Elena Poniatowska

journaliste mexicaine

Elena Poniatowska, née le à Paris[1], est une journaliste, écrivaine et militante politique mexicaine d'origine française. Elena Poniatowska, née princesse Hélène Elizabeth Louise Amélie Paula Dolores Poniatowska Amor, est la fille du prince Jean Poniatowski, descendant d'un frère du roi Stanislas II de Pologne et d'une mère mexicaine d'ascendance espagnole et française, Paula (Paulette) Amor de Yturbe. Elle reçoit en 2013 le plus important prix littéraire de la langue espagnole, le prix Cervantes.

Elena Poniatowska
En .
Biographie
Naissance
Voir et modifier les données sur Wikidata (94 ans)
ParisVoir et modifier les données sur Wikidata
Nom de naissance
Hélène Louise Paula PoniatowskiVoir et modifier les données sur Wikidata
Nationalités
Formation
Activités
Période d'activité
Depuis Voir et modifier les données sur Wikidata
Famille
Père
Jean Joseph Évremond Sperry Poniatowski (d)Voir et modifier les données sur Wikidata
Conjoint
Parentèle
Autres informations
Genres artistiques
Site web
Distinctions
Prix Cervantes ()Voir et modifier les données sur Wikidata
Liste détaillée
Premio Nacional de Periodismo de México (d) ()
Docteure honoris causa (, , et )
Bourse Guggenheim ()
Docteure honoris causa de l'université nationale autonome du Mexique ()
Premio Alfaguara de Novela ()
José Fuentes Mares National Prize for Literature (en) ()
Prix national des sciences et des arts ()
Prix Maria Moors Cabot ()
Docteure honoris causa de l'université de Pau et des Pays de l'Adour ()
IWMF Lifetime Achievement Award ()
Prix Rómulo-Gallegos ()
Escritor/a Gallego/a Universal ()
Doctorat honoris causa de l'université Paris-VIII ()
Premio FIL de Literatura en Lenguas Romances (en) ()
Prix Cervantes ()
Docteure honoris causa de l'université complutense de Madrid ()
Carlos Fuentes International Prize for Literary Creation in the Spanish Language (en) ( et )
Chevalier de la Légion d'honneur‎Voir et modifier les données sur Wikidata
Prononciation
Œuvres principales
La noche de Tlatelolco (d)Voir et modifier les données sur Wikidata

En 2022, lors de son quatre-vingt-dixième anniversaire, le gouvernement mexicain organise un hommage national au Palais des Beaux-Arts de la ville de Mexico[2].

Biographie

modifier


Celle qui est surnommée la Princesa Roja est la fille de deux exilés. Sa mère est née en 1913 à Paris d'une famille en exil après la révolution mexicaine contre Porfirio Diaz. À Paris, elle épouse le prince polonais Jean Poniatowski ; de ce mariage naissent deux filles, Hélène (Elena) et Sofia (Kitzia), et un fils, Jean.

En 1941, n'ayant pu trouver la sécurité dans le Sud de la France, Paulette fuit la Seconde Guerre mondiale avec ses filles. Mexicaine par héritage, elle se réfugie dans le pays de sa famille. Le père, qui s'est enrôlé dans l'armée française, participe au débarquement de Normandie et combat jusqu'à la fin de la guerre[3]. Un frère, Jean, naît en 1947. C'est la nounou Magdalena Castillo qui s'occupe des filles et leur enseigne l'espagnol. En 1949, Elena est envoyée dans un pensionnat religieux aux États-Unis jusqu'en 1952. Les religieuses ne lui enseignent pas la réalité du monde et le Mexique lui reste un pays inconnu. Le père d'Elena fonde les laboratoires Linsa où elle travaille comme secrétaire pendant une courte période. À la faillite du laboratoire, le père d'Elena ouvre un restaurant, entreprise qui échoue également.

Après avoir eu l'intention d'épouser un prince européen, Elena décide de devenir journaliste. En 1953, elle travaille à l'Excelsior. Elle se lance dans l'interview des grands artistes mexicains dont elle ne connait rien. L'année suivante, elle entre à Nouvelles. En 1954, elle publie son premier roman, Lilus Kikus. En 1955, elle donne naissance à son premier enfant, Emmanuel.

En 1965, elle visite la Pologne avec sa mère ; son enfant reste en Suisse. Elle réalise une série de chroniques qui s'inspirent de la justice et de l'absurdité de la vie. Sa relation avec l'artiste socialiste Alberto Beltrán renforce sa façon de penser et de ressentir, Elena s'engage alors pour le Mexique[4].

Sur un toit de la rue Revillagigedo à Mexico, Elena Poniatowska est séduite par la sagesse d'une blanchisseuse qui parle haut et fort, Josefina Bórquez. D'un long entretien naît le roman Hasta no verte, Jesús mío, qui remporte le prix de littérature de Mazatlán.

En 1968, elle épouse l'astrophysicien mexicain Guillermo Haro (décédé en 1984) dont elle fait la connaissance en 1959 en l'interviewant. Ensemble, ils ont deux enfants, Felipe et Paula. Elle obtient la nationalité mexicaine et rédige un rapport sur la tragédie de Tlatelolco et effectue un entretien avec Oriana Fallaci, alors blessée. Cette chronique, La noche de Tlatelolco. Testimonios de historia oral, qui lui vaut un emprisonnement et des menaces, n'est publiée qu'en 1971[5].

En 1979, elle reçoit le prix national de Journalisme[6].

Le , pour célébrer ses 90 ans, le gouvernement mexicain organise un hommage national au théâtre du Palais des Beaux-Arts de Mexico avec la participation des artistes, militants et journalistes qui font des lectures de ses ouvrages[2],[7].

Engagement politique

modifier

Émigrée au Mexique en 1942 à l'âge de dix ans, Elena Poniatowska est la première femme à recevoir le prix national du Journalisme en 1979.

Dans les mois précédant les élections présidentielles mexicaines de 2006, Elena Poniatowska apporte son soutien au candidat du Parti de la révolution démocratique, Andrés Manuel López Obrador. En , elle apparaît dans une série de spots télévisés pour dénoncer les pratiques « calomnieuses »[8] des deux autres principaux partis, le Parti action nationale et le Parti révolutionnaire institutionnel. Selon elle, ceux-ci cherchent à compromettre López Obrador en rapprochant sa politique de celle, gauchiste, du président vénézuélien Hugo Chávez, et l'accusent de nuire à l'économie du pays.

Cet engagement provoque de vives réactions de la part des partisans des partis conservateurs mais Elena Poniatowska reçoit également l'appui d'un certain nombre d'intellectuels étrangers qui publient une brochure en sa faveur. Vingt-quatre personnalités internationales signent le document : le Prix Nobel de littérature 1998 José Saramago, Nélida Piñon, Rubem Fonseca, Rosa Montero, Juan Goytisolo, Fernando Savater, Helena Araújo, Laura Restrepo, Álvaro Mutis, Diamela Eltit, Gonzalo Rojas, Antonio Skármeta, Tomás Eloy Martínez, Gioconda Belli, Ernesto Cardenal, Sergio Ramírez, Eduardo Galeano, Doris Sommer, Beatriz Pastor, Alfredo Bryce Echenique, Julio Ortega, Mirko Lauer, Rosario Ferré et Edmundo Paz Soldán.

En , Elena Poniatowska et plusieurs intellectuels condamnent dans un pamphlet les attaques israéliennes au Liban. Ce qui leur vaut des reproches de la part de l'ambassadeur d'Israël au Mexique, accusant le pays d'appuyer le terrorisme.

En , à Xalapa, dans l'État de Veracruz, Elena Poniatowska soutient une journée de solidarité artistique et culturelle intitulée « Va por Las Patronas » (Allez avec Les Patronnes). C'est un appel aux dons en faveur d'un groupe de femmes mexicaines bénévoles qui nourrissent les migrants au passage d'un train vers les États-Unis[9].

Œuvre littéraire

modifier
H. Poniatowska signant un ouvrage sur Mariana Yampolsky au Musée des arts populaires (MAP, Mexico), 2012.

Elena Poniatowska pratique des investigations, des entretiens et des portraits en mélangeant légèreté et sérieux. Ses ouvrages les plus connus sont les récits du massacre des étudiants à Mexico en 1968 (La noche de Tlatelolco) et du tremblement de terre de 1985 (Nada, nadie : Las voces del temblor)[10].

Publié au Mexique en 1954, Lilus Kikus est son premier ouvrage de fiction. Ces petites histoires sont illustrées par Leonora Carrington et mettent en scène Lilus, une fillette rêveuse et anticonformiste, qui incarne le passage de l’enfance à l’adolescence dans le Mexique des années 1950. Le roman est en partie autobiographique.

Elle retrace la vie d'artistes comme le peintre mexicain Diego Rivera dans Cher Diego, Quiela t’embrasse (1978) d'après des "lettres" de sa première épouse Angelina Beloff, ou la carrière de la photographe Tina Modotti, Tiníssima (1992). Son dernier ouvrage retrace la vie de l’artiste peintre Leonora Carrington, compagne de Max Ernst, installée à Mexico en 1939 (et morte le ). L'auteur évoque l’atmosphère d'une aristocratie intellectuelle cosmopolite et avant-gardiste de l’internationale artistique et surréaliste des années 1940. C'est aussi un milieu bien connu d'Helena Poniatowska. La fiction occupe une place importante dans son œuvre, sous forme de nouvelles ou de romans mais elle s'intéresse surtout à des épisodes historiques tourmentés.

Elle reçoit en 2013 le plus important prix littéraire de la langue espagnole, le prix Cervantes.

Publications

modifier

Traductions

modifier

Principales traductions en français, anglais et allemand des livres d'Elena Poniatowska. Pour les livres possédant plusieurs éditions, une seule est donnée.

En français

modifier

En anglais

modifier

En allemand

modifier

Au cinéma

modifier

Elena Poniatowska a participé au scénario d'un court métrage dramatique, La Muchacha (1990, de Dorotea Guerra), et à l'adaptation de son roman De noche vienes pour De noche vienes, Esmeralda (1997, de Jaime Humberto Hermosillo).

Prix et distinctions (liste sélective)

modifier

Elena Poniatowska a remporté de nombreux prix, dont certains prestigieux.

Notes et références

modifier
  1. Archives en ligne de Paris, 16e arrondissement, tables décennales des naissances 1923-1932, cote V11E 542, vue 2/21
  2. 1 2 (es) Mónica Mateos, « Vítores colman Bellas Artes en homenaje a Elena Poniatowska » Accès libre, sur Journal La Jornada, (consulté le )
  3. Elena Poniatowska, un clásico de la literatura mexicana ampliamente premiada : Biblioteca Breve (biografía), EFE News Service (Madrid), février 2011.
  4. Escritoras.com, literatura escrita por mujeres, Elena Poniatowska.
  5. Entretien à Lyon, mars 2009, avec Elena Poniatowska
  6. Coonrod Martínez, Elizabeth, février 2012, Avant-Garde Mexican Women Artists: Groundbreakers Get Long Overdue Tribute. The Hispanic Outlook in Higher Education 12 (10): 20.
  7. (es) Sandra Meneses Morales, « Elena Poniatowska recibe homenaje en Bellas Artes: “Todos ustedes son mis nietos” » Accès libre, sur Journal Milenio, (consulté le )
  8. (en) Dépêche El Universal
  9. (es) Sandra García, « "Las patronas": el grupo de mujeres que brinda ayuda humanitaria a migrantes », sur Mente Mujer, (consulté le )
  10. Le Monde 30 sept. 2012.
  11. « Diplôme de Docteur Honoris Causa », sur organisation.univ-pau.fr, (consulté le )

Annexes

modifier

Bibliographie

modifier
  • Benmiloud Karim et Lara-Alengrin Alba, 2014 - Tres escritoras mexicanas : Elena Poniatowska, Ana Garcia Bergua, Cristina Rivera Garza. Rennes, Presses Universitaires de Rennes.
  • Jörgensen Beth Ellen, 1994 - The Writing of Elena Poniatowska: Engaging Dialogues. Austin, Texas, University of Texas Press, (The Texas Pan American Series) (ISBN 0-292-74033-6)
  • Plavčak Barbara, 1997 - Die Annäherung an die Wirklichkeit in der Testimonialliteratur: Zu Elena Poniatowskas „Hasta no verte Jesús mío“ und „La noche de Tlatelolco“, unveröff. Mag.arb., Univ. Graz
  • Jorgensen B.E., 1994 - The writing of Elena Poniatowska: engaging dialogues. University of Texas Press, Austin
  • Bird L.C., 2000 - Elena Poniatowska and the literary collage. New York, P. Lang
  • Pino-Ojeda Walescka, 2000 - Sobre castas y puentes: Conversaciones con Elena Poniatowska, Rosario Ferré y Diamela Eltit. Providencia, Santiago, Ed. Cuarto Propio (Serie Ensayo). (ISBN 956-260208-7)
  • Ballmaier Priska M., 2001 - Von der Möglichkeit, ich zu sagen: Versionen weiblicher Lebensentwürfe im Werk mexikanischer Autorinnen. Hamburg, Verlag Dr. Kovač (Schriftenreihe Feminat; 10). (ISBN 3-8300-0371-4)
  • Medeiros-Lichem María Teresa, 2002 - Reading the Feminine Voice in Latin American Women's Fiction: from Teresa de la Parra to Elena Poniatowska and Luisa Valenzuela. New York, Lang, (Latin America 2). (ISBN 0-8204-5665-9)
  • Schuessler M.K., 2003 - Elenísima : ingenio y figura de Elena Poniatowska. México, Editorial Diana
  • Perilli C., 2006 - Catálogo de ángeles mexicanos : Elena Poniatowska. Rosario, Beatriz Viterbo Editora
  • CNL, article "Elena PONIATOWSKA"

Articles connexes

modifier

Liens externes

modifier

Sur les autres projets Wikimedia :