Diancecht
Dans la mythologie celtique irlandaise Diancecht est le dieu-médecin des Tuatha Dé Danann. Son nom qui signifie : « prise rapide » évoque la précision de sa magie et l’efficacité de sa médecine. Sa fonction relève des trois classes du schéma indo-européen (sacerdotale, guerrière, artisanale), tel qu’il a été étudié par Georges Dumézil.
Mythologie
modifierHiérarchie des Tuatha Dé Danann
modifierDiancecht
modifierIl est le fils d'Easarg et le père de Cian, donc le grand-père de Lug. Il a aussi une fille Airmed (« la Mesure »), et deux autres fils Miach (« le boisseau ») et Ormiach (jumeau-doublon du précédent).
Dans le récit du « Cath Maighe Tuireadh » (bataille de la plaine des piliers) il soigne et rétablit les blessés, il ressuscite les morts en les immergeant dans la Fontaine de Santé tout en chantant des incantations rituelles et magiques ; Airmed collecte les plantes médicinales destinées à la Fontaine. Lorsque Nuada Airgetlam a le bras sectionné dans la première bataille, il lui fabrique une prothèse en argent pour effacer l’infirmité et lui redonner la Souveraineté. Par la suite, par jalousie, il tue son fils Miach qui avait greffé le bras coupé de Nuada. C'est un dieu vindicatif et belliqueux.
Puits curatif
modifierDian Cécht soignait les blessés en les immergeant dans le « puits de Slainge » (vieil irlandais : Tiprait Slainge)[2], appelé « source de Slange » dans la version en vers[3] — ou plutôt le « puits de guérison » (Tipra Sláíne)[4],[5],[6],[7] — lors de la seconde bataille de Magh Tuireadh (Cath Maighe Tuireadh)[2],[5],[8].
Ce puits se trouvait à Achad Abla (« le champ du pommier »), au nord-ouest de Magh Tuireadh (Moytura)[2],[6]. À proximité, sur Lusmag (« la plaine aux herbes »), il broyait également des herbes médicinales[2],[6] ou bien récitait des incantations au-dessus du puits, accompagné de ses deux fils, Miach et Octriuil, et de sa fille Airmed[5].
Interrogé sur ses capacités, Dian Cécht se vantait de pouvoir guérir n'importe qui, à l'exception toutefois des personnes décapitées (ou de celles dont le cerveau ou la moelle épinière avaient subi de graves lésions)[5],[6] ; un exploit qu'il accomplissait vraisemblablement grâce au Tipra Sláíne[9].
Compléments
modifierNotes
modifier- ↑ Christian-J. Guyonvarc'h et Françoise Le Roux, Les Druides, page 422.
- 1 2 3 4 "§71 Lusmag", Stokes, Whitley, ed. (1893), "The Edinburgh Dinnshenchas", Folk-lore, 4, Folk-lore Society (Great Britain): 489–490
- ↑ "Lusmag (Poem 43)", Edward Gwynn, ed. (1991), The metrical Dindshenchas, vol. 4, School of Celtic Studies, Dublin Institute for Advanced Studies, pp. 183–185, ISBN 9781855001473, (lire en ligne via CELT.)
- ↑ Dans le Cath Maige Tuired, ce lieu est traduit par « un puits nommé Slaíne » par Gray ou « un puits nommé Slane » par Stokes, bien que Gray mentionne également la forme « Tipra Sláíne » dans son glossaire.
- 1 2 3 4 Whitley Stokes, ed. (1891), "The Second Battle of Moytura", Revue celtique, 12: 52–130, 306–308, pp. 88-89, 94, 95, 306
- 1 2 3 4 Elizabeth A. Gray, ed. (1982). Cath Maige Tuired: The Second battle of Mag Tuired. Drucker. (Lire en ligne via CELT. ou via sacred-texts.), pp. 51, 54, 55 et 141
- ↑ sláine", eDIL. "soundness, completeness, wholesomeness; health; salvation".
- ↑ "Lusmag (Poem 43)", Gwynn, Edward, ed. (1991), The metrical Dindshenchas, vol. 4, School of Celtic Studies, Dublin Institute for Advanced Studies, pp. 183–185, ISBN 9781855001473, (Lire en ligne via CELT.)
- ↑ James Mackillop (2006) [2005], Myths and Legends of the Celts, Penguin UK, p. 211, (ISBN 0-14-194139-1)