Éleuthère Irénée du Pont de Nemours

chimiste français

Éleuthère Irénée du Pont de Nemours, né Éleuthère Irénée du Pont à Paris le et mort à Philadelphie (Pennsylvanie) le , est un chimiste et industriel français, naturalisé américain après son départ de France. Il étudie la fabrication de la poudre à canon avec Lavoisier.

Éleuthère Irénée du Pont de Nemours
Biographie
Naissance
Décès
Sépulture
Cimetière Du Pont de Nemours (d)Voir et modifier les données sur Wikidata
Nom de naissance
Éleuthère Irénée du Pont de NemoursVoir et modifier les données sur Wikidata
Nationalité
Activités
Famille
Père
Mère
Nicole Le Dée de Rencourt (d)Voir et modifier les données sur Wikidata
Fratrie
Conjoint
Sophie Madeline Dalmas du Pont (d)Voir et modifier les données sur Wikidata
Enfants
Victorine du Pont Bauduy (en)
Alfred V. Du Pont
Eleuthera du Pont Smith (d)
Sophie Madeleine du Pont (d)
Henry du Pont (en)
Alexis Irénée Du Pont (en)Voir et modifier les données sur Wikidata
signature d'Éleuthère Irénée du Pont de Nemours
Signature.

Il se distingue notamment pendant la Révolution française lorsque, pendant la journée du 10 août 1792, il défend Louis XVI et Marie-Antoinette avec son père Pierre Samuel du Pont de Nemours contre la foule insurgée. Après avoir frôlé l'exécution pendant la Terreur, ils quittent la France pour les États-Unis en . Il y fonde l’entreprise DuPont, aujourd’hui un très grand groupe de chimie.

Biographie

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Période révolutionnaire

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Il fonde une imprimerie[1] et le , Pierre Didot est chargé par l’Assemblée nationale législative de lui confier le contrat d'impression des assignats. En , il fonde le périodique Le Républicain universel, qui deviendra Le Républicain français. En , il travaille pour Lavoisier et son Académie des sciences[2].

Éleuthère Irénée du Pont (1771–1834) et Antoine Laurent de Lavoisier (1743–1794) travaillant en laboratoire.

Après le coup d'État du 9 thermidor an II, il devient l’associé d’Étienne Mejan, dans la rédaction de L’Historien[3].

Période américaine

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Son père, Pierre Samuel du Pont de Nemours, crée une compagnie pour acheter une énorme concession territoriale dans l’ouest de la Virginie et le Kentucky, du même type que celle d’Asylum, colonie agricole fondée en dans l’est de la Pennsylvanie par des réfugiés français de Saint-Domingue en Amérique. Ils s'adressent à des investisseurs parisiens, mais n'arrivent à en vendre qu’un dixième[4], car les prix sont plus élevés que promis. Il arrive début à Rhode Island, avec son frère Victor Marie du Pont, son père et dix autres associés de la compagnie. Ils s’installeront finalement à Wilmington, dans le Delaware, avec leur ami le colonel Toussard.

Du Pont de Nemours and Company

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Parti chasser avec le colonel Toussard, il découvre que la poudre est de très mauvaise qualité, ce qui lui donne l'idée d’en produire. Il repart à Paris acheter une machine pour en fabriquer et fonde le la maison de commerce Du Pont de Nemours, Père et Fils et Cie avec des bureaux à New York, et douze actions de 2 000 dollars chacune, qui est en fait une poudrerie près de Wilmington (Delaware), et plus tard au capital de 36 000 dollars répartis en dix-huit parts, à l'origine de la firme E.I. du Pont de Nemours and Company, aujourd'hui DuPont.

L'entreprise est cofondée par un des réfugiés français de Saint-Domingue en Amérique, Pierre de Bauduy de Bellevue (1769-1833)[5] sur sa propriété d’Eden Park à Wilmington, rachetée au financier Robert Morris. Bauduy est un ami proche de son frère Victor Marie du Pont, installé aussi à Wilmington, comme trente à quarante familles françaises, dont celle d’Alexandre de Bauduy de Bellevue, capitaine de l’armée française, qui combat avec les Anglais la révolte de Toussaint Louverture.

En attendant, la société commence à élever des moutons de laine mérinos aux États-Unis. Le bélier espagnol importé en a servi alors pour féconder des brebis[6] et la laine cultivée à Wilmington s’est améliorée[6].

Fin , lors des préparatifs de l'expédition de Saint-Domingue lancée en , la société s’organise pour fournir les troupes françaises, mais le consul de France à Washington, Louis-André Pichon lui demande que les actifs soient transférés à la branche française, détenue par le père à Paris[7], et dont la filiale américaine est dissoute. Mais une nouvelle société est créée par son frère Victor du Pont de Nemours, émigré aux États-Unis, qui est un ami proche de Pierre de Bauduy de Bellevue. Pour sécuriser ce gros contrat, ils comptent alors sur le frère de Pierre de Bauduy, Alexandre de Bauduy de Bellevue, capitaine dans l’armée de Charles Victoire Emmanuel Leclerc, après avoir combattu en aux côtés des Anglais contre Toussaint Louverture[5]. Le contrat d'approvisionnement de l'armée française en vêtements de laine pour 100 000 dollars, alors qu'il était d'abord question de 25 000 dollars, fait état de commissions versées à un certain «Livingston» à hauteur de 50 000 dollars[7]. Le contrat sera finalement conclu avec les fils, mais Bonaparte, furieux de l’échec, ne paiera pas la dette[8], obligeant Éleuthère Irénée à effectuer plusieurs années de poursuites judiciaires contre la France pour tenter d'obtenir une régularisation[9], la vente de la Louisiane ayant apporté soixante millions de francs.

En , il visite plusieurs sites sans succès et tente de racheter le moulin à poudre de William Lane et Stephen Decatur, à Frankford, en Pennsylvanie, mais essuie un refus. Dans une lettre du , il se plaint qu’Alexandre et Pierre de Bauduy aient été absents lorsqu’il leur a rendu visite à Wilmington, car ils sont partis à Saint-Domingue.

Au même moment, le président américain Thomas Jefferson charge son père de prendre en main les négociations sur la vente de la Louisiane et ce dernier repart à Paris.

Les négociations se poursuivent pour acheter des terres le long de la rivière Brandywine, à quelques kilomètres de Wilmington, à un propriétaire d’une usine de coton, qui en demande plus cher que prévu. Le , l’opération est conclue par le biais de Guillaume François de Hamon, Marquis de Vanjoueux (-), qui a épousé une des sœurs de Pierre de Bauduy de Bellevue.

Le , Guillaume François de Hamon et Éleuthère Irénée du Pont de Nemours échangent des courriers sur l’entreprise qu'ils vont fonder: le contrat signé court sur une durée de dix ans que Pierre de Bauduy pourra réduire à cinq, avec droit de préemption sur les autres actions et la possibilité de se rendre à Saint-Domingue, où il se trouve, tous les ans pendant les cinq premiers mois de l'année[4].

Le , Guillaume François de Hamon et Éleuthère Irénée du Pont de Nemours signent un accord sur la constitution et la gestion de la société, qu’ils vont partager pendant treize ans au fil de relations tumultueuses. En , Pierre de Bauduy de Bellevue rachète deux des dix-huit actions de la société, alors que l'expédition de Saint-Domingue est confrontée à une épidémie de fièvre jaune. Charles Victoire Emmanuel Leclerc y succombe ainsi le .

Le , il devient correspondant étranger de la Société d’Agriculture et des Arts du département de Seine-et-Oise. En , il s’adresse au nouveau président américain Thomas Jefferson pour demander des contrats de l’armée américaine, car l’expédition de Saint-Domingue est en cours d'anéantissement: le , près du Cap-Français, les Français sont vaincus à la bataille de Vertières par le général insurgé Jean-Jacques Dessalines.

Le , il se fait naturaliser américain[2].

Les premières ventes de poudre n’ont lieu que le . Thomas Jefferson lui confirme dans une lettre datée du de la même année que l’armée et la marine américaine utiliseront sa poudre. Un brevet sur la machine est déposé le . Quelques jours après et en , il visite une usine pour trouver un lieu où installer la production.

Plusieurs lettres font état du «rafraîchissement» des relations entre les associés[10]. De Bauduy se retire de la société en , vend ses parts le à Éleuthère Irénée et part fonder une sucrerie à Cuba, dans la province de Matanzas.

Éleuthère Irénée du Pont de Nemours a aussi été l’un des directeurs, début , de la Banque territoriale, qui prêtait aux colons se lançant vers l’Ouest, en échange d’hypothèques sur leurs terres[9]. Cette dernière fit toutefois faillite rapidement car les émissions d’obligations qu’elle réalisait furent jugées illégales[8].

Descendance et influence

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Éleuthère Irénée du Pont de Nemours est à l'origine d’une grande famille protestante américaine dont on compte sept-cent-cinq descendants directs en , et plus de deux mille en  : la famille du Pont de Nemours.

Cette famille a tout au cours des XIXe et XXe siècles une influence considérable sur la vie politique américaine.

A sa mort, c’est son fils Alfred Victor du Pont qui lui succède.

Notes et références

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  1. ↑ « Pierre-Samuel Dupont de Nemours (1739-1817) - Auteur - Ressources de la Bibliothèque nationale de France », sur data.bnf.fr (consulté le ).
  2. 1 2 (en) http://www.hagley.lib.de.us/library/collections/historicalref/articles/chronologyeidupont.pdf (dead link)
  3. ↑ Pierre Louis Pascal de Jullian, Galerie historique des contemporaines, vol. 7, , 2e éd. (lire en ligne)
  4. 1 2 (en) Dorothy Garesche Holland, The Garesche, De Bauduy, Ano des Chapelles families : De Launay History Ano Genealogy, St. Louis (MO), Compte d'auteur (édition) Schneider Printing (impression), , 166 p. (lire en ligne Accès libre [PDF]), p. 28
  5. 1 2 (en) Dorothy Garesche Holland, The Garesche, De Bauduy, Ano des Chapelles families : De Launay History Ano Genealogy, St. Louis (MO), Compte d'auteur (édition) Schneider Printing (impression), , 166 p. (lire en ligne Accès libre [PDF])
  6. 1 2 (en) John Leander Bishop, Edwin Troxell Freedley, Edward Young, A history of American manufactures from 1608 to 1860 comprising annals, E. Young, 1868, [lire en ligne], p. 87
  7. 1 2 (en) Dorothy Garesche Holland, The Garesche, De Bauduy, Ano des Chapelles families : De Launay History Ano Genealogy, St. Louis (MO), Compte d'auteur (édition) Schneider Printing (impression), , 166 p. (lire en ligne Accès libre [PDF]), p. 30
  8. 1 2 (en) James J. McLain, Economic Writings of Du Pont De Nemours, University of Delaware Press, 1977, 244 pages, [lire en ligne], p. 47
  9. 1 2 (en) James J. McLain, The economic writings of Du Pont de Nemours, p. 48
  10. ↑ (en) http://www.hagley.lib.de.us/library/collections/manuscripts/findingaids/acclong5eidupontnemoursrec.html (dead link)

Voir aussi

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Bibliographie et ressources

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  • Pierre Louis Pascal de Jullian, Galerie historique des contemporaines, vol. 7, Brussels, Aug. Wahlen et Cie Imprimeurs-Libraires, , 462 p. (lire en ligne), p. 45.
  • (en) John Leander Bishop, Edwin Troxell Freedley et Edward Young, A history of American manufactures from 1608 to 1860...., Philadelphie (PA), Edward Young & Co., , 654 p. (lire en ligne), p. 87.
  • (en) Dorothy Garesche Holland, The Garesche, De Bauduy, Ano des Chapelles families : De Launay History Ano Genealogy, St. Louis (MO), Compte d'auteur (édition) Schneider Printing (impression), , 166 p. (lire en ligne Accès libre [PDF]).
  • (en) James J. McLain, Economic Writings of Du Pont De Nemours, Newark (DE), University of Delaware Press, , 244 p. (ISBN 978-0874131147, lire en ligne), p. 47.

Articles connexes

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Liens externes

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