Decollatura
Decollatura est une commune italienne de 2 807 habitants[3] située dans la province de Catanzaro, en Calabre.
| Decollatura | |
Armoiries |
Drapeau |
| Noms | |
|---|---|
| Nom calabrais | Dicollatura |
| Administration | |
| Pays | |
| Région | |
| Province | |
| Maire Mandat |
Raffaella Perri (LC) 2021-2026 |
| Code postal | 88041 |
| Code ISTAT | 079043 |
| Code cadastral | D261 |
| Préfixe tél. | 0968 |
| Démographie | |
| Gentilé | Decollaturesi |
| Population | 2 817 hab.[1] (2026) |
| Densité | 55 hab./km2 |
| Géographie | |
| Coordonnées | 39° 03′ 00″ nord, 16° 21′ 00″ est |
| Altitude | 765 m |
| Superficie | 5 080 ha = 50,8 km2 [2] |
| Divers | |
| Saint patron | Madonna dell'Assunta |
| Fête patronale | 15 août |
| Localisation | |
Localisation dans la province de Catanzaro. | |
| Liens | |
| Site web | Site officiel |
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Géographie
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La commune s'étend sur une large vallée entourée de collines, sur le versant oriental du mont Reventino, à une altitude comprise entre 663 et 1 366 mètres. Elle s'articule sur de nombreux noyaux urbains qui constituaient autrefois des hameaux, désormais reliés entre eux sans discontinuité. Leurs noms, toujours très utilisés, sont San Bernardo, Casenove, Cerrisi et Adami, néanmoins, seul ce dernier est encore classifié comme un hameau.
Du territoire de Decollatura naît le fleuve Amato, l'ancien Lametus, l'un des fleuves les plus importants de Calabre débouchant sur la mer Tyrrhénienne.
La superficie de la commune de Decollatura est de 50 km².
Toponymie
modifierOn a longtemps cru que l'étymologie de Decollatura pouvait remonter à une hypothétique décapitation survenue lors d'une bataille entre Pyrrhus et les Mamertins. Selon cette hypothèse, avancée par les historiens Gabriele Barrio et Girolamo Marafioti, lors d'un affrontement survenu vers 275 av. J.-C., les Mamertins subirent une lourde défaite face à l'armée de Pyrrhus, ce qui entraîne la décapitation de nombreux soldats. Cependant, aucune preuve historique ou archéologique n'ayant été retrouvée concernant le lieu de cette bataille, cette hypothèse a perdu de sa validité.
En 2017, dans le cadre d'une recherche historique approfondie, Giuseppe Musolino a proposé une nouvelle hypothèse qui se réfère à la position particulière de Decollatura comme territoire contrôlant le passage entre la plaine de Lamezia et l'arrière-pays. Étant donné que dans l'Antiquité le droit de passage était également connu sous le nom de corretura, par des modifications ultérieures il serait devenu Decollatura, c'est-à-dire le lieu où la corretura est payée.
Histoire
modifierDes vestiges archéologiques suggèrent que la zone était déjà habitée à la préhistoire et à la protohistoire, comme en témoignent les nombreux fragments de poterie retrouvés dans le secteur de Sorbello et la pierre à cupules de Santa Filomena. Des relevés des reliefs entourant Decollatura ont mis en évidence la présence d'un grand nombre de pierres à cupules de formes et de tailles variées, prouvant que la zone était très fréquentée à la période protohistorique. Au cours du XIXe siècle, de nombreuses découvertes de haches polies de formes et de matériaux divers datant du Néolithique ont été faites. Elles ont fini parmi les collections de Giustiniano Nicolucci et Domenico Lovisato, dont certaines sont conservées au musée d'anthropologie de Naples.
Cependant, une fréquentation durant la période romaine jusqu'à l'Antiquité tardive est attestée au lieu-dit Muraglia où des recherches archéologiques récentes (2013-2014) ont permis d'identifier des vestiges de sépultures ainsi que d'une villa. Ces découvertes nous ont également permis de donner un sens différent à la découverte occasionnelle - toujours à Muraglia - en 1982 des vestiges d'une tombe qui, à la lumière des découvertes ultérieures, peut être attribuée à la période romaine.
La continuité de la fréquentation du territoire de la Decollatura depuis les temps les plus anciens semble liée à l'exploitation des ressources du territoire, notamment minérales (fer), mais aussi du bois, de la poix et de toutes les productions issues de l'élevage et de l'agriculture, sans oublier que la position de contrôle du col a favorisé le maintien d'une implantation à toutes les époques historiques. En atteste le nom du quartier du Passaggio où le péage était perçu lors du transit des cavaliers du service postal Naples-Reggio, emprunté par Charles Quint le 6 novembre 1535.
L'histoire du territoire communal est marquée par les migrations saisonnières des populations environnantes afin d'en cultiver les terres, principalement en provenance de Motta Santa Lucia jusqu'aux premières décennies du XVIIe siècle ; les premiers établissements permanents sont attestés à la suite du désastreux tremblement de terre du 27 mars 1638, qui rase entièrement Motta et d'autres villages voisins. Le peuplement de ce nouveau petit village connaît une impulsion majeure grâce à la concession de terres en emphytéose de la part du diocèse de Martirano, leur propriétaire, favorisé par la fiscalité excessive imposée par la famille d'Aquino. Ainsi, jusqu'en 1806, le territoire de Decollatura appartient au comté de Martirano dont les comtes sont les d'Aquino.
D'autres grands propriétaires de domaines latifundiaires sur le territoire de Decollatura signent des contrats pour la culture et l'entretien de leurs terres par les paysans locaux, attirant encore plus de populations qui se regroupent en petites fermes ou hameaux. Les plus grands propriétaires fonciers sont alors les abbés de Corazzo, les barons Stocco et d'autres conventuels en plus des comtes d'Aquino. Tout ce corps de terrains, après l'abolition du féodalisme en 1806 à charge des Français, contribue fortement à la naissance des petites propriétés, car la municipalité de Decollatura, qui en reçoit la part d'un tiers, la divise et distribue à un grand nombre de petits agriculteurs.
La commune est fondée en 1802, à la suite d'un long procès intenté par les habitants des hameaux afin d'obtenir la séparation administrative de Motta Santa Lucia. En effet, les habitants se plaignaient depuis de nombreuses années du lourd régime fiscal qui leur était imposé depuis Motta dont ils dépendaient, sans recevoir de services ni d'assistance en retour. Le chef de file de cette initiative autonomiste, Giuseppe Scalzo (1759-1848), signe au nom de toute la communauté l'accord de séparation d'avec Motta Santa Lucia le 29 avril, jour de naissance de la municipalité de Decollatura. Quelques jours après, le 3 mai, Scalzo est unanimement élu maire de Decollatura par l'assemblée des chefs de famille réunis dans l'église San Bernardo.
En janvier 1807, pendant l'occupation française du royaume de Naples, la loi n° 14 pour la création des districts est publiée. À l'occasion de cette révision des districts, l'occasion est saisie de fusionner les petits villages jusqu'à ce qu'ils atteignent au moins 1 000 habitants, ce qui détermine l'union de beaucoup d'entre eux avec Decollatura, la seule municipalité déjà autonome. Le nom de Soveria est attribué à la nouvelle entité administrative bien que le village portant ce nom n'existait plus, détruit dans un incendie allumé par les Français en représailles à la suite d'une révolte. Decollatura conserve un rôle central dans la nouvelle entité, ce qui est déduit du fait que trois des six hommes qui ont occupé la fonction de maire de 1808 à la fin de 1810 étaient originaires de Decollatura (deux d'Adami et un de Casenove) et que les premiers actes d'état civil sont conservés aux archives historiques de la municipalité de Decollatura. À partir du 1er janvier 1811, tout revient à la normale pour Decollatura, et la nouvelle municipalité de Soveria Mannelli voit le jour.
Lors des mouvements révolutionnaires de 1848, Decollatura joue un rôle très important à l'échelle de la région de Lamezia Terme, notamment grâce au leader révolutionnaire Francesco Stocco. Au cours de l'expédition des Mille, dont Francesco Stocco commande la troisième compagnie avec le grade de général, à proximité du palais de sa famille le 30 août 1860 eut lieu la reddition de l'armée des Bourbons. La compagnie des volontaires de Garibaldi de Decollatura, qui poursuit sa route vers Naples et Caserte, est composée de 69 individus.
Au cours de la Première Guerre mondiale, 54 soldats de Decollatura sont tombés au combat et il y eut deux victimes civiles ; au cours de la Seconde Guerre mondiale, de la guerre d'Éthiopie et de la guerre d'Espagne, il y a eu un total de 69 soldats tombés au combat et 6 victimes civiles. Durant la guerre de Libération, 10 partisans de Decollatura ont participé, dont l'un, Giuseppe Butera (1926-1944), a été tué par les Allemands à Grun (en Vallée d'Aoste) le 26 décembre.
Decollatura est initialement incluse dans la province de Calabre citérieure (rattachée à Cosenza) jusqu'en 1816, date à laquelle elle intègre la province de Calabre ultérieure seconde (sous l'influence de Catanzaro). La commune faisait partie du diocèse de Martirano jusqu'en 1818, date à laquelle, en raison des effets de la bulle pontificale De utiliori du pape Pie VII, qui incorporait le concordat entre le Saint-Siège et le royaume des Deux-Siciles, le diocèse de Martirano fut supprimé et agrégé à celui de Nicastro, devenu Lamezia Terme en 1986.
Monuments et lieux d'intérêt
modifierArchitecture religieuse
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Sur la commune de Decollatura sont présentes quatre églises paroissiales et divers autres édifices religieux.
- Église paroissiale San Bernardo, la plus importante, érigée vers 1670 ;
- Église paroissiale Maria Santissima del Monte Carmelo, érigée vers 1740 ;
- Église paroissiale Maria Santissima Assunta, érigée vers 1760 ;
- Église paroissiale Maria Santissima Addolorata, érigée en 1763.
Parmi celles-ci, la première à avoir été construite fut l'église San Bernardo, grâce à l'intervention directe de Mgr. Giovanni Giacomo Palamolla, évêque de Martirano, qui possédait une grande partie des terres de son canton épiscopal, et elle est élevée en 1707 au rang de paroisse grâce à l'appui de l'évêque Nicola Ringhetti. Il est vraisemblable que cette consécration, pour un saint dont le culte n'a jamais été très répandu dans le Mezzogiorno, soit en lien avec la présence de l'abbaye voisine de Santa Maria di Corazzo – sur le territoire actuel de Carlopoli – construite le long du cours du fleuve Corace par des moines bénédictins, puis confiée aux cisterciens.
Les trois autres églises sont élevées au rang de paroisses entre 1799 et 1801 par le dernier évêque de Martirano, Mgr. Francesco Antonio Grillo.
Espaces naturels
modifierLa majeure partie du territoire communal est recouverte de bois, principalement de châtaigniers et de chênes chevelus ; dans les secteurs les plus élevés sont présents des hêtres ; plus bas des aulnes et des peupliers. Les productions de ces bois constituent une importante source de revenus pour Decollatura (bois d'œuvre et produits des sous-bois tels que les châtaignes et les cèpes).
Société
modifierÉvolution démographique
modifierHabitants recensés
Économie
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La zone qui appartient de nos jours à la municipalité de Decollatura fut d'abord habitée pour ses abondantes ressources naturelles : bois, gibier et probablement minéraux. Plus tard, ses riches pâturages et ses cours d'eau furent exploités pour l'installation permanente d'élevages (ovins, porcins et bovins) et l'agriculture extensive. Les plaines, exceptionnellement vastes pour l'intérieur de la Calabre, permirent la production de blé et d'autres céréales comme le seigle, l'avoine et l'orge. La culture de la pomme de terre se développa ensuite, atteignant une qualité et une renommée exceptionnelles. La production et la vente de soppressata ainsi que d'autres charcuteries constituent une autre filière de production distinctive de la municipalité. Aujourd'hui, outre le blé et les pommes de terre, l'agriculture se concentre sur la production de légumes très recherchés, le climat de la région faisant coïncider leur pic de production avec la période où les récoltes des régions plus chaudes sont déjà épuisées.
L'implantation de foires commerciales, l'amélioration du réseau routier et la construction du chemin de fer, ainsi que le développement d'étroites relations commerciales avec la région de Lamezia Terme et la province de Cosenza, ont permis à Decollatura de devenir une destination touristique prisée et, par conséquent, de développer des hébergements tels qu'hôtels, restaurants, pizzerias, agritourismes et chambres d'hôtes. Le profil économique de Decollatura est complété par de nombreuses entreprises actives dans les secteurs de l'artisanat, du commerce de détail et des services.
Géographie anthropique
modifierInfrastructures et transports
modifierDecollatura est desservie par la ligne ferroviaire Cosenza-Catanzaro Lido des Ferrovie della Calabria, avec trois gares : Adami, San Bernardo et Decollatura. Les autres quartiers résidentiels de la commune sont desservis par la gare de Santa Margherita di Calabria, située juste à l'extérieur de la commune. La gare de Decollatura a été reliée à la section Cosenza de l'ancien chemin de fer Calabro-Lucana le 30 mars 1924, tandis que la liaison avec Catanzaro a été inaugurée le 18 juin 1934.
Administration
modifierArticles liés
modifierNotes et références
modifier- ↑ « Resident population by age, sex and marital status on 1st January 2026 », sur demo.istat.it, Istituto Nazionale di Statistica italiano, (consulté le ) (Remarque : Lier le fichier à l'ensemble de données techniques.)
- ↑ « Classificazioni statistiche – anno 2026 », sur www.istat.it, Istituto Nazionale di Statistica italiano, (consulté le ) (Remarque : Lier le fichier à l'ensemble de données techniques.)
- ↑ « Bilancio demografico mensile », sur demo.istat.it (consulté le )
