Disparition d'Azaria Chamberlain

victime australienne d'une attaque animale

La disparition d'Azaria Chamberlain est une affaire australienne relative à la disparition, le , d'Azaria Chantel Loren Chamberlain, fille de Lindy et Michael Chamberlain, dans la région d'Ayers Rock, en Territoire du Nord[1].

Disparition d'Azaria Chamberlain
Titre Azaria Chamberlain
Nature de l'arme Meurtre
Date 17 août 1980
Nombre de victimes 1
Jugement
Tribunal 9 mars 2005
Date du jugement 11 mars 2005

Malgré les déclarations des parents, qui rapportent que leur nourrisson de neuf semaines aurait été attaqué par un dingo, chien sauvage d'Australie, alors qu'ils étaient en camping, la mère, Lindy, est accusée du meurtre de sa fille et condamnée à la prison à perpétuité le . La découverte d'un morceau de vêtement du nourrisson en 1986 va relancer l'affaire, et entraîner la libération de la mère Lindy Chamberlain après quatre années d'incarcération. Trente ans plus tard, le , la version de l'enlèvement par un dingo est confirmée et les parents alors officiellement reconnus non coupables par la justice australienne[2].

Le , la famille Chamberlain campait près d'Ayers Rock, et avait laissé Azaria, (née le précédent) dans sa tente. Alertée par les cris de son enfant, Lindy courut à sa tente et vit que son bébé avait disparu alors qu'un dingo était à proximité. Plusieurs autres vacanciers entendirent ces cris.

Des pisteurs se mirent à la recherche de la petite fille sans la trouver, mais ils découvrirent sa combinaison une semaine plus tard.

Enquête

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Vue aérienne d'Ayers Rock.

Une première enquête par le coroner jugea le qu'Azaria avait été emportée par un dingo, mais que son corps avait été récupéré par des personnes inconnues.

Mécontentes des résultats, les autorités du Territoire du Nord continuèrent leurs investigations et se procurèrent les services de James Cameron (en), un expert médico-légal britannique controversé, qui affirma que les lacérations autour du col de la combinaison pouvait correspondre à l'action d'une lame, et indiquaient un égorgement. Cela permit aux autorités territoriales d'inculper les parents pour meurtre.

L’accusation estimait que l’attaque d’Azaria par un dingo avait été totalement mise en scène par Lindy Chamberlain, la mère, qui aurait égorgé sa fille sur le siège avant de sa voiture et caché le corps. Elle aurait, selon la reconstitution du crime supposé, rejoint le groupe de campeurs autour d'un feu de camp et nourri l'un de ses fils avant de retourner dans la tente et de faire croire que la petite fille avait disparu. Il a été supposé qu'elle avait jeté le corps dans le bush pendant que les autres campeurs étaient partis à la recherche d'Azaria[3],[2]. La défense cita les témoignages des autres touristes ainsi que des preuves de la présence de dingos dans les lieux.

Le , Lindy fut condamnée aux travaux forcés à perpétuité tandis que son mari reçut une peine de18 mois avec sursis pour complicité, afin qu'il puisse s'occuper de ses autres enfants[2].

Des recours furent déposés devant la Cour fédérale, mais furent rejetés en , ainsi que ceux déposés devant la Haute Cour d'Australie en .

Pendant ce temps, un mouvement d'opinion relativement large s'empara de l'affaire, soutenant l'innocence de la mère et demandant sa libération.

Libération et acquittement

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Reportage télévisé de 1986 par l'Australian Broadcasting Corporation (ABC) sur la libération de Lindy Chamberlain.

L'affaire va connaître un rebondissement spectaculaire en 1986 quand David Brett, un touriste britannique, fit une chute mortelle alors qu'il escaladait Ayers Rock. Lors de la recherche de son corps, le chandail blanc d'Azaria fut retrouvé[4].

Cela donna un élément nouveau pouvant motiver une révision : Lindy fut libérée par les autorités territoriales cette même année et, en 1988, la Cour suprême territoriale (Northern Territory Court of Criminal Appeals) cassa les condamnations des deux parents pour absence totale de base, et critiqua sévèrement les experts légaux ayant travaillé pour le parquet[2],[5]. Deux ans après, les parents d'Azaria reçurent une compensation du gouvernement, d'un montant de 1,3 millions de dollars, dont la totalité fut absorbée dans la couverture des frais de justice[6].

Le , une troisième enquête de coroner conclut que les causes de la mort d'Azaria étaient « inconnues », et ce n'est que le que la mort d'Azaria fut définitivement attribuée à des dingos par le coroner citant d'autres cas d'attaques mortelles de ces animaux contre des enfants[2],[7].

Postérité

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Cette affaire a été très médiatisée en Australie. Elle a même été adaptée en un film intitulé Un cri dans la nuit en 1988[8], en un album composé par le groupe musical australien The Paradise Motel et en un opéra composé par Moya Henderson (en)[9]. De nombreux ouvrages relatent également cette histoire[10]. C'est aussi le sujet de l'épisode 3 de la saison 1 de la série australienne Profession : reporter qui traite de la découverte du chandail blanc.

Notes et références

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  1. ↑ Anne-Julie Contenay avec agences, « L'affaire du bébé disparu avait passionné l'Australie », sur europe1.fr via Internet Archive, (consulté le ).
  2. 1 2 3 4 5 « Trente-deux ans de mystère », sur 20 Minutes via Internet Archive, (consulté le ).
  3. ↑ « Chamberlain Case (High Court Project) »(Archive.org • Wikiwix • Que faire ?).
  4. ↑ http://www.theaustralian.com.au/news/features/discovery-of-jacket-vindicated-lindy/story-e6frg6z6-1225905092032.
  5. ↑ (en) Patrick Barkham, « Scientist in dingo case at heart of ambush inquiry », sur The Guardian, (consulté le ).
  6. ↑ « Northern Territory government apology to Lindy and Michael Chamberlain wont happen »(Archive.org • Wikiwix • Que faire ?)
  7. ↑ (en) « Dingo to blame for Azaria's death : coroner » Accès payant, sur The Sydney Morning Herald, (consulté le ).
  8. ↑ « " Un cri dans la nuit " de Fred Schepisi Meryl Streep, mère accusée d'infanticide », Le Monde.fr,‎ (lire en ligne, consulté le )
  9. ↑ (en) « Lindy »(Archive.org • Wikiwix • Que faire ?), sur Opera Australia (consulté le ).
  10. ↑ (en) Wendy Lewis, See Australia and Die, New Holland, (ISBN 978-1-74110-583-4)

Annexes

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Bibliographie

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Liens externes

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