Elaine Mokhtefi

journaliste et écrivaine américaine

Elaine Mokhtefi, née Klein à New York le 10 décembre 1928 et morte dans la même ville le 11 septembre 2026[1], est une militante et autrice américaine naturalisée algérienne.

Elaine Mokhtefi
Biographie
Naissance
Décès
Voir et modifier les données sur Wikidata (à 97 ans)
New YorkVoir et modifier les données sur Wikidata
Nom de naissance
Elaine Klein
Nationalités
algérienne (à partir du )
américaineVoir et modifier les données sur Wikidata
Formation
Wesleyan College (en)Voir et modifier les données sur Wikidata
Activités
Conjoint
Mokhtar Mokhtefi (à partir de )Voir et modifier les données sur Wikidata
Autres informations
A travaillé pour

Biographie

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Origines et jeunesse

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Elaine Klein naît en 1928 à New York (Hempstead)[2] dans la famille Klein, d'origine juive non-pratiquante[3]. Sa famille de commerçants en textile est ruinée par la crise des années 1930 et déménage plusieurs fois[3]. Elle subit durant son enfance le rejet antisémite[4]. En 1945, elle part étudier au Wesleyann College, en Géorgie. Elle est frappée par l'intensité de la ségrégation raciale. Elle retourne à New York en 1946 et travaille comme traductrice au Latin American Institute. C'est également à cette époque qu'elle s'engage au sein des United World Federalists (en) (UWF), qui militent pour un gouvernement mondial. Directrice de la section étudiante dès 1950, elle dénonce le racisme américain et commence à être surveillée par le FBI. L'UWF ramollisant ses positions, elle est exclue[3].

En 1951[2] ou 1952[3], à 23 ans elle arrive à Paris, de New York[2], par bateau, après une traversée de 14 jours[5]. Elle y travaille comme interprète[3].

Engagement militant

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Elaine Mokhtefi est une militante antiraciste et anticoloniale de la première heure[2],[3]. En 1952, elle assiste au cortège du Premier mai à Paris, à l'occasion duquel elle rencontre les militants syndicaux ouvriers algériens (refusés par la CGT cette année-là[3]). Elle participe à la conférence panafricaine des peuples d'Accra, au Ghana, en 1958. Elle y rencontre Frantz Fanon et Mohamed Sahnoun. Elaine Mokhtefi s'engage alors à leurs côtés au sein du FLN[6],[3] et ils déposent des motions en faveur de la Palestine, contre l'apartheid sud-africain et le colonialisme[3]. Elle rejoint Mohamed Sahnoun à New York et s'y établit[6],[3]. En 1960, à son retour à New York, elle travaille pour le bureau local du GPRA et du FLN[7]. Elle fait notamment circuler les films Yasmina et Djazaïrouna, l'objectif de la représentation algérienne étant de populariser sa lutte. Le déséquilibre des forces étant trop grand, le mouvement national algérien espère gagner grâce au soutien international[3]. En 1961, lorsque Fanon est affaibli, pris en charge à l'hôpital à Béthesda, et y meurt, elle le visite régulièrement et soutient sa famille, notamment en prenant en charge son fils de 6 ans, Olivier. À l'indépendance algérienne, en 1962, elle s'installe à Alger et y demeure 12 ans. Elle y travaille dans plusieurs corps de l’État algérien, alors en pleine construction. On la nomme “bouée de sauvetage” car ses compétences linguistiques ont régulièrement aidé des rencontres entre chefs politiques de tous horizons[8],[3]. Après avoir côtoyé de nombreux dirigeants algériens à New-York, elle rencontre des militants anti-impérialistes du monde entier dans un Alger surnommé la « capitale des révolutions » notamment par Amilcar Cabral[3].

En 1969, elle est chargée de l'organisation du premier Festival panafricain d'Alger. Elle s'occupe de l'accueil de membres de mouvements de libération nationale africains (Mozambique, Angola, Afrique du Sud) et de la section internationale des Blacks Panthers. Elle organise notamment l'exil clandestin d'Eldridge Cleaver en Algérie après qu'il a fui les États-Unis, par Cuba. Elle rencontre de nombreuses figures révolutionnaires, anticoloniales et antiracistes, telle que Fidel Castro, Houari Boumédiène, Ahmed Ben Bella, Hô Chi Minh[9]. Elle épouse l'écrivain et ancien membre de l'armée de libération nationale (ALN) Mokhtar Mokhtefi[10] en 1972[3]. Refusant de renseigner les services secrets sur son amie Zohra Sellami, épouse du président déchu Ben Bella[3], elle est contrainte de quitter l'Algérie en 1974[9].

Elle revient en Algérie en 2018, après 44 ans d'interdiction de séjour. En décembre 2025, elle est célébrée par de nombreuses invitations dans évènements publics, et reçoit une standing ovation au Théâtre national algérien. Le jour de son 96e anniversaire, la nationalité algérienne lui est accordée[3].

Carrière et œuvre

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Elaine Mokhtefi publie en 2019 le livre Alger, capitale de la révolution. De Fanon aux Black Panthers en France aux éditions la fabrique[11], l'ayant traduit elle-même de l'anglais compte tenu de son succès aux États-Unis[12]. Constitué de ses mémoires, il avait pour titre original Algiers, Third World Capital - Freedom Fighters, Revolutionaries, Black Panthers (Alger, capitale du tiers-monde - combattants de la liberté, révolutionnaires, Black Panthers)[13].

Elle a été journaliste à l'Algérie Presse Service (APS), couvrant notamment les événements tiers-mondiste[13].

Postérité

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La réalisatrice serbe Mila Turajlić lui consacre un documentaire, en cours de montage fin 2026[3].

Publications

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  • Algiers, Third World Capital - Freedom Fighters, Revolutionaries, Black Panthers, Verso, 2018. (ISBN 978-1-78873000-6)
    • traduction française Alger, capitale de la révolution. De Fanon aux Black Panthers, éditions la fabrique
    • édition algérienne : Alger, capitale de la révolution - De Fanon aux Black Panthers, éditions Barzakh, 2019

Notes et références

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  1. « Elaine Mokhtefi, la voix américaine de la révolution algérienne et de l'émancipation universelle, s'éteint à New York », sur Le Jeune Indépendant, (consulté le )
  2. 1 2 3 4 (en-GB) Ben Ehrenreich, « Algiers, Third World Capital by Elaine Mokhtefi review – Black Panthers, freedom fighters, revolutionaries », The Guardian, (ISSN 0261-3077, lire en ligne, consulté le )
  3. 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 15 16 17 Paul Audinet, « Elaine Mokhtefi une Américaine à Alger », Orient XXI, 16 septembre 2026.
  4. « Les Livres du mois », Le Monde diplomatique, (lire en ligne)
  5. « Elaine Mokhtefi, ambassadrice des luttes », sur Politis, 20190605 15:00 (consulté le )
  6. 1 2 Alice Lefilleul et Alice Lefilleul, « [VIDEO ] Alger capitale de la révolution d'Élaine Mokhefi », sur Africultures, (consulté le )
  7. « De Frantz Fanon aux Black Panthers : Alger, "capitale de la révolution", dans le livre d’Elaine Mokhtefi », sur Outre-mer la 1ère (consulté le )
  8. Elaine Mokhtefi, Alger, capitale de la révolution., Paris, La Fabrique éditions, , 279 p. (ISBN 9782358721868), De 72 à 78
  9. 1 2 Leslibraires.fr, Alger, capitale de la révolution, De Fanon aux ... - Elaine Mokhtefi - La Fabrique (lire en ligne)
  10. « Jeudi 6 juin 2019 à 19h, Elaine Mokhtefi présentera son livre Alger, capitale de la révolution, à la Librairie Libertalia, Montreuil (93) », sur Cahiers d’histoire. Revue d’histoire critique, (consulté le )
  11. « Jeudi 6 juin 2019 à 19h, Elaine Mokhtefi présentera son livre Alger, capitale de la révolution, à la Librairie Libertalia, Montreuil (93) », sur Cahiers d’histoire. Revue d’histoire critique, (consulté le )
  12. Christiane Chaulet Achour, « Elaine Mokhtefi, Karim Amellal : Mémoires d’Alger. La nostalgie peut-elle être constructive ? », sur DIACRITIK, (consulté le )
  13. 1 2 « Révolutionnaires, Black Panthers, mouvements de libération… la vie trépidante d’Elaine Mokhtefi à Alger », sur JeuneAfrique.com, (consulté le )

Liens externes

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