Eau de Seltz

eau gazeuse utilisée pour les cocktails

On appelle couramment eau de Seltz une eau gazeuse faite d'eau pure, chargée d'acide carbonique sous forte pression. Elle est conservée dans une bouteille spécifique, appelée « siphon », généralement métallique, munie d'une valve, qui permet de servir l'eau en jet, grâce à la pression intérieure. L'eau de Seltz est une eau semblable aux eaux gazeuses traditionnelles, mais on en fait un usage particulier pour la réalisation de cocktails (le Spritz, par exemple), auxquels on donne « un coup de siphon ».

Siphon à eau de Seltz.
Appareil de fabrication du XIXe siècle.
Buvette au XIXe siècle.
Siphon à eau de Seltz Sparklets New York Soda Siphon, 1930.
Flacon d’eau de Seltz. Détail (Figure 37) de la page 53 des Leçons élémentaires de chimie (1897), de Bussard et Dubois.

Histoire

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Eau de Seltz contre les incendies

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Extrait de la réglementation des cinémas forains en région parisienne, 1929[1].

Dans l'ordonnance de police du concernant les fêtes foraines en région parisienne, est précisé dans les Dispositions spéciales aux cinématographes[1] :

« Art. 87. — L'opérateur et son aide doivent en outre disposer des moyens nécessaires pour arrêter rapidement un incendie, notamment d'un extincteur de 7 litres, d'un seau d'eau avec éponge et de trois siphons d'eau de Seltz. »

Citation

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« Une nuit que j'étais à me morfondre
Dans quelque pub anglais du cœur de Londres
Parcourant L'Amour monstre de Pauwels
Me vint une vision dans l'eau de Seltz »

 Serge Gainsbourg, Initials B.B.

  • L'eau de Seltz est également évoquée dans le film Deadpool. Al, la vieille aveugle chez qui Deadpool trouve refuge, lui conseille un mélange d'eau de Seltz et de citron pour nettoyer le sang sur les vêtements.

« [...] ils débouchèrent une bouteille et retirèrent un siphon d'eau de Seltz d'une caisse non encore déclouée. »

 Agatha Christie

« [...] Presque sans un mot, mais avec un regard bienveillant il (Sherlock Holmes) m'installa sur un fauteuil, me jeta sa boîte à cigares, et me désigna la cave à spiritueux et une bouteille d'eau de Seltz dans un coin. »

 Sir Arthur Conan Doyle

« [...] si ça continuait, il ne gagnerait pas de quoi payer de l’eau de Seltz à ses invités. »

 Émile Zola

« Donne-moi de l’eau de Seltz » [...]. Elle m’a aspergé la main avec de l’eau de Seltz »

 William Faulkner

afin de soigner Benjy, qui venait de mettre sa main dans le feu qui était devant lui.

  • L'eau de Seltz est évoquée à plusieurs reprises dans Madame Bovary de Gustave Flaubert :

« Sa maison, du haut en bas, est placardée d’inscriptions écrites en anglaise, en ronde, en moulée : « Eaux de Vichy, de Seltz et de Barèges, robs dépuratifs, médecine Raspail, racahout des Arabes, pastilles Darcet, pâte Regnault, bandages ; bains, chocolats de santé, etc. » Et l’enseigne, qui tient toute la largeur de la boutique, porte en lettres d’or : Homais, pharmacien. »

« Les oreilles du pharmacien lui tintèrent à croire qu'il allait tomber d'un coup de sang ; il entrevit des culs-de-basse-fosse, sa famille en pleurs, la pharmacie vendue, tous les bocaux disséminés ; et il fut obligé d'entrer dans un café prendre un verre de rhum avec de l'eau de Seltz, pour se remettre les esprits. »

« – Il faut, disait-il en promenant autour de lui et jusqu’aux extrémités du paysage un regard satisfait, tenir ainsi la bouteille d’aplomb sur la table, et, après que les ficelles sont coupées, pousser le liège à petits coups, doucement, doucement, comme on fait, d’ailleurs, à l’eau de Seltz, dans les restaurants. »

« Alors, par lâcheté, par bêtise, par cet inqualifiable sentiment qui nous entraîne aux actions les plus antipathiques, il se laissa conduire chez Bridoux ; et ils le trouvèrent dans sa petite cour, surveillant trois garçons qui haletaient à tourner la grande roue d’une machine pour faire de l’eau de Seltz… »

- Gustave Flaubert

• L'eau de Seltz est évoquée dans La mort à Venise de Thomas Mann au chapitre V [2]:

« Aschenbach, assis près de la balustrade, trempait parfois ses lèvres dans le rafraîchissant mélange de sirop de grenadine et d'eau de Seltz dont les rubis scintillaient devant lui dans son verre. »

Articles connexes

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Liens externes

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Notes et références

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  1. 1 2 Préfecture de police., Ordonnance concernant les fêtes foraines., 8 juillet 1929, Titre IV Mesures de sécurité., Chapitre III. Théâtres, cirques et autres spectacles. § 3. - Dispositions spéciales aux cinématographes. Art. 87., Supplément au Bulletin municipal officiel de la ville de Paris, 9 août 1929, p.3835, 3e colonne.
  2. Thomas Mann, Félix Bertaux, Charles Sigwalt et Axel Nesme, La mort à Venise suivi de Tristan et Le chemin du cimetière, Librairie générale française, coll. « Le livre de poche », (ISBN 978-2-253-00645-9)