Mokhtar Mokhtefi

moudjahid et écrivain algérien

Mokhtar Mokhtefi (en arabe : مختار مختفي), né en 1935 à Berrouaghia (Algérie française) et mort en 2015 à New York (États-Unis), est un militant nationaliste algérien, membre du Front de libération nationale (FLN) et opérateur radio de l'Armée de libération nationale (ALN) durant la guerre d'Algérie. Il est l'auteur d'un récit autobiographique intitulé J'étais Français-musulman : itinéraire d'un soldat de l'ALN, dans lequel il retrace son parcours de l'enfance sous l'administration coloniale française jusqu'à son engagement dans la lutte pour l'indépendance.

Mokhtar Mokhtefi
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Biographie
Naissance
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Biographie

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Jeunesse et éducation

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Mokhtar Mokhtefi naît en 1935 à Berrouaghia. Son père est boucher. Le 8 mai 1945, il est témoin à la fois des célébrations de la victoire en Europe et des massacres de Sétif, Guelma et Kherrata perpétrés par l'armée française, un événement qui marque profondément sa conscience politique.

Grâce aux encouragements d'un instituteur, il est le seul des six enfants de sa famille à poursuivre des études secondaires. Boursier, il intègre un internat français à Blida, où il est l'un des rares élèves algériens. Durant cette période, son frère Mohamed est emprisonné pour ses activités nationalistes.

Dans ses mémoires, Mokhtefi décrit comment son éducation au sein du système scolaire français provoque en lui un sentiment d'aliénation vis-à-vis de sa famille et de sa culture d'origine, un processus qu'il qualifie de « francisation ». Il se passionne pour la littérature française, notamment pour l'œuvre de Victor Hugo. Toutefois, son expérience en tant que sujet colonisé le pousse à critiquer l'hypocrisie des idéaux français, s'indignant particulièrement du manque de solidarité du mouvement ouvrier en France à l'égard des Algériens. Il se lie néanmoins d'amitié avec plusieurs Français acquis à la cause de l'indépendance, dont Pierre Chaulet et Annette Roger.

Guerre d'indépendance algérienne

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Après le lycée, Mokhtefi travaille comme maître d'internat à Constantine. Lorsque le FLN déclenche la révolution en 1954, il s'engage dans le militantisme étudiant et syndical et participe à des collectes de fonds pour soutenir l'effort de guerre.

Au bout de trois ans de conflit, apprenant que ses activités ont attiré l'attention des autorités coloniales et que plusieurs de ses camarades ont été arrêtés, il prend le train pour Oujda, au Maroc, pour rejoindre l'Armée de libération nationale (ALN). Il y adopte le nom de guerre de « Amara ».

Formé au Maroc et en Tunisie, il sert comme opérateur radio dans le corps des transmissions de l'ALN sous le commandement d'Abdelhafid Boussouf. Pour tester ses émetteurs radio, il utilise notamment le Chant des partisans. Il finit par diriger sa propre unité de communication, ce qui l'amène à entreprendre de périlleuses traversées de la frontière[Laquelle ?], allant jusqu'à franchir la ligne Morice.

Au fil du temps, Mokhtefi se montre de plus en plus désabusé par les dérives qu'il observe au sein de l'ALN. Dénonçant un « climat de peur et de mépris », la corruption et les violences internes injustifiées, il s'oppose ouvertement à certaines décisions de sa hiérarchie. Il refuse par exemple l'ordre d'exécuter deux autres Algériens accusés de trahison, estimant qu'ils étaient innocents.

L'après-guerre et l'exil

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À la fin du conflit, Mokhtefi vote en faveur de l'indépendance de l'Algérie. Il trouve un emploi dans la planification gouvernementale, mais ses idées d'inspiration marxiste (notamment sur la redistribution des terres) suscitent l'incompréhension de ses collègues. Il s'inquiète de la mainmise croissante de l'armée sur le champ politique et désapprouve le coup d'État de 1965 par lequel Houari Boumédiène renverse le premier président du pays, Ahmed Ben Bella. Il critique également la répression de la liberté d'expression, qu'il va jusqu'à comparer au colonialisme français.

En 1972, lors d'un dîner à Alger, il rencontre la militante américaine Elaine Klein, qui deviendra plus tard son épouse. Travaillant alors au sein de l'administration algérienne, Elaine refuse d'espionner l'épouse de l'ancien président Ben Bella, ce qui la contraint à quitter le pays. Mokhtefi choisit de la suivre.

Le couple s'installe à Paris en 1974, où ils créent et vendent des bijoux et des livres pour enfants. Ils se marient en 1991. Après avoir vécu vingt ans en France, où son épouse relate qu'il fut victime de racisme, ils déménagent à New York. Mokhtefi y perfectionne son anglais à l'Université Columbia. Bien qu'exilé, il continue de suivre l'actualité de son pays natal qu'il visite chaque année, meurtri de le voir, selon ses mots, « manipulé et dégradé ».

Décès

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Mokhtar Mokhtefi meurt des suites d'un cancer à New York en 2015. Sa femme Elaine lui dédie un banc dans le Riverside Park[Où ?], un lieu où il aimait s'asseoir. En 2024, elle crée un fonds de dotation à leur nom (Elaine and Mokhtar Mokhtefi Endowment) pour soutenir les étudiants du Center for Near Eastern Studies de l'Université de Californie à Los Ángeles (UCLA).

Vers la fin de sa vie, Mokhtefi entreprend la rédaction de ses mémoires. Celles-ci sont publiées de manière posthume en Algérie en 2015 par les éditions Barzakh sous le titre J'étais Français-musulman : itinéraire d'un soldat de l'ALN. Le titre fait référence à la mention administrative utilisée sous l'époque coloniale pour catégoriser les Algériens sur leurs papiers d'identité.

En 2021, la traduction anglaise réalisée par sa femme est publiée sous le titre I Was a French Muslim (Other Press). L'ouvrage a été largement salué pour sa description sans concession de la guerre d'indépendance, ainsi que pour la profonde désillusion exprimée par l'auteur face aux promesses démocratiques trahies par l'Algérie post-indépendance.

Publications

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  • Mokhtar Mokhtefi, J'étais Français-musulman : itinéraire d'un soldat de l'ALN, Alger, Éditions Barzakh, 2015. (Édition anglaise : I Was a French Muslim: Memories of an Algerian Freedom Fighter, trad. Elaine Mokhtefi, Other Press, 2021).

Voir aussi

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Articles connexes

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  • Guerre d'Algérie
  • Front de libération nationale (Algérie)
  • Armée de libération nationale (Algérie)
  • Elaine Mokhtefi

Notes et références

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Liens externes

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