Dirty Work (chanson de Steely Dan)
Dirty Work est une chanson écrite par Donald Fagen et Walter Becker du groupe de rock américain Steely Dan, parue sur leur premier album Can't Buy a Thrill en 1972.
| Sortie | 1972 |
|---|---|
| Enregistré | 1972 |
| Genre | Rock, soft rock, soul |
| Format | 45 tours, 33 tours |
| Auteur-compositeur | Donald Fagen, Walter Becker |
| Producteur | Gary Katz |
| Label | ABC Records |
Pistes de Can't Buy a Thrill
Thème
modifierLes paroles décrivent une liaison extraconjugale entre un homme et une femme mariée, narrée du point de vue de l’homme[1]. Le biographe de Steely Dan Anthony Robustelli décrit Dirty Work comme une « chanson d’auto-dépréciation »[2], tandis que The Guardian évoque une narration proche du mélodrame[3]. Le narrateur comprend que la femme l’utilise, mais reste incapable de mettre fin à la relation en raison de son attachement[3],[4]. Le deuxième couplet contient la phrase « Like a castle in its corner in a medieval game », une référence à la tour (rook) aux échecs, jeu pratiqué par Becker[4].
Style et arrangement
modifierSur le plan musical, la chanson est souvent considérée comme plus accessible que la majorité des autres titres du groupe à la même période[1],[4]. Elle est décrite par The Guardian comme une « promenade radiophonique », du moins dans un premier temps[3]. Pour Allmusic, le critique Stewart Mason souligne notamment la modulation vers une tonalité supérieure du refrain et la présence d’un clavinet à la couleur soul, ainsi que le solo de saxophone ténor du musicien invité Jerome Richardson[1]. Le biographe Brian Sweet qualifie ce solo de « parfaitement retenu »[4].
« Dirty Work » figure parmi les titres de Can't Buy a Thrill interprétés par David Palmer au chant principal[1],[2],[4]. Certains auteurs estiment que Fagen n’aurait pas souhaité interpréter lui-même la chanson, que le duo Becker/Fagen aurait initialement jugée trop conventionnelle pour l’album[4], avant que la maison de disques ABC Records n’en impose la présence[4]. Les dirigeants du label auraient également envisagé la chanson pour des groupes plus orientés pop comme Three Dog Night ou The Grass Roots. Après le départ de Palmer, le titre est interprété en concert par le chanteur Royce Jones[5]. À partir de 2006, il est repris sur scène avec des choristes féminines, adoptant une lecture inversée du point de vue narratif[1].
Sortie et accueil
modifierLa chanson est incluse sur le premier album de Steely Dan, sorti en octobre 1972, Can't Buy a Thrill. Elle est également éditée en single aux Pays-Bas la même année sur le label Probe[6].
Plusieurs critiques soulignent la qualité de la composition : Stephen Thomas Erlewine la qualifie de « très bon morceau pop qui se détourne des conventions, une des meilleures chansons de l'album »[7], tandis que pour MusicHound Gary Graff la décrit comme « immédiatement mémorable »[8]. Le critique de Rolling Stone James Isaacs estime que son efficacité repose notamment sur le contraste entre la voix douce de David Palmer et les paroles plus sombres[9] Antony Robustelli estime que l’efficacité du morceau tient notamment au contraste entre la voix douce de David Palmer et la dureté des paroles[2].
Dirty Work apparaît sur plusieurs compilations du groupe, dont Citizen Steely Dan (1993), Showbiz Kids: The Steely Dan Story, 1972–1980 (2000) et The Definitive Collection (2006)[1].
Utilisations ultérieures
modifierLa chanson a été utilisée dans le premier épisode de la troisième saison de la série The Sopranos, où Tony Soprano la chante en conduisant[2],[10]. Elle apparaît également dans le film American Hustle (2013), sans figurer sur la bande originale officielle, les auteurs-compositeurs n’ayant pas autorisé son inclusion[2]. Le titre est repris ou cité dans plusieurs productions télévisées et cinématographiques, notamment dans Les Simpson[11], Robin Williams : Viens dans mon esprit, The Suicide Squad[12], ainsi que dans la série Euphoria[13]. Dirty Work figure également dans le film Une bataille après l'autre (2025)[14].
Musiciens
modifier- David Palmer – chant principal
- Donald Fagen – piano (Wurlitzer)[2], orgue Hammond[2], chœurs
- Denny Dias – guitare acoustique
- Jeff Baxter – guitare électrique
- Walter Becker – guitare basse, chœurs
- Jim Hodder – batterie, chœurs
- Jerome Richardson – saxophone ténor[2]
- Snooky Young – Bugle[2]
- Production
- Gary Katz – production
- Roger Nichols – ingénieur du son
Références
modifier- 1 2 3 4 5 6 (en) Mason, Stewart, « Dirty Work », sur Allmusic (consulté le )
- 1 2 3 4 5 6 7 8 9 (en) Anthony Robustelli, Steely Dan FAQ: All That's Left to Know About This Elusive Band, Backbeat Books, (ISBN 978-1495025129), p. 65–66
- 1 2 3 (en) « Old music: Steely Dan – Dirty Work », The Guardian, (lire en ligne, consulté le )
- 1 2 3 4 5 6 7 (en) Brian Sweet, Steely Dan: Reelin' in the Years, Omnibus, (ISBN 978-1468313147)
- ↑ (en) Anthony Robustelli, Steely Dan FAQ: All that's Left to Know about this Elusive Band, Milwaukee, Backbeat Books, (ISBN 9781495025129), p. 87
- ↑ (en) « Steely Dan - Dirty Work », sur www.45cat.com
- ↑ (en) Erlewine, Stephen Thomas, « Can't Buy a Thrill », sur Allmusic (consulté le )
- ↑ (en) Gary Graff et Durchholz -prénom2=Daniel, MusicHound Rock: The Essential Album Guide, Schirmer Trade Books, (ISBN 0825672562), p. 1084
- ↑ (en) James Isaacs, « Can't Buy a Thrill », Rolling Stone, (lire en ligne, consulté le )
- ↑ (en) Christian Long, « 'Sopranos' Music Moments That Helped Define Tony Soprano », sur Uproxx, (consulté le )
- ↑ (en) « "The Simpsons" You Won't Believe What This Episode Is About - Act Three Will Shock You! (TV Episode 2022) », sur imdb (consulté le )
- ↑ (en) Anthony D'Alessandro, « 'The Suicide Squad' Trailer: Margot Robbie, Idris Elba, John Cena & More In A Ton Of James Gunn Fun » [archive du ], sur Deadline Hollywood, (consulté le )
- ↑ (en-US) Grace Campbell, « How 'Euphoria' Is Using Classic Songs to Tell Its Season 2 Story », sur TV Insider, (consulté le )
- ↑ (en) « Soundtracks - One Battle After Another », sur IMDB (consulté le )
Liens externes
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