De Vrouw 1813–1913

exposition consacrée à la contribution des femmes à la société néerlandaise

De Vrouw 1813–1913 (La Femme 1813–1913 ) est une exposition commémorant le centenaire de l'indépendance du royaume des Pays-Bas. Elle est organisée dans la suite de l'Exposition nationale du travail des femmes pour mettre en lumière les réalisations des femmes entre 1813 et 1913 et leur contribution à la société néerlandaise. Elle a également pour but de soutenir l'accession des femmes au droit de vote.

De Vrouw 1813-1913
Affiche d'exposition de Wilhelmina Drupsteen.
Affiche d'exposition de Wilhelmina Drupsteen.
Coordonnées 52° 20′ 54″ nord, 4° 54′ 28″ est

L'exposition se déroule du 2 mai au 30 septembre 1913 sur le terrain de la Buitenplaats (résidence d'été) Meerhuizen sur l'Amsteldijk à Amsterdam.

Contexte

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En 1898, la Nationale Tentoonstelling van Vrouwenarbeid à La Haye (Exposition nationale du travail des femmes) organisée par le mouvement féministe néerlandais est la première à démontrer les capacités des femmes et à dénoncer la suprématie masculine dans la société. Elle donne l'impulsion nécessaire à la fondation de plusieurs organisations et associations féminines.

L'exposition De Vrouw 1813-1913, est organisée dans la foulée, peu de temps après, avec un objectif différent. Elle est initiée en 1912 par deux militantes féministes, engagées notamment dans la lutte pour le droit de vote des femmes Mia Boissevain (1878-1959) et Rosa Manus (1881-1942)[1],[2].

Objectif

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L'exposition « De Vrouw 1813–1913 » veut montrer ce que les femmes néerlandaises ont accompli au cours des 100 années écoulées depuis l’indépendance des Pays-Bas en 1813 et surtout dans quelle mesure la société en a bénéficié[1].

L'exposition doit intervenir en soutien de la lutte pour le droit de vote des femmes. Les femmes jouant un rôle important dans tous les domaines de la société, elles doivent accèder à la pleine citoyenneté. Il n'est plus acceptable de leur refuser « le droit de vote, l’indépendance économique ou l’accès à certaines fonctions ou professions ». Cependant, cet objectif politique n'est pas explicitement présenté[1].

Le format d'une exposition semble susceptible de toucher un public plus large que les traditionnels congrès et conférences et surtout un public encore peu acquis aux droits des femmes. L'exposition s'insère dans toute une série de festivités organisées dans le pays pour le centenaire de la monarchie néerlandaise en 1913[2].

Organisation de l'exposition

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Pour la conception et la préparation de l'exposition, un comité principal est appuyé par 24 sous-comités, chacun responsable d'un sujet.

Le gouvernement néerlandais soutient le projet à hauteur de 8 000 florins, alors que 150 000 sont nécessaires. Le reste est couvert par les entrées à l'exposition, la vente de publications et la location d'espaces de vente dans la galerie. Des soutiens privés de sympathisants, sous forme de dons ont également contribué au financement[2].

Le site

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Le site choisi pour l'exposition se trouve sur l'Amsteldijk, près de l'actuelle Meerhuizenplein. L'exposition se déroule du 2 mai au 1er octobre 1913. Elle est ouverte tous les jours de 10h00 à 21h30 et accueille plus de 200 000 visiteurs[1],[2].

Inauguration

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Mia Boissevain prononce le discours d'ouverture le 2 mai 1813 en présence de représentants de la Reine et du gouvernement[2].

La reine Wilhelmine visite elle-même l'exposition à deux reprises, les 15 mai et 16 août. Elle prête des objets des Archives de la Maison royale pour les exposer dans le département historique[1],[3].

Quelques sections et comités

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L'exposition De Vrouw 1813-1913 établit des comparaisons entre la vie et la condition sociale des femmes en 1813 et en 1913 dans divers domaines présentés dans des salles thématiques : les tâches ménagères, l'éducation, les statistiques, la littérature, le travail social, le sport, les colonies et le travail. Une place importante est accordée à l'histoire[1].

Des points de restauration et un salon de thé dans le hall d'entrée sont aussi proposés[1].

Pendant l'exposition, un magazine, De Vrouw, est publié pour donner des informations régulières. 16 numéros vont paraître[1].

Les maisons

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Deux maisons sont aménagées pour l'exposition afin d'illustrer les différences entre l'équipement de 1813 et celui de 1913. Margaret Staal-Kropholler, sous son pseudonyme de Greta Derlinge, propose sa maison idéale, Het Huis 1913; comme une vitrine du design moderne. Elle est équipée de technologies modernes telles que le gaz, l'électricité et le chauffage électrique, ainsi que d'un bureau pour la maîtresse de maison. Elle comprend une buanderie et un séchoir séparés, des équipements modernes comme une cuisinière à vapeur intégrée, et des portes coulissantes. Greta Derlinge démontre comment une « meilleure architecture » peut faciliter la vie de la ménagère. Elle est considérée comme la première femme architecte néerlandaise[4].

Droits des femmes

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Espace VvVK.

L'Association pour le suffrage des femmes dispose de sa propre salle où elle fournit des informations sur l'évolution des droits des femmes et milite pour le suffrage des femmes[1].

Durant la période d'exposition, 51 conférences sur des sujets d'actualité liés au mouvement féministe sont organisées dans la salle de conférence. Des féministes de renom international telles que l'Américaine Carrie Chapman Catt, présidente de l'Alliance internationale des femmes, prennent également la parole[1].

Colonies

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Le comité des colonies est présidé par SE Kasteleyn-Beyerinck. Josephine Baerveldt-Haver (nl) intègre le comité dès le printemps 1912[5].

La section coloniale est ajoutée à l'exposition à un stade tardif. Elle comprend une maison indonésienne et une pièce présentant des produits du travail des femmes des colonies[1]. À l'occasion de l'exposition, Anna van Hogendorp (de) publie Van Vrouwenleven, 1813-1913. Ontwikkelingsgang van het leven en werken der vrouw in Nederland en de koloniën (De la vie des femmes, 1813-1913. Évolution de la vie et des oeuvres des femmes aux Pays-Bas et dans les colonies), avec des contributions de Jeltje de Bosch Kemper, M.W. Maclaine Pont et V.C. van der Meer van Kuffeler[6].

Département « Inde orientale et occidentale ».

Littérature et théâtre

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Ce sous-comité présidé par Carry van Bruggen présente un aperçu du travail des écrivaines et actrices néerlandaises modernes dans sa section consacrée aux livres et aux portraits. En outre, des conférences et des représentations théâtrales ont lieu[1].

Beaux-arts

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La section Beaux-Arts met à l'honneur une sélection d'œuvres de femmes ayant marqué l'histoire de l'art autour de 1813 et des œuvres de femmes de leur époque. Un comité sélectionne 357 œuvres de 181 femmes parmi les 667 œuvres soumises par des artistes féminines de tout le pays, dont 29 sculptures. Des médailles sont décernées pour des œuvres individuelles. Toutes les décorations et le matériel promotionnel des expositions sont créés par des artistes féminines.

Le sous-comité Arts visuels présidé par Thérèse Schwartze est principalement chargé d'organiser une exposition et de sélectionner les œuvres soumises, mais il participe également au jury du concours de conception d'une affiche. Lizzy Ansingh, Nelly Bodenheim, Jacoba van Heemskerck, Geesje Mesdag-van Calcar, Suze Robertson font partie de ce sous-comité.

Wilhelmina Drupsteen (nl) crée l'affiche publicitaire, qui est choisie comme couverture du catalogue de l'exposition. Elle conçoit également les peintures murales du hall d'entrée de la salle d'exposition centrale, qui sont inspirées par le poème Gebroken kleuren (Couleurs brisées) d'Henriette Roland Holst. Nelly Bodenheim crée la couverture du catalogue du département des Beaux-Arts. Elle utilise des images pour représenter les lettres du mot « catalogue ». Les images individuelles représentent les différentes formes d'art pratiquées par les femmes néerlandaises[2],[7].

Médaille d'argent.

Parmi les artistes participantes :


Outre l'Association pour le suffrage des femmes (VvVK), d'autres organisations ont également participé, notamment la Tuinbouwschool Huis te Lande (école d'horticulture pour filles). L'école a remporté plusieurs prix à l'exposition .

« Diese Ausstellung ist eine patriotische Tat, denn durch sie soll das Andenken der vor hundert Jahren erfolgten Befreiung des Landes vom Joche Napoleons geehrt werden; gleichzeitig soll sie einen Vergleich zwischen der Lebensart und der sozialen Stellung der Frau im Jahre 1813 mit derjenigen der heutigen Frau bieten. Sie soll das und wird dieser Aufgabe voll gerecht. Ein altes Haus, das sich auf dem Ausstellungsgebiet befand, wurde bis ins einzelnste so eingerichtet, wie vor hundert Jahren ein bürgerliches Haus eingerichtet war. Von dem Klopfer an der Haustür, dem Keller mit den mächtigen Weinfässern, der großen Vorratskammer, der Küche mit dem alten Geschirr, in die Gesindestube mit Spulrad und Haubenstock, bis ins Schlafzimmer mit den kupfernen Wärmpfannen, alles wie dazumal. »

 Marianne Hainisch

Autres comités

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Postérité

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En 2013, les premières manifestations commémorant le bicentenaire du Royaume des Pays-Bas ont eu lieu. Dans ce contexte, la Société royale d'histoire des Pays-Bas (KNHG) a décidé, en collaboration avec l'Association pour l'histoire des femmes et du genre, de consacrer son congrès d'automne au rôle des femmes dans l'histoire du Royaume au cours des deux derniers siècles. Ce congrès intitulé De Vrouw 1813-1913-2013 s'inscrit dans la ligne de l’exposition De Vrouw 1813-1913 [1].

Bibliographie

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  • (nl) Gedenkboek van de tentoonstelling 'De Vrouw 1813-1913' Livre commémoratif de l'exposition »], (lire en ligne)
  • (nl) Johanna W.A. Naber, Om en bij de tentoonstelling 'De Vrouw 1813-1913' Autour et pendant l'exposition « De Vrouw 1813-1913 » »], Groningue, G. Römelingh, (lire en ligne)
  • (nl) Anna van Hogendorp et Cornelia van der Hart, Van vrouwenleven 1813-1913 : Ontwikkelingsgang van het leven en werken der vrouw in Nederland en de koloniën, Römelingh, (lire en ligne)
  • (nl) Irene Geerts, Even liefelijke als doeltreffende propaganda : de kiesrechtboodschap van de tentoonstelling De Vrouw 1813-1913 Une propagande aussi belle qu'efficace. Le message de l'exposition *De Vrouw 1813-1913* sur le suffrage féminin »], Amsterdam, Vrije Universiteit Amsterdam, (lire en ligne)
  • (nl) H.C.H. Moquette., « De tentoonstelling ‘De Vrouw’ 1813-1913 », Onze Eeuw. Jaargang, vol. 13, (lire en ligne)
  • Marianne Hainisch Ein Jahrhundert niederländischer Frauenarbeit. Dans: Revue féminine autrichienne
  • Daisy Minor: Congrès des femmes et exposition « La femme 1813-1913 » à Amsterdam. Dans: Communications de l'«Association des femmes travailleuses» / Revue autrichienne des femmes

Liens externes

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Références

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(de) Cet article est partiellement ou en totalité issu de l’article de Wikipédia en allemand intitulé « De Vrouw 1813-1913 » (voir la liste des auteurs).
  1. 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 Mieke Aerts et Lex Heerma van Voss, « De Vrouw 1813-1913-2013 », BMGN - Low Countries Historical Review, vol. 130, , p. 5–12 (DOI 10.18352/bmgn-lchr.10038, lire en ligne, consulté le )
  2. 1 2 3 4 5 6 (nl) « Tentoonstelling De Vrouw 1813 – 1913 », sur atria (consulté le )
  3. (nl) « Bezoek van Wilhelmina aan de tentoonstelling "De Vrouw 1813-1913" te Amsterdam », sur Koninklijke Verzamelingen (consulté le )
  4. (nl) « Vergeten en verzwegen vrouwen #meneither », sur A.ZINE, (consulté le )
  5. 1 2 « Vrouwenbeweging », sur www.wilhelminadrucker.nl (consulté le )
  6. (nl) A. van Hogendorp et Cornelia van der Hart, Van vrouwenleven 1813-1913 : Ontwikkelingsgang van het leven en werken der vrouw in Nederland en de koloniën, Römelingh, (lire en ligne)
  7. 1 2 3 Vrouwen in de vormgeving in Nederland, 1880-1940 (lire en ligne)
  8. (nl) « Berthe van Hasselt », sur RKD Research (consulté le )
  9. (nl) Annette Mevis, « Quarles van Ufford, Anne Philippine Madeleine (1862-1939) », sur Digitaal Vrouwenlexicon van Nederland,
  10. (nl) « Anna Elisabeth Kerling », sur Beeldend BeNeLux Elektronisch (Lexicon) (consulté le )
  11. (nl) « Eva Emmelina Seelig », sur RKD Research (consulté le )