Djebel Bichri
Le djebel Bichri ou mont Bichri (en arabe جبل البِشْرِي Jabal al-Bišrī, en akkadien : ba-sa-ar ou bi-si-ir, en amorite : Biśri[2]) est une région montagneuse du nord-est de la Syrie. Elle est située à la limite entre les gouvernorats de Deir ez-Zor, de Raqqa et de Homs.
| Djebel Bichri | ||
| Localisation du djebel Bichri en Syrie. | ||
| Géographie | ||
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| Altitude | 850 m, Tar Subay`i[1] | |
| Administration | ||
| Pays | ||
| Gouvernorats | Deir ez-Zor, Raqqa, Homs | |
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Géographie
modifierLe djebel Bichri est une large chaîne de montagnes qui s'étend immédiatement à l'ouest de l'Euphrate, au nord-ouest de la ville de Deir ez-Zor, et vers le sud-ouest en direction de Palmyre[3]. Il fait partie de la chaîne de montagnes de Palmyre, dans le centre de la Syrie[4]. Son piémont ou contrefort oriental atteint la ville de Deir ez-Zor[4].
La région est riche en asphalte naturel, redécouvert en 2007. Plusieurs installations gazières et pétrolières sont établies autour des monts Bichri[5].
Ce bitume est abondant dans le djebel Bichri, où il affleure dans les sables[6]. Cette ressource naturelle abondante est exploitée dès le Moustérien (40000 av. J.-C.) par la population locale[6]. Il est encore exploité au début du XXIe siècle pour le bitume routier, dans la carrière du wadi aj Jir[6].
Une population survivante d'une espèce de scorpions serait identifiée par Wilson R. Lourenço dans le djebel Bichri en 2020[7].
Histoire
modifierLe djebel Bichri est associé au peuple des Amorites et était connu sous le nom de « montagne des Amorites » (ba-sa-ar šá-dú-ì mar.tu ki) dans les sources akkadiennes[8].
Le Centre arabe d'études des zones arides et des terres sèches de Syrie (ACSAD), basé à Damas, a élaboré un plan, mis en œuvre de 1994 à 2006, visant à enrayer la désertification dans la région du djebel Bichri. Ce plan prévoit notamment la plantation de certaines essences d'arbres, comme le pistachier de l'Atlantique (Pistacia atlantica) et le prunier (Prunus)[réf. nécessaire].
Guerre civile syrienne
modifierL'armée syrienne a repris le djebel Bichri à l'État islamique le [9].
Dans le cadre de la campagne « Vengeance pour deux cheikhs » menée par l'État islamique, trois soldats pro-Assad sont tués le lors d’affrontements avec des combattants de l’État islamique dans la région[10]. À la suite de ces affrontements, l'aviation russe aurait mené au moins 20 frappes aériennes contre des cibles de l’État islamique dans les déserts environnants, faisant un nombre indéterminé de victimes[11].
Le 20 juin 2022, des affrontements éclatent dans la région entre des militants de l'État islamique et les forces régulières de l'armée syrienne. En trois jours, au moins 26 soldats syriens et 7 combattants de l'EI sont tués. Le , lors d'opérations de ratissage menées par l'armée syrienne, huit miliciens des Forces de défense nationale (FDN) sont retrouvés morts, abattus par des militants de l'EI à la périphérie de la zone. Le groupe était porté disparu depuis le précédent[12].
Notes et références
modifier- ↑ Amjad Al-Qadi, « Exploitation du milieu naturel au Paléolithique dans la région d’El Kowm en Syrie Centrale », dans Regards croisés sur l’étude archéologique des paysages anciens. Nouvelles recherches dans le Bassin méditerranéen, en Asie centrale et au Proche et au Moyen-Orient, (lire en ligne), p. 107.
- ↑ (en) Mary E. Buck, The Amorite Dynasty of Ugarit, Brill, , 308 p. (ISBN 978-90-04-41511-9, lire en ligne), « Appendix A: Western Amorite Corpus »
- ↑ Haldar 1971, p. 6.
- 1 2 Lönnqvist 2006, p. 203.
- ↑ (en) Graham Brew et Muawia Barazangi, « Tectonic and Geologic Evolution of Syria », GeoArabia, Bahrein, Gulf PetroLink, vol. 6, no 4, , p. 607.
- 1 2 3 Jacques Connan et Odile Deschesne, « Le bitume à Mari », dans Jean-Claude Margueron, Olivier Rouault et Pierre Lombard (dir.), Akh Purattim 1 [les rives de l'Eupkrate], Lyon, MOM Éditions, Maison de l’Orient et de la Méditerranée, (DOI 10.4000/books.momeditions.3788, lire en ligne), p. 165-206.
- ↑ (en) Wilson R. Lourenço, « A possible relict population of Mesobuthus (Aegaeobuthus?) nigrocinctus (Ehrenberg, 1828) in the Bishri Mountains of Syria (Scorpiones: Buthidae) », in Serket, vol. 17, 2020, no 2, p. 77-86.
- ↑ (en) Daniel E. Fleming, Democracy's Ancient Ancestors: Mari and Early Collective Governance, Cambridge, Cambridge University Press, (ISBN 9781107404939, lire en ligne), p. 39.
- ↑ (en) Alex Torrell, « Syrian War Daily – 31st of August 2017 », Syrian War Daily, (consulté le ).
- ↑ (en) « ISIS resurgence | Three regime soldiers shot dead in Al-Bishri desert at administrative borders between Deir Ezzor and Al-Raqqah », sur syriahr.com, Syrian Observatory for Human Rights, .
- ↑ (en) « Anti-ISIS campaign | 20 Russian airstrikes hit ISIS hideouts in Al-Raqqah and Homs deserts amid escalation in ISIS activity », sur syriahr.com, Syrian Observatory for Human Rights, .
- ↑ (en) « 11 days after being missing | Eight members of National Defence found shot dead by “ISIS” in Deir Ezzor desert », sur syriahr.com, The Syrian Observatory for Human Rights, (consulté le ).
Voir aussi
modifierBibliographie
modifier- Alfred Haldar, Who were the Amorites?, Leiden, E. J. Brill, (lire en ligne).
- Minna Lönnqvist, « Archaeological Surveys of Jebel Bishri: The Preliminary Report of the Finnish Mission to Syria, 2000-2004 », Kaskal: Rivista di storia, ambienti e culture del Vicino Oriente Antico, vol. 3, , p. 203–240 (lire en ligne).