ESCP Business School

grande école de commerce française fondée à Paris en 1820

L'ESCP, historiquement École supérieure de commerce de Paris et également dénommée ESCP Business School, est une grande école de commerce française constituée sous la forme d'un établissement d'enseignement supérieur consulaire (EESC).

ESCP Business School
Logo de l'ESCP depuis 2026.
Histoire
Fondation
Statut
Type
Forme juridique
Société anonyme à capitaux publics
Fondateur
Germain Legret, Amédée Brodart
Président
Philippe Houzé
Directeur
Thomas Jeanjean
Devise
It all starts here
Membre de
Site web
Chiffres-clés
Étudiants
11 000 (2025)[1]
Enseignants
224 (2025)[1]
Budget
216 millions d'euros (2025)[1]
Localisation
Pays
France
Ville
Localisation sur la carte de Paris
voir sur la carte de Paris

Fondée à Paris en 1819, l'ESCP se présente comme la plus ancienne école de commerce au monde encore en activité. L'établissement est implanté sur six campus européens, situés à Paris, Londres, Berlin, Madrid, Turin et Varsovie.

L'établissement dispense des formations en management, économie, finance et sciences sociales en formation initiale et continue. Son cursus historique est le Master in Management, ou « Programme Grande École », accessible notamment après une classe préparatoire aux grandes écoles et conférant le grade de master. Il propose également des bachelors, des masters of science et un MBA. Ces cursus sont organisés entre les différents campus européens de l'établissement et permettent aux étudiants d'effectuer une partie de leur formation dans plusieurs pays.

En France, l'ESCP est traditionnellement considérée, avec HEC Paris et l'ESSEC, comme l'une des trois grandes écoles de commerce communément désignées comme les « Parisiennes ». À l'échelle européenne, l'établissement figure régulièrement parmi les premières écoles de commerce du classement du Financial Times ; il y occupe la quatrième place en 2025.

Histoire

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École supérieure de commerce de Paris

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L'hôtel de Sully, qui accueille l'école parmi ses premières implantations parisiennes.
Le campus de l'École supérieure de commerce de Paris, avenue de la République, au début du XXe siècle.

L'établissement est fondé en 1819 sous le nom de l’École spéciale de commerce et d'industrie[2],[3] par deux négociants, Germain Legret, auparavant employé de l'imprimerie des armées[4], et Amédée Brodart, ancien soldat de Napoléon[5].

Il ne s’agit toutefois pas de la première école de commerce à avoir été créée. Plusieurs tentatives de création d’établissements d’enseignement commercial avaient déjà eu lieu en Europe, notamment à Lisbonne en 1759, à Hambourg en 1768, à Brême en 1778 et à Mulhouse en 1781[6]. L'un des fondateurs de l'école, Germain Legret, avait d'ailleurs ouvert deux autres écoles de commerce à Paris, en 1815 puis en 1818, qui avaient cependant rapidement fermé leurs portes[7]. Les établissements antérieurs ayant par la suite disparu ou changé de statut, l’école fondée en 1819 se présente ainsi comme la plus ancienne école de commerce du monde encore en activité[6].

Les deux fondateurs de l'école s'inspirent du projet de Vital Roux, qui préconise un enseignement pratique du commerce fondé sur la simulation d'opérations commerciales de complexité croissante[8]. Pour développer le nouvel établissement, Vital Roux obtient par ailleurs le soutien de l'économiste Jean-Baptiste Say, figure de l'école libérale française, qui apporte au projet une caution scientifique[9].

Lors de sa première année, l'école accueille 60 élèves, principalement issus de familles de marchands, qui acquittent à l'avance leurs frais de scolarité en or[9]. Son développement s'inscrit dans le contexte de la révolution industrielle et répond notamment à la volonté de la bourgeoisie marchande et bancaire de disposer d'une formation spécifiquement consacrée aux affaires[10]. L'institution s'attache à diffuser, dans la France de l'époque, les principes de l'économie politique et de la liberté commerciale. Les textes fondateurs de l'établissement témoignent également d'une ambition patriotique. L'école se doit, tout comme les autres écoles de commerce créées par la suite en France, d’être un instrument de développement économique du pays contre ses adversaires, d’abord l’Angleterre puis l’Allemagne[11].

À ses débuts, le programme pédagogique de l'établissement comprend un enseignement général en écriture, en langues étrangères, arithmétique et géographie, ainsi que des enseignements spécialisés propres à l'école : tenue des livres, comptabilité, règles et usages du commerce. Des exercices et travaux pratiques dans le musée commercial de l'école sont également proposés aux élèves[12]. Cet enseignement pratique participe ainsi, dès les années 1820, à la formation d'entrepreneurs, en préparant les élèves à la création, à la gestion et au développement d'activités commerciales[13].

Selon la pédagogie imaginée par Vital Roux, les élèves sont progressivement confrontés à des situations concrètes[14]. Après avoir acquis les techniques et les principes élémentaires du monde des affaires, ils sont mis en situation de gérer une maison de commerce comprenant plusieurs boutiques et produits, avant de reproduire ces opérations à l'échelle internationale[15][réf. non conforme]. Les exercices portent notamment sur le négoce, la banque, le crédit et le transport ; ils comprennent également des simulations de séances de bourse et de règlement de litiges devant un tribunal de commerce fictif. Cette approche préfigure la pédagogie fondée sur l'étude de cas, aujourd'hui utilisée dans la plupart des écoles de commerce à travers le monde[9].

L'établissement attire rapidement des étudiants internationaux. À titre d'exemple, la promotion de 1824 comprend 118 élèves, dont 36 étrangers : 7 Espagnols, 2 Havanais, 5 Brésiliens, 5 Hollandais, 4 Allemands, 2 Grecs, 2 Portugais, 2 Américains, 2 Chiliens, 1 Savoyard, 1 Italien, 1 Suédois, 1 Russe et 1 Haïtien[16]. La dimension internationale du cursus se manifeste également par l'organisation de voyages d'études de trois à six mois dans des ports français et étrangers, au cours desquels les élèves visitent notamment des manufactures[9]. Cette ouverture internationale n'est toutefois pas propre à l'établissement, d'autres écoles de commerce et certaines écoles polytechniques européennes accueillent également des étudiants étrangers dès le début du XIXe siècle[17],[18].

L'école cherche par ailleurs à conférer à l'enseignement commercial une légitimité comparable à celle des grandes écoles d'ingénieurs. Les élèves portent ainsi à l'extérieur de l'établissement un uniforme semblable à celui des élèves de l'École polytechnique, dont il se distingue par une bande blanche sur le pantalon. Le droit de sortir en uniforme leur est par la suite retiré par le ministère après la participation de certains élèves à une échauffourée lors d'une sortie à Vincennes[9].

En 1825, les industriels Jean-Baptiste Say et Jean-Antoine Chaptal font partie du conseil de perfectionnement de l'école. En 1830, sur la recommandation de Jean-Baptiste Say, son disciple Adolphe Blanqui, alors professeur d'histoire commerciale et d'économie politique dans l'établissement, reprend l'école. Sous sa direction, celle-ci connaît une période de développement et prend le caractère d'une entreprise familiale, dans laquelle Blanqui engage notamment ses propres fonds[19]. À sa mort en 1854, son adjoint Guillaume-François Gervais, dit Gervais de Caen, lui succède à la tête de l'établissement. Après le décès de ce dernier en 1867, Jeanne Blanqui, fille d'Adolphe Blanqui, hérite de l'école alors qu'elle n'a que 17 ans. Elle n'a alors d'autre choix que de vendre l'établissement, qu'elle cède en 1869 à la Chambre de commerce de Paris. Cette cession met fin à plusieurs décennies de gestion familiale et fait entrer l'école dans le giron consulaire[9].

Après son acquisition par la Chambre de commerce, l'école s'inscrit dans un mouvement plus large de développement de l'enseignement commercial en France. Son modèle essaime en province avec la création d'écoles supérieures de commerce au Havre et à Rouen en 1871, puis à Lyon et Marseille en 1872[9].

L'organisation des enseignements de l'école connaît également plusieurs évolutions. Jusqu’en 1871, le cursus est organisé en « comptoirs », correspondant aux différentes années d’études[20]. Les enseignements se spécialisent par la suite, avec la création d'une section de navigation maritime en 1908, d'une section coloniale en 1913 et d'une section hôtelière en 1916[15][réf. non conforme].

L'École spéciale de commerce et d'industrie de Paris s’établit d'abord dans les locaux de la banque Laffitte, rue de Grenelle-Saint-Honoré, qui l'héberge, avant de s’installer à l’hôtel de Sully. Puis, sous le nom de l'École supérieure de commerce, elle s'implante au 47 rue des Tournelles de 1830 à 1832, puis au 59 boulevard Beaumarchais de 1832 à 1838 et enfin au 102 rue Amelot[21]. Finalement, le , l'école s'installe dans ses nouveaux locaux du 79 avenue de la République, à Paris, inaugurés en présence du président de la République Félix Faure[9]. Ce site, où elle est toujours implantée aujourd'hui, comprend donc des bâtiments datant de la fin du XIXe siècle, ainsi qu'un immeuble plus récent, édifié en 1970 par l'architecte d'origine suisse Léonard Morandi.

En 1970, l'établissement s'ouvre à la mixité[6]. Quatre femmes sont admises au concours, mais seule Joëlle Le Vourc'h choisit de l'intégrer, devenant la première étudiante de l'école et la première femme à intégrer l'une des grandes écoles de commerce parisiennes[22][source insuffisante].

À partir des années 1970, l’École supérieure de commerce de Paris, couramment surnommée « Sup de Co Paris »[23], accorde progressivement une place plus importante à l'entrepreneuriat dans ses enseignements. Des cours spécialisés sont d’abord introduits, puis des mastères spécialisés dans ce domaine sont créés au cours des années 1990[24]. Depuis cette période, l’entrepreneuriat occupe une place croissante dans les formations et les activités de l’établissement[25].

ESCP-EAP puis ESCP Europe

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Le campus de Montparnasse, rue Armand-Moisant à Paris, repris par l'ESCP Europe en 2017.

En 1999, l'ESCP fusionne avec l'École européenne des affaires (EAP), à l'initiative de la Chambre de commerce et d'industrie de Paris (CCIP), dont dépendent alors les deux établissements. Le nouvel ensemble prend le nom d'ESCP-EAP European School of Management. La fusion associe l'implantation historique et les formations de l'ESCP au modèle européen développé par l'EAP depuis les années 1970, fondé sur un cursus transnational et plusieurs implantations en Europe[26]. Elle est officiellement consacrée par un arrêté du 17 juillet 2000, qui réunit les deux établissements au sein de l'« École supérieure de management ESCP-EAP » à compter de l'année universitaire 2000-2001[27].

Créée en 1973, l'EAP avait été conçue selon un modèle de formation européen reposant sur la mobilité des étudiants entre plusieurs implantations. L'établissement développe au cours des années 1970 des sites au Royaume-Uni et en Allemagne : l'implantation britannique, établie à Oxford en 1974, complète le site parisien, tandis que l'implantation allemande, initialement située à Düsseldorf, est transférée à Berlin en 1985. Un quatrième site est ensuite ouvert à Madrid en 1988[28].

Au cours des années 2000, l'ESCP-EAP poursuit le développement de ce modèle multi-campus. En 2004, elle ouvre à Turin sa cinquième implantation européenne[29]. La même période voit le transfert de l'implantation britannique d'Oxford à Londres, où elle s'établit en 2004[30].

Le 9 avril 2009, ESCP-EAP prend le nom d'ESCP Europe[31]. Ce changement de dénomination, intervenu dix ans après la fusion avec l'EAP, vise à affirmer davantage la dimension européenne de l'établissement, alors organisé autour de cinq campus à Paris, Berlin, Londres, Madrid et Turin[31]. Un sixième campus européen est ouvert en Europe centrale, à Varsovie, en 2015[32], dans le cadre d'un partenariat avec la Kozminski University, portant notamment sur la formation et la recherche[33].

En 2015, le lancement du Bachelor in Management marque une diversification des voies de recrutement de l'école au-delà de son cursus historique après classe préparatoire. Cette formation post-baccalauréat en trois ans, à dimension internationale, vise notamment à attirer des étudiants étrangers ainsi que des bacheliers français envisageant de poursuivre leurs études à l'étranger[34].

Le 7 juillet 2016, un rapprochement est engagé entre ESCP Europe et Novancia Business School, deux établissements dépendant de la Chambre de commerce et d'industrie de région Paris - Île-de-France[35]. Sans prendre la forme d'une fusion, cette réorganisation conduit à la disparition progressive de Novancia. Celle-ci permet à l'ESCP Europe de développer son bachelor à Paris et de reprendre le campus de Novancia situé à Montparnasse, dans le 15e arrondissement, d'une superficie d'environ 18 000 m2[36].

L'évolution de l'établissement se poursuit également sur le plan institutionnel. Le , l'ESCP Europe adopte le statut d'établissement d'enseignement supérieur consulaire (EESC), après l'approbation de ses statuts par arrêté ministériel[37]. L'établissement acquiert ainsi une personnalité juridique distincte de la CCI Paris Île-de-France, qui en demeure l'actionnaire majoritaire[38]. Cette évolution s'accompagne de la mise en place d'une gouvernance fédérale associant notamment des représentants de la CCI, de la Fondation, l'association des alumni, les représentants des enseignants et personnels, ainsi que les différents campus européens[6].

ESCP Business School

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En 2019, l'école célèbre le bicentenaire de sa fondation et son entrée dans son troisième siècle d'existence[6]. À cette occasion, l'ESCP Europe adopte en novembre le nom d'ESCP Business School, accompagné d'une nouvelle identité visuelle. L'abandon du terme « Europe », utilisé depuis 2009, recentre la marque sur le nom historique, tandis que l'appellation « Business School » explicite son positionnement à l'international[39].

Au début de la décennie 2020, l'évolution des enseignements est notamment marquée par une place accrue accordée aux enjeux environnementaux[40]. Les problématiques liées au changement climatique, à la transition écologique et aux limites planétaires sont progressivement intégrées aux disciplines traditionnelles du management. La remise en question de certains modèles économiques fondés sur la croissance et la consommation suscite toutefois des tensions au sein de l’établissement[40]. Plus largement, l'intégration de théories critiques de la croissance dans certaines écoles de commerce fait l'objet de controverses sur la nature et la place de ces enseignements[41].

Sous la direction de Léon Laulusa, de 2023 à 2026, l'ESCP Business School poursuit la croissance de ses effectifs et de ses formations[42]. L'établissement engage un programme d'investissements de 300 millions d'euros destiné à rénover et accroître les capacités de ses six campus européens[43]. Cette politique se traduit notamment par le déménagement du campus de Turin dans de nouveaux locaux en 2024 et par la rénovation du campus historique de République à Paris[44],[45]. En prévision de ces travaux, une partie des activités parisiennes est transférée dès la rentrée 2023 vers un campus temporaire situé porte de Champerret, tandis que le site de Montparnasse demeure en activité[45]. Les travaux de République sont officiellement engagés en 2025, pour une réouverture prévue en 2029[46].

Le développement des campus européens s'accompagne en parallèle d'une internationalisation croissante des effectifs[42]. L'importance accordée au recrutement international conduit l'ESCP à intervenir dans les débats relatifs aux conditions d'accueil des étudiants étrangers en France. En décembre 2023, les dirigeants d'ESCP, de HEC Paris et de l'ESSEC s'opposent publiquement à plusieurs dispositions de la loi sur l'immigration, notamment à l'instauration de quotas pluriannuels d'étudiants étrangers et d'une caution de retour. Ils estiment que ces mesures risquent de réduire l'attractivité de l'enseignement supérieur français et sa capacité à attirer des étudiants internationaux[47].

En juin 2025, l'établissement présente son plan stratégique 2026-2030, intitulé « Bold & United ». Celui-ci prévoit une évolution de son organisation académique avec l'objectif affiché de constituer à l'horizon 2030 une « université européenne du management »[48].

Le projet prévoit de regrouper sous la marque ESCP trois écoles : ESCP Business School, qui rassemble les formations historiques en management, l’ESCP School of Technology, dont l’ouverture est prévue en 2027 et qui doit associer management, sciences et technologies, et l’ESCP School of Governance, annoncée pour 2029 et consacrée à la géopolitique, aux affaires publiques et au droit international[42],[49].

En juin 2026, l'établissement précise les premières formations de la future ESCP School of Technology[50]. Celle-ci proposera notamment un bachelor en management, sciences et technologies, organisé successivement sur les campus de Paris, Turin et Londres, ainsi que trois master of science[51].

L'offre de formation de premier cycle continue parallèlement de se diversifier. En juillet 2026, Sciences Po et l'ESCP annoncent la création d'un double bachelor en politique, économie et management, d'une durée de quatre ans et enseigné en anglais, dont l'ouverture est prévue à la rentrée 2027[52].

En juillet 2026, le conseil d'administration annonce la nomination de Thomas Jeanjean à la direction générale de l'ESCP, en remplacement de Léon Laulusa. Professeur de comptabilité et ancien directeur général adjoint de l'ESSEC, Thomas Jeanjean prend la tête de l'établissement au début de la mise en œuvre du plan stratégique 2026-2030[53]. Cette succession intervient alors que se poursuit le programme de transformation des campus européens, notamment la rénovation du site historique de République à Paris[46].

Identité visuelle

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Programmes

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Master in Management (Programme Grande École)

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Le Master in Management (MiM), ou Programme Grande École, constitue la formation historique d'ESCP et confère le grade de master. Il est accessible notamment par concours après une classe préparatoire aux grandes écoles, via la Banque commune d'épreuves (BCE)[54]. Les choix d'affectation des candidats admis sont ensuite organisés par le système SIGEM[55].

Le recrutement s'est progressivement diversifié au-delà de cette voie historique, avec l'admission sur titre d'étudiants ayant suivi un cursus universitaire en France ou à l'étranger[56].

Le cursus impose une mobilité entre plusieurs campus européens de l'école et comprend des périodes de formation académique et d'expérience professionnelle[57].

Les diplômés de ce cursus s'orientent principalement vers les secteurs du conseil, de la finance et des grandes entreprises. L'école fait partie, avec HEC Paris et l'ESSEC, des établissements particulièrement ciblés par les principaux cabinets internationaux de conseil en stratégie. Les cabinets McKinsey & Company, Boston Consulting Group et Bain & Company, généralement désignés comme les « Big Three », recrutent ainsi une part importante de leurs jeunes consultants en France parmi les diplômés de ces trois écoles[58].

Bachelors

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L'ESCP développe à partir de 2015 une offre de formation de premier cycle avec le lancement du Bachelor in Management[59]. D'une durée de trois ans, ce cursus intégralement dispensé en anglais est accessible directement après le baccalauréat, contrairement au Programme Grande École, historiquement accessible après une classe préparatoire[34]. Il est organisé à l'échelle européenne et permet aux étudiants d'effectuer leur formation dans plusieurs pays. Son développement s'inscrit notamment dans une volonté d'attirer des étudiants internationaux ainsi que des bacheliers français envisageant des études à l'étranger[34].

L'offre de premier cycle doit s'élargir à partir de 2027 avec l'ouverture de l'ESCP School of Technology. Celle-ci doit notamment proposer un bachelor en management, sciences et technologies, enseigné en anglais sur trois ans et organisé successivement sur les campus de Paris, Turin et Londres[50].

Un autre cursus de premier cycle doit ouvrir à la rentrée 2027 dans le cadre d'un partenariat avec Sciences Po. D'une durée de quatre ans et enseigné en anglais, le double bachelor en politique, économie et management prévoit deux années sur le campus de Sciences Po à Reims, une troisième année sur le campus londonien de l'ESCP et une quatrième sur l'un de ses autres campus européens[52].

MBA et Executive MBA

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L'ESCP propose un MBA d'une durée d'un an, le programme est organisé dans deux pays et s'adresse à des participants disposant déjà d'une expérience professionnelle[60].

L'établissement propose également un Executive MBA (EMBA), destiné à des cadres plus expérimentés. Organisé à temps partiel, il permet aux participants de poursuivre leur activité professionnelle pendant leur formation et comporte une dimension internationale[61].

Masters of Science

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L'ESCP propose des mastères spécialisés (MS) et des Master of Science (MSc) dans différents domaines du management comme notamment la finance, le marketing, le droit et le management. Destinées à approfondir une spécialisation après une première formation supérieure, certaines de ces formations comportent une dimension internationale et sont organisées sur plusieurs campus européens de l'établissement[62].

En 2026, son Master in Finance est classé premier au monde par le Financial Times[63],[64].

Formation continue

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En 2024, l'ESCP lance l'Extension School, une offre de formation destinée aux professionnels et aux cadres souhaitant compléter ou actualiser leurs compétences[65]. Les premiers programmes portent notamment sur la transformation numérique, l'intelligence artificielle et les enjeux environnementaux[66].

L'offre s'étend en 2026 à l'entrepreneuriat avec un programme développé en partenariat avec « Qui veut être mon associé ? Amplify », plateforme issue de l'émission diffusée sur M6[67].

Les formations, organisées à temps partiel et majoritairement à distance, débouchent sur des certifications et peuvent notamment être financées par le compte personnel de formation (CPF)[65]. Le lancement d'ESCP Extension School s'inscrit dans la stratégie de diversification des activités de l'école. L'établissement cherche alors à toucher des publics qui n'accèdent traditionnellement pas à ses formations et à développer parallèlement de nouvelles sources de revenus[68].

Classements

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L'ESCP figure régulièrement parmi les premières écoles de commerce dans les classements français et européens, dont les résultats varient selon les programmes et les critères retenus.

En France, elle est traditionnellement classée avec HEC Paris et l'ESSEC parmi les trois meilleures écoles de commerce accessibles après classe préparatoire[69],[70]. Ces trois établissements sont communément regroupés sous l'appellation informelle des « Parisiennes »[58],[71],[72]. Le classement SIGEM, fondé sur les choix d'affectation des étudiants issus des classes préparatoires, la place en troisième position[73].

À l'échelle européenne, l'ESCP occupe en 2025 la quatrième place du classement des écoles de commerce du Financial Times, derrière l'INSEAD, HEC Paris et la London Business School[74]. Les différents programmes de l'établissement font également l'objet de classements distincts.

L'importance prise par ces classements dans les écoles de commerce fait toutefois l'objet de critiques portant sur leur méthodologie et sur leurs effets sur les stratégies des établissements. À l'ESCP, comme dans d'autres écoles, leur suivi mobilise des ressources spécifiques et influence notamment les politiques de recherche et de recrutement académique[75].

Organisation

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Depuis 2018, l'ESCP est constituée sous la forme d'un établissement d'enseignement supérieur consulaire (EESC). Son actionnaire principal est la CCI Paris Île-de-France, aux côtés de l'Association des Alumni et de la Fondation ESCP[6]. En tant qu'EESC, l'établissement est une personne morale de droit privé à but non lucratif[76].

Direction

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Budget, frais de scolarité et politique sociale

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L'ESCP dispose d'un budget annuel de 216 millions d'euros en 2025[84].

Son financement repose notamment sur les frais de scolarité acquittés par les étudiants. Leur augmentation depuis les années 2010 intervient dans un contexte de diminution progressive des financements accordés aux grandes écoles par les chambres de commerce et d'industrie (CCI), qui conduit les établissements concernés à accroître leurs ressources propres[72]. Cette forte progression du coût des études suscite des interrogations sur le risque d'exclusion des étudiants issus des catégories sociales les moins favorisées[72].

La part d'étudiants boursiers diffère sensiblement selon les formations de l'ESCP. En 2024, elle s'établit à environ 24 % dans le Programme Grande École, contre 6 % dans le bachelor[68]. Ces écarts s'inscrivent dans un contexte plus général d'inégalités sociales d'accès aux écoles de commerce. Au-delà des frais de scolarité, les étudiants issus de milieux modestes peuvent également être confrontés au coût de la vie étudiante et à des différences de pratiques et de codes sociaux avec les étudiants issus de milieux plus favorisés[85].

Plusieurs dispositifs portant sur les modalités d’admission et l’exonération des frais de scolarité sont mis en place au fil des années. En 2017, l’école crée le concours « Talent Spring », destiné à faciliter l’accès à l’établissement de candidats issus de parcours atypiques ou de milieux défavorisés[86]. L'établissement développe parallèlement des dispositifs d'exonération des frais de scolarité. À compter de 2026, les étudiants boursiers du CROUS issus de classes préparatoires et intégrant le Programme Grande École bénéficient d'une exonération totale pour les échelons 2 à 7, de 50 % à l'échelon 1 et de 20 % à l'échelon 0 bis. Le dispositif prévoit également des aides au logement et un renforcement du mentorat[87].

La diversification des activités de l'école participe au financement de ces dispositifs d'aide. Lors du lancement de l'ESCP Extension School en 2024, l'établissement indique vouloir affecter une partie des revenus générés par cette activité de formation continue au financement de bourses pour les étudiants de ses formations initiales[68].

Fondation ESCP

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La Fondation ESCP est créée en 2005 à l'initiative d'anciens élèves afin de collecter des fonds au profit de l'établissement. Initialement placée sous l'égide de la Fondation de France, elle devient en 2012 une fondation reconnue d'utilité publique[88].

Son développement s'inscrit dans l'essor du mécénat au sein des grandes écoles françaises, qui cherchent à diversifier leurs ressources en sollicitant notamment leurs anciens élèves et les entreprises. En 2018, elle collecte environ 4 millions d'euros par an et prévoit alors de porter ce montant à 8 à 10 millions d'euros annuels dans les cinq années suivantes[89]. Les fonds collectés contribuent notamment au financement de bourses, de projets de recherche et d'innovation pédagogique ainsi que de dispositifs liés à l'entrepreneuriat[90].

En 2025, la Fondation ESCP lance une nouvelle campagne de levée de fonds avec un objectif de 100 millions d'euros à l'horizon 2030, destinée notamment à accompagner le développement académique de l'établissement et ses dispositifs d'aide aux étudiants[91].

Incubateur

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L'ESCP dispose depuis 2009 d'un incubateur, la Blue Factory, destiné à accompagner les projets entrepreneuriaux portés notamment par des étudiants et des diplômés de l'établissement[92]. Initialement développé à Paris, le dispositif est progressivement étendu aux différentes implantations européennes de l'école. En 2025, la Blue Factory est présente sur les campus de Paris, Berlin, Londres, Turin et Madrid[93].

Depuis sa création, la Blue Factory a accompagné plus de 1 200 entrepreneurs. Parmi les anciens de l'incubateur figurent notamment Clément Delangue, cofondateur de Hugging Face, et Alexis Fogel, cofondateur de Dashlane[93].

Campus de Paris.
Campus de Berlin.
Campus de Londres.
Campus de Turin.

L'ESCP dispose de six campus européens situés à Paris, Berlin, Londres, Madrid, Turin et Varsovie, auxquels s'ajoute une implantation à Dubaï[94]. Le réseau actuel résulte à la fois de l'expansion de l'école et de la fusion, en 1999, avec l'École européenne des affaires (EAP), qui avait développé dès les années 1970 un modèle d'enseignement organisé dans plusieurs pays européens[26].

À Paris, l'établissement est installé depuis 1898 au 79 avenue de la République, dans le 11e arrondissement[95]. Son implantation parisienne s'étend en 2017 avec la reprise du campus de Montparnasse de Novancia Business School, à la suite du rapprochement engagé entre les deux établissements[35]. Dans la perspective de la rénovation complète du site de République, une partie des activités est transférée à partir de 2023 vers un campus de 18 000 m2 situé porte de Champerret, dans le 17e arrondissement[45]. Les travaux de rénovation du campus de République sont engagés en 2025 et sa réouverture est prévue en 2029[96].

Les implantations britannique, allemande et espagnole trouvent leur origine dans le modèle européen développé par l'EAP. Au Royaume-Uni, celle-ci ouvre un campus à Oxford en 1974[28]. Après la fusion entre l'ESCP et l'EAP, l'implantation britannique est transférée à Londres en 2004, où elle s'établit à Hampstead[30]. En Allemagne, l'EAP ouvre une implantation à Düsseldorf en 1975. Dix ans plus tard, à l'invitation des autorités de Berlin-Ouest, elle quitte Düsseldorf pour Berlin : la première promotion y est accueillie en septembre 1985[97],[28]. En Espagne, l'EAP s'implante à Madrid en 1988[98].

L'expansion européenne de l'école se poursuit avec l'ouverture d'un cinquième campus, en Italie à Turin en 2004[99]. En octobre 2024, l'établissement quitte les locaux de la faculté d'économie de l'Université de Turin et inaugure dans le centre de la ville un nouveau campus permanent d'environ 8 000 m2 accueillant plus de 1 000 étudiants[44].

Le réseau s'étend à l'Europe centrale en 2015 avec l'ouverture d'un campus à Varsovie, développé en partenariat avec l'Université Kozminski[32]. En dehors de ses six campus européens, l'ESCP ouvre en 2022 une implantation à Dubaï, aux Émirats arabes unis, consacrée principalement à des programmes de formation destinés aux cadres[94]. Cette implantation s'inscrit dans l'attractivité croissante de l'émirat auprès des écoles de commerce françaises, qui y trouvent à la fois un centre économique international et un bassin de recrutement tourné vers le Moyen-Orient, l'Asie et l'Afrique[94].

Au cours des années 2020, l'établissement engage un programme de rénovation et d'extension de ses implantations européennes. En 2024, les investissements prévus représentent 300 millions d'euros, dont 150 millions consacrés à la rénovation du campus parisien et 70 millions à l'acquisition d'un nouveau campus à Madrid[43]. Ces investissements interviennent dans un contexte de croissance des effectifs, qui doivent passer d'environ 10 000 étudiants en 2024 à 12 000 à l'horizon 2030[43].

Partenariats

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Sorbonne Alliance

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Logo de Sorbonne Alliance depuis 2026.

En 2021, l'ESCP s'associe à l'Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne et à l'Université Sorbonne-Nouvelle au sein de Sorbonne Alliance, dont le projet avait été annoncé dès 2017[100].

Cette association vise à développer des coopérations entre les établissements dans les domaines de la formation et de la recherche, notamment en sciences humaines et sociales. Ses statuts sont approuvés par arrêté ministériel en février 2021[101].

Partenariats académiques

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L'ESCP développe en France des partenariats avec des universités et des grandes écoles afin de compléter les formations en management par des cursus dans d'autres disciplines[102].

Dans le cadre de Sorbonne Alliance, l'ESCP développe notamment des coopérations académiques avec l'Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne[100]. Celles-ci se traduisent par plusieurs formations communes, dont un parcours permettant aux étudiants de l'ESCP de suivre une licence de droit à Paris 1 parallèlement à leur cursus en management[103].

L'établissement entretient également des partenariats avec des écoles scientifiques et techniques. Un accord est par exemple conclu avec CentraleSupélec, permettant notamment des échanges d'étudiants et des parcours de double diplôme[102].

Depuis 2020, l'ESCP participe également au programme de double diplôme de l'Académie militaire de Saint-Cyr Coëtquidan. Le dispositif permet à des étudiants de l'ESCP de suivre deux semestres de formation à Saint-Cyr et, réciproquement, à des officiers-élèves d'effectuer une partie de leur cursus à l'ESCP[104],[105].

La coopération avec d'autres établissements concerne aussi les secteurs de la gastronomie et de l'hôtellerie, à travers un partenariat développé avec Ferrandi Paris[106].

Les partenariats s'étendent également aux sciences sociales et politiques. En juillet 2026, Sciences Po et l'ESCP annoncent la création d'un double bachelor en politique, économie et management, d'une durée de quatre ans et enseigné en anglais, dont l'ouverture est prévue à la rentrée 2027[52].

Enfin, certains parcours sont orientés vers la haute fonction publique. En partenariat avec l'Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne et l'École normale supérieure, les étudiants peuvent notamment suivre une préparation aux concours de l'Institut national du service public (INSP), qui a succédé à l'École nationale d'administration (ENA). Cette orientation s'inscrit dans une évolution plus générale observée au cours des années 2020 parmi les grandes écoles de commerce : les diplômés de HEC, de l'ESSEC et d'ESCP sont davantage présents dans la haute administration et les cabinets ministériels[107].

Au-delà de ses campus européens, l'établissement développe également des échanges et des doubles diplômes avec des universités étrangères. Le Monde cite notamment en 2013 le partenariat avec l'université Tongji de Shanghai dans le cadre de cette ouverture internationale[57].

Partenariat avec OpenAI

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En octobre 2024, l'ESCP conclut un partenariat avec OpenAI visant à intégrer l'intelligence artificielle générative dans ses activités d'enseignement et de recherche[108]. L'accord prévoit notamment le déploiement de ChatGPT Edu, version de l'outil destinée à l'enseignement supérieur, auprès des étudiants, enseignants-chercheurs et personnels de l'établissement. Des expérimentations sont également menées sur l'utilisation de l'intelligence artificielle dans les enseignements et la conception de contenus pédagogiques[109].

Relations avec les entreprises

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L'école entretient des relations avec les entreprises par l'intermédiaire de l'Institut pour l'innovation et la compétitivité (IIC)[110] et de chaires d'enseignement et de recherche financées par des partenaires privés, qui bénéficient d'une défiscalisation d'une partie de leurs dons[111]. En 2017, la chaire entrepreneuriat, créée dix ans auparavant, est transformée en Institut Jean-Baptiste Say, consacré à la recherche et à l'expertise en entrepreneuriat[112]. En 2024, l'école crée la chaire Women in Finance, portant sur la sous-représentation des femmes dans le secteur financier[113].

Recherche

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Les activités de recherche de l'ESCP portent principalement sur les sciences de gestion, l'économie et les disciplines associées au management. Elles sont conduites par des enseignants-chercheurs répartis entre les différents campus européens de l'établissement et s'appuient notamment sur des centres de recherche et des instituts thématiques[114].

La politique de recherche s’organise autour de huit centres de recherche et de cinq instituts européens, regroupés sous l’appellation « LIGHTS », consacrés respectivement au leadership et au management inclusif, à l’innovation et à l’entrepreneuriat, à la géopolitique, aux transformations technologiques et à la durabilité[115].

La formation à et par la recherche est proposée avec le doctorat en sciences de gestion, co-accrédité avec l'université Paris 1 Panthéon-Sorbonne[116].

À partir des années 2000, le poids croissant de la recherche dans les accréditations et les classements internationaux conduit les grandes écoles de commerce à renforcer leur corps académique. Dans ce contexte, entre 2005 et 2017, la part d'enseignants étrangers à l'ESCP passe de 36 % à 75 %, tandis que celle des enseignants titulaires d'un doctorat augmente de 75 % à 98 %[75]. Le budget consacré à la recherche progresse de 18 millions d'euros en 2021 à 23,2 millions en 2024. Son financement repose notamment sur des contrats institutionnels ou privés, comprenant des fonds des programmes Horizon Europe et Erasmus+, des contrats allemands, ainsi que des fonds privés britanniques et français[117].

Vie étudiante

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Événements étudiants

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La vie étudiante de l'ESCP s'organise historiquement autour d'un ensemble d'associations, parmi lesquelles le bureau des élèves (BDE), fondé en 1948. Dans les années 1980, les élections de celui-ci donnent lieu à des campagnes particulièrement développées, au cours desquelles plusieurs listes organisent pendant plusieurs jours des animations, spectacles et soirées. Une partie importante des moyens mobilisés provient alors du parrainage d'entreprises, qui utilisent ces campagnes pour se faire connaître auprès des futurs diplômés[118]. L'augmentation des dépenses consacrées à ces campagnes suscite à la fin de la décennie des critiques au sein de l'établissement et conduit la direction à chercher à encadrer certaines pratiques[119].

Certaines manifestations étudiantes prennent par la suite une dimension européenne, en lien avec l'organisation multicampus de l'établissement. La Regatta ESCP réunit ainsi chaque année des étudiants issus des différents campus et des diplômés autour d'une régate organisée par des étudiants de l'école[120].

Au cours des années 2020, les enjeux environnementaux et sociaux prennent une place croissante dans la vie associative. En 2025, l'ESCP compte environ 70 associations étudiantes, dont une vingtaine sont engagées dans des projets liés à la transition écologique ou à l'impact social. Parmi elles figurent notamment le Noise, consacrée aux innovations à impact positif, Fleur de bitume, engagée dans la lutte contre l'exclusion sociale, et Star Trekk', qui organise un trek éco-responsable[121].

Controverses

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À la suite de plusieurs incidents survenus lors du week-end d'intégration de 2017, la direction qualifie certains comportements de « violents et intolérables », et annonce la suppression de la formule traditionnelle du WEI[122]. La direction suspend également les activités de deux associations impliquées dans les débordements : Telescoop, l'association audiovisuelle, et le Quatter, qui gère le bar de l'école. À la rentrée 2018, le week-end d'intégration est remplacé par un séminaire organisé par le BDE avec un encadrement accru de l'administration et précédé d'actions de sensibilisation aux risques liés à l'alcool et au consentement[123].

En janvier 2021, une étudiante est hospitalisée après une soirée d'« intronisation » organisée par l'association d'œnologie Oenocratia, au cours de laquelle une substance produisant des effets similaires au GHB lui est administrée. Elle reste inconsciente pendant près de douze heures et dépose ensuite plainte ; l'enquête interne menée par l'établissement ne permet pas d'identifier l'auteur des faits[124].

L'association étudiante Tribunes ESCP, fondée en 1970 par Jean-Pierre Raffarin lorsqu'il était étudiant à l'ESCP, organise des conférences et des rencontres consacrées notamment au débat politique[125]. En décembre 2021, elle invite Éric Zemmour, alors candidat à l'élection présidentielle de 2022, dans le cadre d'un cycle de rencontres politiques. Sa venue suscite une controverse au sein de l'établissement, plusieurs centaines d'étudiants et diplômés signent une tribune pour s'y opposer[126]. La direction maintient le principe de rencontres avec les différents candidats au nom du pluralisme, mais annonce à la suite de la polémique de nouvelles règles encadrant l'organisation des débats politiques[127]. La venue de Marine Le Pen, également envisagée dans le cadre du cycle de rencontres de l'élection présidentielle de 2022, est par la suite annulée. Cette controverse s'inscrit dans un mouvement plus large de rapprochement engagé par les formations d'extrême droite auprès des étudiants des grandes écoles de commerce françaises, identifiés comme de futures élites économiques[128].

Personnalités liées

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Professeurs-chercheurs

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Le corps professoral d'ESCP est réparti entre les différents campus européens de l'établissement et rassemble des enseignants-chercheurs issus des principales disciplines du management, de l'économie et des sciences sociales.

Parmi les enseignants et chercheurs ayant exercé ou exerçant à l'ESCP figurent notamment l'économiste Jean-Marc Daniel, le philosophe Ghislain Deslandes, les professeurs de stratégie Frédéric Fréry et Isaac Getz, ainsi qu'Andreas Kaplan, spécialiste du numérique et de l'intelligence artificielle. L'école a également compté parmi ses enseignants plusieurs personnalités académiques ou économiques, dont Jean-Baptiste Say, Adolphe Blanqui et Léon Walras.

Étudiants

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L'ESCP dispose d'un réseau de quelque 90 000 anciens élèves[129]. Les diplômés sont regroupés au sein d'ESCP Alumni, l'association des anciens élèves de l'établissement.

Sont notamment passés par les salles de classe de l'ESCP :

Politiques

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Dirigeants d'entreprise

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Personnalités des médias, de l'édition et de la culture

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Créateurs d'entreprise

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Universitaires et chercheurs

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Dirigeants associatifs

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Sportifs

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Notes et références

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  2. Renouard 1920, p. 6. « Ce fut seulement en décembre 1819 que l'établissement, berceau de notre École Supérieure de Commerce, ouvrit ses portes au public : soixante élèves s'y étaient fait inscrire. »
  3. Passant 2020, p. 15. « Parmi toutes ces tentatives pionnières, une seule a finalement subsisté jusqu'à aujourd'hui : l'école qui allait devenir ESCP. Cette dernière a été fondée le 30 octobre 1819 par deux négociants inconnus du grand public: Germain Legret et Amédée Brodart. »
  4. Passant 2020, p. 20. « Il semble avoir travaillé pour l'armée française et avoir été négociant à la fin des années 1790 et au début des années 1800. [...] Il avait été amené à Bruxelles par l'occupation française au sein de laquelle il aurait occupé les fonctions d'employé à l'Imprimerie des armées »
  5. Passant 2020, p. 21. « Après une carrière militaire brisée nette pour infirmité et une carrière administrative également interrompue de manière anticipée pour raisons politiques, il semble qu'Amédée Brodard se soit tourné vers le commerce et, particulièrement, vers le négoce du textile où il aurait fait la connaissance de Germain Legret. »
  6. 1 2 3 4 5 6 Florent Vairet, « L’ESCP Europe : la plus vieille école de commerce fête ses 200 ans », Les Échos, (lire en ligne)
  7. Passant 2020, p. 20. « Avec son collègue belge Van Acker, Germain Legret ouvre une première école : l'Académie de commerce de Paris en 1815. Cette dernière forme de jeunes garçons âgés de 11 ans révolus aux opérations de commerce. Toutefois, cette première école de commerce est éphémère et ferme ses portes, faute de financements, au début de l'année 1818. Ce premier échec ne décourage pas Germain Legret car il ouvre une deuxième école de commerce parisienne dont l'existence semble avoir été encore plus éphémère que la première, puisqu'elle n'est attestée que pour la seule année 1818. »
  8. Exposé de Jean-Pierre Nioche, Professeur, in « Pratique et théorie dans l’enseignement de la gestion ». Intervention à l’école de Paris du management, le 20 mai 1997.
  9. 1 2 3 4 5 6 7 8 9 Adrien de Tricornot, « L’ESCP Europe, l’entreprise faite école », Le Monde, (ISSN 1950-6244, lire en ligne, consulté le )
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  11. Marianne Blanchard, Les écoles supérieures de commerce: sociohistoire d'une entreprise éducative en France, Classiques Garnier, coll. « Histoire des techniques », (ISBN 978-2-8124-3699-4)
  12. « Passant, A.J.-G. (2026). “Business schools and museum learning in historical perspective: Lessons from the forgotten history of commercial school museums”, Business History, Volume 68, Issue 2, pp. 422–463 » (DOI 10.1080/00076791.2025.2510299)
  13. Adrien Jean-Guy Passant, « From bookkeepers to entrepreneurs: a historical perspective on the entrepreneurial diversification of a French business school over 200 years », Management & Organizational History, vol. 19, no 1, , p. 1-33 (ISSN 1744-9359, DOI 10.1080/17449359.2023.2233088, lire en ligne, consulté le )
  14. Passant 2020, p. 25. « Les deux premiers comptoirs prodiguent des cours théoriques alors que le dernier propose, dans le sillage des préconisations de Vital Roux, une pratique simulée des affaires. »
  15. 1 2 Passant 2020.
  16. Renouard 1920, p. 19. « Le reste venait de l'étranger et se dénombrait comme suit : 7 Espagnols, 2 Havanais, 5 Brésiliens, 5 Hollandais, 4 Allemands, 2 Grecs, 2 Portugais, 2 Américains du nord, 2 Chiliens, 1 Savoyard, Italien, 1 Suédois, 1 Russe et 1 Haitien. »
  17. Adrien Jean-Guy Passant, « The early emergence of European commercial education in the nineteenth century: Insights from higher engineering schools », Business History, vol. 61, no 6, , p. 1051-1082 (ISSN 0007-6791, DOI 10.1080/00076791.2018.1448063, lire en ligne, consulté le )
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  19. Passant 2018, p. 65. « It was in this context that in 1830 Adolphe Blanqui (Figure 1), hitherto professor of political economy at the school since 1825, purchased the school with his own funds and took over its management »
  20. Marianne Blanchard, Les Écoles supérieures de commerce : Sociohistoire d'une entreprise éducative en France, Classique Garnier, .
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  115. Hcéres 2026, p. 17. « Instituts de recherche européen, prénommés LIGHTS, pour désigner les thématiques signature de recherche, soit 1/ Leadership and Inclusive Management 2/ Innovation & Entrepreneurship 3/ Geopolitics 4/ Technology Transformation 5/ Sustainability Transformation […] Huit centres développent des collaborations entre campus et des collaborations internationales pour renforcer la rigueur académique et augmenter le nombre de publications de qualité. »
  116. Hcéres 2026, p. 14. « L’école est aussi habilitée à délivrer un doctorat, dans le cadre de l’école doctorale de l’université Paris 1 Panthéon-Sorbonne »
  117. Hcéres 2026, p. 17. « C’est ainsi que le budget de la recherche a progressé de 18 M€ (2021) à 23,2 M€ (2024). Les contrats institutionnels ou privés enregistrés au cours de la période 2021-2024 incluent des fonds Erasmus + (269 k€), des contrats allemands (1 448 k€), des fonds Horizon 2020 (310 k€), des fonds privés du Royaume-Uni (5 k€), et de la France (204 k€). »
  118. « Écoles de commerce : javas électorales », Le Monde, (lire en ligne, consulté le )
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  121. Laura Makary, « À l'ESCP, les associations étudiantes, moteur de la transition écologique », Les Échos, (lire en ligne, consulté le )
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Annexes

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Bibliographie

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  • Alfred Renouard, Histoire de l'École supérieure de commerce de Paris, 1820-1920. 3e édition, (ISBN 978-2-418-02827-2, lire en ligne)
  • Adrien Jean-Guy Passant, À l’origine des écoles de commerce : ESCP Business School, la passion d’entreprendre, Paris, L'Harmattan, (ISBN 978-2-343-18659-7)
  • (en) Adrien Jean-Guy Passant, « Between filial piety and managerial opportunism: the strategic use of the history of a family business after the buyout by non-family purchasers », Entreprises et histoire, vol. 91, no 2, , p. 62-81 (ISSN 1161-2770, DOI 10.3917/eh.091.0062, lire en ligne, consulté le )
  • Hcéres, Rapport d'évaluation de l'ESCP Business School, (lire en ligne)

Liens externes

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