Djebel Semmama

montagne en Tunisie

Le djebel Semmama (arabe : جبل سمامة) est une montagne (djebel) de Tunisie culminant à 1 314 m d'altitude[1]. Il s'élève au nord de la ville de Kasserine, au centre-ouest du pays, et compte parmi les plus hauts sommets de Tunisie, aux côtés du djebel Chambi (1 544 m, point culminant du pays), du djebel Bireno (1 419 m), du djebel Salloum (1 373 m) et du djebel Mghila (1 378 m)[2].

Djebel Semmama
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Géographie
Altitude 1 314 m[1]
Massif Dorsale tunisienne
Coordonnées 35° 19′ 48″ nord, 8° 47′ 10″ est
Administration
Pays Drapeau de la Tunisie Tunisie
Gouvernorat Kasserine
Géologie
Roches Calcaires
Géolocalisation sur la carte : Tunisie
(Voir situation sur carte : Tunisie)
Djebel Semmama

Géographie

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Situation

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Carte du djebel par le service cartographique de l'US Army.

Le djebel Semmama s'inscrit dans l'ensemble de reliefs de la dorsale tunisienne, prolongement oriental de l'Atlas saharien, qui traverse le centre-ouest du pays selon une orientation générale sud-ouest–nord-est[2]. Il domine la ville de Kasserine par le nord et voisine avec le massif du djebel Chambi ; ses versants sud et sud-est se prolongent par des glacis fortement entaillés par l'érosion, en bordure des fossés d'effondrement quaternaires de Foussana, Kasserine et Sbiba[2],[3].

Géologie

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Le djebel Semmama constitue un site de référence pour l'étude du Crétacé moyen et supérieur de la Tunisie centrale, la série qui y affleure ayant fait l'objet de travaux microstratigraphiques et sédimentologiques détaillés[4]. La montagne occupe une position charnière entre un domaine marin profond au nord et une plate-forme carbonatée au sud, ce qui explique la variabilité des dépôts calcaires observés[4]. Ces séries enregistrent une tectonique synsédimentaire active, marquée par des failles normales et des variations d'épaisseur qui se prolongent jusqu'au Campanien-Maastrichtien[5].

Climat et végétation

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Le massif relève du bioclimat semi-aride des hautes steppes du Centre-Ouest tunisien, aux hivers rigoureux et aux étés chauds et secs. Le gouvernorat de Kasserine concentre à lui seul environ 36 % des forêts de pin d'Alep du pays[6], essence qui domine la couverture forestière du djebel Semmama et de ses environs, où ces peuplements sont fragilisés par les incendies, le changement climatique et les attaques de scolytes[7]. Dans ces pineraies semi-arides du Centre-Ouest tunisien, le sous-bois associe genévrier de Phénicie, romarin, cistes et espèces steppiques, les faciès dégradés cédant la place à une steppe à alfa[8]. Comme le parc national de Chambi voisin, le massif appartient à un ensemble montagnard qui abrite une faune adaptée à la sécheresse, dont le mouflon à manchettes[9].

Histoire

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Le massif joue un rôle dans la lutte armée du mouvement national tunisien. En 1954, il accueille une réunion de chefs fellagas au cours de laquelle Lazhar Chraïti est désigné à la tête de la résistance armée, avec Sassi Lassoued pour adjoint ; le relief accidenté et boisé offre alors aux combattants des refuges et des positions défensives[10].

Contigu au parc national de Chambi, le djebel Semmama est à nouveau, à partir des années 2010, le théâtre d'opérations des forces de sécurité tunisiennes contre des groupes armés retranchés dans la montagne[11].

Culture

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Centre culturel des arts et métiers de la montagne

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Le djebel Semmama accueille un centre culturel des arts et métiers de la montagne, construit par la Fondation Rambourg à l'initiative de sa fondatrice Olfa Terras, et inauguré le pour un budget d'un million de dinars[12],[13]. Dès 2017, alors que le bâtiment est en cours d'achèvement, la fondation y organise des manifestations culturelles, tels des ateliers de cirque gratuits destinés aux enfants de la région[14]. L'établissement propose des ateliers de cinéma, de théâtre, de cirque, de musique et de danse, ainsi que des formations aux métiers de l'artisanat montagnard traditionnel comme la distillerie ou la tapisserie, au bénéfice des habitants de la région[15]. Le projet est aussi présenté comme un instrument de développement local et de prévention contre la radicalisation dans un gouvernorat considéré comme prioritaire[12].

Fête des Bergers

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Portée par l'activiste culturel Adnen Helali, originaire de la région, une dynamique culturelle est lancée à partir de 2015 sur le massif, d'abord sous la forme d'un ciné-club de montagne[16]. Elle donne naissance à la fête des Bergers, manifestation annuelle destinée à préserver les coutumes et traditions pastorales de la montagne, dont la huitième édition, en , réunit des artistes et intellectuels tunisiens et algériens[15]. En 2017, le djebel Semmama est symboliquement proclamé « capitale universelle de la culture montagnarde » lors d'une manifestation organisée sur place[16].

Le collectif des Bergers de Semmama représente par la suite cette expérience lors d'événements internationaux consacrés aux parcours et aux éleveurs, notamment une manifestation de l'Organisation des Nations unies pour l'alimentation et l'agriculture en et la caravane de la Route de la soie organisée en Turquie en sous l'égide de la Convention des Nations unies sur la lutte contre la désertification[17].

Gastronomie

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La région du djebel Semmama est associée à des spécialités culinaires montagnardes élaborées à partir de produits locaux, telles que des boulettes énergétiques à base de dattes ou de zgougou (graines de pin d'Alep), du pain parfumé au romarin de montagne ou encore une préparation à base de figues[18].

Références

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  1. 1 2 Hervé Riaucourt, Aperçu géologique et lithologique du bassin versant de l'oued El Hissiane, Marseille, Office de la recherche scientifique et technique outre-mer, , 18 p. (lire en ligne [PDF]), p. 2.
  2. 1 2 3 H. Camus, R. Dumas et M. Benyounes, « Analyse de l'écoulement sur le bassin versant de l'oued El Hissiane (période 1977-1980) », Tunis/Paris, Ministère de l'Agriculture/Office de la recherche scientifique et technique d'outre-mer, , p. 5.
  3. Samira Hamrouni, « Kasserine : une invitation à découvrir la Tunisie profonde », La Presse Magazine, (lire en ligne, consulté le ).
  4. 1 2 H. Bismuth, C. Boltenhagen, P. Donze, F. Lefèvre et P. Saint-Marc, « Le Crétacé moyen et supérieur du Jebel Semmama (Tunisie du centre Nord) : microstratigraphie et évolution sédimentologique », Bulletin des centres de recherches exploration-production Elf-Aquitaine, vol. 5, no 2, , p. 193-267 (ISSN 0396-2687).
  5. Mahmoud Dlala, « Les manifestations tectono-sédimentaires d'âge Campanien–Maastrichtien en Tunisie : implications sur l'évolution géodynamique de la marge Nord-Africaine », Comptes rendus. Géoscience, vol. 334, no 2, , p. 135-140 (ISSN 1631-0713, lire en ligne, consulté le ).
  6. « Kasserine : 27 lots pour la culture de pin d'Alep selon le CRDA », sur tunisie.co, (consulté le ).
  7. « Kasserine : les forêts de pin d'Alep menacées par le scolyte », sur webmanagercenter.com, (consulté le ).
  8. Abdelmajid El Hamrouni, Kaouther El Hamrouni-Aschi et Ali Khorchani, « Les groupements végétaux du pin d'Alep et leur dynamique en Tunisie », dans Mohamed Larbi Khouja (dir.), Le pin d'Alep en Tunisie : écologie, gestion et usages, Tunis, Institut national de recherches en génie rural, eaux et forêts, (ISBN 978-9973099402, lire en ligne), p. 89.
  9. « Visiter le mont Chaambi à Kasserine », sur generationvoyage.fr (consulté le ).
  10. Amira Aleya Sghaier, « La Tunisie n'est devenue indépendante que sous la pression des fellaghas », europe-solidaire.org, (consulté le ).
  11. « Quadrillage du massif de Djebel Semmama et des alentours de Chaambi », sur Tuniscope, (consulté le ).
  12. 1 2 « Jbel Semmama : un centre nouveau dédié à l'art », sur Le Petit Journal, (consulté le ).
  13. « Kasserine : 1MDT pour la construction d'un centre culturel unique », sur leconomistemaghrebin.com, (consulté le ).
  14. « Grâce à la Fondation Rambourg, Semmama fait son cirque », sur Kapitalis, (consulté le ).
  15. 1 2 « Traditions : 8e édition de la Fête des Bergers de Djebel Semmama », sur Le Petit Journal, (consulté le ).
  16. 1 2 « Djebel Semmama déclaré capitale universelle de la culture montagnarde », sur tunisie.co, (consulté le ).
  17. « Tunisie : Mont Semmama - Adnene Helali, une voix tunisienne pour un pastoralisme durable sur la Route de la soie », sur Tunis Afrique Presse, (consulté le ).
  18. « Les spécialités culinaires de Djebel Semmama », sur tunisie.co, (consulté le ).