Dnégouchka

œuvre musicale de Nadia Boulanger

Dnégouchka, originalement appelé La Roussalka, est une cantate pour trois solistes, orchestre ou piano de Nadia Boulanger composée en 1909. Il s'agit de la quatrième et dernière tentative de la compositrice pour remporter le Prix de Rome.

Dnégouchka
NB 36 et 37
La Roussalka
Genre Cantate
Musique Nadia Boulanger
Texte Georges Delaquys, Fernand Boissier et Eugène Adenis
Langue originale français
Chorégraphie  
Effectif trois solistes, orchestre ou piano
Dates de composition 15 mai au 8 juin 1909
Personnages
• Roussalka
• Yégor
• Le Pope

Argument

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La cantate du Prix de Rome de 1909, est adaptée de la légende russe sur la roussalka[1]. Le livret de Fernand Boissier et Eugène Adenis s'inspire d'un poème d'Alexandre Pouchkine. La pièce s'ouvre sur un coucher de soleil, le personnage principal, Yégor, rencontre Roussalka et en tombe amoureux. Dans les deux premières scènes, les deux personnages se chantent leur amour et souhaitent s'enfuir ensemble[2].

La troisième scène présente le Pope essayant de faire comprendre à Yégor son erreur et de le ramener au sein de l'Église de son éducation catholique[2]. Le Pope décrit Roussalka comme une séductrice dangereuse : « elle prend pour séduire une voix qui caresse, mais cette voix ment », et dans le trio obligatoire, il dit à Yégor de suivre « le devoir » plutôt que « le bonheur » offert par Roussalka. Yégor déclare détester le devoir religieux et supplie Roussalka de l'emmener avec elle. Son blasphème est puni par la disparition de Roussalka avec le levé du soleil[2].

Commentaires

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Nadia Boulanger, Arsène Alexandre et Marc Delmas devant la grille du château de Compiègne en juin 1909.

Après avoir analysé la partition, la musicologue Caroline Potter se demande si Nadia Boulanger a eu le temps de terminer sa cantate dans les trois semaines du concours. Elle révèle une note de bas de page marquée : « Monsieur, je vous prie de ne pas vous inquiéter pour les espaces vides — cela n'a pas d'importance. Il me faut absolument un deuxième exemplaire pour demain, jeudi matin, et le dernier pour demain soir. Mille mercis et mes meilleurs vœux »[2]. Aucune mention dans des articles de presse ne précise si Nadia Boulanger n'a pas achevé sa pièce. Caroline Potter suggère que le caractère inachevé de son œuvre puisse expliquer pourquoi elle n'a pas remporté de prix[2].

Réception

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À la surprise générale la cantate de Nadia n'a pas remporté de Premier Prix. La tradition du prix de Rome voulant que le Second Grand Prix remporte l'année suivante le Premier Prix. Certaines critiques virent le reflet de la misogyne des membres du jury, d'autres pensèrent que les partisans de Camille Saint-Saëns n'avaient pas pardonné à la compositrice l'affaire de la fugue de 1908[2].

Les journaux Le Courrier musical et Musica reprochent alors que le Premier Prix a été décerné à la cantate de Jules Mazellier et qu'ils auraient préféré que la récompense soit donnée à Nadia Boulanger dont la musique était la « plus aboutie et la plus originale »[3].

Par la suite, Nadia Boulanger décida de programmer sa cantate lors des Concerts Colonne. Jules Mazellier et son éditeur menacèrent la compositrice de l'intenter en justice pour violation de droits d'auteur sur le texte[2]. Le concert ne pouvant avoir lieu, Nadia Boulanger demande alors à Georges Delaquys d'apporter des modifications au texte. L’œuvre est rebaptisée Dnégouchka et les personnages appelés « Le Poète » pour Yégor, « Yégor » pour Roussalka et « Le Sage » pour Le Pope[2].

Notes et références

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  1. ↑ Rosenstiel 1998, p. 81.
  2. 1 2 3 4 5 6 7 8 Potter 2006, p. 55-57.
  3. ↑ Rosenstiel 1998, p. 83.

Bibliographie

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  • [Rosenstiel 1998] (en) Leonie Rosenstiel, Nadia Boulanger : a life in music, New York & Londres, Norton, , 438 p. (ISBN 9780393317138).
  • [Potter 2006] (en) Caroline Potter, Nadia and Lili Boulanger : a life in music, Ashgate, Aldershot & Burlington, , 216 p. (ISBN 978-0754604723).

Liens externes

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