Côtes-de-provence Pierrefeu

Côtes de Provence Pierrefeu rouge AOC - AOP

Un côtes-de-provence Pierrefeu, ou plus simplement un pierrefeu[1], est un vin produit en rosé ou en rouge dans le département du Var, sur la petite zone allant du Pradet jusqu'à Carnoules, en passant par Pierrefeu-du-Var.

Côtes-de-provence Pierrefeu
Appellation(s) principale(s) côtes-de-provence[1]
Type d'appellation(s) dénomination au sein d'une AOP
Reconnue depuis 2013
Pays Drapeau de la France France
Région parente vignoble de Provence
Localisation Var
Saison deux sèches (en hiver et en été) et deux plus humides (en automne et printemps)
Climat méditerranéen
Ensoleillement
(moyenne annuelle)
2 859 heures (à Toulon)
Sol sablo-argileux rouges, caillouteux calcaire, brun-rouge limono-argileux et cailloutis schisteux
Superficie totale 3 600 hectares
Superficie plantée 90 hectares (en 2024)[2]
Nombre de domaines viticoles 13 caves particulières et 3 coopératives
Cépages dominants grenache N, cinsault N, syrah N et mourvèdre N
Vins produits 87 % rosés et 12 % rouges
Production 3 791 hectolitres (en 2024)[2]
Pieds à l'hectare min. 4 000 ceps/ha, soit max. 2,5 m2 par pied[3]
Rendement moyen à l'hectare 43 hl/ha en rosé et 38 en rouge (en 2024)[2]

Il s'agit d'une dénomination géographique au sein de l'appellation côtes-de-provence.

Historique

modifier

La cave coopérative de Pierrefeu a été fondée en 1921[4].

Si le côtes-de-provence existe depuis 1943 comme appellation d'origine (AO), devenant en 1951 un vin délimité de qualité supérieure (VDQS), puis en 1977 une appellation d'origine contrôlée (AOC)[5], on ne peut y rajouter à la suite la dénomination géographique complémentaire (DGC) « Pierrefeu » que depuis la modification du cahier des charges de cette appellation par le décret du [6]. La dernière modification date d'[3].

Vignoble

modifier

Aire de la dénomination

modifier
Images externes
Carte de l'aire d'appellation
Carte des communes concernées
Cartes parcellaires de l'appellation (pas de la dénomination)
Orthophotos du parcellaire de la dénomination

L'aire de cette dénomination s'étend sur douze communes du département du Var : Carnoules (en partie), Carqueiranne, Collobrières (en partie), Cuers, La Crau (en partie), La Garde, La Farlède, La Valette-du-Var, Le Pradet, Pierrefeu-du-Var, Puget-Ville et Solliès-Pont[3]. Selon le service des Douanes, la superficie revendiquée en 2024 sous l'appellation est de 136 hectares, dont 77,5 ha pour produire du pierrefeu rosé et 12,4 ha pour du pierrefeu rouge[2].

Géologie

modifier

Le vignoble couvre la partie sud-ouest de la plaine des Maures (appelée aussi la dépression permienne) et son débouché sur la mer Méditerranée qu'est la plaine de l'Eygoutier, du Gapeau et du Réal Martin. Le sous-sol est constituée de grès datant du Permien, recouvert en plaine comme sur les coteaux par des sols sablo-argileux rouges caillouteux. Ces cailloux sont calcaires au nord et à l'ouest (venant du plateau jurassique) et schisteux à l'est et au sud (venant du massif des Maures métamorphique)[7].

Climatologie

modifier

L'aire de la dénomination est sous un climat tempéré méditerranéen avec des influences maritime au sud et continentale au nord. La station météorologique de Hyères (sur la BAN Le Palyvestre, à 2 mètres d'altitude : 43° 06′ 01″ N, 6° 08′ 49″ E)[8] est représentative de la zone littorale.

Relevés à Hyères de 1991 à 2020
Mois jan. fév. mars avril mai juin jui. août sep. oct. nov. déc. année
Températures (°C)
Maximale moyenne 13,6 13,8 16 18,1 21,9 25,8 28,8 29 25,4 21,4 17,1 14,3 20,4
Moyenne 9,2 9,2 11,3 13,5 17,1 20,8 23,4 23,6 20,5 17,1 13 10,1 15,7
Minimale moyenne 4,9 4,6 6,6 8,8 12,3 15,7 18,1 18,3 15,5 12,8 8,8 5,9 11
Nombre de jours avec gel 2,3 2,2 0,4 0 0 0 0 0 0 0 0,2 1,5 6,6
Précipitations
Hauteur (mm) 73,7 51,2 44 55,2 39,5 36,6 7,8 14,4 57,9 105,1 108,6 74,8 668,8
Source : Météo-France[9].
13,6
4,9
73,7
30 mm
60 mm
90 mm
jan.
13,8
4,6
51,2
fév.
16
6,6
44
mars
18,1
8,8
55,2
avril
21,9
12,3
39,5
mai
25,8
15,7
36,6
juin
28,8
18,1
7,8
jui.
29
18,3
14,4
août
25,4
15,5
57,9
sep.
21,4
12,8
105,1
oct.
17,1
8,8
108,6
nov.
14,3
5,9
74,8
déc.
Moyennes : max min °C ■ Précipitations mm

Encépagement

modifier

Pour faire du pierrefeu rouge, sont autorisés comme cépages principaux (au moins deux, minimum 80 % de l'encépagement) le grenache N, le mourvèdre N et la syrah N ; comme cépages accessoires, le cabernet sauvignon N et le carignan N.

Pour faire du pierrefeu rosé, les cépages principaux (au moins deux, minimum 80 %) sont le cinsault N, le grenache N et la syrah N ; les cépages accessoires sont le mourvèdre N, le tibouren N, la clairette B, le sémillon B, l'ugni blanc B et le vermentino B (appelé aussi le rolle) ; les cépages blancs ne doivent pas dépasser 20 %[3].

Méthodes culturales

modifier

La densité de plantation doit être au minimum de 4 000 pieds par hectare. Les vignes sont conduites en taille courte, à six coursons à deux yeux, soit en gobelet soit en cordon de Royat (double ou simple). Le désherbage chimique des tournières, ainsi que celui total des parcelles est interdit. L'irrigation peut être autorisée, sur demande.

L'ébourgeonnage est obligatoire, et doit être réalisé avant la nouaison. La charge maximale moyenne à la parcelle est fixée à 8 500 kilogrammes par hectare (elle est de 9 500 kg/ha dans l'appellation générique), sauf s'il y a irrigation, dans ce cas la charge est limitée à 6 500 kg/ha.

Le rendement est limité par le cahier des charges de l'appellation à un maximum de 45 hectolitres par hectare pour le pierrefeu rouge, ainsi qu'à 50 hl/ha pour le pierrefeu rosé (il est de 55 pour l'appellation générique). Chaque année, ce rendement maximum peut être modifié à la hausse ou à la baisse par un arrêté du ministère de l'Agriculture, dans la limite des rendements butoirs de la dénomination, fixés à 55 hl/ha (à 66 pour l'appellation générique)[3].

Volumes

modifier

Les données de production des années récentes, telles que publiées par le service des Douanes, sont (y compris les vins commercialisés avec une dénomination géographique complémentaire)[2] :

Annéecôtes-de-provence Pierrefeu rosécôtes-de-provence Pierrefeu rouge
superficie (ha)production (hl)rendement (hl/ha)superficie (ha)production (hl)rendement (hl/ha)
202283,43 690448,937742
202386,53 733434,819039
202477,53 3114312,447938

Vinification et élevage

modifier

Si l'encépagement est encadré par le cahier des charges de l'appellation, il en est de même pour la production du vin. Les rosés et les rouges sont obligatoirement issus d'un assemblage d'au moins deux cépages principaux, chacun limité à un maximum de 70 %.

Pour les vins rouges, la vinification est classique avec une macération plus ou moins longue (donnant des vins plus tanniques, de plus longue garde) ; la macération carbonique des raisins entiers est interdite. L'élevage doit aller au moins jusqu'au de l’année qui suit celle de la récolte[3].

Les côtes-de-provence rosés sont habituellement produit à partir de raisins à baies noires (grenache, cinsault, syrah, etc.), auxquels le producteur peut rajouter un peu de cépages blancs (rolle, ugni blanc, sémillon, etc.). La vinification se fait soit après égouttage ou pressurage direct lent (ce qui donne moins de couleur, même avec des cépages teinturiers), soit après une macération pelliculaire à froid (de deux à 20 heures, en fonction du cépage, sans lancer la fermentation), soit encore un peu plus tard avec une saignée (on commence la vinification en rouge, puis on soutire une partie du jus en début de fermentation). Après la fermentation alcoolique (à 15-20 °C, pour préserver les arômes) d'environ une semaine, les différents vins (souvent un par cépage, car ils n'arrivent pas à maturité tous ensemble) sont assemblés[10].

Le format de la bouteille n'est pas règlementé par le cahier des charges ; la majorité des producteurs utilisent des bouteilles bordelaises (au fût droit et avec des épaules), mais la flûte à corset (avec une base cintrée) est typique des rosés provençaux. Le verre blanc, largement utilisé, ne protège pas le vin de la lumière, mais met en valeur sa couleur.

Gastronomie

modifier

La robe du pierrefeu rosé est souvent pâle ; leur nez est plutôt fruité. Ces vins sont à boire jeunes : ils se gardent un à trois ans[11]. Ils s'accordent avec un apéritif, de la charcuterie (andouillette à la provençale), du poisson (rouget), de la bouillabaisse, une ratatouille, un caviar d'aubergine, une côte de porc, des fromages (banon, ou pélardon), ou des fraises en dessert[12].

Le pierrefeu rouge a une robe d'un rouge profond, sombre ; le nez est plutôt fruité (évoquant la mûre, la cerise et/ou le pruneau), parfois épicé. Il s'agit d'un vin corpulent, riche en alcool. Il se garde de quatre à douze ans en fonction de leur qualité ; à servir avec une daube provençale, un civet, un sauté d'agneau, des farcis, ou une grillade aux aromates.

Type d'exploitations

modifier

La filière viticole comprend 13 caves particulières et trois coopératives.

Notes et références

modifier
  1. 1 2 Le nom d'un vin est un nom commun, donc ne prend pas une majuscule, cf. les références sur la façon d'orthographier les appellations d'origine.
  2. 1 2 3 4 5 « Portail de la Direction Générale des Douanes et Droits Indirects : superficies et volumes en production par produit », sur douane.gouv.fr (consulté le ).
  3. 1 2 3 4 5 6 « Cahier des charges de l'appellation d'origine protégée « Côtes de Provence » » [PDF], homologué par l'arrêté du publié au JORF du et au BO Agri du .
  4. « Presentation et Historique du vin de Provence de Pierrefeu », sur vignerons-pierrefeu.com.
  5. « Décret n°77-1187 du 24 octobre 1977 », publié au JORF du .
  6. « Cahier des charges de l'appellation d'origine protégée « Côtes de Provence » », homologué par le décret no 2013-195 du .
  7. « Notre Terroir », sur cotesdeprovence-pierrefeu.com.
  8. « 83069001 – HYERES – B A N LE PALYVESTRE » [PDF], sur donneespubliques.meteofrance.fr.
  9. « Fiche 83069001 HYERES » [PDF], sur donneespubliques.meteofrance.fr.
  10. « L'élaboration du rosé », sur vinsdeprovence.com (consulté le ).
  11. Robert Parker et Antoine Rovani, Guide Parker des vins de France Parker's Wine Buyer's Guide »], Paris, Éditions Solar, , 6e éd., 1603 p. (ISBN 978-2-263-04031-3), p. 1097.
  12. Dictionnaire des vins de France, Paris, Hachette, coll. « Les livrets du vin », , 383 p. (ISBN 2-01-236-582-5), p. 164.

Voir aussi

modifier