Deutsche Konservative Partei – Deutsche Rechtspartei

parti politique allemand (1946–1950)
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Le Parti de la droite allemande (Allemand : Deutsche Rechtspartei, DRP) est un parti politique d’extrême droite qui émerge dans la zone d’occupation britannique de l’Allemagne placée sous tutelle alliée au lendemain de la Seconde Guerre mondiale.

Deutsche Konservative Partei – Deutsche Rechtspartei
Histoire
Fondation
Dissolution
Prédécesseur
German Conservative Party (d)Voir et modifier les données sur Wikidata
Cadre
Type
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Organisation
Idéologie
Positionnement

Également connu sous la double dénomination de Deutsche Konservative Partei – Deutsche Rechtspartei (le parti recourt indifféremment aux deux appellations, les adaptant selon les divers Länder, sans entretenir cependant de relation directe avec le Parti conservateur allemand antérieur à la Première Guerre mondiale), ce parti, d’abord de tendance nationale-conservatrice et monarchiste, naît en juin 1946 de la fusion de trois modestes groupements : le Deutsche Konservative Partei, le Deutsche Aufbaupartei du politicien völkisch Reinhold Wulle et la Deutsche Bauern- und Landvolk Partei[1],[2]. Son manifeste est pour l’essentiel élaboré par Hans Zehrer (1899–1966).

Le DRP, conçu à l’origine comme le prolongement du Parti populaire national allemand (DNVP) de la période de Weimar (1918-1933), attire d’anciens nazis[3] ; son programme évolue alors vers une orientation nettement néo-nazie[4], cependant que nombre de militants modérés le quittent pour rejoindre le Parti allemand (DP). Avant les élections fédérales de 1949 destinées à former le premier Bundestag, le parti tente une fusion avec le DP et le Nationaldemokratische Partei de Hesse (à ne pas confondre avec le parti actuel du même nom, créé en 1964) ; l’administration britannique refuse néanmoins d’accorder une licence à une telle formation. Celle-ci fusionne donc avec la Gemeinschaft unabhängiger Deutscher (« Association des Allemands indépendants », GuD), dont les rangs comptent d’anciens nationaux-socialistes tels que Fritz Dorls, Gerhard Krüger et Fritz Rössler (sous le pseudonyme de Dr Franz Richter), lequel se distingue bientôt par ses positions radicales[5]. Lors de ces élections, le seuil de 5 % s’applique uniquement aux Länder et non à l’échelle du territoire fédéral : dans le Schleswig-Holstein, à Hambourg et en Rhénanie-du-Nord-Westphalie, le parti demeure au-dessous de 2 %, mais en Basse-Saxe il recueille 8,1 % des suffrages, ce qui lui permet d’obtenir cinq sièges[6] ; ses députés sont Dorls, Rössler/Richter, Adolf von Thadden, Heinz Frommhold (1906-1979) et Herwart Miessner (1911-2002). Le parti dispose de ses points d’appui les plus solides dans les villes moyennes de Basse-Saxe, notamment Wilhelmshaven (31,5 %), Gifhorn (30,7 %), Emden (26,3 %), Hameln (25,3 %), Salzgitter (23,6 %), Helmstedt (20,8 %) et Hildesheim (17,3 %)[7]. Son principal fief demeure Wilhelmshaven (Frise), où le candidat est l’ancien Kapitän zur See de la Kriegsmarine Walter Mulsow, commandant de la forteresse de Wilhelmshaven en 1945[8]. Avec 23,7 % des voix, celui-ci arrive toutefois en seconde position derrière Johann Cramer (SPD, 32,6 %) et n’obtient pas de mandat sur la liste du parti[9].

Malgré son succès électoral, le DRP se trouve affaibli la même année par l’ascension du Parti socialiste du Reich (Sozialistische Reichspartei, SRP), constitué le 2 octobre 1949 ; un certain nombre de ses adhérents, partisans d’Otto-Ernst Remer et de Gerhard Krüger, le quittent pour rejoindre cette formation néo-nazie plus explicitement affirmée[10]. Le groupe perd ainsi deux de ses députés – Rössler et Fritz Dorls – au profit de ce parti plus radical dès sa constitution[11]. Le DRP gagne néanmoins un député lorsque la Wirtschaftliche Aufbau-Vereinigung (Union pour le développement économique), regroupement de personnalités hétéroclites soutenant l’avocat démagogue munichois Alfred Loritz, se désagrège au début des années 1950[12]. Au sein du Bundestag, le DRP collabore étroitement avec plusieurs groupuscules d’extrême droite, notamment les Démocrates nationaux (petit ensemble qu’il convient de ne pas confondre avec le futur Parti national-démocrate d’Allemagne). Entre 1950 et 1951, les députés du DRP encore fidèles à Fritz Rössler s’emploient à fusionner avec ces formations afin d’édifier une coalition plus ample, ce qui aboutit à la fondation du Deutsche Reichspartei en janvier 1950[13]. Rössler se voit contraint de quitter ses fonctions au sein du parti en raison de ses contacts avec les dirigeants du SRP ; il adhère au Parti socialiste du Reich en septembre 1950.

Bien que pratiquement disparue, la DRP fait l’objet d’un rapport émanant de la Cour constitutionnelle fédérale d’Allemagne, établi dans le contexte de la proscription de la SRP en 1952. Ce rapport relève que la DRP s’emploie activement à fédérer d’anciens adhérents de groupements de droite, sans qu’aucune mesure n’intervienne cependant, le parti ayant cessé d’exister[14]. Quelques militants n’ayant point rejoint le Deutsche Reichspartei poursuivent leur action sous l’appellation de « Nationale Rechte » et s’allient finalement au Parti démocratique libre en 1954.

Résultats des élections

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Composition du Bundestag en 1949.

Parlement fédéral (Bundestag)

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Élection Chef Circonscription électorale Liste des partis Sièges +/– Gouvernement
Votes % Votes %
1949 429 031 1,81 (#10) 5 / 402 Opposition

Notes et références

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(en) Cet article est partiellement ou en totalité issu de l’article de Wikipédia en anglais intitulé « German Right Party » (voir la liste des auteurs).
  1. ↑ L. Cheles, R. Ferguson et M. Vaughan, Neo-Fascism in Europe, Harlow, Longman, , « The Far-Right in Germany since 1945 », p. 70.
  2. ↑ (de) Stefan Appelius, Die Stunde Null, die keine war: Restauration u. Remilitarisierung in Wilhelmshaven, VSA-Verlag, (ISBN 978-3-87975-381-9, lire en ligne).
  3. ↑ Compare: Roger Eatwell, Fascism: A History, Chatto & Windus, (ISBN 9780701161880, lire en ligne), p. 220 :
    « Initially based on part of Alfred Hugenberg's old authoritarian-conservative German People's Nationalist Party (DNVP), it had quickly attracted many former Nazis »
    .
  4. ↑ Roger Eatwell, Fascism: A History, London, Pimlico, , p. 277.
  5. ↑ (de) Sven Felix Kellerhoff, « Als ein NS-Funktionär Bundestagsabgeordneter wurde », Welt,‎ (lire en ligne, consulté le ) :
    « [...] am 20. Juli 1951 wurde er wegen der Beleidigung von vier Ministern der niedersächsischen Landesregierung zu vier Monaten Gefängnis verurteilt. [...] Mitte November 1951 hielt 'Richter' dann die erste antisemitische Rede, die im Bundestag geschwungen wurde. Parlamentspräsident Hermann Ehlers beendete die Philippika gegen das erste deutsch-israelische Abkommen mit einem Ordnungsruf »
    .
  6. ↑ L. Cheles, R. Ferguson et M. Vaughan, Neo-Fascism in Europe, Harlow, Longman, , « The Far-Right in Germany since 1945 », p. 70.
  7. ↑ (de) Kurt Hirsch, Die heimatlose Rechte, Munich, 1st, coll. « Goldmann Taschenbuch », , 172 p. (ISBN 978-3442112647).
  8. ↑ (de) « Soldatenleben hinter mir », Der Spiegel,‎ (lire en ligne, consulté le ).
  9. ↑ « Bundestag election 1949 », The Federal Returning Officer (consulté le ).
  10. ↑ Childs, The Far-Right in Germany, p. 71.
  11. ↑ Alfred Grosser, Germany in Our Time, Penguin Books, 1971, p. 212
  12. ↑ Alfred Grosser, Germany in Our Time, p. 252–253.
  13. ↑ Eatwell, Fascism: A History, p. 279
  14. ↑ Karl Dietrich Bracher, The German Dictatorship, Harmondworth: Penguin, 1973, p. 579.

Voir aussi

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