Droits LGBT en Angola
Les droits des personnes LGBTQ en Angola ne sont pas les mêmes que ceux du reste de la population. En , l'Assemblée nationale approuve un nouveau code pénal, qui légalise les relations sexuelles entre personnes consentantes du même sexe[1]. En outre, la discrimination à l'emploi sur la base de l'orientation sexuelle est interdite, faisant de l'Angola l'un des rares pays africains à disposer de telles protections pour les personnes LGBT.
| Droits LGBT en Angola | |
| Légalité des pratiques sexuelles entre personnes de même sexe | |
|---|---|
| Protection contre les discriminations | |
| Majorité sexuelle identique | |
| Don de sang | |
| Interdiction des thérapies de conversion | |
| Partenariat | |
| Mariage | |
| Adoption | |
| modifier |
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Aperçu global
modifierLes personnes lesbiennes, gays, bisexuelles et transgenres (LGBT) en Angola peuvent faire face à des difficultés légales et autres que ne connaissent pas les résidents non LGBT. Cependant avec le retrait du code pénal de la disposition interprétée comme «une interdiction des pratiques sexuelles entre personnes de même sexe» en 2019 [2] qui prend vigueur deux ans plus tard avec la sortie d'un nouveau code pénal qui élimine les mentions potentiellement discriminatoires du «agit contre nature»[3].
Histoire de la pénalisation des pratiques sexuelles entre personnes de même sexe
modifierAttitudes précoloniales
modifierDans les années 1920, l'anthropologue allemand Kurt Falk publie ses recherches sur les groupes ethniques africains, qui incluent une certaine acceptation des pratiques sexuelles entre personnes de même sexe et de la bisexualité. Il rapporte que les pratiques sexuelles entre personnes de même sexe et le travestissement sont courants chez les Ovimbundu. Les hommes qui se comportent, agissent et s'habillent comme des femmes sont connus sous le nom de chibadi ou chibanda, et historiquement, ils épousent d'autres hommes. Des individus similaires existent dans les groupes ethniques voisins, tels que les kimbanda chez les Mbundu, les quimbanda chez les Kongos et les jimbandaa chez les Lovale. Les rapports sexuels entre personnes de même sexe sont considérés comme ayant des effets médicinaux dans ces sociétés. En effet, ces actes sont considérés comme un remède contre l'impuissance, pour améliorer la fertilité des sols ou comme un transfert de connaissances. Les pratiques sexuelles entre hommes font également partie des rituels d'initiation[4].
Colonisation portugaise
modifierLa formation et l'expansion de l'Angola portugais s'accompagnent du christianisme dans la région et, par conséquent, de la moralité chrétienne qui condamne fermement les pratiques sexuelles entre personnes de même sexe. Les pratiques sexuelles entre personnes de même sexe sont finalement décriminalisées en 1852, mais à nouveau criminalisées en 1886 par les articles 70 et 71 du code pénal de 1886, qui contiennent une interdiction vaguement formulée de l'immoralité publique et des actes considérés comme étant contre nature[5].
Lois sur les activités sexuelles
modifierLégalisation
modifierEn , le Parlement angolais approuve de manière provisoire un projet de nouveau code pénal par un vote unanime de 125 pours, 0 contres et 36 abstentions[6],[7]. Le nouveau code pénal ne contient pas de dispositions interdisant les activités sexuelles entre personnes de même sexe en privé. Un vote final sur le projet de loi était prévu pour le , mais est reporté en raison de la controverse autour de l'avortement (le code pénal prévoit de légaliser l'avortement en cas de viol)[8],[9]. De multiples débats et consultations publics se sont tenus, bien que l'activité sexuelle entre personnes de même sexe n'ait pratiquement jamais été abordée. Le , le Parlement valide le projet lors d'un second vote par 186 voix pour, 3 contres et six abstentions. Il est adopté lors de son vote final le [10],[11]. Cependant, le président João Lourenço oppose son veto à certaines dispositions du nouveau code et exige des mesures anticorruption plus strictes, l'Assemblée nationale approuve alors une version révisée du nouveau code pénal le [12]. Le président signe la réforme en tant que loi le , ainsi que le nouveau code de procédure pénale qui remplace également le code portugais de 1929 et a fait l'objet d'une approbation par l'Assemblée le . Les lois sont publiées le et prennent effet après quatre-vingt-dix jours, c'est-à-dire le [13].
Reconnaissance des couples de même sexe
modifierIl n'y a pas de reconnaissance légale des couples de même sexe en Angola[14]. En général, une pression sociale importante est exercée sur les gens pour qu'ils épousent un partenaire adéquat du sexe opposé et aient des enfants[15]. En 2005, la cérémonie d'engagement non officielle d'un couple de même sexe est traitée comme éhontée et abominable dans les magazines d'information nationaux[16].
Union de même sexe selon des ethnies
modifierIl n’existe pas de preuves de mariages entre personnes de même sexe au sens occidental du terme célébrés dans ces cultures. Il y a cependant de preuves sur l’existence d’identités et de comportements de LGBT[17].
Les premiers Européens à visiter l'Angola actuel, y compris des anthropologues, des ethnologues et des prêtres, signalent des «cérémonies de mariage entre personnes de même sexe» parmi les peuples Ovimbundu et Ambundu, les deux plus grands groupes ethniques d'Angola, ainsi que parmi les peuples plus petits Ovambo et Herero, qui vivent principalement dans la Namibie voisine[18],[19].
La culture Ambundu reconnaît traditionnellement de «puissants devins et hommes-médecine» connus sous le nom de quimbanda, qui sont «réputés pour obtenir [leurs] pouvoirs par la sodomie rituelle»[20].
La quimbanda « s'habillent, s'asseyent et parlent comme des femmes, et épousent des hommes comme s'ils sont des femmes ». On sait que la reine Nzinga de Ndongo et de Matamba a acquis un harem d'épouses, qui sont biologiquement des hommes mais qui s'habillent en femmes et assument des rôles de genre féminin[21].
La société Ovimbundu reconnaît également les personnes remplissant un rôle de troisième genre, connu sous le nom de chibanda, qui « [sont] des hommes attir[és] comme des femmes, et se comport[ent] comme des femmes […] et sont également mariés à des hommes ». L'ethnologue américain d'origine britannique Wilfrid Dyson Hambly rapporte en 1937 qu'un informateur Ovimbundu déclare que dans la société Mbundu, «il y a des hommes qui veulent des hommes et des femmes qui veulent des femmes»[18],[22].
Ces coutumes disparaissent progressivement avec la modernisation et l’introduction de la culture occidentale et de l’homophobie en Angola pendant la colonisation[23].En 2007, un anthropologue local déclare :«La société angolaise n’est pas encore prête à accepter les homosexuels. La culture locale, influencée par le christianisme, prône la perpétuation et l’expansion de la famille. L’homosexualité est donc perçue comme une atteinte aux lois de la nature»[24].
Réalité et normes
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Sous la pression familiale, de nombreux hommes homosexuels « se servent du mariage pour éviter la stigmatisation, mais une fois mariés, ils continuent d'avoir des relations sexuelles occasionnelles avec d'autres hommes »[25]. L'Institut national de lutte contre le sida (INLS) signale que ce tabou a des répercussions sur la lutte contre le VIH/sida en Angola, car les messages sur les rapports sexuels protégés sont « exclusivement adaptés aux hétérosexuels », laissant les homosexuels « ni informés ni protégés »[24].
Le , un couple de même sexe, Aleksander Gregório, 21 ans, et son partenaire, connu seulement sous le nom de Bruno, 23 ans, célèbrent leur mariage à l'Hôtel Presidente de Luanda et signe une lettre d'engagement en présence d'un notaire à la retraite. La cérémonie est qualifiée d'« éhontée » et d'« abominable » sur les premières pages des journaux nationaux[24].
Restrictions
modifierLa Constitution de l’Angola n’interdit pas explicitement les mariages entre personnes de même sexe. L’article 35 traitant de la famille, du mariage et de la filiation, et établissant la reconnaissance et les droits qui y sont associés stipule que « les hommes et les femmes sont égaux au sein de la famille, de la société et de l'État, jouissant des mêmes droits et ayant les mêmes devoirs »[26],[27],[28],[29],[30].
En 2020, il y a plus d’unions de fait célébrées en Angola que de mariages[31]. L'article 20 du Code de la famille définit le mariage comme « l'union volontaire entre un homme et une femme »[32]. Le Programme des Nations unies pour le développement signale en 2021 que « ce régime de droit de la famille restreint considérablement les droits fondamentaux des personnes LGBTI et a également un impact sur d'autres lois, ce qui a pour conséquence de priver les personnes LGBTI des droits découlant du mariage et de la famille (par exemple, le droit d'un conjoint de ne pas témoigner devant un tribunal) »[33].
En 2013, les discussions sur les modifications du Code de la famille visant à reconnaître les unions entre personnes de même sexe rencontre une opposition farouche de la part des groupes religieux[34].
Positions des religions
modifierL’ Église catholique s’oppose au mariage entre personnes de même sexe et n’autorise pas ses prêtres à célébrer de tels mariages.
En , le Saint-Siège publie Fiducia supplicans, une déclaration permettant aux prêtres catholiques de bénir les couples qui ne sont pas considérés comme mariés selon l'enseignement de l'Église, y compris la bénédiction des couples de même sexe[35].
Cependant, la Conférence épiscopale d'Angola et de São Tomé exprime sa «perplexité» face à cette déclaration et publie une déclaration selon laquelle : «concernant les bénédictions informelles pour les «couples irréguliers» (de même sexe), bien qu'il s'agisse d'un sacrement différent de la bénédiction liturgique, nous considérons que, dans notre contexte culturel et ecclésial, cela créerait un énorme scandale et une confusion parmi les fidèles, nous avons donc décidé qu'elle ne devrait pas être effectuée en Angola et à São Tomé»[36],[37].
Alors que l'Église anglicane d'Afrique australe discute de la possibilité de bénir les unions de même sexe, les diocèses d'Angola et du Mozambique se divisent pour «former une province anglicane plus conservatrice» en 2021. Connue sous le nom d'Église anglicane du Mozambique et d'Angola, elle n'accorde pas de bénédictions aux unions entre personnes de même sexe[38],[39].
Transidentité
modifierUn mouvement est créé pour la lutte des droits des personnes trans, le Movimento Eu Sou Trans, dirigé par Imanni da Silva qui veut dire : « Je suis Trans »[40].
Imanni da Silva, née en Angola, est considérée comme la première mannequin transgenre du continent africain[41],[42]. Elle témoigne notamment d'attaques transphobes qu'elle a subies tout au long de sa carrière[43],[44].
Notes et références
modifierNotes
modifier- Cet article est partiellement ou en totalité issu de l'article intitulé « Reconnaissance des unions de même sexe en Angola » (voir la liste des auteurs).
- (en) Cet article est partiellement ou en totalité issu de l’article de Wikipédia en anglais intitulé « LGBT rights in Angola » (voir la liste des auteurs).
Références
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Voir aussi
modifierLiens externes
modifier- (en) Asylumlaw.org: Sexual Minorities & HIV Status (Angola)
- (en) Angola travel advice: Local laws and customs, gouvernement britannique