Dinah Kohnstamm
Dinah Elisabeth Kohnstamm, née le à Amsterdam et décédée le , au camp de concentration d'Auschwitz est une peintre, dessinatrice et artisane d'art néerlandaise.
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Nederlandsche Vereeniging voor Ambachts- en Nijverheidskunst (en) () |
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Biographie
modifierDinah Kohnstamm est la fille de Maijer « Max » Kohnstamm (1836-1906), employé de banque allemand, et de Sara Wertheim (1841-1922), originaires d'Amsterdam. Ses parents sont juifs, mais non pratiquants. Son père travaille pour la banque Wertheim & Gompertz, où son beau-frère, Abraham Carel Wertheim, est associé. À partir de 1872, il vit principalement en Allemagne pour faire soigner son trouble bipolaire (psychose maniaco-dépressive) dans des sanatoriums. La famille partage donc son temps entre les Pays-Bas et l'Allemagne[1]. Ainsi, Dinah Kohnstamm passe son enfance et sa jeunesse avec ses jeunes frères et sœurs Barbara « Betty » (1872–1942) et Philipp Abraham Kohnstamm (1875–1951) à Bad Godesberg près de Bonn, puis à Wageningue aux Pays-Bas, et de 1880 à 1883 à Düsseldorf[2]. À partir de 1883, la famille vit de nouveau à Amsterdam, tandis que Max Kohnstamm reste en Allemagne[3]. Dans les années 1890, Dinah Kohnstamm vit quelque temps avec sa mère et sa sœur à Wiesbaden, probablement pour être près de son père. Grâce à ses séjours réguliers en Allemagne, elle parle un allemand parfait[4].
On ignore la date exacte à laquelle Dinah Kohnstamm commence sa formation en dessin et en peinture, mais on sait qu'elle suit des cours avec le peintre Martin Monnickendam. En 1898, elle commence à exposer ses œuvres. Elle et sa mère sont domiciliées à Hanovre en 1906, année où son père décède. De retour à Amsterdam, elle s'installe avec sa mère à la Pension Wiederhold et participe régulièrement à des expositions à partir de 1907[2]. Dès 1910, elle tient un livre d'amitié contenant des informations sur les nombreux artistes qu'elle connait, parmi lesquels Martin Monnickendam, Jan Veth, Thérèse Schwartze, Henriëtte Ronner-Knip, Hendrika van Gelder et Max Liebermann. De 1910 à 1912 environ, elle suit des cours de peinture à Berlin avec Leo von König, à l'école de peinture de Dora Hitz, et avec Arthur Lewin-Funcke[3],[5],[6].

En 1918, Dinah Kohnstamm et sa mère s'installent à Baarn, puis à La Haye, avant de retourner à Amsterdam. Elles habitent d'abord au 615 Herengracht, puis dans une pension de famille au 12 Nicolaas Witsenstraat. Son atelier se trouve au 26 Frederiksplein. Après le décès de sa mère en 1922, elle vit jusqu'en 1933 au 44 Roemer Visscherstraat avec son cousin Johann Gustaaf Wertheim et son épouse Adriana « Adrienne » Roza Wertheim-Enthoven, les parents de la compositrice Rosy Wertheim. Suite au décès de son cousin, elle emménage en 1933 avec Adrienne Wertheim au 6 Lairessestraat[3].
En 1939, Dinah Kohnstamm emménage chez sa sœur Betty au 75-2 Euterpestraat (aujourd'hui rue Gerrit van der Veenstraat). En 1938, elle rejoint l'Église réformée restaurée. En , sa cousine Dina Benjamin et sa compagne Fanny van Raap viennent s'installer avec elles. À partir de l'été 1942, Dinah Kohnstamm tient un journal intime qui révèle ses convictions religieuses. Avec le début de la Shoah aux Pays-Bas et les déportations de leurs connaissances à partir de l'été 1942, ce journal témoigne également de la peur et de l'oppression croissantes subies par les quatre femmes. Lorsque sa sœur Betty et ses colocataires Fanny van Raap et Dina Benjamin sont internées au camp de regroupement et de transit de Westerbork le , Dinah Kohnstamm les accompagne, bien qu'en tant que chrétienne baptisée, elle ne soit pas tenue de voyager avec elles. Elle est assassinée avec eux au camp de concentration d'Auschwitz le . Son journal, qu'elle continue de tenir jusqu'à sa déportation, est conservé au NIOD Instituut voor Oorlogs-, Holocaust- en Genocidestudies (Institut d'études sur la guerre, la Shoah et le génocide)[3],[4].
Engagement au sein d'associations caritatives et en faveur des droits des femmes
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En 1889, Dinah Kohnstamm est membre d'un comité d'entraide féminin d'Amsterdam, œuvrant pour l'amélioration des conditions de vie des aveugles. Pendant la Première Guerre mondiale, elle siège au conseil d'administration de Algemeen Steuncomité (Comité général de secours). De 1913 à 1925, elle est membre du conseil d'administration de la section locale de la Tesselschade, une association féminine facilitant la vente d'objets artisanaux fabriqués par des femmes démunies. En 1916, elle fait don d'œuvres à une loterie au profit d'artistes en difficulté, et en 1920 au Fonds national juif. En 1933, elle devient membre du Neutraal Vrouwencomité voor de Vluchtelingen (Comité neutre des femmes pour les réfugiés), qui soutient les femmes juives ayant fui l'Allemagne, et anime la bibliothèque et l'atelier de couture du centre communautaire créé pour elles[3].
En 1908, Dinah Kohnstamm conçoit la couverture du programme du Congres Wereldbond voor Vrouwenkiesrecht (Congrès de la Ligue mondiale pour le suffrage des femmes) à Amsterdam. En 1913, elle participe à l'exposition De Vrouw 1813–1913 (La femme 1813-1913), en contribuant à la section historique. En 1920, elle est membre du comité d'admission de la Foire annuelle des arts appliqués d'Amsterdam, qui enregistre cette année-là une forte représentation féminine. De 1920 à 1929, elle siège au conseil d'administration du Leesmuseum voor Vrouwen (Musée de la lecture pour les femmes), et en 1923, elle participe à la fondation du Nederlandsche Vrouwenclub (Club des femmes néerlandaises), où elle est élue au conseil de la commission artistique en 1924 et où elle expose parfois ses propres œuvres. Elle milite pour une plus grande liberté des femmes et défend leur droit de voyager seules et indépendantes[3].
Son œuvre
modifierDinah Kohnstamm réalise des lithographies, des linogravures, des aquarelles, des estampes, des eaux-fortes, des peintures, des dessins, des illustrations de livres et des objets d'art décoratif[5],[7]. La plupart de ses peintures représentent des natures mortes dans le style postimpressionniste[3].
En 1898, Dinah Kohnstamm présente un chemin de table et un dessin au pastel à la Nationale Tentoonstelling van Vrouwenarbeid (Exposition nationale sur le travail des femmes) à La Haye. En 1900, deux livres pour jeunes filles illustrés par ses soins sont publiés : Aan de bron (À la source) de Thérèse Hoven et Mijn twee vriendinnen (Mes deux amies) de Truida Kok. En 1907, elle participe à des expositions de natures mortes et son album illustré en couleurs Pukjes Droom (Le rêve de Pukjes) créé pour une nièce, parait la même année. La traduction en allemand, Ellen's Traum est également publiée cette année-là. Elle se consacre de plus en plus aux travaux manuels, créant des broderies et des tissus imprimés à la main, des abat-jour, des couvre-théières, des tapis, des sacs et des décorations pour tasses[6]. Un paravent qu'elle peint est également documenté. Elle utilise, entre autres techniques, la linogravure, le batik et la peinture[3]. Elle crée des tissus imprimés à la main d'avant-garde et a déposé de nombreux motifs textiles multicolores et expressifs réalisés selon la technique de la linogravure[6].
Dinah Kohnstamm est membre des associations d'artistes Arti et Amicitiae, De Onafhankelijken (artistes indépendants) et Kunstenaarsvereniging Sint Lucas (Association des artistes de Saint-Luc) à Amsterdam et participe régulièrement aux expositions de leurs membres[2]. Ses œuvres se trouvent, entre autres, au Joods Museum à Amsterdam, au Rijksprentenkabinet du Rijksmuseum Amsterdam et au Stedelijk Museum Amsterdam[3].
- Dessin à la plume pour le livre Aan de bron - 1900
- Stilleven met een waaier en een parasol (Nature morte avec un éventail et un parasol) - 1914
- Het witte aapje (Le petit singe blanc) - 1911
- Bloemstilleven (Nature morte aux fleurs)
- Lissen en andere bloemen (Iris et autres fleurs)
- Pukjes droom, 1907 (Le rêve de Pukje)
Expositions (sélection)
modifierOutre les expositions organisées par les associations d'artistes « Arti et Amicitiae », « Sint Lucas » et « De Onafhankelijken », Dinah Kohnstamm expose et vend également ses œuvres à partir de 1919 à la Nederlandsche Vereeniging voor Ambachts- en Nijverheidskunst (Association néerlandaise pour l'artisanat et l'art industriel) ainsi que par l'intermédiaire de marchands d'art[3].
- 1907 : 17e exposition annuelle, Saint Luc, Stedelijk Museum Amsterdam
- 1907 : Exposition municipale d'œuvres d'art de maîtres contemporains, Stedelijk Museum Amsterdam
- 1908 : 18e exposition annuelle, Saint Luc, Stedelijk Museum Amsterdam
- 1909 : 19e exposition annuelle, Saint Luc, Stedelijk Museum Amsterdam
- 1910 : 20e exposition annuelle, Saint Luc, Stedelijk Museum Amsterdam
- 1911 : 21e exposition annuelle, Saint Luc, Stedelijk Museum Amsterdam
- 1911 : Exposition d'aquarelles, de dessins, d'œuvres graphiques et de petites sculptures réalisées par les membres de l'association Saint-Luc, Stedelijk Museum Amsterdam
- 1912 : Exposition de peintures, aquarelles, dessins, poteries et autres objets d'art qui seront tirés au sort au profit du sanatorium populaire Herema-State à Joure
- 1912 : 21e exposition annuelle, Saint Luc, Stedelijk Museum Amsterdam
- 1913 : De Vrouw 1813–1913 (Les femmes 1813-1913), Amsterdam
- 1913 : 22e exposition annuelle, Saint Luc, Stedelijk Museum Amsterdam
- 1914 : Œuvres d'art réalisées par les membres de l'association Arti et Amicitiae, Amsterdam»
- 1914 : 23e exposition annuelle, Saint Luc, Stedelijk Museum Amsterdam
- 1914 : Travaux des membres de Saint-Luc, 10 Rembrandtplein, Amsterdam
- 1915 : Comité néerlandais de soutien aux artistes plasticiens, Stedelijk Museum Amsterdam
- 1915 : 24e exposition annuelle, Saint Luc, Stedelijk Museum Amsterdam
- 1916 : 25e exposition annuelle, Saint Luc, Stedelijk Museum Amsterdam
- 1916 : Peintures de maîtres vivants, Cercle artistique de Den Bosch, Bois-le-Duc
- 1917 : Exposition de dessins, aquarelles, pastels, œuvres en noir et blanc, gravures, sculptures, ainsi qu'une section distincte intitulée « L'animal », par les membres de l'association Saint-Luc, Stedelijk Museum Amsterdam
- 1918 : Exposition-vente, en collaboration avec l'artiste textile Lotte Korijn, Stedelijk Museum Amsterdam[3]
- 1919 : Het Nationaal Zeemansfonds, (Le Fonds national des marins), Stedelijk Museum Amsterdam
- 1919 : De Onafhankelijken (Les indépendants), Stedelijk Museum Amsterdam
- 1919 : Salon des arts décoratifs, Société des arts plastiques, Stedelijk Museum Amsterdam
- 1921 : De Onafhankelijken (Les indépendants),
- 1922 : De Onafhankelijken (Les indépendants), Stedelijk Museum Amsterdam
- 1924 : De Onafhankelijken (Les indépendants), Stedelijk Museum Amsterdam
- 1925 : De Onafhankelijken (Les indépendants) avec les artistes français contemporains, Stedelijk Museum Amsterdam
- 1925 : Exposition internationale des arts décoratifs et industriels modernes, Paris
- 1926 : De Onafhankelijken (Les indépendants) avec les peintres belges, Stedelijk Museum Amsterdam
- 1927 : De Onafhankelijken (Les indépendants), Stedelijk Museum Amsterdam
- 1927 : De Onafhankelijken (Les indépendants), Stedelijk Museum Amsterdam
- 1928 : De Onafhankelijken (Les indépendants), Stedelijk Museum Amsterdam
- 1932 : Exposition d'artistes néerlandais contemporains, Fédération néerlandaise des associations d'artistes plasticiens et Cercle néerlandais des sculpteurs, Stedelijk Museum Amsterdam
Expositions posthumes
modifier- 1995: Exposition commémorative Rebel, mijn hart: kunstenaars 1940-1945 (Rebelle, mon cœur : artistes 1940-1945), Fondation nationale Nouvelle Église d'Amsterdam, Nieuwe Kerk d'Amsterdam[2]
- 2023: Dinah Kohnstamm, Noord-Veluws Museum, Nunspeet, Gueldre[8].
Références et bibliographie
modifier- (de) Cet article est partiellement ou en totalité issu de l’article de Wikipédia en allemand intitulé « Dinah Kohnstamm » (voir la liste des auteurs).
- ↑ (en) A.G. Harryvan et J. van der Harst, Max Kohnstamm. A European's Life and Work, Baden-Baden, Nomos Verlagsgesellschaft Mbh & Co, coll. « The European Union Liaison Committee of Historians » (no 13), (ISBN 383295810X et 978-3832958107, lire en ligne), p. 9.
- 1 2 3 4 (nl) « Dinah Ekisabeth Kohnstamm », sur artindex.nl - Lexicon.
- 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 (nl) Marloes Huiskamp, « Kohnstamm, Dinah Elisabeth (1869-1942) », sur resources.huygens.knaw.nl.
- 1 2 (nl) « Dinah Elisabeth Kohnstamm », sur joodsamsterdam.nl.
- 1 2 (nl) Dinah Kohnstamm; données biographiques et travaux du Niederländischen Institut für Kunstgeschichte (Institut néerlandais d'histoire de l'art)
- 1 2 3 (de) Uta Römer, « Kohnstamm, Dinah », dans Allgemeines Künstlerlexikon. Die Bildenden Künstler aller Zeiten und Völker (AKL).
- ↑ (nl) Pieter A. Scheen, « Dinah Elisabeth Kohnstamm », dans Lexicon Nederlandse Beeldende Kunstenaars 1750–1950, Kunsthandel Pieter A. Scheen N.V., .
- ↑ (nl) Albert Goeree, « Expositie Dinah Kohnstamm in Fré Drostzaal van Noord-Veluws Museum » [« Exposition Dinah Kohnstamm dans la salle Fré Drost du musée Noord-Veluws »], RTV Nunspeet, (lire en ligne).
Liens externes
modifier- Ressources relatives aux beaux-arts :
- Notices dans des dictionnaires ou encyclopédies généralistes :
- (nl) Marloes Huiskamp, « Kohnstamm, Dinah Elisabeth (1869-1942) », dans Digitaal Vrouwenlexicon van Nederland, Institut Huygens d'histoire des Pays-Bas (lire en ligne)
- (nl) « Dinah Elisabeth Kohnstamm », dans Pieter A. Scheen, Lexicon Nederlandse Beeldende Kunstenaars 1750–1950 (lire en ligne)