui fabriquées à la main à Gifu par le fabricant d’origine, Ozeki & Co.[9],[10].

Pratique contemporaine

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Exposition du projet « Craft × Tech Tohoku » au Design Miami (en)/ Art Basel (2024)[11],[12]

L’Exposition japonaise des arts artisanaux traditionnels (日本伝統工芸展, Nihon Dentō Kōgei-ten?) se tient chaque année dans le but de sensibiliser le public[13],[14],[15].

En 2015, le Museum of Arts and Design de New York exposa plusieurs artistes japonais contemporains du kōgei afin de faire connaître l’artisanat japonais à un public international[16],[17].

En 2020, l’exposition Kimono: Kyoto to Catwalk du Victoria and Albert Museum présenta le kimono comme « une icône de mode dynamique et en constante évolution[18],[19],[20] ». Cette exposition, décrite comme « une révélation » et « incontournable », fut ensuite présentée au V&A Dundee[21],[22].

Des expositions et initiatives plus récentes, telles que Origin of Simplicity au ADI Design Museum à Milan[23], Nendo (en) sees Kyoto à la galerie Friedman Benda de New York[24],[25], Distillation of Architecture à l’Architectural Association de Londres[26], ainsi que le projet Craft × Tech Tohoku[27],[28] cherchent à la fois à préserver ces traditions artisanales uniques et à les faire connaître à un public plus large.

Elles y parviennent notamment grâce à l’introduction de technologies modernes et à des collaborations avec des artistes, architectes et designers internationaux tels que Kengo Kuma, Sabine Marcelis (en), Yoichi Ochiai et Oki Sato[29],[28],[24].

Ces initiatives ont adopté des approches variées autour d’une même question générale : comment les anciennes « sensibilités esthétiques intégrées dans l’artisanat japonais » peuvent-elles être réinventées à travers le prisme du design et des technologies contemporaines afin de continuer à exister et à demeurer pertinentes dans l’avenir ?[12]

D’autres initiatives et activités promotionnelles mettant en valeur la pratique contemporaine et l’actualité des traditions artisanales japonaises comprennent également des collaborations avec des marques de luxe japonaises et internationales[30],[31], des expositions telles que des foires internationales d’art, d’artisanat et de design[11],[28], ainsi que des événements comme l’Expo 2025 Osaka au Japon[32].

Céramiques

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Grès de Tokoname monté au colombin avec glaçure de cendre, époque de Kamakura, Los Angeles County Museum of Art (vers 1200-1400)[33].

La poterie et la porcelaine japonaises, qui comptent parmi les plus anciennes formes d’art du pays, remontent à la période néolithique. Les fours japonais ont produit des terres cuites, des poteries, des grès, des céramiques vernissées, des grès vernissés, de la porcelaine ainsi que des porcelaines bleu et blanc.

Le Japon possède une histoire exceptionnellement longue et remarquable de production céramique. Des terres cuites étaient déjà fabriquées dès la période Jōmon (10 000–300 av. J.-C.), ce qui confère au Japon l’une des plus anciennes traditions céramiques au monde[34].

Le Japon se distingue également par le prestige inhabituel dont jouit la céramique dans sa tradition artistique, en raison de la popularité durable de la cérémonie du thé.

Parmi les techniques reconnues de l’art céramique japonais figurent[35],[36] :

  • iro-e (色絵?) : décoration peinte en plusieurs couleurs sur céramique émaillée ;
  • nerikomi (練上げ?) : technique consistant à mélanger ou superposer des argiles de différentes couleurs pour créer des motifs dans la masse ;
  • sancai (三彩?) : céramique à trois couleurs dominantes, généralement brun, vert et crème ;
  • saiyū (彩釉?) : technique de glaçure colorée produisant des effets décoratifs, souvent coulants ou nuancés ;
  • seihakuji (青白磁?) : porcelaine bleu pâle à blanc bleuté, proche des céladons clairs ;
  • sometsuke (染付?) : décor bleu sous glaçure, généralement peint au cobalt sur porcelaine blanche ;
  • tetsu-e (鉄絵?) : décoration peinte à l’oxyde de fer, donnant des motifs brun-noir ;
  • yūri-kinsai (釉裏金彩?) : application de feuilles ou décors métalliques sous une glaçure transparente ;
  • zōgan (象嵌?) : incrustation décorative de matériaux ou d’argiles contrastés dans une surface.
Bol en céramique d'Aizu hongō, exposition du projet Craft × Tech Tohoku, Victoria and Albert Museum (2024)[37],[27].

Il existe de très nombreux types de céramiques japonaises. Parmi celles qui sont le plus étroitement associées au mouvement artisanal figurent[35],[38] :

Textiles

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Tailleur-pantalon et kimono, exposition Kyoto to Catwalk, V&A Dundee (2024)[21].

Les arts textiles comprennent la soie, le chanvre, le lin et le coton, tissés, teints et brodés sous diverses formes, depuis les productions issues des motifs populaires traditionnels jusqu’aux complexes tissages de soie destinés aux classes supérieures.

Les artisanats villageois issus des anciennes traditions populaires se sont également perpétués sous la forme du tissage et de la teinture à l’indigo — notamment chez les Aïnous de Hokkaidō (dont les motifs caractéristiques possèdent des prototypes préhistoriques), ainsi qu’au sein d’autres familles agricoles isolées du nord du Japon.

Les textiles artisanaux traditionnels sont principalement utilisés pour les vêtements japonais, comme les longues et étroites pièces de tissu (Tanmono (en)) servant à confectionner les kimonos, les yukata et les haori, ainsi que d’autres types de vêtements japonais. Historiquement, ces textiles auraient servi à confectionner le kosode (précurseur historique du kimono).

Ils sont également utilisés pour confectionner l’obi, la ceinture portée avec le kimono. Des accessoires tels que les kanzashi sont eux aussi fréquemment fabriqués à partir de textiles comme le chirimen et le rinzu (crêpe lisse et crêpe texturé respectivement).

Les chaussures traditionnelles, telles que les geta, les zōri et les waraji, utilisent également des textiles sous la forme des hanao, les brides en tissu servant à maintenir la chaussure au pied ; certains zōri présentent aussi un tissu brocart autour du corps de la chaussure.

Les différentes techniques permettant de teindre des motifs sur le tissu sont les suivantes[39] :[réf. à confirmer]

Yūzen, détail d’un kimono[40]
  • yūzen (友禅染?) : teinture décorative très raffinée, peinte ou résistée, utilisée surtout pour les kimonos luxueux ;
  • katazome (型絵染?) : teinture au pochoir utilisant une pâte de réserve pour créer des motifs répétitifs ;
  • Edo komon (江戸小紋?) : motifs extrêmement fins et réguliers, souvent visibles seulement de près ; kimonos élégants de l’époque d’Edo ;
  • Nagaita chugata (長板中形?) : technique de teinture au pochoir sur longues planches, souvent utilisée pour les yukata indigo ;
  • mokuhan-zome (木版染?) : impression textile réalisée à l’aide de blocs de bois gravés ;
  • tsujigahana (en) (辻ヶ花?) : technique textile complexe mêlant teinture, réserve, broderie et parfois feuille d’or ; très prestigieuse à l’époque Momoyama ;
  • shibori (しぼり/絞り?) : teinture par ligature, couture ou compression du tissu afin de créer des motifs en réserve (proche du tie-and-dye, mais souvent beaucoup plus sophistiqué).

Quelques techniques de tissage sont[39][réf. à confirmer] :

  • kasuri (絣織?) : technique de tissage à fils préteints produisant des motifs légèrement flous, proche de l’ikat ;
  • tsumugi (en) (紬織?) : tissage de soie réalisé à partir de fils irréguliers, donnant un tissu sobre et texturé ;
  • Echigo-jofu (越後上布?) : textile de lin très fin et léger produit dans la région d’Echigo, réputé pour sa qualité estivale ;
  • Saga-nishiki (佐賀錦?) : textile de luxe tissé avec des fils métalliques, de papier laqué et de soie, souvent utilisé pour les obis et accessoires prestigieux.

Parmi les textiles régionaux les plus connus, on trouve[39][réf. à confirmer] :

  • Nishijin-ori (en) (西陣織?) : brocart de soie utilisant des fils flottants et du papier doré, originaire du quartier Nishijin de Kyoto ;
  • 結城紬 (Yūki-tsumugi?) : une variété de soie tissée originaire de Yūki, dans la préfecture d'Ibaraki ;
  • Kumejima-tsumugi (en) (久米島紬?) : une variété de soie tissée originaire de Kumejima, Okinawa ;
  • Kagayūzen (加賀友禅?) : une technique de teinture provenant de Kaga, dans la préfecture d'Ishikawa ;
  • Kyōyūzen (京友禅?) : une technique de teinture originaire de Kyoto ;
  • bingata (en) (紅型?) : une technique de teinture au pochoir des îles Ryūkyū.

D'autres techniques incluent :

Laque japonaise

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Boîte à écrire en laque par Ogata Kōrin, période Edo, Musée National de Tokyo (XVIIIe siècle)[41],[42]

L'art de la laque japonaise remonte à des artefacts préhistoriques. La laque japonaise est le plus souvent appliquée sur des objets en bois, qui reçoivent plusieurs couches de sève raffinée de laque. Chaque couche doit sécher avant l'application de la suivante. Ces couches forment une surface résistante, imperméable aux dommages causés par l'eau et résistante aux cassures, offrant ainsi des ustensiles légers, faciles à nettoyer et adaptés à divers usages. La décoration de ces objets en laque, qu'elle soit gravée à travers des couches de couleurs différentes ou réalisée en motifs de surface appliqués avec de l'or ou incrustés de substances précieuses, est une forme d'art prisée depuis la époque de Nara (710–794 après J.-C.)[43].

Les objets fabriqués à l'aide de la laque sont utilisés pour les nécessités quotidiennes, comme les bols et les plateaux, mais également pour les ustensiles de la cérémonie du thé, tels que les chaki (en) (boîtes à thé) et kōgō (conteneurs à encens). D'autres objets décorés avec de la laque, et utilisés plus couramment dans le passé, incluent les netsuke et les inrō.

La laque japonaise est étroitement liée au travail du bois et du bambou ; le matériau de base est généralement du bois, mais le bambou (藍胎, rantai) ou le lin (乾漆, kanshitsu) peuvent également être utilisés[43],[44].

Les différentes techniques utilisées pour l'application et la décoration de la laque sont[43],[44] :

  • urushi-e (漆絵?) : la technique décorative la plus ancienne et la plus basique ;
  • maki-e (蒔絵?) : technique de décoration consistant à saupoudrer de la poudre d'or ou d'argent sur la laque encore humide ;
  • raden (en) (螺鈿?) : incrustation de nacre ou d'autres matériaux précieux ;
  • chinkin (沈金?): gravure sur laque remplie d'or ou d'autres métaux ;
  • kinma (蒟醤?) : gravure fine remplie de couleurs vives ;
  • choshitsu (彫漆?) : sculpture sur plusieurs couches de laque colorée ;
  • hiramon (平文?) : incrustation de feuilles métalliques plates ;
  • rankaku (卵殻?) : incrustation de coquilles d'œufs ;
  • Kamakura-bori (鎌倉彫?) : sculpture sur bois recouverte de laque.

Parmi les types de laque les plus connus, on trouve[44][réf. à confirmer] :

  • Wajima-nuri (en) (輪島塗?) : objets en laque provenant de Wajima, dans la préfecture d'Ishikawa ;
  • Tsugaru-nuri (津軽塗?) : objets en laque provenant de la région de Tsugaru, autour de Hirosaki, dans la préfecture d'Aomori.

Bois et bambou

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Le bois et le bambou ont toujours occupé une place importante dans l'architecture et l'art japonais en raison de l'abondance de ces matériaux, ce qui a conduit à une longue tradition de menuiserie japonaise (en). Les bâtiments, qu'ils soient séculiers ou religieux, étaient et sont encore construits en bois, tout comme les objets utilisés dans les foyers, tels que les plats et les boîtes.

Vannier travaillant avec le motif kagome (1915).

D'autres traditions de travail du bois incluent le yosegi (marqueterie japonaise) et la fabrication de meubles tels que les tansu (en). La cérémonie du thé japonaise est étroitement liée aux pratiques de l'artisanat du bambou (pour les cuillères), du travail du bois et de la laque (pour les chaki (en), récipients à thé).

Divers types de travail du bois[45][réf. à confirmer] :

  • sashimono (指物?) : assemblage de bois sans clous ;
  • kurimono (刳物?) : objets creusés dans un bloc de bois ;
  • hikimono (挽物?) : objets tournés sur un tour de bois ;
  • magemono (曲物?) : objets en bois courbé.

Les objets en bambou japonais sont fabriqués pour les cérémonies du thé, les arrangements floraux ikebana et les articles d'intérieur.

Types de travail du bambou[45][réf. à confirmer] :

  • amimono (編物?) : tressage ou vannerie ;
  • kumimono (組物?) : assemblage de bambou.
Le treillis de tressage kagome.

L'art du tressage japonais du bambou, avec des motifs tels que kagome (籠目), est bien connu. Le nom kagome est composé des mots kago (panier) et me (yeux), faisant référence au motif des trous dans le kagome, où des lattes tressées dans trois directions (horizontale, diagonale gauche et diagonale droite) créent un motif de pavage trihexagonal. Le processus de tressage donne au motif kagome une symétrie de groupe de papier peint chirale[pas clair] de type p6 (632).

D'autres matériaux, tels que les roseaux, sont également utilisés dans la catégorie générale du travail du bois japonais. Le neko chigura (en) est une forme traditionnelle de panier tressé pour chats.

Parmi les variétés les plus connues de travail du bois diversifié[45][réf. à confirmer] :

Travail du métal

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Diverses armures, épées et autres armes ainsi que leurs accessoires associés, photographiés par T. Enami (début des années 1890).

Les premières techniques japonaises de travail du fer (en) remontent au IIIe et IIe siècles av. J.-C.. La forge des sabres japonais est d'une qualité extrêmement élevée et est très prisée ; cet art est apparu au Japon avant le Ier siècle av. J.-C. et a atteint son apogée en tant que possession principale des seigneurs de guerre et des samouraïs. La forge des sabres est considérée comme un art distinct du travail du fer et du métal, ayant dépassé le simple artisanat qu'elle était à ses débuts.

En dehors de la forge des sabres, de nombreux objets d'usage quotidien ont historiquement été fabriqués en métal, ce qui a conduit au développement du travail du métal en dehors de la production d'armes.

Les techniques traditionnelles de moulage du métal incluent[46][réf. à confirmer] :

  • rogata (蝋型?) : technique utilisant des moules en cire ;
  • sogata (惣型?) : technique utilisant des moules généraux ;
  • komegata (込型?) : technique utilisant des moules intégrés.

La forge (鍛金), une technique consistant à façonner des objets métalliques en les martelant, est également utilisée dans le travail traditionnel du métal au Japon.

La technique la plus importante : la soudure par forgeage (en) qui consiste à assembler deux pièces de métal (généralement du fer et de l'acier au carbone) en les chauffant à haute température et en les martelant ensemble ou en les pressant par d'autres moyens, est sans doute la plus importante dans le travail du métal japonais. Cette technique est couramment utilisée pour fabriquer des outils tels que des ciseaux et des rabots. Une des régions les plus célèbres pour l'utilisation de la soudure par forgeage est Yoita, dans la ville de Nagaoka, située dans la préfecture de Niigata, où une technique connue sous le nom de Echigo Yoita Uchihamono (越後与板打刃物?) est pratiquée.

Pour créer divers motifs sur la surface d'une pièce métallique, la gravure sur métal est utilisée pour appliquer des designs décoratifs. Les techniques incluent la gravure (彫り?), l'incrustation métallique (象嵌?), le repoussé (打ち出し?)[46][réf. à confirmer].

Parmi les types d'objets métalliques japonais les plus connus[46][réf. à confirmer] :

  • nambutekki (南部鉄器?) : objets en fer provenant de Morioka et Oshu, préfecture d'Iwate ;
  • Takaoka doki (高岡銅器?) : objets en cuivre provenant de Takaoka, préfecture de Toyama.

Poupées

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Poupées Hina matsuri de l'empereur et de l'impératrice.

Il existe divers types de poupées traditionnelles japonaises (人形, ningyō?, litt. « forme humaine ») , certaines représentant des enfants et des bébés, d'autres représentant la cour impériale, des guerriers et des héros, des personnages de contes de fées, des dieux et (rarement) des démons, ainsi que des personnes du quotidien. De nombreux types de ningyō ont une longue tradition et sont encore fabriqués aujourd'hui, que ce soit pour des autels domestiques, des cadeaux formels ou des célébrations de festivals comme le Hina matsuri (la fête des poupées) ou le Kodomo no hi (la fête des enfants). Certaines de ces poupées sont produites comme artisanat local et achetées par des pèlerins en souvenir d'une visite de temple ou d'un autre voyage[47].

Les quatre types de poupées traditionnelles, selon leur matériau de base :

  • poupées en bois (木彫人形?) ;
  • poupées en toso (桐塑人形?) : fabriquées à partir de toso, une substance composée de sciure de paulownia mélangée à une pâte, créant une matière semblable à de l'argile ;
  • poupées en papier mâché (張抜人形?) ;
  • poupées en céramique (陶胎人形?).

Les techniques de peinture ou d'application utilisées :

Un type bien connu de ningyō est le Hakata ningyō (en) (博多人形, litt. « poupées de Hakata »?).

Fabrication du papier

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Sculpture lumineuse Akari en Mino washi, par Isamu Noguchi (années 1950)[9]

L’art japonais consistant à fabriquer du papier à partir du mûrier, appelé washi (和紙?), aurait débuté au XIe siècle. La teinture du papier dans une grande variété de couleurs ainsi que son ornementation par des motifs devinrent une préoccupation majeure de la cour de l’époque de Heian, et l’appréciation du beau papier ainsi que son utilisation se poursuivirent par la suite, avec certaines adaptations modernes.

Le papier fabriqué traditionnellement appelé izumo (du nom de la région du sanctuaire où il est produit) était particulièrement recherché pour la décoration des fusuma (panneaux coulissants), les papiers destinés aux artistes et les papiers à lettres élégants[48].

Certains graveurs faisaient même intégrer leur propre logo dans leur papier et, depuis l’ère Meiji, une autre application particulière est apparue : les gardes marbrées occidentales (réalisées par l’atelier Miura à Tokyo).

Autres artisanats

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Flacon à priser en verre imitant le jade, Musée de la Céramique orientale, Osaka.

La tradition de la production verrière (en) au Japon remonte jusqu’à la période Kofun mais le verre était alors utilisé très rarement et davantage à des fins décoratives, par exemple pour orner certains kanzashi (épingles à cheveux).

Ce n’est qu’assez tardivement, durant l’époque d’Edo, que le verre connut une popularité croissante, puis, avec le début de la modernisation à l’ère Meiji, qu’une production industrielle de grande ampleur commença.

Malgré l’essor de cette production industrielle, l’art verrier a continué d’exister sous forme artisanale, notamment à travers des traditions comme l’''Edo kiriko'' (en) (江戸切子?) et le ''Satsuma kiriko (en) (薩摩切子?).

Les différentes techniques utilisées sont les suivantes[49],[50] :

Cloisonné

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Vase aux cerisiers en fleurs et oiseaux, par Ando Cloisonné (en) (vers 1910)
Cloisonné japonais de type moriage shippō

Le Cloisonné (截金, shippō?) est un émail d’aspect vitreux appliqué sur une armature métallique, puis cuit dans un four[50][réf. à confirmer].

Cette technique se développa particulièrement dans l’ancienne province d’Owari, autour de Nagoya, à la fin de l’époque d'Edo et au début de l’ère Meiji. L’une des principales maisons traditionnelles de production encore existantes aujourd’hui est Ando Cloisonné (en).

Les techniques du shippō comprennent notamment :

  • Yusen-shippō (有線七宝?) ;
  • Shotai-shippō (省胎七宝?) ;
  • Doro-shippō (泥七宝?).

Taille des pierres précieuses

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La taille de pierre précieuse (en) (砡, gyoku?) consiste à sculpter des agates naturellement veinées ou divers cristaux durs afin de réaliser des bols à thé et des boîtes à encens.[réf. à confirmer][50]

Feuilles décoratives d’or ou d’argent

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Le kirikane (截金?) est une technique décorative utilisée pour les peintures et les statues bouddhiques, consistant à appliquer des feuilles d’or, d’argent ou de platine découpées en motifs géométriques tels que des lignes, des losanges et des triangles[50][réf. à confirmer].

Sculpture des pierres à encre

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La calligraphie étant considérée comme l’un des arts classiques et des raffinements culturels du Japon, la fabrication des pierres à encre était par conséquent hautement valorisée[50][réf. à confirmer].

Sculpture sur ivoire

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Le bachiru (撥鏤?) est l’art de graver et de teindre l’ivoire[51].

Notes et références

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(en) Cet article est partiellement ou en totalité issu de l’article de Wikipédia en anglais intitulé « Japanese craft » (voir la liste des auteurs).
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Voir aussi

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