Der Sturm (opéra)

opéra de Frank Martin

Der Sturm (La tempête) est un opéra en trois actes du compositeur suisse Frank Martin sur un livret en allemand basé sur la traduction en allemand de Schlegel/Tieck de la pièce de Shakespeare The Tempest. Il a été créé au Wiener Staatsoper le .

Der Sturm
La Tempête
Genre Opéra
Nbre d'actes 3
Musique Frank Martin
Livret August Wilhelm von Schlegel et Johann Ludwig Tieck
Langue
originale
allemand
Sources
littéraires
Shakespeare, the Tempest
Durée (approx.) 2h30
Partition
autographe
1956
Création 17 juin 1956
Opéra d'Etat de Vienne (Autriche)
Création
française
1967 (version française)
Grand Théâtre de Genève (Suisse)

Versions successives

Version originale en allemand

Version française

Historique

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Le rôle de Prospero était prévu pour Dietrich Fischer-Dieskau, qui dut renoncer pour cause de maladie[1] pour la Première en 1956. La mise en scène est assurée par Heinz Arnold et la direction musicale par le compositeur et chef d'orchestre Ernest Ansermet, ami de Frank Martin et qui a suivi de près la composition de Der Sturm.

Cet unique opéra de Frank Martin, est rare sur les scènes depuis sa création. Il a été bien accueilli par le public mais ne connait pas le succès attendu et disparaît de la programmation après trois représentations : les 17, 20, 24 juin 1956. Une reprise est organisée à Vienne l'année suivante (1957) dans la même mise en scène et avec la même distribution, excepté le chef d'orchestre, Michael Gielen succédant au créateur de l'oeuvre, Ernest Ansermet. L’opéra est repris ponctuellement en 1957 et 1958, avant deux représentations pour le 12e congrès international des jeunesses musicales le 8 juin 1957 et de la semaine de l’Opéra contemporain le 17 juin 1958. Depuis lors l'opéra de Vienne ne l'a jamais plus programmé[2]

Mais il faut attendre 1967 avec la création de la version française au Grand Théâtre de Genève pour voir à nouveau une mise en scène de cette oeuvre. Cette fois c'est l'oeuvre de Lofti Mansouri et la distribution réunit notamment Ramon Vinay (Prospero) et José Van Dam (Sébastien)[2]. En 1974 à Zurich on revient à la version originale en allemand dans une mise en scène de Toni Businger.

En , une version concert est donnée à Amsterdam, sous la direction de Thierry Fischer est enregistrée dans sa version originale allemande[3].

En 2018, à Sarrebrück, l'oeuvre originale est à nouveau mise en scène, cette fois par Lorenzo Fioroni. A cette occasion, ResMusica souligne « La qualité suprême de sa musique, cependant, tient d’abord à la profonde sensibilité littéraire de Martin, qu’il partage avec Britten et qui donne aux mots de Shakespeare toute leur puissance d’imaginaire »[4].

Le Grand Théâtre de Genève programme à nouveau l'opéra de Martin dans sa version française, en septembre 2026, dans une mise en scène de Netia Jones, sous la direction musicale de Thierry Fischer, avec Stéphane Degout (Prospero), Catherine Trottmann (Miranda ), Julien Dran (Ferdinand ), Nicolas Cavallier (Alonso)[5]. A cette occasion l'Avant-scène Opéra publie un numéro spécial[6].

Rôles, tessitures et interprètes de la Première

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Rôle tessitures Premiere , 17 juin 1956

Directeur musical : Ernest Ansermet

Prospero, duc de Milan basse Eberhard Wächter
Miranda, sa fille soprano Christa Ludwig
Alonso, roi de Naples basse Frederick Guthrie
Sebastian, frère d'Alonso baryton Ljubomir Pantscheff (d'après le programme)
Antonio, frère de Prospero tenor László Szemere
Gonzalo, courtisan napolitain, allié de Prospero basse Frederick Guthrie
Ferdinand, fils du roi de Naples tenor Anton Dermota
Adrian, seigneur tenor Murray Dickie
Caliban, esprit négatif basse Endre Koréh
Trinculo, bouffon du roi tenor Anton Dermota
Stephano, intendant du roi baryton Karl Dönch (de)
Sailor (un marin) baryton Viktor Madin
Ariel, esprit positif aérien danseur Willy Dirtl (de)
Le maître d'équipage
Le capitaine du navire
Iris, Ceres, Juno, Nymphes, Moissonneurs (danseurs) ballet
Sailors (marins) choeur masculin

NB : les chants d'Ariel, danseur, sont interprétés par le Choeur.

Argument

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Ouverture orchestrale

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Scène 1

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Un navire est pris dans une violente tempête. Le patron du bateau et le Bosseman (maître d'équipage) se protègent de la pluie (éclairs et tonnerre sur la scène) et donnent des ordres aux matelots. La terre est en vue, les marins croient leur dernière heure venue.

Scène 2

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Sur l'île enchantée où le bateau s'est échoué, le ciel encore sombre s'éclaircit progressivement. Sortant de leur grotte, apparaissent Prospero et Miranda qui demande à son père de calmer la tempête qu'il a déclenchée (« Wenn eure Kunst, mein Liebster Vater »). Prospero propose de tout lui révéler (« S'ist Zeit die mehr zu offenbaren ». Il lui raconte alors comment ils sont arrivés là, alors qu'il était Duc de Milan et comment il a été trahi par son propre frère qui livra Milan au Duc de Naples leur ennemi historique (« der König Naples, mein geschworner Feind ») et comment ils ont été, elle et lui, livrés à la mer dans un canot pourri. Ils sont été sauvés par Gonzalo, noble de Naples qui leur avait fourni vivres et eau potable (« Gonzalo, aus Mitleid gab »).Miranda demande alors à son père les raisons de cette tempête qui a jeté les marins sur leur île. Prospero répond que le sort a placé ses ennemis à proximité (« So viel noch wisse ». Epuisée, Miranda s'endort.

Scène 3

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Ariel (danseur) apparait alors et par petits bonds s'approche d'eux. Les didascalies précisent qu'il « D'une manière générale, il doit donner l'impression d'être sans poids, donc sans inertie comme un écureuil ou un lézard ». Ariel salue Prospero et répond à ces questions sur l'exécution de son plan pour faire chavirer le navire (« Die Höll' is leding, und alle Teufel hier ». Ariel cherche ensuite à échapper à Prospero et annonce vouloir sa liberté. Prospero lui rappelle qu'il a mis fin à ses tortures. Miranda se réveille et Prospero lui propose d'aller voir le vilain esclave Caliban que Miranda n'aime pas. Le chant des choeurs (Ariel) entame un dialogue avec Ferdinand qui découvre ensuite Miranda dont il s'éprend malgré le mauvais accueil de Prospero.

Scène 1

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Un autre coin de l'île où l'on voit apparaitre Alonso, Sébastien, Antonio, Gonzalo, Adrien et d'autres seigneurs de la suite d'Alonso partis à la recherche de Ferdinand. Ils essaient de calmer Alonso lui faisant valoir la chance d'être tous en vie après le naufrage, notamment Gonzalo (« Ich bitt'Euch, Herr, seid fröhlich : Ihr habt Grund ». Mais Alonso les fait taire et se lamente d'avoir perdu son fils quand apparait Ariel qui joue d'un petit violon et endort les protagonistes les uns après les autres, Adrien d'abord puis les autres seigneurs de la cour et enfin Gonzalo. Un peu plus tard Ariel les réveille.

Scène 2

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Un autre endroit de l'île où l'on voit Caliban porter une charge de bois. On entend le tonnerre au loin. Caliban souhaite tout le mal possible à Prospero. Puis il se cache tandis que Trinculo apparait, pleurant à moitié (« Hier ist weder Busch ») pour finir par buter sur Caliban. Il se demande si c'est un homme ou un poisson et entend la tempête qui revient, décidant alors de se cacher sous le manteau de Caliban tandis qu'apparait Stephano, ivre, qui commence à chanter en coulisse avant d'entrer sur scène, une bouteille à la main (« Ich geh nicht mehr zur See »). Il voit d'abord Caliban à qui il donne à boire puis Trinculo reconnait son ami et l'appelle par son nom.

Scène 3

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Devant la grotte de Prospero, arrive Ferdinand portant une bûche de bois (« Es gibt muhvole Spiele »). Miranda arrive ainsi que Prospero qui reste cependant invisible des deux jeunes gens. Elle demande à Ferdinand de se reposer, son père étant occupé ne le verra pas, sinon elle l'aidera. Il refuse mais lui demande son nom et s'extasie (« Bewunderte Miranda ». Miranda lui avoue qu'elle ne connait aucun autre visage féminin (« Von eigenen Geschlechter kenn'ich niemand »). Il lui dévoile qu'il est prince et ils se déclarent leur amour. Prospero, toujours caché, se réjouit de la scène.

Scène 4

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Dans une autre contrée de l'île, entrent Stephano, Trinculo et Caliban, une bouteille à la main que Stephano le force à boire en le traitant de monstre. Stephano lui demande comment atteindre ce maître qui a conquis l'île et Caliban lui décrit toutes les horreurs possibles pour le surprendre et l'assassiner (« Nun, wir ich sagte »).

Scène 5

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Dans un autre endroit de l'île, ce sont Alonso, Sébastian, Antonio, Gonzalo, Adrian et les autres seigneurs qui entrent battant les buissons avec une lenteur trahissant leur fatigue. Gonzalo confesse son extrême épuisement à Alonso qui renchérit. Gonzalo s'endort. Ariel apparait alors et vole autour d'eux et les menace (« Ihr seid drei Suddenmänner »).

Scène 1

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Devant la grotte de Prospero qui s'est montré au jeune couple. Prospero s'adresse à Ferdinand pour lui offrir la main de sa fille Miranda et appelle Ariel (qui arrive par petits bonds) pour lui demander de trouver des elfes qui danseront devant les amoureux. Sur la musique du petit orchestre dévoilé, un ballet s'organise avec Iris, Ceres, Juno, et les nymphes qu'Ariel présente au fur et à mesure. Prospero parait agit et nerveux alors que Ferdinand s'extasie ne voulant plus vivre qu'ici. Prospero le calme et lui propose d'aller se reposer dans la grotte avec Miranda (« Mein Sohn »). Puis Prospero rappelle Ariel, lui demande de pendre au cordeau de beaux vêtements et lui rappelle qu'il faut se méfier de Caliban alors que ce dernier arrive avec Stephano et Trinculo, tous très avinés. Stephano veut revêtir le riche manteau malgré les mises en garde de Caliban et se retrouve englué avec Trinculo. Des esprits arrivent sous forme de chien excités par Prospero et Ariel.

Scène 2

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Prospero revient devant sa grotte revêtu de son habit magique. Il se réjouit que tous ses projets soient accomplis et demandent à Ariel ce qu'il en est du Roi et de sa suite. Ariel répond qu'ils sont ensorcelés et sans force. Prospero lui ordonne de les délivrer à présent. Ariel revient avec Alonso, Gonzalo, Sebastian, Adrian qui entrent dans le cercle magique tracé par Prospero et sont sous le charme quand Prospero salue son brave Gonzalo et pardonnent aux autres leurs vilenies. Alonso réveillé déclare lui rendre le grand duché qu'il lui a volé. Alonso retrouve avec émotion son fils Ferdinand qui lui déclare son amour pour Miranda. Puis Prospero demande à Ariel de ramener successivement le capitaine du bateau et son maitre d'équipage, puis Stephano, Trinculo et Caliban. Prospero demande aux soiffards de mettre de l'ordre dans sa grotte puis invite les autres à prendre du repos à l'intérieur avant de repartir pour Naples et Milan.

Scène 3 (épilogue)

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Prospero, resté seul en scène, raconte alors l'histoire de sa vie dans un long monologue (« Hin sind meine Zauberei'n »).



Instrumentation

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Orchestre : trois flûtes (dont piccolo en alternance avec 2ème et 3ème flûte), deux hautbois, cor anglais, deux clarinettes en si bémol (dont une en alternance avec une clarinette en mi bémol), saxophone ténor, deux bassons, contrebasson, quatre cors en fa (dont un en alternance avec le cor de chasse en ré), trois trompettes en do, trois trombones, tuba, timbales, machine à vent, batterie, célesta, harpe, piano - Cordes.

Petit orchestre en coulisse : deux flûtes (dont l'une en alternance avec le piccolo), deux cors en fa (dont un en alternance avec le cor de chasse en ré), trompette en do, batterie de jazz, clavecin, harpe, deux violons, alto, violoncelle, contrebasse.

Enregistrements

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Références

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  1. 1 2 Perroux, Alain (2011). [ https://www.hyperion-records.co.uk/tw.asp?w=W13599 "A new world of sound: Frank Martin’s Der Sturm"], booklet notes to Hyperion CDA67821/3. Hyperion Records. Accessed 6 March 2012.
  2. 1 2 « Connexion | Avant-Scène Opéra », sur Avant Scène Opéra (consulté le )
  3. ↑ Michot Pierre, « Frank Martin pris dans «La Tempête» » Accès libre [doc], sur Le Temps, (consulté le )
  4. ↑ Dominique Adrian, « La Tempête de Frank Martin à Sarrebruck », sur ResMusica, (consulté le )
  5. ↑ « La Tempête », sur Grand Théâtre de Genève (consulté le )
  6. ↑ « La Tempête | Frank Martin », sur Avant Scène Opéra (consulté le )
  7. ↑ Clements, Andrew (26 mai 2011). Martin: Der Sturm – review. The Guardian. consulté le 6 mars 2012.