Dominique Desseigne

homme d'affaires français

Dominique Desseigne, né le à Commercy (Meuse), est un homme d'affaires et multimillionnaire français. Co-président du groupe Barrière avec son épouse Diane Barrière, héritière du groupe. Il en devient l'unique président en 1995, puis président-directeur général de 2001 à 2023[1],[2],[3].

Dominique Desseigne
Dominique Desseigne en 2014.
Biographie
Naissance
Nationalité
Formation
Activités
Conjoint
Diane Barrière-Desseigne (de à )Voir et modifier les données sur Wikidata
Enfants
Joy Desseigne-Barrière (d)
Zohra Dati (d)
Alexandre BarrièreVoir et modifier les données sur Wikidata
Autres informations
A travaillé pour

Biographie

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Naissance

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Dominique Desseigne naît dans une famille lorraine de Paul Desseigne (1910-), docteur en médecine, et d'Anne-Marie Bidon (1921-2020)[4].

Formation

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Dominique Desseigne a étudié à l'université Panthéon-Sorbonne. Il est titulaire d'une maîtrise de droit à Paris I, et d'un diplôme d'études supérieures notariales. Il commence sa carrière en tant que notaire en 1980[5], et le restera jusqu'en 1997.

Parcours au sein du groupe Barrière

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En , à la suite de l'accident d'avion de son épouse, Diane Barrière, Dominique Desseigne accède à la présidence du groupe Barrière jusqu'en , au décès de cette dernière, où il devient l'unique président-directeur-général du groupe. Il occupe cette fonction jusqu'en [6],[7], date à laquelle il doit laisser les rênes du groupe à ses enfants Alexandre et Joy, propriétaires des hôtels et casinos du groupe Barrière hérités de leur mère en 2001.

Dominique Desseigne a été également président de la Société fermière du casino municipal de Cannes (SFCMC).

Management

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Dominique Desseigne a développé une stratégie de croissance et de modernisation dans chacun de ses métiers, les casinos, l'hôtellerie et la restauration, revendiquant volontiers ne pas avoir de problèmes de management. Il a par ailleurs affirmé, pendant ses vingt années à la tête du groupe, avoir multiplié par six le chiffre d'affaires de celui-ci, un chiffre repris dans la presse mais contesté par une source interne au groupe, selon laquelle, à structure comparable et une fois rapporté à l'inflation, le chiffre d'affaires aurait en réalité baissé de 8,3 % sur quatorze ans[8].

En juin 2022, Alexandre Barrière engage une procédure judiciaire à l'encontre de son père concernant les modalités de la succession. Selon l'avocat d'Alexandre Barrière[9], cette démarche visait notamment à contester les dispositions prises par Dominique Desseigne concernant la succession. En avril 2023, dans le cadre d'une médiation judiciaire consécutive à cette action, Dominique Desseigne cède et accepte de quitter la direction opérationnelle du groupe Barrière. Il renonce aux fonctions qu'il exerçait depuis mai 2001[10].

Selon un communiqué du groupe, du lundi [11], « le groupe Lucien Barrière redevient une entreprise 100 % familiale, détenue désormais en intégralité par Joy Desseigne-Barrière et Alexandre Barrière », qui, « ensemble, constituent la quatrième génération à en prendre les rênes »[11]. Celle-ci a, en effet, racheté à la holding d’investissement Fimalac, fondée et présidée par Marc Ladreit de Lacharrière, les 40% que cette dernière possédait dans le groupe Lucien Barrière[11].

Vie privée

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Veuf de Diane Barrière (1957-2001), morte à 44 ans, il a eu avec elle deux enfants, Alexandre, né en 1987, et Joy, née en 1990, présidente des conseils d’administration de la Société fermière du casino municipal de Cannes (SFCMC) et de la Société immobilière et d’exploitation de l’hôtel Majestic (SIEHM)[12]. Tous deux lui succèdent à la tête du groupe en 2023[13].

En dépit de l'accident d'avion subi par Diane Barrière en 1995, qui la laisse tétraplégique, cette dernière demeure pleinement consciente et demeure alors unique propriétaire du groupe, conservant l'essentiel de ses fonctions exécutives et organisant notamment l'acquisition du Fouquet's en juillet 1998[14]. Selon plusieurs proches de Diane Barrière, celle-ci avait engagé une procédure de divorce dans les mois précédant son accident[15].

Les dernières années de la vie de Diane Barrière sont marquées par un état de santé fortement dégradé à la suite de son accident d’avion de 1995. Avant cet accident, elle avait engagé une procédure de divorce avec Dominique Desseigne[15]. En mai 2000, Diane est hospitalisée dans un état grave à l’Hôpital américain de Paris. C’est dans ce contexte que deux avocats proches de Dominique Desseigne signent au nom de Diane Barrière plusieurs actes venant profondément modifier les modalités de sa succession : une donation aux deux enfants de la nue-propriété des actions du groupe, ainsi qu’un changement du régime matrimonial du couple, qui passe de la séparation de biens à la communauté universelle[16]. Ce dernier acte a pour conséquence qu'au décès de Diane Barrière, en 2001, Dominique Desseigne hérite des biens personnels de Diane Barrière, saisit l'usufruit des actifs du groupe Barrière, tandis que les enfants n'héritent que de la nue-propriété des titres[16].

Les modalités de cette opération, réalisée pendant une hospitalisation où Diane Barrière n'était, selon son dossier médical, pas en état de soutenir une conversation prolongée[16], ainsi que les conditions dans lesquelles son consentement a été recueilli, sont contestées par ses deux enfants, qui n'en découvrent les détails qu'à partir de 2021. Par ailleurs, certaines dispositions auraient nécessité une acceptation formelle de Dominique Desseigne dans l'année suivant leur établissement, ce qui n'aurait pas été fait, laissant subsister des interrogations sur leur mise en œuvre.

Ces dispositions constituent l'un des principaux fondements du contentieux engagé par Alexandre Barrière en 2022 contre son père, celui-ci contestant les conditions dans lesquelles l'usufruit et la succession de sa mère avaient été organisés[9].

Proche de Nicolas Sarkozy, il a fait partie des invités de la soirée du Fouquet's, restaurant dont le groupe Barrière est propriétaire, et où celui-ci a fêté son élection à la présidence de la République, le [17].

Le , Rachida Dati, maire du 7e arrondissement de Paris et ancienne garde des Sceaux, qui a eu une fille prénommée Zohra (née en ), dont elle a tu jusqu'alors le nom du père, assigne Dominique Desseigne en recherche de paternité devant le tribunal de grande instance de Versailles[18],[19]. En , elle dépose une demande de pension alimentaire mensuelle de 6 000 euros, bien que Dominique Desseigne se défende toujours d'être le père de Zohra Dati et refuse, dans le même temps, un test de paternité[20],[18]. En , le tribunal de grande instance de Versailles juge qu'il est bien le père de Zohra Dati, et le condamne à verser une pension alimentaire mensuelle de 2 500 euros, rétroactivement à compter de [21],[22]. Le jugement est confirmé en appel en et la rétroactivité est reportée à la naissance de l'enfant le [23].

L'héritage devra être partagé en trois parts égales, note une enquête parue le dans M, le magazine du Monde : « avec l'obligation judiciaire […] de reconnaître la paternité de Zohra, la fille de […] Rachida Dati. Alexandre et Joy devront partager l'héritage […] de leur père avec une nouvelle "petite sœur"[6]. »

En 2017, Dominique Desseigne est en couple avec la danseuse Alexandra Cardinale[24].

Patrimoine

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Les estimations de patrimoine publiées au fil des années ont parfois associé Dominique Desseigne à la fortune familiale du groupe Barrière. Sa situation était toutefois différente, puisqu'il n’était pas propriétaire des actifs du groupe, dont ses enfants détiennent la nue-propriété depuis le décès de leur mère en 2011, mais en détenait l’usufruit[16]. L'ensemble des sommes perçues par Desseigne entre 2001 et 2024 (rémunérations, jetons, avantages en nature, dividendes liés à l'usufruit, produit de cessions d'actions) représenterait un total de l'ordre de 142 millions d'euros sur vingt-trois ans.  

L'accord conclu en 2023 a plafonné ses dividendes à 2 millions d'euros par an, en transférant le contrôle du groupe à ses enfants[9].

Publication

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Notes et références

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  1. « Le groupe Barrière mise sur une croissance de 5 % l'an », sur Les Échos, (consulté le ).
  2. « Le royaume menacé de la reine des casinos », sur L'Express, (consulté le ).
  3. « Philippe Gazagne, le baroudeur du groupe Lucien Barrière », sur Les Échos, (consulté le ).
  4. « Anne-Marie Desseigne – Décès », sur Le Figaro, (consulté le ).
  5. « Dirigeant », sur groupebarriere.com (consulté le ).
  6. 1 2 Vanessa Schneider, « Succession au Groupe Barrière, la haine en héritage », Le Monde, (lire en ligne, consulté le ) :
    « En avril, Alexandre Barrière, 36 ans, fils de Dominique Desseigne, 78 ans, et de Diane Barrière, morte en 2001, a évincé son père de la direction d’un empire de casinos, d’hôtels de luxe et de restaurants. Un putsch aux allures de « parricide » pour certains collaborateurs du groupe… »
    .
  7. Anne Florin, « Le patron de l'empire Barrière brutalement remercié… par son fils », sur Entreprendre, (consulté le ).
  8. Laurent Valdiguié, « "On reproche à Dominique de ne pas avoir partagé les dividendes avec ses enfants" : Alexandre Barrière, la revanche d’un fils » Accès payant, sur marianne.net,
  9. 1 2 3 Laurent Valdiguié, « Succession Barrière, un Dallas français Alexandre Barrière, la revanche d'un fils (6/6) » Accès limité, sur marianne.net,
  10. « Groupe Barrière : Dominique Desseigne laisse les rênes à son fils », sur l'Informé, (consulté le ).
  11. 1 2 3 Anne Barrat, « Propriétaire du casino de Montreux, le groupe Barrière choisit un destin familial », Le Temps, (ISSN 1423-3967, lire en ligne, consulté le ).
  12. Anne-Sophie Lechevallier, « Donner la moitié de sa fortune à des œuvres ! Impensable en Europe », sur Paris Match, (consulté le ).
  13. « Dans les coulisses de la guerre chez les Barrière », sur Le Point, (consulté le ).
  14. La rédaction Des Echos, « Le groupe Barrière reprend le restaurant le Fouquet's » Accès libre, sur https://lesechos.fr/,
  15. 1 2 Laurent Valdiguié, « "Après cet appel glacial, elle était en larmes…" : Diane Barrière, dernier week-end à Saint-Tropez » Accès payant, sur marianne.net,
  16. 1 2 3 4 Laurent Valdiguié, « "Son seul but, c’était que ses enfants puissent lui succéder" : Diane Barrière, séances de signatures à l'hôpital américain » Accès payant, sur https://marianne.net/,
  17. Christophe Ayad, « L'hôte du Président », sur liberation.fr, (consulté le ).
  18. 1 2 « Les huit amants de Rachida Dati », sur lalibre.be, .
  19. Stéphanie Marteau, « Dominique Desseigne face à Rachida Dati : "Je ne lâcherai rien" », sur LeMonde.fr, (consulté le ).
  20. Delphine de Mallevoüe, « Rachida Dati réclame 6 000 euros de pension à Dominique Desseigne », sur Le Figaro, (consulté le ).
  21. « Fille de Rachida Dati : la justice reconnaît la paternité de Dominique Desseigne », sur lefigaro.fr du 7 octobre 2014.
  22. « Dominique Desseigne désigné par la justice comme le père de la fille de Rachida Dati », sur huffingtonpost.fr du 7 octobre 2014.
  23. « La fille de Rachida Dati, Zohra, ne portera pas le nom de son père, Dominique Desseigne », sur rtl.fr du 7 janvier 2016.
  24. Françis Lecompte, « L'étonnant parcours de Dominique Desseigne, héritier des casinos Barrière », sur capital.fr, (consulté le ).

Voir aussi

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