Edmondo Mazzucato
Edmondo Mazzucato, né le à Forlì et mort en à Cervia, est un journaliste et homme politique fasciste italien.
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(à 56 ans) Cervia |
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Journaliste et militant anarchiste-individualiste, il fut interventionniste durant la Première Guerre mondiale et combattit au sein des Arditi. Après guerre, il participa à la fondation du mouvement fasciste puis continua sous le régime sa carrière de journaliste.
Biographie
modifierJeunesse anarchiste
modifierNé à Forlì en 1888 et fils de Luigi et Medea Zoli, le jeune Edmondo Mazzucato s'engage très tôt en politique au sein du mouvement républicain forlì, participant notamment à la grande grève générale de . L'année suivante, à peine âgé de 18 ans, il quitte sa ville natale pour venir s'installer à Milan en quête d'un emploi[1].
Dans la capitale lombarde, Mazzucato trouve d'abord un emploi au service publicité du journal socialiste Il Tempo, puis comme typographe à l'imprimerie Galimberti e Politti, où est imprimé le périodique anarchiste-individualiste Il Grido della Folla, dirigé par Giovanni Gavilli et auquel collaborent Leda Rafanelli et Giuseppe Monnanni[1]. Se décrivant lui même comme frappé « par l’esprit de sacrifice des rédacteurs de ce journal », il se convertit à l’anarchisme, entamant une collaboration avec le journal en utilisant parfois le pseudonyme de Moneddu et proposant également ses écrits à d’autres périodiques libertaires milanais, notamment ceux à orientation individualiste, dont La Protesta Umana[1].

Également engagé dans la propagande sur le terrain, il fut arrêté pour la première fois le , lors d’une manifestation commémorant le « Dimanche rouge » en Russie[1]. Ses démêlés avec la justice se poursuivirent dans le cadre de son service militaire, lorsqu’au début de 1909, il fut condamné à un an de prison (peine réduite par la suite à neuf mois) pour agression d’un supérieur et incarcéré à la prison militaire de Sant’Elmo à Naples.
De retour à la vie civile, il reprit sa collaboration avec Il Grido della Folla, se faisant connaître pour une polémique virulente avec la rédaction La Scuola Moderna, revue bolonaise dirigée par Pietro Gori, Luigi Fabbri et Domenico Zavattero. Déclenchée par une conférence donnée au Teatro d'Arte Moderna de Milan le et se prolongeant pendant plus de trois mois, la polémique vit Mazzucato s'opposer aux objectifs et principes défendus lors de la réunion[1].
Se déclarant opposé aux théories « réformistes » de Francisco Ferrer, Mazzucato estime alors que celles-ci risquent de détourner le mouvement anarchiste de son intransigeance révolutionnaire[1]. Malheureusement pour lui, sa polémique avec La Scuola Moderna trouve peu de soutien parmi les rédacteurs de d'Il Grido della Folla, raison qui le pousse sans doute à cesser sa collaboration le . Entre-temps, il rencontra Benito Mussolini lors du congrès socialiste milanais d', où il fut apparemment frappé par l'esprit révolutionnaire et la véhémence oratoire de celui-ci[1] :
« Nous nous le rappelons dès les journées du congrès socialiste de Milan en 1910, quand avec son éloquence incisive et tranchante il fustigea tout un système d’opprobre, de compromissions obscènes, de renoncements volontaires de la part dite intellectuelle du Parti socialiste. Ce fut une révélation » (Edmondo Mazzucato, Governo di pigmei, L’Ardito)[2]
Le Première Guerre mondiale et la fondation du fascisme
modifierAu déclenchement de la Première Guerre mondiale en Europe, guidé par ses idées mazziniennes, Mazzucato s'engage comme interventionniste aux côtés de Mussolini et part sur le front comme volontaire Arditi[1].Après la guerre, il intégre la section milanaise de l'Association Arditi d'Italie, collabore régulièrement au journal L'Ardito et participe, le , à la fondation du mouvement fasciste piazza San Sepolcro[1]. Par la suite, il fut de ceux qui prirent d'assaut les bureaux du journal l'Avanti ! dont il séquestra le 15 avril 1920, avec Ferruccio Vecchi et Albino Volpi, son directeur Giacinto Menotti Serrati.

Par la suite, il se présenta comme candidat du Blocco delle teste di ferro aux élections générales de novembre. En juillet 1920, il entre au Directoire du Fascio de Milan. Reconnu comme squadriste lors de la Marche sur Rome, il obtient l'écharpe Littorio[3]. Rayé en 1929 de la liste des subversifs, il dirige le Bureau de solidarité squadriste de la Fédération milanaise du Parti National Fasciste (PNF)[3]. Vice-président de la Fédération nationale des Arditi (1926-30), et directeur de l’imprimerie de la Gazzetta dello Sport, il devient un riche industriel[3]. Commissaire préfectoral de Cervia en 1938, il maintient sa charge dans la République Sociale Italienne (RSI)[3]. Désigné parmi les coresponsables du massacre au café Roma du 20 mars 1944 (4 civils tués par les fascistes)[3], il meurt en septembre de la même année[1].
Selon l'historien Alessandro Luparini, Edmondo Mazzucato incarnait parfaitement le fascisme naissant, révolutionnaire et volontariste, thèmes qui transparaitront clairement dans son autobiographie parue en 1934 et intitulée Da anarchico a sansepolcrista. Anteguerra, la guerra, gli arditi dall’armistizio alla marcia su Roma.
Publications
modifier- Da anarchico a sansepolcrista. Anteguerra, la guerra, gli arditi dall’armistizio alla marcia su Roma, Milani, O. Margangoni, 1934 ; rééditions Casa Editrice Le Frecce, 2017 ; 2021.
Notes et références
modifier- 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 Alessandro Luparini, « MAZZUCATO, Edmondo », sur Bibliotec Franco Serantini
- ↑ Alessandro Luparini, Anarchici di Mussolini. Dalla sinistra al fascismo tra rivoluzione e revisionismo, M.I.R., (lire en ligne)
- 1 2 3 4 5 Mimmo Franzinelli, Fascismo anno zero. 1919 : la nascita dei Fasci italiani di combattimento, Mondadori,
Bibliographie
modifier- Alessandro Luparini, Anarchici di Mussolini. Dalla sinistra al fascismo tra rivoluzione e revisionismo, Montespertoli, M.I.R., 2001.
- Mimmo Franzinelli, Squadristi. Protagonisti e tecniche della violenza fascista, 1919-1922, Milano 2003.
- Mimmo Franzinelli, Fascismo anno zero. 1919 : la nascita dei Fasci italiani di combattimento, Mondadori, 2019.