Degré (musique)
En théorie de la musique, le degré d'une note est sa place dans l'échelle musicale considérée. (Chaque échelle est spécifique à un type de musique). Le premier degré d'une échelle est appelé « tonique » : c'est à partir d'elle que commence la gamme correspondante.

Dans l'échelle diatonique, la tonique est parfaitement définie[pas clair]. Pour l'échelle chromatique, distinguer les degrés a peu d'intérêt.
Au XXe siècle, la composition de certaines pièces (musique atonale et modale) n'est pas basée sur leurs rôles particuliers que la musique traditionnelle donnait à la tonique et à la dominante [1].
Système tonal
modifierEn musique tonale, les degrés remplissent une fonction tonale et harmonique de premier plan. Ces notes essentielles s'opposent aux notes d'agrément, dont le rôle ornemental a peu d'incidence sur la tonalité — on parle dans ce cas de notes secondaires ou de notes accessoires.
Dans la gamme tonale, les différents degrés sont organisés autour d'un degré principal, le premier (appelé tonique), qui donne son nom à la tonalité qui lui est associée. Par exemple, la tonique do correspond à la tonalité de do — et vice versa. Ces degrés sont généralement numérotés avec des chiffres romains lorsqu'ils concernent les accords, souvent avec des chiffres arabes surmontés d'un accent circonflexe lorsqu'ils représentent des notes mélodiques. Les degrés indiqués sans précision concernant leur registre sont des hauteurs nominales.
| Degré | 1er | 2e | 3e | 4e | 5e | 6e | 7e | (8e) = 1er |
|---|---|---|---|---|---|---|---|---|
| Chiffrage | I | II | III | IV | V | VI | VII | (VIII) = I |
| Nom | Tonique | Sus-tonique | Médiante | Sous-dominante | Dominante | Sus-dominante / Submédiante[2] |
Sensible / Sous-tonique |
Tonique |
Le 5e degré, appelé dominante[3], est le plus important après la tonique.
Le 6e degré, couramment appelé sus-dominante, est également désigné comme submédiante[2] ("sous-médiante" ou "médiante inférieure"), notamment dans le cadre de l'analyse musicale fonctionnelle.
Le 7e degré change d'appellation en fonction de la gamme utilisée. Ce degré est appelé sensible lorsque l'avant-dernière note de la gamme est seulement un demi-ton en dessous de la tonique. C'est toujours le cas pour les gammes majeures. En revanche, on distingue différents types de gammes mineures. Les gammes mineures dites harmoniques contiennent par construction une sensible : le 7e degré est haussé d'un demi-ton par rapport à l'armure. Par exemple, en do mineur, l'armure contient si
, mi
et la
, mais le si
devient si
. La gamme est donc : do - ré - mi
- fa - sol - la
- si
- do. Il existe par ailleurs les gammes mineure mélodiques ascendante et descendante. La gamme mineure mélodique ascendante hausse également d'un demi-ton la sus-dominante (dans notre exemple, le la
devient la
), donc la sensible reste. En revanche, dans la gamme mineure mélodique descendante, on renonce à la sensible. Par exemple, la gamme de do respecte sa clef : do - ré - mi
- fa - sol - la
- si
- do.
Notes modales et note tonales
modifierLa tonalité correspond au ton de la gamme, c'est-à-dire à la note de référence utilisée. Il y a donc douze tonalités (sans compter les tonalités enharmoniques indiquées entre parenthèses) : do, do
(ré
), ré, ré
(mi
), mi, fa, fa
(sol
), sol, sol
(la
), la, la
(si
), et si. D'autre part, ce ton peut être en mode majeur ou en mode mineur.
Une gamme est donc définie par ces deux concepts (la tonalité et le mode), eux-mêmes définis par les notes utilisées. On distingue ainsi les notes tonales et les notes modales. Les notes tonales permettent de déterminer strictement le ton utilisé : ce sont les degrés I, IV et V. Par exemple, toute gamme de do, majeure ou mineure, aura les notes do, fa et sol. De même, toute gamme de mi, majeure ou mineure, aura les notes mi, la et si. Les gammes qui possèdent les mêmes notes tonales sont dites homonymes. Les notes modales permettent de savoir si on est en majeur ou en mineur : ce sont les degrés III et VI. Ainsi, ce qui différencie do majeur de do mineur est le mi, bécarre dans le cas majeur et bémol dans le cas mineur.
Notes et références
modifier- ↑ Michel Tabachnik, « Tonalité : système tonal et atonalité », (non daté)
- 1 2 Philippe Gouttenoire et Jean-Philippe Guye, Vocabulaire pratique d'analyse musicale, Delatour France, coll. « Collection Musique-pédagogie », (ISBN 978-2-7521-0020-7)
- ↑ Danhauser 1929, p. 46