Daïra d'Abadla

daïra (arrondissement) de Béchar, Algérie

La daïra d'Abadla est une daïra d'Algérie située dans la wilaya de Béchar et dont le chef-lieu est la ville éponyme d'Abadla.

Daïra d'Abadla
Daïra d'Abadla
Localisation de la daïra dans la Wilaya de Béchar
Administration
Pays Drapeau de l'Algérie Algérie
Wilaya Béchar
Chef-lieu Abadla
Nb. communes 3
Daïra depuis 12/07/1974
Démographie
Population 22 006 hab.
Densité 1,8 hab./km2
Géographie
Coordonnées 31° 01′ nord, 2° 44′ est
Superficie 12 100 km2
Localisation
Géolocalisation sur la carte : Algérie
Voir sur la carte topographique d'Algérie
Daïra d'Abadla
Géolocalisation sur la carte : Algérie
Voir sur la carte administrative d'Algérie
Daïra d'Abadla

Histoire

modifier

Abadla a été promue au rang de daïra lors du découpage administratif de , qui visait à créer un pôle de compétitivité rassemblant les institutions étatiques[1].

Géographie

modifier

Abadla se trouve dans la vallée du Guir, près de l’oued du même nom. La vallée du Guir se situe à 90 km au sud ouest de la Wilaya de Béchar. Cette vallée est encore appelée la plaine d’Abadla.

Localisation

modifier

La daïra d'Abadla est limitée :

Communes de la daïra

modifier

La daïra d'Abadla comprend trois communes :

La population totale de la daïra est de 21 133 habitants (2008)[2] pour une superficie de 12 100 km2[3].

Agriculture

modifier

L’agriculture et l’élevage camelin occupent la première place dans la région. L’agriculture est pratiquée dans une logique de soutien à l’élevage et de complémentarité. Il y est parfois intégré un petit élevage de bovins, ovins, caprins et de volaille. La tribu Doui-Menia possède ses cultures dans le bas-Guir mais ses palmiers sont localisés au Tafilalet et à Taghit. Le cheptel n’est pas le seul élément constituant ses ressources. « Sur une largeur qui atteint dix kilomètres et une longueur d'au moins vingt-cinq, dit le général de Wimpffen dans son rapport, un faisceau considérable de canaux et de bras de rivière arrose de grands espaces couverts de céréales. Les tamarix qui, à l'exclusion de tout autre arbre, croissent sur ce terrain en quantité telle qu'ils forment sur certains points de véritables forêts, donnent, avec leurs bois, les éléments de barrages qui dérivent les eaux dans toutes les directions. Les clairières, laissées libres dans les intervalles de cette vigoureuse végétation, sont toutes cultivées, à l'exception cependant du milieu de la vallée, où s'élève une ligne de hautes dunes de sable. »[4].

L’élevage camelin dans la Daira d’Abadla (wilaya de Béchar)

modifier

L’élevage camelin représente une activité socio-économique majeure dans la Daira d’Abadla, située dans la wilaya de Béchar. Cette activité traditionnelle s’appuie sur les caractéristiques naturelles de la région, notamment son climat aride et ses vastes espaces pastoraux adaptés au pâturage des dromadaires.

Périmètre d'Abadla

modifier

La plaine d’Abadla, qui représentait une véritable rupture avec la tradition, était promise dans les années 1970 pour être « la Mitidja au cœur du Sahara ». Le projet de mise en valeur de cette plaine a été conçu et confié, à l’époque, aux experts américains et était destiné aux cultures maraîchères (récolte de céréales), fourragères, coton, tournesol, ainsi qu’à l’élevage de bovins (1.000 têtes), avec une production de lait, de viande et de fumier.

Le développement de la phoeniciculture dans la Daïra d’Abadla

modifier

La phoeniciculture constitue l’une des principales activités agricoles de la Daïra d’Abadla grâce à des conditions climatiques favorables et à un savoir-faire transmis de génération en génération. Le FNDA (Fonds National de Développement Agricole) représente une solution efficace pour soutenir ce secteur stratégique. À travers ses subventions, il permet la création et l’extension des palmeraies productives. Le fonds finance également les systèmes d’irrigation économes en eau, notamment le goutte-à-goutte, adaptés aux conditions arides de la région. Il encourage l’acquisition d’équipements agricoles modernes pour améliorer les rendements et réduire les coûts de production. Le FNDA soutient aussi la lutte contre les maladies et ravageurs affectant les palmiers dattiers. Par ailleurs, il favorise la valorisation et le conditionnement des dattes afin d’augmenter leur valeur commerciale. Ces mesures contribuent à améliorer les revenus des agriculteurs locaux. Elles renforcent également la sécurité alimentaire et créent des opportunités d’emploi en milieu rural. Ainsi, le FNDA joue un rôle essentiel dans le développement durable de la phoeniciculture dans la Daïra d’Abadla.

Station (ITDAS)

modifier

La ferme de démonstration et production de semences d’Abadla (BECHAR) : est située dans la plaine de mise en valeur d’Abadla, la F.D.P.S couvre une superficie de 50 ha. Elle est irriguée comme l’ensemble de périmètre par les eaux du barrage de Djorf Torba[5].

SRPV Abadla - INPV

modifier

Abadla dispose d'une Station Régionale de la Protection des Végétaux située dans la plaine de mise en valeur d’Abadla[6].

ONAB Abadla

modifier

Abadla dispose d’une unité ONAB Dépendance en gestion directe dont la filiale : Unité de Nutrition Animale située au

Périmètre irrigué d'Abadla W.Bechar[7].

OPI d'Abadla

modifier

L’OPI est chargé de l’irrigation des superficies du périmètre d’abadla et assure aussi l’entretien et la réparation des canaux magistraux. De ce second barrage partent une large canal d'irrigation, bétonné et à ciel ouvert qui se ramifiera en canaux secondaires puis en canalisations souterraines avec des prises de cinquante mètres en cinquante mètres.

Situation hydrologique

modifier

Barrage de Reprise

modifier

L'irrigation de la plaine d'Abadla y était étroitement liée dans une optique de rentabilisation maximum d'un terroir agricole. De ce second barrage partent deux larges canaux d'irrigation, bétonnés et 2 ciel ouvert qui se ramifieront en canaux secondaires puis en canalisations souterraines avec des prises de cinquante mètres en cinquante mètres[8].

Station de désalinisation de l'eau

modifier

La station de désalinisation de l’eau d’Abadla (Béchar) est mis en service au début de l’année 2013. La réalisation et l’équipement de cette station hydraulique a pour objectif l’amélioration et le renforcement de l’alimentation en eau potable dans la daïra d’Abadla d’une capacité de traitement de 4 500 m3 d’eau/jour provenant du barrage de reprise.

Dayet Ettiour : réserve naturelle du lac des oiseaux

modifier

La dayet Ettiour (le lac des oiseaux) est une zone humide qui accueillait annuellement des milliers d'oiseaux migrateurs en passage vers l'Afrique sahélienne ou au retour vers leurs régions de reproduction en Afrique du Nord ou en Europe[9],[10].

La daïra bénéficie d'un climat désertique sec et chaud (classification de Köppen : BWh)[réf. nécessaire]

Les meilleurs mois pour visiter Abadla sont avril, mai, septembre et octobre.

Les données climatiques pour Abadla[11]
Mois Jan Fév Mar Avr Mai Juin Juil Août Sep Oct Nov Déc Année
Moyenne haute °C (°F) 17,4

(63,3)

20,7

(69,3)

24,2

(75,6)

28,8

(83,8)

33,4

(92,1)

38,1

(100,6)

42,5

(108,5)

41,1

(106)

35,8

(96,4)

29,2

(84,6)

22

(72)

18,2

(64,8)

29,28

(84,75)

Moyenne journalière °C (°F) 10,2

(50,4)

13,2

(55,8)

16,9

(62,4)

21,2

(70,2)

25,7

(78,3)

30,4

(86,7)

34,6

(94,3)

33,5

(92,3)

28,7

(83,7)

22,2

(72)

15,6

(60,1)

11,1

(52)

21,94

(71,52)

Moyenne basse °C (°F) 3,1

(37,6)

5,8

(42,4)

9,6

(49,3)

13,7

(56,7)

18

(64)

22,8

(73)

26,7

(80,1)

26

(79)

21,6

(70,9)

15,2

(59,4)

9,2

(48,6)

4,3

(39,7)

14,67

(58,39)

Précipitation moyenne en mm (pouces) 7

(0,28)

5

(0,2)

8

(0,31)

5

(0,2)

4

(0,16)

3

(0,12)

2

(0,08)

3

(0,12)

6

(0,24)

9

(0,35)

10

(0,39)

7

(0,28)

69

(2,73)

Vie économique

modifier

Abadla a connu un essor économique et démographique important au cours des dernières années. Facile d’accès, elle est traversée par la route nationale No 6 qui la relie entre les wilayas du Nord et du Sud de l’Algérie. Dotée d’un périmètre agricole aménagé et d’un centre-ville animé, elle poursuit avec dynamisme sa volonté d’offrir un milieu favorable au développement des entreprises et un lieu de travail encore plus attrayant pour les citoyens. Elle dispose d’un grand nombre de commerces de proximité. La diversité et le développement du commerce local sont d’ailleurs une volonté forte de la Municipalité pour faire vivre le centre-ville. L’organisation de la société repose sur une économie communautaire, des perceptions provenant des récoltes et de l’élevage des troupeaux ovins caprins et camelins ainsi que d’autres secteurs tels que l’administration, le commerce et le transport.

Nouvelle ville

modifier

La commune d'Abadla était dotée de plusieurs projets pour rénovation et extension de la ville. . Une longue étude d'urbanisme a été réalisée afin d'assainir l’ancien ville, de reconstruire tous les logements en dur en utilisant les déclivités du terrain, d'aménager des voies de circulation commodes et les raccordements des réseaux d’eau potable, assainissement, ainsi que d’autre réseaux d’électricité, téléphone, d'aménager des espaces verts dans un style, architectural adapté aux coutumes sociales.

Abadla est une nouvelle ville économique qui est bien équipé par des logements collectifs, des lotissements de moyenne qualité et d’autres infrastructures sociales. Les premiers constructions étatiques sont implantés au bord de la route nationale nNo 6 ,qui attirent l’attention générale des visiteurs tel que : Daira, Palais de justice, Siège de l’APC d’Abadla et ainsi que d’autres organismes sociaux sont implantés dans la ville.

Transports

modifier

La commune d'Abadla est traversée par la route nationale 6 (RN 6), dite « route des Oasis », qui relie la ville de Sig, située au nord-ouest de l'Algérie et les Wilayas du Sud Ouest Adrar et Tindouf .

Le Centre hospitalier universitaire  d’abadla, Centre hospitalo-universitaire de la daira  d’abadla ou CHU de d’abadla est un cadre administratif qui gère les structures sanitaires de la commune d’abadla  dans la grand guir en Algérie. Il relève de la Direction de la Santé et de la Population de la Wilaya d’ABADLA.

Hamada de guir

modifier

Le Hamada du Guir est un hamada, plateau rocailleux désertique, situé au nord-ouest du Sahara algérien, dans le sud-ouest de l'Algérie.

Le patrimoine religieux et spirituel de la daïra d’Abadla

modifier

La daïra d’Abadla, située dans la wilaya de Béchar, possède un riche patrimoine religieux et spirituel. Depuis plusieurs siècles, cette région a vu naître et s’installer de nombreux saints, savants et cheikhs qui ont marqué la vie religieuse, sociale et culturelle de la population. Leur influence se manifeste encore aujourd’hui à travers les zawiyas, les mausolées et les traditions populaires qui constituent une partie importante de l’identité locale.

L’histoire d’Abadla montre que la religion ne se limitait pas à la pratique du culte. Elle participait également à l’organisation sociale, à l’éducation des jeunes générations et à la préservation des valeurs culturelles de la société.

Les saints et les chefs religieux d’Abadla

modifier

Au fil des siècles, la région d’Abadla a accueilli plusieurs personnalités religieuses respectées. Ces hommes étaient connus pour leur savoir, leur piété et leur rôle dans l’encadrement de la population.

Les chefs religieux et les responsables des zawiyas occupaient une place importante dans la société. Ils enseignaient les principes de l’islam, réglaient les conflits entre les habitants et encourageaient la solidarité entre les membres de la communauté.

Pendant la période coloniale française, leur rôle devint encore plus important. Ils contribuèrent à préserver la religion musulmane, la langue arabe et les traditions locales face aux tentatives d’assimilation culturelle.

Les zawiyas devinrent alors des espaces de résistance spirituelle et culturelle. Elles permettaient de transmettre les valeurs religieuses et nationales aux nouvelles générations.

Les zawiyas comme centres religieux et sociaux

modifier

Les zawiyas étaient des institutions essentielles dans les régions sahariennes. Elles ne servaient pas uniquement à l’enseignement religieux.

Leurs principales missions étaient :

  • L’enseignement du Coran et des sciences religieuses.
  • L’accueil des voyageurs.
  • L’assistance aux personnes pauvres.
  • La médiation entre les tribus.
  • La préservation des traditions locales.

Grâce à ces fonctions, les zawiyas contribuaient à la stabilité de la société. Elles représentaient également des lieux de rencontre où se développaient les échanges culturels et sociaux.

Durant la colonisation, elles jouèrent un rôle important dans la préservation de l’identité nationale et religieuse du peuple algérien.

Sidi Tayeb, le saint patron d’Abadla

modifier

Parmi les saints les plus connus de la région figure Sidi Tayeb, surnommé « Moul Toumiat ».

Son nom est profondément lié à l’histoire d’Abadla. Il est considéré comme l’un des symboles spirituels les plus importants de la région.

Son mausolée constitue un lieu de mémoire et de recueillement pour de nombreux habitants. La présence de ce sanctuaire témoigne de l’importance du patrimoine religieux dans la vie de la communauté.

Le souvenir de Sidi Tayeb continue de vivre à travers les récits populaires et les traditions transmises de génération en génération.

La vallée de l’Oued Guir et son importance historique

modifier

L’Oued Guir et ses affluents occupent une place particulière dans l’histoire du sud-ouest algérien.

Cette région désertique était traversée par d’importantes routes commerciales reliant le Tafilalet, le Touat et d’autres régions du Sahara.

Grâce à sa position géographique, elle devint un espace d’échanges économiques, culturels et religieux.

Au XIXe siècle, plusieurs voyageurs européens parcoururent cette région et laissèrent des témoignages précieux sur la vie locale.

Parmi eux figure l’explorateur allemand Gerhard Rohlfs.

Le témoignage de Gerhard Rohlfs

modifier

Gerhard Rohlfs traversa la région en 1863 puis en 1864 lors de ses expéditions sahariennes.

Ses écrits constituent aujourd’hui une source historique importante pour comprendre la société locale au début de la période coloniale.

Durant son voyage dans la vallée du Guir, il observa plusieurs monuments religieux.

Parmi ceux-ci figurait le dôme de Sidi Tayeb, qu’il décrivit comme un monument imposant entouré d’une construction importante.

Cette observation confirme l’existence et l’importance du sanctuaire au milieu du XIXe siècle.

Le témoignage de Rohlfs permet ainsi de mieux comprendre le rôle joué par les institutions religieuses dans la région



Notes et références

modifier
  1. ↑ « Wayback Machine », sur joradp.dz via Internet Archive (consulté le ).
  2. ↑ ons.dz.
  3. ↑ « aniref.dz » (consulté le ).
  4. ↑ « l'expédition de l'oued guir 1870. », sur gallica.bnf.fr, .
  5. ↑ « L’Institut Technique de Développement de l’Agronomie Saharienne « ITDAS » », sur itdas.dz, 29/07/2019..
  6. ↑ « SRPV Abadla », sur le site de l'INPV (consulté le ).
  7. ↑ ONAB Dz, « Potentiel de production d’aliments composés », sur onab.dz, (consulté le ).
  8. ↑ « Un exemple de mise en valeur intégrée d'une zone aride: la plaine d'Abadla dans le sud algérien », sur om.ciheam.org, 1975 pages 99-107, .
  9. ↑ « Dayet Ettiour "Lac des Oiseaux" (Béchar) proposée au classement sur la liste Ramsar », sur Algerie-dz.com (consulté le ).
  10. ↑ « La Réserve Naturelle du Lac des Oiseaux | Service d’information sur les Sites Ramsar », sur rsis.ramsar.org (consulté le ).
  11. ↑ climate-data.org.

Voir aussi

modifier

Articles connexes

modifier

Liens externes

modifier
  • Site de la wilaya de Béch
  • Loi no 2001-20 du 27 Ramadhan 1422 correspondant au relative à l'aménagement et au développement durable du territoire, p. 15. JO no 77 DU 15/12/2001
  • Paris : CIHEAM, 1975. p.  99-107. (Options Méditerranéennes; n. 26). https://om.ciheam.org/om/pdf/r26/CI010597.pdf [archive]
  • https://www.persee.fr/doc/geo_0003-4010_1952_num_61_324_13374 de R Capot-Rey - 1952
  • « Bots verification - التحقق البشري », sur elhiwar.dz (consulté le )
  • https://www.islamweb.net
  • https://akhbarelwatane.dz
  • https://khutabaa.com
  • https://www.mominoun.com
  • https://kezana.ai/https://www.dar-alifta.org/ar
  • https://asjp.cerist.dz/en/article/25845 https://asjp.cerist.dz/en/article/25845 https://colonialism.iicss.iq/?id=21&sid=29 https://nakala.fr/10.34847/nkl.f04559p6 https://paris8-omekas.s3.nl- https://alger-roi.fr/Alger/cahiers_centenaire/pacification/textes/chapitre2.htm