Un defter (en turc ottoman : دفتر) était un registre de recensement cadastral de l'Empire ottoman ; présenté sous forme de liste, il constituait la base de l'imposition fiscale dans l'empire. Il réunissait ainsi des informations sur les personnes (nombre de foyers, origine ethnique) et les biens, informations collectées par un agent appelé defterdar. Le defter impérial, encore appelé defterhane, rassemblait toutes les données locales et donnaient des informations démographiques et fiscales pour l'ensemble de l'empire. Le defterdar impérial occupait ainsi une des positions les plus éminentes de l'ancienne Turquie, dans la mesure où il s'occupait de la trésorerie de l'État ; à partir du XIXe siècle, il fut désigné sous le titre de ministre des Finances. Les différents defters constituent aujourd'hui une source historiographique de première importance pour la connaissance de l'Empire ottoman et des régions qu'il contrôlait[réf. nécessaire].

Louis-Nicolas de Lespinasse, cabinet Defter.

Origine du nom

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Le terme est dérivé du grec διφθέρα diphthera, littéralement « peau d'animal traitée, cuir, fourrure », signifiant un livre, ayant des pages de parchemin de chèvre[1] utilisé avec le papyrus comme papier dans la Grèce antique, emprunté en turc ottoman sous la forme دفتر defter, signifiant un registre.

Description

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Une page d'un defter ottoman datant de 1455.

Les informations recueillies peuvent varier, mais les tahrir defterleri incluent généralement des détails sur les villages, les habitations, les chefs de famille (hommes adultes et veuves), l'appartenance ethnique et religieuse (car ces éléments peuvent avoir une incidence sur les obligations fiscales et les exonérations), ainsi que l'utilisation des terres[2]. Le defter-i hakâni était un registre foncier, également utilisé à des fins fiscales[3]. Chaque ville possède un defter et, généralement, un officier ou une personne exerçant une fonction administrative chargée de déterminer si les informations doivent être enregistrées. L'officier est généralement un homme instruit connaissant la réglementation de l'État. Outre les questions fiscales, le defter consigne les événements familiaux tels que les mariages et les successions[4]. Ces registres sont précieux pour les historiens car ils permettent une compréhension plus approfondie de la propriété foncière chez les Ottomans. Ceci est particulièrement utile pour étudier la vie quotidienne des citoyens ottomans.

Les fonctionnaires ottomans chargés de superviser ces registres fiscaux sont connus sous le nom de defterdars.

Notes et références

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  1. ↑ Wünsch, Διφθέρα. In: Realencyclopaedie des Classischen Alterthums, vol. V,1, col.1157–1158
  2. ↑ (en) Cosgel, « Ottoman Tax Registers (Tahrir Defterleri) », Historical Methods, vol. 37, no 2,‎ , p. 87–100 (DOI 10.3200/HMTS.37.2.87-102, S2CID 18492628, lire en ligne Accès payant, consulté le )
  3. ↑ (en) Barnes, An introduction to religious foundations in the Ottoman Empire, Brill, , 151 p. (ISBN 978-90-04-08652-4)
  4. ↑ (en) William. L Cleveland, A history of the modern Middle East, Westview Press, , 608 p. (ISBN 978-0-8133-4048-7)

Voir aussi

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Bibliographie

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  • Halil İnalcik: Hicrî 835 tarihli Sûret-i defter-i sancak-i Arvanid. (= Türk Tarih Kurumu yayınlarından. 14,1a). Ankara 1987 (Albanie, Sandschak Vlora)
  • Selami Pulaha (Hrsg.): Defteri i regjistrimit te sanxhakut te Shkodres i vitit 1485. Tirana 1974 (Albanie, Sandschak Shkodra)
  • Aleksandar Stojanovski (Hrsg.): Opširen popisen defter za paša Sancakot (Kazite Demir Chisar, Jenice Karasu, Gumulcina i Zichna) od 1569/70 godina. (= Turski dokumenti za istorijata na makedonskiot narod. 10,1). Skopje 2004 (ISBN 9989-622-51-5) (Macédoine, Sandschak Thessaloniki)
  • Dariusz Kolodziejczyk (Hrsg.): The Ottoman survey register of Podolia (ca. 1681). (= Studies in Ottoman documents pertaining to Ukraine and the Black Sea countries. 3). Cambridge MA 2004. (ISBN 0-916458-78-4) (Ukraine, Podolien)
  • Fehim Nametak (Hrsg.): Opširni popis Bosanskog sandžaka iz 1604. godine. (= Monumenta turcica historiam slavorum meridionalium illustrantia. Serija 2, Defteri 4). Sarajevo 2000. (ISBN 9958-743-01-9) (Bosnie)
  • M. Mehdi İlhan (Hrsg.): Amid (Diyarbakır). 1518 detailed register. (= Publications of Turkish Historical Society. Serial 14, Bd. 10). Ankara 2000. (ISBN 975-16-0889-9) (Anatolie, Sandschak Diyarbakır)
  • Anton Velics de Laszlofalva (Hrsg.): Magyarorszagi török kincstari defterek. Budapest 1886 ff. (Hongrie)

Études

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  • Heath Lowry, Studies in Defterology. Ottoman Society in the Fifteenth and Sixteenth Centuries, Piscataway (New Jersey)-Istanbul, Grogias Press/The Isis Press, 1992.
  • Heath Lowry, Defterology Revisited. Studies on 15th & 16th Century Ottoman Society, Istanbul, The Isis Press, 2008.

Articles connexes

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