Dans l'atelier
Dans l'atelier est une peinture de genre à l'huile sur toile du peintre baroque flamand Michael Sweerts, datant de 1652 et conservée au Detroit Institute of Arts (États-Unis).
| Artiste | |
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| Date | |
| Lieu de création | |
| Type | |
| Matériau | |
| Dimensions (H × L) |
73,5 × 58,8 cm |
| No d’inventaire |
30.297 |
| Localisation | |
| Inscription |
Michael Sweerts | fecit | Roma | A.D. 1652 |
Description
modifierL'œuvre montre un artiste accueillant un visiteur (qui pourrait être un étranger effectuant le Grand Tour et s'arrêtant à Rome[1]) dans son atelier. Les deux hommes examinent des moulages en plâtre[2].
La lumière rasante vient souligner les formes du torse d'Apollon que désigne le peintre, tandis que le visiteur richement vêtu examine un putto (alors qu'une mouche est posée sur son manteau[3]). La position du visiteur fait écho à celle de la sculpture d'Apollon.
Des instruments comme un compas ou une équerre reposent sur un coussin au premier plan, à côté d'un chitarrone : ces objets représentent les arts visuels et la musique[4]. La palette de couleurs constituée de tons brun, gris et bleu foncé soulignés par des éléments blancs est caractéristique du style de Sweerts[5].
Analyse
modifierLes moulages présents dans le tableau sont des copies de statues antiques telles que la Junon Ludovisi. Toutefois, le torse et le putto sont des reproductions de la sculpture en bronze Apollon et Cupidon (en) du sculpteur flamand François Duquesnoy, datant des années 1630-1640[6].
L'œuvre de Sweerts prend place dans le contexte du paragone : le débat sur la supériorité de la peinture ou de la sculpture dans les arts[7]. Le peintre fait ici une démonstration de sa virtuosité afin de démontrer la supériorité de son art[3].
Le tableau peut être rapproché d'une autre peinture de Sweerts, Atelier d'artiste avec une femme cousant (nl) (années 1640, collection privée[8]), avec qui il partage le même thème ainsi que des personnages et objets similaires[9].
- Michiel Sweerts, Atelier d'artiste avec une femme cousant, v. 1630-1640, coll. priv.
Historique
modifierLe tableau est peint en 1652, alors que Michiel Sweerts se trouve à Rome[2]. Il appartient d'abord aux frères Deutz (une famille de riches collectionneurs néerlandais dont le peintre est proche[1]), puis passe entre les mains de divers propriétaire au XIXe siècle avant d'être acheté par le Detroit Institute of Arts en 1930[11].
Références
modifier- 1 2 Bikker 1998, p. 299-300.
- 1 2 Yeager-Crasselt 2011, p. 110.
- 1 2 Yeager-Crasselt 2011, p. 121.
- ↑ Yeager-Crasselt 2011, p. 113.
- ↑ Valentiner 1930, p. 6.
- ↑ Yeager-Crasselt 2011, p. 112-113.
- ↑ Yeager-Crasselt 2011, p. 112.
- ↑ (en) Scott Reyburn, « Long-lost canvas by Flemish painter Michael Sweerts propels Christie's Old Master sale in London to its best result in seven years », sur The Art Newspaper,
- ↑ Recht 2010, p. 22.
- ↑ (en) Musée Liechtenstein, « Apollo and Cupid », sur liechtensteincollections.at
- ↑ (en) Detroit Institute of Arts, « In the Studio », sur dia.org
Bibliographie
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: document utilisé comme source pour la rédaction de cet article.
- [Bikker 1998] (en) Jonathan Bikker, « The Deutz Brothers, Italian Paintings and Michiel Sweerts: New Information from Elisabeth Coymans's "Journael" », Simiolus: Netherlands Quarterly for the History of Art, vol. 26, no 4, , p. 277-311 (JSTOR 3780847, lire en ligne).

- [Döring 1994] (de) Thomas Döring, « Belebte Skulpturen bei Michael Sweerts : zur Rezeptionsgeschichte eines vergessenen pseudo-antiken Ausdruckskopfes », Wallraf-Richartz-Jahrbuch, vol. 55 « Studien zur niederländischen Kunst : Festschrift für Prof. Dr. Justus Müller Hofstede », , p. 55-83 (JSTOR 24661575, lire en ligne).
- [Valentiner 1930] (en) W. R. Valentiner, « A Painter's Atelier by Michiel Sweerts », Bulletin of the Detroit Institute of Arts, vol. 12, no 1, , p. 4–6 (DOI 10.1086/BULLDETINST41501451, lire en ligne).

- [Recht 2010] Roland Recht, « Le lieu privé du peintre. Autoportraits et ateliers comme configurations du champ de l'art », Studiolo : revue d'histoire de l'art de l'Académie de France à Rome, vol. 8 « Le lieu du privé », , p. 9-37 (DOI 10.3406/studi.2010.1288, lire en ligne).

- [Yeager-Crasselt 2011] (en) Lara Yeager-Crasselt, « Michael Sweerts/François Duquesnoy: A Flemish Paragone in Seventeenth‑Century Rome », Dutch Crossing: Journal of Low Countries Studies, vol. 35, no 2, , p. 110–126 (DOI 10.1179/155909011X13033128278515, lire en ligne).

- [Yeager-Crasselt 2013] (en) Lara Yeager-Crasselt, Michael Sweerts (1618-1664) and the Academic Tradition (thèse de doctorat), College Park, Université du Maryland, , 309 p. (présentation en ligne, lire en ligne [PDF]).