Dalaba

ville de Guinée

Dalaba est une ville de Guinée, située dans le massif montagneux du Fouta-Djalon à environ 363 kilomètres de la capitale Conakry. C'est le chef-lieu de la préfecture de Dalaba, dans la région de Mamou. Elle est aussi appelée Suisse de l'Afrique de l'ouest[1].

Dalaba
Dalaba
Administration
Pays Drapeau de la Guinée Guinée
Gouvernorat Région de Mamou
Préfecture Dalaba
Maire
Mandat
Mamadou Bassirou Barry
5 ans
Démographie
Population 25 841 hab. (2016)
Géographie
Coordonnées 10° 41′ 30″ nord, 12° 15′ 00″ ouest
Altitude 1 225 m
Divers
Site(s) touristique(s) Pont de Dieu, Jardin Auguste-Chevalier, Case à palabres
Localisation
Géolocalisation sur la carte : Guinée
Voir sur la carte administrative de Guinée
Dalaba
Liens
Site web https://foutakameen.com/dalaba-mamadou-bassirou-barry-elu-maire-avec-28-voix-sur-29-le-nouvel-edile-decline-ses-priorites/

Géographie

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Paysage du Fouta-Djalon, vu depuis Dalaba.
Escarpement rocheux à Dalaba.

Situation

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Dalaba est sur la route nationale 5, à 55 km au nord de Mamou et 280 km au nord-est de Conakry[2].

La localité se trouve sur les hauts-plateaux du Fouta Djallon[3]., à une altitude de 1 276 m. Son paysage est celui de collines verdoyantes adossées au mont Tinka[4], culminant à 1 372 m d'altitude au nord de la ville[5]. Le plateau de Dalaba se termine par un escarpement rocheux qui domine la haute plaine de la Téné[6].

Du fait de son altitude[7], Dalaba jouit d'un climat privilégié qui lui a permis d'accueillir la station climatique de l'AOF au début des années 1930, très appréciée des Européens à l'ère coloniale[8]. C'est un climat de savane de type Aw selon la classification de Köppen, avec une température annuelle moyenne de 29,3 °C et des précipitations d'environ 926,2 mm par an, beaucoup plus abondantes en été qu'en hiver.

Population

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En 1953, Dalaba, alors chef-lieu du cercle du même nom, comptait 5 400 habitants[7].

En 2016, la sous-préfecture de Dalaba comptait 142 880 personnes, dont 25 841 pour Dalaba Centre[9].

La langue dominante est le pular[10], mais, avec Mamou et Dabola, Dalaba est aussi l'une des trois villes principales où l'on parle le kakabé, une langue mandée fortement influencée par le pular[11].

Le , les résultats du recensement général de la population et de l’habitation (RGPH-4) de 2025 ont révélé que, depuis 2016, la population de la Commune urbaine de Dalaba a connu une augmentation. Elle est désormais estimée à 40 328 habitants, dont 18 729 hommes, soit 46,4 %, et 21 599 femmes, soit 53,6 %[12],[13].

Évolution démographique
1953 2016 2025
5 40025 84140 328
(Sources : INSG)

Histoire

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À l'époque du Fouta Djallon théocratique, Dalaba fait partie du diiwal (province) de Fougoumba. D'après la tradition orale, la ville doit son prestige à la présence de plusieurs générations de grands lettrés islamiques[14].

À l'ère coloniale, avec l'instauration de l'Afrique-Occidentale française (AOF) en 1895, de nouvelles divisions administratives apparaissent, telles que les cercles. Dalaba fait d'abord partie du cercle de Ditinn, puis de celui de Mamou, avant de devenir un cercle à part entière en 1949[15].

Plusieurs remaniements administratifs interviennent après l'indépendance proclamée en 1958. En 2004 la Guinée est divisée en 34 préfectures et 333 sous-préfectures[16]. Dalaba devient le chef-lieu de la préfecture du même nom.

Le jardin botanique de Dalaba

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Kinghamia angustifolia récolté par Auguste Chevalier le 8 octobre 1907 sur le plateau de Dalaba.
Le jardin en 2022.

En 1904, Ernest Roume, gouverneur général de l'AOF, charge le botaniste français Auguste Chevalier de rechercher dans la colonie un emplacement situé dans un climat sub-tempéré et propice à l'installation d'un jardin botanique où l'on pourrait mener des essais de culture et d'acclimatation de plantes provenant d'Afrique tropicale et d'autres pays. Après presque deux ans prospection assidue, Chevalier choisit Dalaba. Un jardin y est aménagé en 1906 et obtient quelques moyens en 1912 quand il est rattaché au Muséum national d'histoire naturelle en tant que laboratoire d'agronomie coloniale. Chevalier envoie graines et plantes rapportés lors de ses voyages dans le monde et des pépinières se développent[17]. Mais la guerre qui éclate en 1914 interrompt ces travaux[17]. Octave Caille est mobilisé et Chevalier doit confier la garde de l'établissement au gouvernement de la Guinée[18]. Chevalier ne retourne à Dalaba qu'en 1930[19] où il trouve le jardin à l'abandon. Ces expérimentations lui ont néanmoins permis de faire d'intéressantes observations portant notamment sur les caféiers (Coffea arabica et Coffea excelsa), les pins (Pinus khasya), les eucalyptus ou les Lauracées[17].

Octave Caille, chef de culture au Muséum de Paris et adjoint de Chevalier pour l'organisation du jardin de Dalaba, a apporté les premiers plants de pommiers en novembre 1906. Le choix s'était porté sur des sauvageons, avec l'idée de les acclimater d'abord et de les greffer ensuite. Mais jusqu'en 1914 Chevalier et Caille constatent que ces arbres se développent mal : les branches se dessèchent ; les collets émettent des rameaux grêles, longuement dégarnis de feuilles et qui ne produisent jamais de bourgeons à fleurs. En 1921 (il n'a pas revu ces arbres depuis 1914), Chevalier pense que l'expérience serait à recommencer avec des pommiers nains et du Paradis, et que ces arbres devraient être soumis chaque année à une taille sévère[20].

Une pépinière d'une cinquantaine de pins d'Indochine (Pinus khasya) semés en 1914 près d'un ruisseau a survécu malgré l'absence de soins – en premier lieu ils n'ont pas été repiqués et ont donc poussé beaucoup trop près les uns des autres, entravant leur développement. Mais en novembre 1930 Chevalier constate que les sujets en périphérie se sont bien développés, et il cite l'espèce comme candidate possible pour le reboisement à plus de 800 m d'altitude en Afrique tropicale[19].

A. Chevalier a surnommé le jardin botanique de Dalaba le « Buitenzorg de l'Afrique centrale », en référence au jardin botanique de Bogor à Buitenzorg, Java[21].

En 1958, le jardin est rebaptisé « Jardin Barry Gassimou », à la mémoire d'un martyr de la Révolution, mais reprend son nom d'origine dans les années 1980. Il est maintenant préservé par l'État[18].

Voir aussi « Forêt de Dalaba ».

Tourisme

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Mairie de Dalaba.

Du fait du micro-climat agréable, presque tempéré, de Dalaba, le tourisme s'y appuie d'abord sur la station climatique inaugurée en 1936 par le gouverneur Blacher. Les fonctionnaires français et leurs familles viennent s'y reposer ou s'y soigner, puis des Européens non-Français affluent également, ce qui contraint les autorités à restreindre l'accueil à quelques colonies de l'AOF (Sénégal, Soudan, Mauritanie, Guinée). Ils sont généralement hébergés à l'« hôtel des Chargeurs réunis », ainsi nommé car la société coloniale de transport maritime Chargeurs réunis était associée à sa gestion[22]. L'établissement accueillait d'abord les marins pendant qu'on chargeait leur bateau, sur plusieurs jours. Devenu hôtel de luxe, avec restaurant et piscine, il a pris le nom d'« Hôtel du Fouta » après l'indépendance, puis celui de « Hôtel SIB ». De son côté l'« État Conval » (établissement des convalescents), créé par le régime colonial, accueillait les malades ou les blessés de l'AOF qui ne pouvaient être rapatriés immédiatement[23].

Villa Miriam Makeba de Dalaba.

D'autres infrastructures sont bâties pendant les années 1930, comme la « case à palabres » en 1935. C'était le lieu de rencontre des chefs de cantons du Fouta Djallon avec le gouverneur, ou des chefs de village et des notables. On construit également une trentaine de villas où séjournaient notamment des Européens venus de Dakar, siège de l'AOF. La plus connue est la « villa Jeannine », rebaptisée villa Sili à l'indépendance[23]. Dans les années 1960, une case est réalisée pour la chanteuse sud-africaine Miriam Makeba, établie à Dalaba pendant quelques années[23].

Rue Rosa Parks de Dalaba.

Outre le cadre naturel et le jardin Chevalier, ce patrimoine constitue un indéniable potentiel touristique, mais manque de moyens pour sa remise en état[23].

En , une rue est baptisée du nom de la militante afro-américaine Rosa Parks[24].

Éducation

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Enseignement pré-universitaire

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Façade de l'institut de Dalaba.

Dalaba centre compte huit écoles primaires, trois collèges et un lycée[25].

Enseignement supérieur

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Personnalités

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Notes et références

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  1. ↑ « Renforcer le capital humain en Guinée grâce aux soins de santé maternelle : des solutions locales à des problèmes locaux », sur World Bank (consulté le )
  2. ↑ « Dalaba », carte, sur google.fr/maps. Les distances se calculent avec l'outil « Directions ».
  3. ↑ Auguste Chevalier, « Les hauts plateaux du Fouta Djalon », Annales de géographie, t. 18, no 99,‎ , p. 253-261 (lire en ligne [sur persee]).
  4. ↑ Alpha Mamadou Diallo, Nuit blanche à Dalaba, L'Harmattan, 2016, p. 14 (ISBN 9782343093154)
  5. ↑ « Dalaba », carte, sur openstreetmap.org.
  6. ↑ Pierre Michel, Les bassins des fleuves Sénégal et Gambie, Étude géomorphologique, IRD Editions, 1973, p. 170, [lire en ligne]
  7. 1 2 Guid' A.O.F. L'Afrique occidentale française cercle par cercle, Agence de Distribution de Presse, Dakar, p. 298-299.
  8. ↑ Marc Alberge, La station climatique de Dalaba : du tourisme sanitaire au tourisme de loisirs de 1932 à nos jours, Université Toulouse 2, 2005, 164 p. (mémoire de maîtrise d'histoire contemporaine)
  9. ↑ République de Guinée, Institut national de la statistique, Annuaire statistique 2016, p. 55
  10. ↑ Abdourahmane Diallo, Les langues de Guinée, Karthala, 2013, p. 8
  11. ↑ Alexandra Vydrina, « Dictionnaire kakabé-français. Introduction », Mandenkan, no 53, 2015, p. 7, [lire en ligne]
  12. ↑ Ministère du plan, de la coopération international et du développement, « Quatrième recensement général de la population et de l'habitation (RGPH-4) 2025 en république de Guinée » Accès libre [PDF], sur https://www.stat-guinee.org/, (consulté le )
  13. ↑ @kamiss, « RGPH4 : le Président Mamadi Doumbouya confirme par décret les résultats préliminaires », sur Infochrono.org, (consulté le )
  14. ↑ Christiane Seydou, Ursula Baumgardt, Jean Derive, Paroles nomades. Écrits d'ethnolinguistique africaine, Karthala, 2005, p. 154 (ISBN 9782811140106)
  15. ↑ Céline Pauthier, « Mémoires de l'indépendance dans la région de Dalaba (République de Guinée) », op. cit., p. 138
  16. ↑ (en) Mohamed Saliou Camara, Thomas O'Toole, Janice E. Baker, « Administrative Organization, President Lansana Conté », in Historical Dictionary of Guinea, Scarecrow Press, 2013 (5e éd.), p. 22 (ISBN 9780810879690)
  17. 1 2 3 Auguste Chevalier, « Les acclimatations du jardin de Dalaba », Revue d'Écologie (La Terre et La Vie), t. 1, no 8,‎ , p. 451-463 (lire en ligne [sur persee]).
  18. 1 2 « Le jardin Auguste Chevalier », sur foutadecouverte.com, (consulté en ).
  19. 1 2 Auguste Chevalier, « Essai d'acclimatation de conifères en Afrique tropicale », Journal d'agriculture traditionnelle et de botanique appliquée, no 117,‎ , p. 310-314 (lire en ligne [sur persee]).
  20. ↑ Auguste Chevalier, « Histoire et amélioration des pommiers et spécialement des pommiers à cidre », Journal d'agriculture traditionnelle et de botanique appliquée, no 3,‎ , p. 149-215 (voir p. 209) (lire en ligne [sur persee]).
  21. ↑ « " Buitenzorg d'Afrique " [Jardin botanique de Dalaba] », inventaire des archives des Laboratoires d'Ethnobiologie - Fonds Auguste Chevalier, sur francearchives.gouv.fr (consulté en ).
  22. ↑ Marc Alberge, La station climatique de Dalaba : du tourisme sanitaire au tourisme de loisirs de 1932 à nos jours, Université Toulouse 2, 2005, cité dans Céline Pauthier, « Mémoires de l'indépendance dans la région de Dalaba (République de Guinée) », in Odile Goerg, Jean-Luc Martineau et Didier Nativel (dir.), Les indépendances en Afrique. L'évènement et ses mémoires, 1957/1960-2010, p. 139,
  23. 1 2 3 4 Nassiou Sow, « Guinée : immersion dans l’histoire des monuments et vestiges coloniaux de Dalaba », guineenews.org, 14 janvier 2019
  24. ↑ « Société | Inauguration de la rue Rosa Parks à Dalaba ! », sur LeKaloum Guinée News (consulté le )
  25. ↑ « Archives de la Direction Préfectorale de l'Éducation de Dalaba », sur guineematin.com, Guinée Matin - Les Nouvelles de la Guinée profonde (consulté en ).

Annexes

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Sur les autres projets Wikimedia :

Bibliographie

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  • Marc Alberge, La station climatique de Dalaba : du tourisme sanitaire au tourisme de loisirs de 1932 à nos jours, Université Toulouse 2, 2005, 164 p. (mémoire de maîtrise d'histoire contemporaine)
  • (en) Mohamed Saliou Camara, Thomas O'Toole, Janice E. Baker, « Dalaba », in Historical Dictionary of Guinea, Scarecrow Press, 2013 (5e éd.), p. 103 (ISBN 9780810879690)
  • Auguste Chevalier, « Les hauts plateaux du Fouta Djalon », in Annales de géographie, t. 18, no 99, 1909. p. 253-261, [lire en ligne].
  • Auguste Chevalier, « Les acclimatations du jardin de Dalaba », in La terre et la vie, no 8 , p. 451-463, [lire en ligne]
  • Alpha Mamadou Diallo, Nuit blanche à Dalaba, L'Harmattan, 2016, 258 p. (ISBN 9782343093154) (recueil de nouvelles)
  • Céline Pauthier, « Mémoires de l'indépendance dans la région de Dalaba (République de Guinée) », in Odile Goerg, Jean-Luc Martineau et Didier Nativel (dir.), Les indépendances en Afrique. L'évènement et ses mémoires, 1957/1960-2010, p. 135-159, [lire en ligne]
  • Marcel Soret, Modes de vie et niveaux de vie dans le cercle de Dalaba, ORSTOM, Paris, Mission anthropologique AOF, 1949, 132 p. [lire en ligne]

Liens externes

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