Djanfole désigne, au Niger, les marchands itinérants et antiquaires spécialisés dans le commerce des objets d'art et de l'artisanat.

Le terme

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En langue zarma[a], le terme est Djanfole ; en langue haoussa[b], le terme est Dan Koli littéralement « fils de l'étalage ».

Origine et évolution

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Mahamane Sani Dan Djouma Labo, djanfole, président de l'Association des vendeurs d'objets d'art du Niger.

L'activité des Djanfole est historiquement liée aux marchés hebdomadaires du Sahel. Ils y proposent de l'artisanat utilitaire (outils de tissage, récipients, cuillères) et des objets de parure ou de protection (bijoux, perles, amulettes) à des populations sédentaires et nomades.

Pendant la période coloniale, un espace est réservé à leurs étals au sein du Petit Marché de Niamey. À partir des années 1960, stimulés par l'intérêt croissant des voyageurs occidentaux, certains marchands, tels qu'El Hadji Dan Dobi, El Hadji Sania ou Malabo Dan Jouma, développent une expertise spécifique d'antiquaire. Durant les années 1980, ils s'installent dans une rue adjacente au Petit Marché où ils y construisent des boutiques pour présenter leurs produits et accueillir leurs clients. Petit à petit, ils sont rejoints par d'autres, et c'est ainsi que dans les années 2000, on pouvait compter une quarantaine de boutiques tenues par des Djanfole dans cette rue[2].

Spécificité de la profession

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Les Djanfole fonctionnent comme des intermédiaires économiques et culturels. Ils travaillent en collaboration avec les artisans d'art locaux, soit par le biais de commandes directes, soit en rachetant leurs productions en surplus. Disposant de réseaux commerciaux étendus, ils participent à la diffusion de cet artisanat à l'échelle du continent, notamment lors des foires régionales africaines (à Ouagadougou, Accra, Abidjan ou Dakar)[3].

Au-delà de la dimension strictement commerciale, les Djanfole les plus expérimentés acquièrent une connaissance approfondie des techniques, de la chronologie et des trajectoires des maîtres artisans sahéliens. Cette expertise technique et biographique, transmise par voie orale, fait d'eux des vecteurs importants de la préservation et de la documentation du patrimoine matériel et immatériel nigérien[4],[5].

Pour approfondir

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Articles connexes

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Liens externes

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Notes et références

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  1. Le zarma, langue parlée par 18,2 %[1] des Nigériens, est un dialecte du songhaï, langue de l'Afrique de l'Ouest parlée dans la vallée du Niger.
  2. Le haoussa, langue parlée par 47,2 %[1] des Nigériens, est la langue des Haoussas, peuple du Sahel vivant notamment au sud du Niger.

Références

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  1. 1 2 Données sur le Niger.
  2. Audrey Boucksom, Arts “touristiques” en Afrique et consommateurs occidentaux, le cas de l'artisanat d'art au Niger (Thèse de doctorat en Histoire de l'art (sous la direction de Jean Polet), Paris, Université de Paris I-Panthéon-Sorbonne), Paris, , 473 p. (lire en ligne [PDF]).
  3. (en) Christopher Steiner, African Art in Transit, Cambridge, Cambridge University Press, 2001 (réédition de 1994), 2e éd. (1re éd. 1994), 220 p. (ISBN 0-521-43447-5, présentation en ligne).
  4. Audrey Boucksom et Mahaman Sani Dan Jouma, « « Rôles des artisans d'art et des Djanfole (antiquaires) dans la sauvegarde du patrimoine culturel au Niger » », Les cahiers du CELHTO, vol. 3 « Identités culturelles et développement en Afrique au XXIe siècle », , p. 73-94 (lire en ligne [PDF]).
  5. (en) Silvia Forni et Christopher Steiner, Africa in the Market: 20th Century Art from the Amrad African Art Collection, Toronto, Royal Ontario Museum (en coédition/distribution avec University of Washington Press), , 172 p. (ISBN 978-0888545060, lire en ligne [PDF]).