Daniel Ligou
Daniel Ligou, né le à Ploemeur (département du Morbihan) mort le à Dijon est un historien français spécialiste de l'histoire de la franc-maçonnerie et du protestantisme.
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Daniel Léon Edmond Bernard Ligou |
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Biographie
modifierJeunesse et formation
modifierDaniel Ligou est issu d'une famille originaire du Quercy de confession protestante.
Son père, Arnaud Ligou, né en 1864 à Corbarieu (département du Tarn-et-Garonne)[1], après un service militaire dans l'artillerie de marine, est ingénieur des travaux maritimes[2],[3]. En 1929, il est élu adjoint au maire de Montauban, Charles Capéran[3].
Son frère jumeau, Robert Ligou, est enseignant et poète.
Daniel Ligou effectue ses études secondaires au lycée Jules-Michelet de Montauban où il est reçu au baccalauréat de philosophie, puis ses études supérieures à la faculté de théologie protestante, puis à l'université de Toulouse, où il est l'élève de l'historien Jacques Godechot[3],[4].
En 1947, Daniel Ligou est reçu, le sixième, à l'agrégation d'histoire[5].
Carrière enseignante et éditoriale
modifierEntre 1947, Daniel Ligou est nommé enseignant à Cahors. En 1948, il est nommé à Montauban.
Il obtient un détachement de trois ans au CNRS et il soutient en 1956 sa thèse d'État, intitulée "Montauban à la fin de l'Ancien Régime et aux débuts de la Révolution, 1788-1794", publiée en 1958[6],[7]. Il enseigne pendant deux ans à la faculté des lettres de Toulouse. Il est nommé ensuite maître de conférences à la faculté des lettres d’Alger de 1959 à 1962. Mais les menaces de l’OAS le contraignent à rejoindre prématurément la métropole[8].
En 1963, Daniel Ligou est nommé professeur d'histoire moderne à la faculté des lettres de Dijon où il enseigne jusqu’à sa retraite en 1989. Outre son enseignement, il consacre une grande part de son temps à la recherche avec ses étudiants en dirigeant leurs travaux mais aussi en explorant et approfondissant de nombreux domaines comme les institutions de l’Ancien Régime, la Révolution française, l’histoire des idées et des mouvements philosophiques, des mentalités et des religions. Il est spécialiste de l'histoire du protestantisme et membre du comité de la Société de l'histoire du protestantisme français[9]. Sa grande connaissance de l'Ancien Régime lui valent d’être retenu pour participer au Comité national pour le bicentenaire de la Révolution. Il partage ses connaissances lors des missions à l’étranger qui lui sont confiées en Yougoslavie, en Italie, en Roumanie, et aux États-Unis. Cette activité académique se traduit par près de 200 publications dont le Dictionnaire de la Franc-maçonnerie publié aux PUF[10].
Il est un spécialiste de la franc-maçonnerie française à laquelle il consacre plusieurs ouvrages[3],[11].
Engagements politiques et sociaux
modifierDaniel Ligou participe à la création d’un comité étudiant anti-fasciste, tout en se rapprochant du Front populaire. Membre du Comité national des jeunes socialistes en 1948, élu secrétaire national en 1949, en 1951, atteint par la limité d’âge (30 ans), il remet sa charge à Pierre Mauroy. Militant au PSA puis au PSU, il adhère au parti Radical, devient membre du Comité directeur du parti radical de gauche en 1978, président départemental de 1978 à 1981[8].
Franc-maçon, Daniel Ligou est membre du Grand Orient de France. Il figure parmi les hauts responsables de l'Obédience[12].
Activités sportives
modifierDaniel Ligou a pratiqué le rugby en 3e ligne à l’Union sportive montalbanaise, fut entraineur au Sporting club montalbanais, arbitre fédéral en 1953. Il pratique aussi l’athlétisme, en 1941 il est champion du Languedoc du 1 500 m et de cross-country, est élu vice-président de la Ligue d’athlétisme de Midi-Pyrénées de 1954 à 1958, fonction qui lui est confiée en Algérie de 1959 à 1962. Il a aussi pratiqué la natation (champion des Pyrénées au 100 m brasse cadet), le basket, football, et fut chroniqueur sportif à la Dépêche du Midi et d’autres journaux régionaux. Roger Bambuck, alors ministre de François Mitterrand, lui remit la médaille de la jeunesse et des sports[12].
Publications
modifier- Documents sur le protestantisme montalbanais au XVIIIe siècle, Toulouse : Impr. universitaire, 1955[13].
- Montauban à la fin de l'Ancien Régime et aux débuts de la Révolution (1787-1794), Paris, M. Rivière, 1958.
- Histoire du socialisme en France (1871-1961), Paris, Presses universitaires de France, 1962.
- La Loge maçonnique de Sorèze de 1786 à 1815, Albi, Archives départementales, 1963.
- Le Protestantisme en France de 1598 à 1715, SEDES, , 277 p.[14].
- Chansons maçonniques (18e et 19e siècles), choisies et commentées par Daniel Ligou, Paris, Cercle des amis de la bibliothèque initiatique, 1972.
- Sur l'histoire de la Franc-Maçonnerie. Une « Maçonologie » scientifique est-elle possible ?, Paris, Garnier frères, 1972.
- Dictionnaire de la franc-maçonnerie, Paris, Presses universitaires de France, « Quadrige Dicos Poche », 2004, rééd. 2006.
- La Franc-maçonnerie, textes choisis et présentés par Daniel Ligou, Paris, Presses universitaires de France, 1977.
- Anderson's constitutions, (1723), texte anglais de l'édition de 1723, introduction, traduction et notes par Daniel Ligou, Paris, Lauzeray, « Scripta ac fontes Ordinis latomorum. Textes et sources de l'Ordre maçonnique », 1978.
- La Franc-maçonnerie à Chalon-sur-Saône et à Mâcon au XVIIIe siècle, Paris, Lauzeray, 1979, avec l'abbé J.-C. Desbrosse.
- Histoire des francs-maçons en France, Toulouse, Privat, 1981, prix Marie-Eugène Simon-Henri-Martin de l’Académie française en 1982.
- Commentaires sur les écrits maçonniques de Joseph de Maistre. Romantisme. Année 1985. Vol.15. no 48 ;p. 112-113.
- Franc-maçonnerie et Révolution française, 1789-1799 : franc-maçonnerie et révolutions, Paris, Chiron-Detrad, coll. « Janus », , 295 p. (ISBN 2-7027-0396-8, présentation en ligne).
- Introduction de: Rituels du Rite Français Moderne, 1786, Apprenti-Compagnon-Maître, Paris-Genève, Champion-Slatkine, 1991.
- Introduction de: Rituels du Rite Français Moderne, 1786, Les quatre "Ordres supérieurs" Élu - Écossais - Chevalier d'Orient - Rose Croix, Paris-Genève, Champion-Slatkine, 1992.
- Frederic Desmons et la Franc-maçonnerie sous la IIIe République, Paris, Éditions Théolib, 2012, (ISBN 978-2-36500-055-0).
Soutien à des rééditions
modifierDaniel Ligou a contribué à la réédition de nombreux écrits maçonniques dont les principaux auteurs sont :
- Étienne-François Bazot (1782-186 ?)
- Albert Lantoine (1859-1949)
- Charles Webster Leadbeater (1848-1934)
- Gaston Martin (1886-1960)
- Gabriel-Louis Pérau (1700-1767)
- Claude-Antoine Thory (1757-1827)
- Pierre Gérard Vassal (1769-1840)
Distinctions
modifierNotes et références
modifier- ↑ Archives départementales du Tarn-et-Garonne, « État civil de Corbarieu, registre des naissances de 1863 à 1873, vue 6 / 59, 6E044/6 »
, sur http://www.archives82.fr (consulté le ) - ↑ Archives départementales du Tarn-et-Garonne, « Registre des matricules militaires, bureau de recrutement de Montauban, classe 1884, premier volume, matricule n°444, 1R2/41 »
, sur http://www.archives82.fr (consulté le ) - 1 2 3 4 Pierre Levêque, « In Memoriam - Daniel Ligou (1921-2013) », Cahiers Jean Jaurès, no 210, , p. 229 à 233 (lire en ligne, consulté le ).
- ↑ Claude Mazauric, « Daniel Ligou : mémoire présente et histoire de la Révolution », Chroniques d'histoire maçonnique, vol. 88, no 2, , p. 6–22 (ISSN 0240-7418, DOI 10.3917/chm.088.0007, lire en ligne, consulté le )
- ↑ André Chervel, « Les agrégés de l'enseignement secondaire. Répertoire 1809-1960 »
, sur https://rhe.ish-lyon.cnrs.fr, (consulté le ) - ↑ D. Ligou et J. Godechot, « La Soutenance De Thèse De M. Ligou », Annales historiques de la Révolution française, vol. 28, no 145, , p. 428–435 (ISSN 0003-4436, lire en ligne, consulté le )
- ↑ [compte rendu] Georges Livet, « Daniel Ligou, Montauban à la fin de l'ancien régime et aux débuts de la révolution, 1787-1794 », Revue d'histoire et de philosophie religieuses, vol. 39, no 4, , p. 411-413 (lire en ligne, consulté le ).
- 1 2 « Daniel Ligou, Professeur honoraire d'Université, s'en est allé », sur vivre-a-chalon.com, (consulté le ).
- ↑ Isabelle Sabatier, « Assemblée générale du 15 mai 2014: Rapport moral annuel », Bulletin de la Société de l'histoire du protestantisme français, vol. 160, octobre-décembre 2014), p. 829 (lire en ligne, consulté le ).
- 1 2 « Daniel Ligou », sur bienpublic.com, (consulté le ).
- ↑ Martine François, « Daniel Ligou », sur cths.fr, CTHS La France savante, (consulté le ).
- 1 2 3 « Daniel Ligou n’est plus », sur bienpublic.com, (consulté le ).
- ↑ [compte rendu] Émile Poulat, « Ligou (D.) Documents sur le protestantisme montalbanais au XVIIIe siècle », Archives de sciences sociales des religions, no 2, , p. 157 (lire en ligne, consulté le ).
- ↑ [compte rendu] Jean Séguy, « Ligou (Daniel) Le Protestantisme en France de 1598 à 1715 », Archives de sciences sociales des religions, vol. 29, , p. 220-221 (lire en ligne, consulté le ).
Annexes
modifierBibliographie
modifier- « Daniel Ligou : historien de la franc-maçonnerie », Chroniques d'histoire maçonnique, Iderm, no 88, automne-hiver 2021, [lire en ligne].
Liens externes
modifier- Ressources relatives à la recherche :
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