Dolceacqua
Dolceacqua (en ligure : Dôsaiga ; en ligure occidental : Dussaiga) est une commune de la province d'Imperia dans la région Ligurie en Italie.
| Dolceacqua | |
Armoiries |
Drapeau |
| Administration | |
|---|---|
| Pays | |
| Région | |
| Province | |
| Maire Mandat |
Fulvio Gazzola 2014- |
| Code postal | 18035 |
| Code ISTAT | 008029 |
| Code cadastral | D318 |
| Préfixe tél. | 0184 |
| Démographie | |
| Gentilé | dolceacquini |
| Population | 2 216 hab.[1] (2026) |
| Densité | 109 hab./km2 |
| Géographie | |
| Coordonnées | 43° 51′ 00″ nord, 7° 37′ 00″ est |
| Altitude | Min. 51 m Max. 51 m |
| Superficie | 2 030 ha = 20,3 km2 [2] |
| Divers | |
| Saint patron | Sant'Antonio |
| Fête patronale | 17 janvier |
| Localisation | |
Localisation dans la province d'Imperia. | |
| Liens | |
| Site web | www.dolceacqua.it |
| modifier |
|
Géographie
modifierDolceacqua est au centre du vignoble Rossese di Dolceacqua. C'est un bourg médiéval de la vallée de la Nervia, étalé le long du torrent homonyme.
La partie la plus ancienne, dominée par le château des Doria, est appelée Terra et se trouve au pied du mont Rebuffao.
La partie la plus moderne, le Borgo, s'allonge sur la rive opposée, sur les deux côtés de la route qui remonte la vallée.
La commune a la particularité d’être frontalière avec la France dans sa zone montagneuse sur une petite bande d’environ 250 mètres.
Histoire
modifierLe nom Dolceacqua dérive probablement de la présence d'une ferme d'époque romaine appartenant à un Dulcius, nom transformé ensuite en Dulciàca, Dusaiga (le nom dialectal actuel) et Dulcisaqua. Une autre interprétation évoque la possibilité d'une origine celtique, à partir de Dussaga, modifié ensuite en Dulsàga et enfin en Dolceacqua.
Les traces les plus anciennes de peuplement sont représentées par les castellars de l'âge du fer, des fortifications rudimentaires en pierres sèches ayant la forme d'anneaux muraux concentriques, qui occupaient les hauteurs de Cima d'Aurin, Cima Tramontina, du mont Abellio le long de la ligne de partage des eaux entre la vallée de la Nervia et la vallée de la Roya, et du mont Morgi et de la tour de l'Alpicella sur le versant opposé.
Les traces archéologiques trouvées confirment que ces points de défense du territoire furent occupés par les Intemeli (en) du Ve siècle av. J.-C. au IVe siècle apr. J.-C., en plein âge romain en protection des villages, pâturages et champs.
Le premier document qui cite Dolceacqua remonte à 1151. En effet, ce fut au XIIe siècle que les comtes de Vintimille firent construire la première partie du château sur le sommet des rochers qui dominent stratégiquement le premier étranglement et la bifurcation de la vallée vers Rocchetta Nervina d'un côté et la moyenne et haute vallée de la Roya de l'autre côté, en contrôlant leurs accès.
Le château fut acheté en 1270 par le capitaine du peuple génois Oberto Doria, le vainqueur des Pisans dans la bataille de la Meloria, et au cours des années suivantes il fut agrandi par ses successeurs. Cette famille compte parmi ses ancêtres Caracosa, mère de l'amiral Andrea Doria. La dynastie, entrée sous la protection de la maison de Savoie, depuis 1652 eut le titre de marquis de Dolceacqua.
Au pied du château se développa le village de la Terra, qui suit les courbes de niveau en ronds concentriques autour du rocher, reliés entre eux par de raides montées. L'eau de la Nervia fut utilisée pour alimenter les fontaines et pour arroser les jardins potagers du village.
Au sein du Saint-Empire romain germanique, c’est un fief impérial mineur, siège du marquisat de Dolceacqua.
Dolceacqua est acquise en 1524 par Charles III de Savoie et fait partie du comté de Nice au sein des États de Savoie puis du royaume de Sardaigne.
Elle est sous occupation française de 1792 à 1814. Lors de la partition de la province de Nice en 1860, la cité est intégrée dans la province de Porto Maurizio, du nouvel État italien.
Le , Dolceacqua est officiellement jumelée avec la principauté de Monaco.
Monuments et patrimoine
modifier- Sant'Antonio Abate - église paroissiale baroque avec un clocher datant du XVIIe siècle. On peut admirer, à l'intérieur, le beau polyptyque de Sainte Dévote, œuvre de Ludovico Brea.
- Oratoire de San Sebastiano - abrite une statue très précieuse en bois de figuier de Saint Sébastien de l'artiste génois Anton Maria Maragliano (1664-1739).
- Chapelle de San Bernardo - au milieu des oliviers, possède un important ensemble de fresques du XVe siècle, attribués à Domenico Emanuele Maccari de Pigna.
- Le château des Doria subit plusieurs transformations. L'implantation féodale primitive, défendue au XIIe siècle par la tour circulaire, fut agrandie et insérée au XIVe siècle dans une enceinte murale plus ample.
En pleine Renaissance, le castrum devint une grandiose résidence fortifiée avec de nouvelles chambres richement meublées et décorées de fresques tout autour de la cour centrale, complétée par d'imposants appareils de défense.
Le château, qui avait résisté à de nombreux sièges, ne put toutefois s'opposer aux artilleries lourdes franco-espagnoles, lesquelles le détruisirent partiellement le 27 juillet 1744 pendant un épisode de la guerre de Succession d'Autriche.
Les marquis Doria se déplacèrent dans le palais du XVIe siècle près de l'église principale et en 1887 un fort tremblement de terre finit d'outrager le château. Celui-ci, actuellement propriété de la commune de Dolceacqua, est utilisé pour les manifestations d'été, mais attend d'être restauré et destiné à des fonctions culturelles.
Quartiers de la Terra et du Borgo
modifierLe quartier de la Terra, situé au pied du château, s'est développé en hauteur par la surélévation des maisons, qui atteignent parfois six étages. Aujourd'hui, il a conservé maintenant son atmosphère médiévale et présente des coins d'une grande tranquillité, où le temps semble s'être arrêté.
Au milieu du XVe siècle, le développement de l'agglomération, qui avait fait du parcours de via Castello l'axe routier principal du village, amena à la création du nouveau quartier du Borgo au-delà du torrent Nervia.
Les deux noyaux furent reliés au XVe siècle par un élégant pont en dos-d'âne à un seul arc de 33 mètres de portée. Ce pont, avec l'ensemble des maisons de la Terra et le château des Doria au-dessus, représente une des plus pittoresques et célèbres vues de l'arrière-pays de la Ligurie.

Au pied de la Terra, l'église paroissiale de Saint-Antoine-le-Grand, bâtie au XVe siècle, englobe une tour angulaire carrée, faisant partie des anciens remparts et devenue base du campanile. L'édifice fut refait en style baroque, avec de riches décorations à l'intérieur, où se trouve le précieux et polyptyque de sainte Dévote, œuvre de 1515 de Ludovico Brea, chef d'école du courant pictural ligurien-niçois.
À l'entrée du village, à côté du cimetière, l'église de Saint-Georges, bâtie au XIe siècle en style roman (comme on peut le reconnaître par la façade et la partie inférieure du clocher), fut transformée dans les périodes gothique et baroque. La crypte, devenue sépulture de la famille des marquis, accueille encore aujourd'hui les tombeaux de Stefano Doria (1580) et de Giulio Doria (1608), représentés sur les dalles de couverture dans les armures de l'époque. Le plafond en bois conserve de rares poutrages peints du XVe siècle.
Les ruines du couvent des pères Augustins, au sud du village, dans une situation panoramique, rappellent que ce centre religieux au XVIe siècle dépendait de l'abbaye piémontaise de la Novalaise, près de Suse, première étape d'un parcours historique qui reliait les côtes de la mer Ligurienne aux cols des Alpes.
Le sanctuaire de Notre-Dame-des-Sept-Douleurs à l'est du village, dans la région des Morghe, est un bâtiment de 1890, étape chaque année d'un pieux pèlerinage, occasion de rencontres conviviales qui se poursuivent pendant quelques jours, selon une tradition locale affermie.
De nombreuses chapelles champêtres parsèment les collines tout autour, recouvertes de vignobles et oliveraies séculaires. Parmi d’autres, la chapelle de Saint-Bernard conserve des fresques du XVe siècle du peintre Emanuele Maccari de Pigna. La chapelle de Saint-Martin, près de la confluence du torrent Barbaira avec la Nervia, se distingue pour la couverture inusitée en dôme. Parmi les chapelles les plus anciennes, on rappellera celles de Saint-Roch et de Saint-Christophe.
Claude Monet à Dolceacqua
modifierEn 1884, le peintre impressionniste Claude Monet effectue un voyage marquant sur la Riviera italienne, notamment dans la région de Bordighera et de la vallée de la Nervia, qui constituera un véritable « choc visuel » pour l'artiste. En quittant ses décors habituels du nord de la France, il est saisi par la lumière crue de la Méditerranée, la végétation luxuriante et l'architecture verticale des villages suspendus.
Monet est venu deux fois à Dolceacqua, dont une avec Auguste Renoir. Il était admiratif du Ponte Vecchio de Dolceacqua, le pont médiéval à arche unique qualifié par le peintre de « joyau de légèreté », qui enjambe la rivière Nervia.

Durant cette période, il immortalise les paysages du village à travers plusieurs toiles majeures centrées sur le pont et le château des Doria qui le surplombe. Parmi ces tableaux figurent Le Pont de Dolceacqua, exposé au Clark Art Institute aux États-Unis, et Le Château de Dolceacqua, conservé au Musée Marmottan Monet à Paris.
Ce voyage en Italie a permis à Monet d'apprivoiser des contrastes lumineux plus intenses et des compositions plus verticales qu'à son habitude.
Économie
modifierCulture
modifier-->
Administration
modifierNotes et références
modifier- ↑ « Resident population by age, sex and marital status on 1st January 2026 », sur demo.istat.it, Istituto Nazionale di Statistica italiano, (consulté le ) (Remarque : Lier le fichier à l'ensemble de données techniques.)
- ↑ « Classificazioni statistiche – anno 2026 », sur www.istat.it, Istituto Nazionale di Statistica italiano, (consulté le ) (Remarque : Lier le fichier à l'ensemble de données techniques.)
- ↑ « Monaco et Dolceacqua sont officiellement jumelés, 500 ans après - Monaco Hebdo », sur monaco-hebdo.com, (consulté le ).
