Emmanuelle de Dampierre

épouse du prétendant légitimiste au trône de France de 1941 à 1975 Jacques-Henri de Bourbon

Emmanuelle de Dampierre[1] (en italien : Emanuela di Dampierre et en espagnol : Emanuela de Dampierre y Ruspoli), par son mariage duchesse de Ségovie[N 1] et duchesse d'Anjou, est née le au palais Ruspoli, à Rome en Italie, et morte dans la même ville, au palais Massimo alle Colonne, le [2],[3],[4]. Épouse du prince Jacques-Henri de Bourbon, duc de Ségovie[N 1],[5] et d'Anjou puis prétendant légitimiste au trône de France et prétendant alphonsiste et carliste au trône d'Espagne, elle est une figure du mouvement légitimiste français ainsi qu'une personnalité du gotha.

Emmanuelle de Dampierre
Description de cette image, également commentée ci-après
Emmanuelle de Dampierre dans les années 1940.

Titres

Épouse du prétendant légitimiste
aux trônes de France et de Navarre

(en droit canon)


(34 ans et 20 jours)

Prédécesseur Victoire-Eugénie de Battenberg
Successeur Carmen Martínez-Bordiú y Franco

Épouse de l'héritier du trône de France
(succession légitimiste)


(2 ans, 5 mois et 22 jours)

Prédécesseur Édelmire Sampedro
Successeur Carmen Martínez-Bordiú y Franco

Épouse du prétendant carliste
au trône d'Espagne

(en droit espagnol)


(28 ans, 4 mois et 21 jours)

Prédécesseur Victoire-Eugénie de Battenberg
Successeur Succession non revendiquée
Biographie
Titulature Duchesse d'Anjou (1946-2012)
Duchesse de Ségovie (1935-2012)
Dauphine de France (1938-1941)
Dynastie Maison de Dampierre
Maison de Bourbon
Distinctions Dame de la Croix-Rouge
Dame de la société royale d'équitation de Séville
Dame de l'ordre de la reine Marie-Louise
Nom de naissance Vittoria Jeanne Emmanuelle Joséphine Pierre-Marie de Dampierre
Naissance
Rome (Italie)
Décès (à 98 ans)
Rome (Italie)
Sépulture Cimetière de Passy à Paris
Père Roger de Dampierre
Mère Vittoria Ruspoli
Conjoints Jacques-Henri de Bourbon
(1935-1947)
civilement :
Antonio Sozzani (1949-2007)
Enfants Alphonse de Bourbon
duc d'Anjou et de Cadix
Gonzalve de Bourbon
duc d'Aquitaine
Religion catholicisme romain

Signature

Signature de Emmanuelle de Dampierre
Description de cette image, également commentée ci-après

Elle grandit dans une famille de la noblesse française  son père avait hérité du titre de duc de San Lorenzo Nuovo en 1906  et épouse, en 1935, l’infant Jacques-Henri, duc de Ségovie, fils de l'ex-roi Alphonse XIII et de l'ex-reine Victoire-Eugénie. En tant que duchesse de Ségovie, avec son mari et ses fils Alphonse et Gonzalve, elle personnifie la jeune génération de la monarchie espagnole en exil. Emmanuelle assume néanmoins une place « en retrait » dans la famille royale, étant considérée par son beau-père le roi déchu comme épouse morganatique.

En 1941, son mari devient le chef de la Maison de Bourbon, et assume en 1946 sa prétention au trône de France avec le titre de duc d’Anjou. Pendant la Seconde Guerre mondiale, le couple princier se sépare, Jacques-Henri et leurs deux fils se réfugiant en Suisse, tandis qu’Emmanuelle reste à Rome, étant infirmière de la Croix-Rouge. La famille se retrouve finalement en Suisse en 1943, après l'armistice de Cassibile. Après la guerre, le couple se sépare définitivement et fait annuler civilement[N 2] son mariage par un tribunal civil roumain.

Remariée en Italie, Emmanuelle demeure l’épouse légitime de Jacques-Henri pour l’Église catholique et le régime franquiste. En 1971, lorsque son fils aîné Alphonse se retrouve fiancé à Carmen Martínez-Bordiú, petite-fille de Franco, Emmanuelle se retrouve sur le devant de la scène médiatique.

Devenue veuve à 61 ans, elle est considérée par une partie des monarchistes français comme la « reine mère »[N 2] et continue à s’investir dans le légitimisme renaissant, notamment après le décès de ses fils Alphonse (1989) et Gonzalve (2000), et jusqu'à la fin des années 2000. Devenue la doyenne de la famille royale espagnole, Emmanuelle décède à Rome en 2012 à l’âge de 98 ans.

Famille

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Photographie de groupe dans laquelle une femme est assise de trois-quart, tenant un bébé. Un homme est également assis, derrière un garçon.
Le duc et la duchesse d'Anjou et de Ségovie avec leurs deux fils, Alphonse et Gonzalve en 1937.

Emmanuelle est la fille aînée du vicomte Roger de Dampierre, duc de San Lorenzo[6] (1892-1975) et de son épouse la princesse Vittoria Ruspoli (1892-1982). Par son père, c'est une descendante du pair de France Aymard de Dampierre (1787-1845), tandis que par sa mère, c'est une petite-fille du prince Emanuele Ruspoli (1837-1899), premier maire de Rome[7].

Le , Emmanuelle épouse, à Rome, en Italie, l’infant Jacques-Henri d’Espagne (1900-1948), duc de Ségovie et futur duc d’Anjou et prétendant au trône de France sous le nom d’« Henri VI » (1941-1975). Membre de la branche espagnole de la maison de Bourbon, le prince descend en ligne agnatique du roi Louis XIV (1638-1715) et de son petit-fils le roi Philippe V d’Espagne (1683-1746)[8],[9].

Emmanuelle et Jacques-Henri ont par la suite deux enfants :

Sur le plan civil, le mariage d'Emmanuelle de Dampierre et de Jacques-Henri de Bourbon est annulé[10] par le tribunal civil d'Ilfov, à Bucarest, en Roumanie, le . L'annulation civile est ensuite validée en Italie par la cour d'appel de Turin[11] présidée par Domenico Riccardo Peretti Griva (it), qui en ordonne la transcription à l'état civil de Rome le . Cependant, et conformément à la promesse du pape Pie XI[12], l'union n'est jamais annulée par l'Église et reste valide en France[N 3] et en Espagne[N 2]. En 2012, le duc d'Anjou fait part du décès de sa grand-mère paternelle en la qualifiant de « veuve de Mgr Jacques de Bourbon, duc d'Anjou et de Ségovie »[14].

Le , Emmanuelle de Dampierre se remarie civilement à Vienne, en Autriche, avec Antonio Sozzani (1918-2007), agent de change milanais[15],[16],[17].

Biographie

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Premières années

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Une enfance française

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Photographie d’un couple. La femme tient l’homme par le bras.
Le duc et la duchesse de San Lorenzo, 1913.

Premier enfant du vicomte Roger de Dampierre, duc de San Lorenzo[6], et de la princesse Vittoria Ruspoli[18], Emmanuelle voit le jour le , au Palais Ruspoli, à Rome. Surnommée « Manolita » par ses proches, elle se montre particulièrement proche de sa sœur Béatrice et de son frère Richard[19]. Par son grand-père maternel, le prince Emanuele Ruspoli, dont la grand-mère était Maria Leopoldina von Khevenhüller-Metsch, Emmanuelle descend de la Maison princière de Liechtenstein, et par cette dernière, de la Maison de Vasa[20],[21].

Emmanuelle passe la majeure partie de son enfance dans la capitale française. Là, la petite fille et sa famille résident dans le 16e arrondissement de Paris[22] puis dans le 17e arrondissement de Paris[23]. Élevée par des gouvernantes britanniques, Emmanuelle apprend rapidement à parler anglais (grâce à Nanny Lancaster, sa première nurse) et pratique également l'italien, le français (ses langues maternelles), l'espagnol et enfin l'allemand[24]. Dans ses mémoires, elle explique que, selon l’ex-reine Victoire-Eugénie, seules des gouvernantes anglaises peuvent correctement éduquer des jeunes filles pour en faire « des dames »[24].

Étant née quelques mois avant le début de la Première Guerre mondiale, la jeune Emmanuelle grandit sans père. Ce dernier, officier dans l’armée française, reste sur le front et ne rentre presque jamais à Paris[25]. Dans ses mémoires, elle raconte cette enfance particulière[25] :

« Nous avons grandi sans père. Son absence n'était pas idéale, certes, mais ce n'était pas une tragédie pour nous, ni la source d'un quelconque traumatisme ultérieur. La réalité, c'est qu'à un moment donné, nous avons simplement cessé de le voir. Comme je l'ai dit, j'étais très jeune à l'époque, et mes frères et sœurs encore plus jeunes, puisque j'étais l'aînée. On pourrait dire que son absence ne nous pesait pas. Notre vie était confortable et agréable ; nous nous sentions protégés par ma grand-mère et ma mère. Je ne me souviens pas d'avoir jamais ressenti de tristesse à la maison. »

Vers la fin de la guerre, Roger de Dampierre abandonne complètement et définitivement le domicile conjugal et Vittoria Ruspoli prend la décision de rentrer à Rome auprès de sa famille[25].

Une adolescence italienne

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Photographie de famille. Une mère et ses trois enfants : deux filles et un fils.
Emmanuelle de Dampierre avec sa mère, son frère Richard, et sa sœur Béatrice, 1922.

Tout au long de son enfance, Emmanuelle ne voit pratiquement pas son père, ni la famille de ce dernier, avec lesquels elle n'a presque aucun contact[26]. Bien qu'elle conserve quelques souvenirs de sa grand-mère paternelle, la princesse Pierre de Caraman-Chimay, née Jeanne Carraby, c'est la famille maternelle d'Emmanuelle qui marque durablement son enfance, et particulièrement sa grand-mère maternelle, la princesse douairière de Poggio-Suasa[N 4]. Après une longue période de séparation, ses parents divorcent en 1930 et son père se remarie en 1931 à Rylda Toone[N 5],[7], puis une troisième fois en 1937 avec Raymonde Dreyfus (1907-1967), petite-nièce du capitaine Alfred Dreyfus[N 6],[27].

Grâce à la grande importance sociale de sa famille maternelle en Italie, Emmanuelle fréquente la famille royale italienne et se lie d'amitié avec le prince héritier Humbert, futur roi d'Italie[28]. Cette relative proximité lui permet notamment d'assister à des événements plus intimes de la famille royale, tels que le mariage de la princesse Marie-Françoise avec le prince Louis de Bourbon-Parme en 1939[29].

En grandissant, Emmanuelle devient une très jolie jeune femme, ce qui, ajouté à l'ancienneté de sa famille, lui permet d'avoir de nombreux soupirants, dont un diplomate italien qu’elle rencontre lors d'un bal au Royaume-Uni[30]. La future duchesse de Ségovie écrit à ce propos « j'étais enfin tombée amoureuse »[30]. Décrite comme une « beauté douce et ténébreuse », avec ses « yeux noirs, empreints d’une délicieuse naïveté » par le journaliste José María Carretero[31], Emmanuelle est toujours célibataire à l'âge de 20 ans[32].

Au début des années 1930, Emmanuelle, désormais majeure, cherche une activité. Sur les conseils de l’une de ses amies, elle demande à intégrer la Croix-Rouge italienne[33]. Un obstacle majeur s’impose cependant car, bien que née en Italie, la jeune femme n’en possède pas la nationalité, étant uniquement citoyenne française. C’est pour cette raison qu’elle l’acquiert, en 1931[33].

Mariage princier

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Des fiançailles rapides

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Photographie représentant deux couples se tiennent par les bras.
Fiançailles officielles de l'infant Jacques-Henri avec Emmanuelle de Dampierre, et de l'infante Béatrice avec le prince Alessandro Torlonia, 1934.

Le , l’infant Jacques-Henri arrive en Italie avec son père l’ancien roi Alphonse XIII d’Espagne sur l’invitation de la reine Hélène d’Italie[34]. Cette dernière croit enfin pouvoir résoudre les problèmes de surdité et de mutisme du jeune prince. Le ministre de l’Instruction publique[N 7] a en effet présenté à la reine un médecin, le docteur Trafelli, censé capable de « soigner » Jacques-Henri[35]. Il est rapidement révélé que Trafelli n'est pas médecin et afin de dissiper le scandale naissant, l’ex-roi Alphonse XIII demande aux souverains italiens d'organiser une réception en l’honneur de Jacques-Henri, à la Villa Savoie[12],[36]. C’est lors de cette réception qu’Emmanuelle rencontre son futur époux pour la première fois. Dans ses mémoires elle le décrit comme « très grand, musclé et beau »[37],[38].

Le couple semble s’entendre et le père de Jacques-Henri prend les devants en informant Vittoria Ruspoli de son projet matrimonial[39] : selon le témoignage[40] de Jean-Marie Charles-Roux (fils de l'ambassadeur de France de l'époque, François Charles-Roux), Alphonse XIII veut pour son deuxième fils une épouse française. Vittoria Ruspoli en fait part à sa fille, qui refuse catégoriquement[41]. Jacques-Henri fait de même[41]. Pourtant, quelques mois plus tard, le , les fiançailles d'Emmanuelle et de l’infant Jacques-Henri, duc de Ségovie, sont annoncées officiellement[N 8] à la Villa Titta Rufo, près de Rome, alors louée par l'ancien roi Alphonse XIII[42],[43]. La jeune fiancée est décrite par le journal français Les Modes comme étant « l'une de ces jeunes filles dont le charme et la beauté sont célèbres dans la Ville éternelle »[44].

Un mariage royal

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Photographie de mariage. Le couple est agenouillé devant l’autel, dans l’église.
Le mariage de l’infant Jacques-Henri et d’Emmanuelle de Dampierre, .

Rapidement après l'annonce des fiançailles, les préparatifs du mariage débutent, mais ne sont pas sans poser quelques problèmes et questionnements. De fait, la question de la dot de la future épouse est un problème pour sa mère. En effet, la princesse Vittoria Ruspoli n'a que peu de ressources financières, vivant avec ses enfants dans le palais maternel. La dot d'Emmanuelle est ainsi constituée par son père et s'élève à 1 000 000 francs, somme réunie depuis 1920 en prévision des futurs mariages de ses enfants[45]. Il est également convenu que le futur couple princier s'installe après son mariage, auprès de l'ex-roi Alphonse XIII, au Grand Hôtel de Rome[46]. La robe de mariée d'Emmanuelle, confectionnée à Rome par Sorelle Botti, est faite de lamé d'argent et possède une longue traîne brodée. Dessinée dans le même style que celle de la duchesse de Kent, les deux robes partagent également le même tissu[47],[48]. Son voile provient quant à lui de la collection de la Maison de Dampierre. C'est son père qui le lui fait parvenir en , par sa cousine la comtesse Guy de Dampierre[45]. Enfin, le diadème qu'arbore Emmanuelle le jour de ses noces provient de la collection personnelle de l’ex-roi Alphonse XIII. Hérité de sa mère la reine-régente Marie-Christine, née archiduchesse d'Autriche, le diadème est décrit comme « une tiare à quinze fleurs ornée de diamants » et est estimé à 11 000 pesetas[48].

Le , les noces ont lieu en l'église Saint-Ignace-de-Loyola, à Rome[12]. La cérémonie se déroule selon l'usage espagnol et est célébrée par l'ancien archevêque de Tolède et primat d'Espagne, Pedro Segura[44]. Toujours selon l'usage espagnol, c'est l'ancien roi Alphonse XIII qui conduit la fiancée jusqu'à l'autel[49], au grand dam de Richard de Dampierre, le frère cadet d'Emmanuelle, qui voulait lui donner le bras pour suppléer l'absence de leur père[50]. De nombreux membres du gotha sont présents aux noces, tels que l’ex-reine Amélie de Portugal, le prince et la princesse de Piémont, le comte de Paris ou encore le grand-duc Dimitri Pavlovitch de Russie[12],[51]. À la fin de la cérémonie religieuse, Emmanuelle tente de s’incliner devant son nouveau beau-père l'ancien roi Alphonse XIII, mais ce dernier l’en empêche en l’embrassant selon le journal parisien Les Taches d’encre[52].

Duchesse de Ségovie et naissances princières

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À la suite du mariage du couple, Emmanuelle prend le titre de son nouvel époux et devient duchesse de Ségovie. Ce titre ayant été accordé par un souverain en exil, il n'a jamais été reconnu en Espagne[53]. Le nouveau couple princier se rend immédiatement à Londres, via Paris, dès le lendemain du mariage, après une nuit de noces dans un hôtel romain[12]. Ce début de voyage de noces a pour objectif principal de présenter la nouvelle duchesse de Ségovie à sa belle-mère, l'ancienne reine Victoire-Eugénie de Battenberg, laquelle n'était pas présente au mariage[54],[48],[44]. Le voyage de noces de Jacques-Henri et Emmanuelle se poursuit ensuite en Égypte, via Le Caire, Jérusalem, Istanbul, Athènes, Chypre, Brindisi avant de rentrer à Rome[12].

Cependant, la lune de miel du couple se passe très mal. Selon Jacques-Henri de Bourbon « c’était plutôt comme une de ces lunes rouges qui annoncent généralement le mauvais temps. Et notre vie conjugale fut, dès le début, sous le signe des orages, ou du moins des désagréments »[46]. Toujours lors du voyage de noces, une dispute éclata et Emmanuelle dit à son époux que leur mariage était invalide car ils avaient tous deux été contraints de se marier[46],[55]. Malgré cela, la jeune duchesse de Ségovie s'intègre tant bien que mal à sa nouvelle place dans la famille royale espagnole. N'étant pas d'une naissance suffisamment élevée pour réaliser une union « égale » selon la Pragmatique sanction de 1776[56] (qui est néanmoins abolie de facto par la chute de la monarchie), Emmanuelle ne peut  selon son beau-père  porter le prédicat d'Altesse Royale en Espagne[N 9],[N 10]. Toujours selon le roi déchu, l'union du couple écarte leurs possibles descendants de la succession espagnole[41]. Mais pour certains royalistes espagnols, qui tiennent pour nulle la renonciation de son époux (que celui-ci récuse en 1949), elle est la future reine d'Espagne[58].

Peu après son mariage avec Jacques-Henri, Emmanuelle tombe enceinte. Le premier fils du couple princier naît le , à Rome : il s'agit du futur duc d'Anjou et de Cadix, que Jacques-Henri et son épouse nomment Alphonse-Jacques, en l'honneur de son grand-père paternel[59]. Quelques mois plus tard, le , Emmanuelle donne naissance à un deuxième enfant, Gonzalve, futur duc d'Aquitaine[N 11], lequel est prénommé ainsi en l'honneur de son défunt oncle paternel[60]. Pour la famille royale, qui attendait avec anxiété la naissance d'un garçon parmi sa nouvelle génération, il s'agit là d'une excellente nouvelle[61]. Malgré tout, l'ancien roi maintient son souhait de voir ses deux petits-fils inscrits à l'état civil sous le nom de « Borbón-Segovia »[59],[N 11] avec prédicat d'Excellence[N 12], comme leur mère[N 13],[62],[41]. À cause de cela, Emmanuelle se sent humiliée par sa belle-famille[63]. Le secrétaire d'Alphonse XIII écrit néanmoins le à l'héraldiste et historien suisse[64] Heinrich-Karl Zeininger von Borja, qui s'était mis au service de l'ancien souverain[65],[N 14], que « Sa Majesté Alphonse XIII […] avait décidé qu'ils seraient nommés "Princes de Bourbon-Ségovie", pour qu'ils puissent démontrer qu'ils appartiennent au rang royal. »[67]. Cette solution n'est finalement pas retenue et les deux garçons, de même que leur mère, apparaissent dans l'Almanach de Gotha avec le prédicat d'Excellence[8]. Seuls les parents de la comtesse de Barcelone, le prince Charles de Bourbon-Siciles et la princesse Louise d'Orléans, infants d'Espagne, semblent penser qu'Emmanuelle porte le prédicat d'Altesse Royale. En effet, la duchesse d'Anjou et de Ségovie rapporte dans ses mémoires[63] :

« Je me souviens qu'un jour, en allant au Vatican, je ne sais pas pourquoi, la mère de María, la princesse Louise d'Orléans, m'a littéralement forcée à franchir une porte avant elle. Peut-être pensait-elle que j'étais une Altesse Royale. »

Cependant, le mariage fait long feu. La duchesse de Ségovie ne tarde pas à découvrir que son époux est infidèle, qu'il est dépensier et qu'il a également des problèmes d'alcoolisme[68]. De fait, la relation du couple se dégrade après la naissance de son second fils, Gonzalve et les époux se séparent de fait à la fin des années 1930, bien que demeurant toujours ensemble dans leur maison de Rome. Les infidélités de son époux et leurs problèmes d'argent réguliers ont finalement raison de leur mariage[41]. Ainsi, peu de temps avant le début de la Seconde Guerre mondiale, Emmanuelle se rappelle s'être retrouvée sans argent pour payer les domestiques, Jacques-Henri de Bourbon dépensant leur allocation pour ses « dépenses personnelles ». La situation est cependant réglée par son beau-père, lequel est mis au courant des agissements de son fils[69]. Selon Emmanuelle, l'ensemble de la famille royale est au courant de leur mariage désastreux, mais ferme délibérément les yeux[69].

La Seconde Guerre mondiale et le légitimisme

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Entrée en guerre de l'Italie et décès d'Alphonse XIII

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Photographie d’un homme portant un chapeau et un manteau.
Alphonse XIII le 24 avril 1931 à Calais.

Tandis que la famille royale s'agrandit[70], les troupes allemandes s'emparent progressivement de l'Europe et la France s'effondre sous les coups de la Blitzkrieg. Devant les succès hitlériens, l'Italie fasciste entre à son tour dans le conflit, le . Pour Emmanuelle, qui est une fervente partisane de la politique du Duce, l'entrée en guerre de l'Italie est considérée comme « un vrai désastre »[71].

Malgré cela, et notamment à cause du coût de la vie qui augmente, la famille royale prend la décision de rester vivre à Rome[71]. Durant cette période, Emmanuelle se rapproche grandement de son beau-père Alphonse XIII, lequel est mourant. L'ancien souverain abdique le en faveur de son dernier fils Juan, lequel prend alors le titre de courtoisie de comte de Barcelone le (son fils Juan Carlos lui confère finalement ce titre en 1977). Alphonse XIII meurt le au Grand Hôtel de Rome d'une angine de poitrine[72],[73],[74].

En Espagne, où Franco a gagné la Guerre civile en 1939, deux jours de deuil sont décrétés[75] puis des funérailles d'État sont organisées en la basilique Santa Maria degli Angeli e dei Martiri de Rome. Le souverain déchu est ensuite inhumé dans l'église Sainte-Marie de Montserrat des Espagnols[76].

Infirmière et exil volontaire

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Photographie d’un homme en uniforme militaire.
Jacques-Henri de Bourbon, premier époux d'Emmanuelle, 1935.

Attristée par ces événements, et notamment le décès de son beau-père dont elle était très proche[69], Emmanuelle n'en effectue pas moins son devoir vis-à-vis de la Croix-Rouge italienne. Décrite comme « forte comme un roc » par son beau-père Alphonse XIII, Emmanuelle est le seul membre de la famille royale à rester à Rome après le décès de l'ancien roi. Tandis que Jacques-Henri, Alphonse, Gonzalve, les Torlonia[N 15] et les Marone[N 16] rejoignent l'ancienne reine Victoire-Eugénie à Lausanne, en Suisse, Emmanuelle poursuit son travail comme infirmière dans la Croix-Rouge[77],[78],[17]. Plus tard, en 1942, la duchesse de Ségovie rejoint son époux et ses enfants à Lausanne où ils s'installent à l'Hôtel Royal[77],[78],[17]. Profitant du statut de sa fille, la princesse Vittoria Ruspoli tente de « faire tenir au Gouvernement (français) des renseignements sur l'Italie, donnés par la reine d'Espagne qui s'est fixée, elle aussi, à Rome »[79]. Le , l'infante Béatrice donne naissance à sa dernière fille Olimpia[N 17], et Emmanuelle est choisie pour être sa marraine[78]. Pendant une courte période, afin de braver l'ennui, Emmanuelle intègre la Croix-Rouge suisse, mais cette dernière étant située à Genève, et la duchesse de Ségovie ne possédant pas de voiture, elle arrête rapidement, « épuisée » par les trajets en bus[80]. Son état de santé ne s'améliorant pas, elle s'évanouit en se rendant à la messe avec la famille royale et on lui diagnostique la mononucléose. Cela inquiète beaucoup la famille royale qui se demande ce qu'ils feront d'Alphonse et Gonzalve si Emmanuelle décède[80]. Le séjour suisse reste néanmoins marqué par la solitude pour la duchesse de Ségovie, son époux étant peu présent, et la présence de l'ancienne reine Victoire-Eugénie et des Torlonia n'affaiblit pas ce sentiment[81].

La duchesse de Ségovie est décrite en 1945 par le peintre Alain de La Horbe qui peint cette année-là son portrait. L’artiste décrit Emmanuelle comme « brune aux yeux légèrement bridés qui lui donnent un petit air javanais »[82]. Lorsque la guerre s'achève en 1945, la famille royale rentre à Rome, à l'exception de l'ancienne reine qui achète une demeure à Lausanne, et du comte et de la comtesse de Barcelone qui s'installent avec leurs enfants à Estoril, au Portugal. Après leur retour dans la ville éternelle, c'est l'ambassade d'Espagne qui se charge de subvenir aux besoins financiers du duc et de la duchesse de Ségovie[83]. Les deux fils du couple font leur première communion le à Rome en présence de la famille royale[N 18], de la famille d'Emmanuelle mais également de l'ambassadeur d'Espagne à Rome[84]. Le duc d’Anjou et de Ségovie écrit par ailleurs une lettre à sa mère dans laquelle il décrit la communion de ses fils[84] :

« Ma très chère maman,

[...] Je vais vous expliquer un peu la cérémonie de la première communion et confirmation d'Alphonse et Gonzalve. C'était très excitant. Le matin était terriblement froid, et à huit heures et demie nous nous sommes retrouvés dans la chapelle des Miani (Béatrice de Dampierre, sœur d'Emmanuelle), à Béatrice, Christine, Sandro, Enrico, toute la famille d'Emmanuelle, l'ambassadeur Sangróniz, sa femme et ses filles, les ministres et secrétaires de l'ambassade du Quirinal au Saint-Siège [...] Le cardinal Marmaggi a prononcé une belle conférence et l'oncle Gabriel a parrainé Alphonse et Gonzalve. Le moment de la communion a été très excitant. Les enfants ont eu de très beaux cadeaux et sont ravis. [...] »

 JACQUES

Malgré cet apparent bonheur conjugal, le couple est au bord du gouffre et menace d'imploser. De fait, durant l'exil suisse, Emmanuelle a rencontré l'agent de change milanais Antonio Sozzani[17]. Apparemment amoureuse, la duchesse de Ségovie commence à le fréquenter lors de leur retour à Rome[17]. En à Villars-sur-Ollon, Jacques-Henri rencontre le diplomate et écrivain franco-égyptien Georges Cattaui. Ce dernier, profondément légitimiste, le supplie « d'assurer ses droits et titres d'aîné de la race capétienne, de chef de la Maison de France, de duc d'Anjou, de Bourbon, etc. »[N 19]. Georges Cattaui rencontre aussi[87] Emmanuelle, qui insiste ensuite auprès de son mari pour qu'il proclame ses droits et ceux de leurs fils[88],[89]. Le à Rome, Jacques de Bourbon se déclare chef de la Maison de France[90],[91] et prend le titre de duc d'Anjou[91] ; il charge le duc de Bauffremont de le représenter en France et de faire connaître sa prise de position[92].

Du « divorce » au mariage d'Alphonse

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L'impossible réconciliation avec Jacques-Henri

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Photographie d’une femme.
Charlotte Tiedemann, vers 1940.

En , la relation du couple s'est trop dégradée et Emmanuelle décide de quitter Jacques-Henri[93]. Cependant, la duchesse de Ségovie ne part pas seule et emmène leurs deux fils avec elle. Rapidement, Emmanuelle demande l'annulation du mariage au tribunal civil d'Ilfov, à Bucarest, en Roumanie, le [10]. L'annulation civile est ensuite validée en Italie par la cour d'appel de Turin[11] présidée par Domenico Riccardo Peretti Griva (it), qui en ordonne la transcription à l'état civil de Rome le . Jacques de Bourbon se remarie civilement à Innsbruck en Autriche, le avec Charlotte Tiedemann une cantatrice, deux fois divorcée[N 20]. Suivant son exemple, le , Emmanuelle se remarie civilement à Vienne, également en Autriche, avec Antonio Sozzani, surnommé Il Bello Tonino[15],[16],[17].

Le à Paris (en présence[N 21] de son avocat, le Dr. Ludwig Draxler (de), et d'un représentant de l'agence France-Presse[94]), le duc d'Anjou et de Ségovie récuse toutes ses renonciations au trône d’Espagne (renonciations qu'il estime avoir été faites sans motif valable, par simples lettres sous seing privé, sans aucun caractère officiel, et sous la pression de son père, puis de son frère), trône dont il s'estime le légitime héritier, en tant que fils aîné du dernier roi[95]. Emmanuelle devient donc officiellement l'épouse du prétendant au trône d'Espagne, puisque le mariage est toujours valable en droit canonique[96],[97].

De son côté, la nouvelle épouse de Jacques-Henri, que Gonzalve traite « d'espionne nazie »[98] pour son passé flou avec Joseph Goebbels[N 22],[98] et ses séjours au Berghof[N 23],[98], s'affuble du titre de duchesse de Ségovie. Un conseil de famille est organisé en 1954[98] par le comte de Barcelone, lequel réunit son épouse, sa mère, ses deux sœurs et les autres infants d'Espagne[N 24]. L'avis du conseil est unanime, le titre de duchesse de Ségovie ne peut être porté que par Emmanuelle[96],[99],[100] car elle est la légitime épouse de Jacques-Henri en Espagne[N 2], mais également pour l'Église catholique[12]. Les familles royales européennes, et notamment la famille royale britannique reconnaissent également Emmanuelle comme véritable duchesse de Ségovie, selon le comte de Sanlúcar[97].

Restauration de la monarchie espagnole

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Portrait de Francisco Franco, chef de l'État espagnol.
Le chef de l'État espagnol Francisco Franco, 1950.

Dès 1947, Franco ancre la monarchie en Espagne par la loi de succession, mais laisse le trône vacant de son vivant. Le chef de l'État espagnol voit en effet cette réintroduction comme une institution et non comme une restauration[N 25], puisque la monarchie doit rester à l'avenir en plein accord avec les principes du Movimiento Nacional[N 26]. Franco se voit ainsi comme administrateur du royaume, qui veut préparer le retour de la monarchie[101].

La loi de succession du chef de l'État (Ley de Sucesión a la Jefatura de Estado) de 1947, par laquelle Franco restaure la monarchie, régit sa succession. L'Espagne se définit dès lors comme un royaume dont Franco est le chef d'État à vie. Le Conseil du Royaume et le Conseil de Régence sont créés. La loi présente l'Espagne comme un État catholique et social qui se « définit en accord avec sa tradition comme une monarchie ». L'article suivant prévoit déjà que le pouvoir dans l'État revient à Franco lui-même. Le , Francisco Franco rencontre Jacques-Henri de Bourbon, duc d'Anjou et de Ségovie, et son frère Juan de Bourbon, comte de Barcelone, sur son yacht de vacances, El Azor, dans le golfe de Gascogne[102]. Malgré les demandes de Jacques-Henri, Franco refuse que les deux fils d'Emmanuelle viennent vivre en Espagne[103], et demeurent donc à Lausanne et à Milan, où Emmanuelle, qui a obtenu leur garde, s'est installée[104]. Les deux princes sont scolarisés au lycée Montana de Zugerberg, dans le canton suisse de Zoug, où ils restent pendant 7 ans, jusqu'en 1954[105]. Dans cet établissement qui accueillait principalement des Allemands et des Italiens[105], les deux premières années furent très difficiles pour les fils d'Emmanuelle, qui lui demandent régulièrement de les changer d'école[105]. Une entrevue avec l'ambassadeur d'Espagne en Italie, José Antonio de Sangróniz est organisée afin de demander à ce que les deux princes étudient en Espagne. L'ambassadeur refuse, comme Franco[105]. Malgré le fait qu'Emmanuelle demande « la raison qui empêchait ses enfants d'étudier en Espagne », son beau-frère Juan lui répond « Nous n'avons aucune raison de donner une faveur à Franco »[106]. Emmanuelle tente de rester proche de ses fils en leur rendant visite une fois par mois en Suisse et les accueille un mois l'été[107]. Durant cette période de 3 ans, Alphonse et Gonzalve n'ont aucune nouvelle de leur père, qui abandonne même leur garde avant de tenter de la récupérer[108]. En revanche, leur grand-mère maternelle[N 27] les emmène visiter la France, et notamment le château de Versailles où le conservateur en chef s'adresse à Alphonse avec ces mots : « Permettez-moi, Monseigneur, de vous saluer comme le fils de l'aîné des descendants de Louis XIV. Vous êtes ici chez vous »[110]. Les deux princes se rendent finalement à Madrid en 1954 sur la demande de Franco[111].

Le mariage d'Alphonse et Carmen

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Photographie d’Alphonse de Bourbon et Carmen Martínez-Bordiú lors de leur mariage.
Le prince Alphonse et Carmen Martínez-Bordiú lors de leur mariage, le .

Emmanuelle est décrite par l’historien Jean-Louis Aujol comme « petite » et « maigre », mais néanmoins « distinguée », lorsqu’il la rencontre en 1972. Cette année-là en effet, une réception est offerte à l’ambassade d’Italie en Espagne en l’honneur de la duchesse d’Anjou et de Ségovie[112]. Séparée d'Antonio Sozzani depuis la fin des années 1960, Emmanuelle reprend les titres de duchesse d'Anjou et de Ségovie, titres de courtoisie qu'elle avait cessé de porter après 1949[113].

En 1969, Franco désigne le neveu de Jacques-Henri, le prince Juan Carlos, comme son successeur et lui attribue le titre de « prince d'Espagne ». La même année, Alphonse est nommé ambassadeur d'Espagne en Suède par Franco. Lors d'une réception donnée en l'honneur du marquis et de la marquise de Villaverde[N 28], Alphonse tombe amoureux de la fille aînée du couple, Carmen Martínez-Bordiú y Franco. La jeune femme n'est âgée que de 20 ans tandis que le fils aîné d'Emmanuelle en a 35[114]. Le couple ne se rencontre qu'une dizaine de fois avant qu'Alphonse, poussé en cela par son père et les Franco[N 29], ne demande la main de Carmen. Cette dernière accepte, et raconte par la suite qu'elle « se sentait heureuse »[115],[116],[N 30].

Carmen raconte bien des années après avoir été : « la femme la plus excitée et la plus amoureuse du monde, même si nous nous étions très peu vus ». En effet, ses parents cessent de la surveiller de près comme ils le faisaient auparavant[115],[117]. L'envoi des invitations est un sujet très délicat. En effet, on peut y lire : « Son Altesse Royale Don Alfonso de Borbón y Dampierre ». Cela provoque la colère du prince d'Espagne et de son père. Le premier appelle Franco pour lui signifier que, selon son père et lui, son cousin n'est pas altesse royale[N 30]. De fait, le mariage d'un Bourbon avec la petite-fille aînée du dictateur vient mettre en péril le statut de Juan Carlos[118]. L'entourage du chef de l'État, y compris son épouse Carmen Polo qui a largement contribué à cette union, y voit l'occasion d'instaurer une véritable « monarchie franquiste » et tente de convaincre Franco de nommer Alphonse comme successeur, au détriment de Juan Carlos[119]. En dépit des pressions exercées par ses proches, le Caudillo ne remplace pas le prince d'Espagne par son cousin[120]. De plus, sur la demande d'Alphonse, Emmanuelle apparaît sur les cartons d'invitations comme « Son Altesse Royale Doña Emanuela de Dampierre, duquesa de Segovia » ce qui énerve Jacques-Henri, lequel lui interdit formellement d'utiliser ces titres[99]. Jacques-Henri profite par ailleurs du mariage de son fils aîné pour octroyer à ses deux enfants l'ordre du Saint-Esprit[121],[122]. Quelques mois plus tard, il titre Gonzalve, duc d'Aquitaine[123].

Peu après son mariage avec Alphonse, Carmen tombe enceinte. Le premier fils du couple princier naît le , à Madrid : il s'agit du futur duc de Bretagne et de Bourbon, puis dauphin de France, qu'Alphonse et son épouse nomment François, en l'honneur de son arrière-grand-père maternel[124]. Quelques mois plus tard, le , Carmen donne naissance à un deuxième enfant, Louis-Alphonse, futur duc d'Anjou et prétendant légitimiste au trône de France[125], lequel est prénommé ainsi en l'honneur du roi de France Louis IX (saint Louis) et de son père[126].

Fin de vie

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Veuvage et morts en série

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Portrait d’une femme assise, portant une robe, une mantille et un diadème.
Emmanuelle au mariage de son fils ainé Alphonse, 1972.

Le , Jacques-Henri de Bourbon meurt à Saint-Gall. Les causes de son décès font rapidement l'objet de nombreuses spéculations : on accuse en effet sa seconde épouse Charlotte de l'avoir assommé avec une bouteille[127]. La version officielle conclut néanmoins à un traumatisme crânien, causé par une chute accidentelle dans la rue[128]. Ses obsèques sont célébrées le dans l’église du Sacré-Cœur d’Ouchy, à Lausanne. Sur son cercueil sont déposés un drapeau royal français, un drapeau royal espagnol, ainsi que des colliers des ordres du Saint-Esprit et de la Toison d’or. Quelques mois après, le , c'est au tour du père d'Emmanuelle, le vicomte Roger de Dampierre, duc de San Lorenzo[129], de mourir au domicile de sa fille Christiane, à Chaumont-sur-Tharonne, à l'âge de 83 ans[7].

Les années 1980 sont une période difficile pour Emmanuelle. Le , la mère d'Emmanuelle, la princesse Vittoria Ruspoli, décède à Rome[130], à l'âge de 89 ans[130]. Quelques mois plus tard, le , son fils aîné, Alphonse, et l'épouse de celui-ci divorcent, après trois ans de séparation[131]. L'année suivante, Gonzalve épouse civilement, à Puerto Vallarta au Mexique, la journaliste María del Carmen Harto Montealegre. Le mariage dure seulement 2 mois et n’est même pas inscrit au registre civil espagnol[132].

Le , revenant de ski avec leur père et leur gouvernante, François et Louis-Alphonse subissent en Navarre un très grave accident de voiture et sont hospitalisés à l'hôpital de Navarre à Pampelune. Le petit-fils aîné d'Emmanuelle y meurt le tandis que son cadet, dès lors devenu pour les légitimistes dauphin de France, demeure dans un semi-coma ; il met de nombreuses semaines avant de s'en remettre. Quelques mois plus tard, le , Gonzalve se marie religieusement au mannequin valencien María de las Mercedes Licer[133]. Cependant, l’union se termine par un divorce, prononcé le [133].

Quelques années après, le , alors qu'il teste une piste de ski pour le championnat du monde de ski alpin à Beaver Creek (Colorado, États-Unis), le fils aîné d'Emmanuelle, Alphonse, heurte à pleine vitesse un câble tiré en travers de la piste, qui le blesse mortellement au cou[134]. L'enquête fut ouverte pour homicide avant de conclure à l'accident. Il décède peu après. Informé, le roi Juan Carlos appelle rapidement Emmanuelle[135], avant de prévenir Gonzalve, lequel s'envole pour Beaver Creek dans un avion affrété par Juan Carlos, afin de ramener la dépouille de son frère[135]. Alphonse est inhumé à Madrid, dans la chapelle du monastère des Déchaussées royales, aux côtés de son fils aîné. La famille royale d'Espagne est présente à son inhumation, de même qu’un grand nombre de personnalités du Gotha, lesquels sont réunis autour d'Emmanuelle, Gonzalve et Louis-Alphonse, désormais prétendant légitimiste au trône de France[136].

Entre préoccupations légitimistes et bonheur familial relatif

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Emmanuelle cherche dès lors à prendre sous son aile son dernier petit-fils, Louis-Alphonse, mais c'est finalement chez son autre grand-mère, María del Carmen Franco (1926-2017), que celui-ci s'installe. Emmanuelle de Dampierre accompagne cependant le prétendant légitimiste ou le représente lors de diverses cérémonies officielles, comme la messe anniversaire de la mort de Louis XVI qui a lieu tous les , et la messe anniversaire de fondation des Invalides par Louis XIV, qui a lieu chaque année à la mi-septembre. La duchesse d'Anjou et de Ségovie s'implique également dans les querelles qui opposent Orléans et Bourbons, comme le montrent ses déclarations lors de l'attribution du titre de courtoisie de duc d'Anjou à Charles-Philippe d'Orléans par son oncle, le comte de Paris[137].

Le , le fils cadet d'Emmanuelle, Gonzalve, se remarie civilement à la Génoise Emanuela Pratolongo[138],[139]. Après avoir obtenue la déclaration de nullité du mariage religieux de Gonzalve et María de las Mercedes Licer qui survient le , par décision du tribunal de la Rote de Bologne. Le mariage religieux de Gonzalve et d'Emanuela est, par la suite, célébré en l'église Santa Maria in Campitelli, à Rome, le . Le duc d'Aquitaine décède le à Lausanne, d'une leucémie[140].

En 2003, la presse espagnole offre une large couverture médiatique à la publication des mémoires d'Emmanuelle de Dampierre : El Mundo et ¡Hola! en publient de longs extraits tandis que le journal ABC[141] et le quotidien El País en font des critiques peu flatteuses[142].

Parfois présentée par la presse comme Altesse Royale et Duchesse de Ségovie[143],[144], Emmanuelle reste néanmoins en bons termes avec les membres de la famille royale espagnole, bien qu'elle ne les fréquente presque plus après le décès de ses fils. Dans ses Mémoires, Emmanuelle écrit que le roi Juan Carlos ainsi que ses sœurs Pilar et Margarita (et les autres neveux et nièces de Jacques-Henri) l'appellent toujours « tante » ou « tante Manuela »[145]. Emmanuelle est très peu présente aux événements de la famille royale espagnole[N 31],[146], mais elle demeure néanmoins la dernière belle-fille du roi Alphonse XIII[147], mais également, avec la duchesse de Calabre, la dernière tante encore en vie de Juan Carlos Ier[8].

Bien qu'elle n'ait pas assisté au mariage de son petit-fils Louis-Alphonse avec Margarita Vargas en 2004, Emmanuelle assiste au baptême de son arrière-petite-fille Eugénie, le , à la nonciature apostolique à Paris[148], laquelle est baptisée par le cardinal Fortunao Baldelli[149], nonce apostolique en France de 1999 à 2009. De nombreuses personnalités sont présentes à la cérémonie, tel que l'ancien ministre de la Justice, la duchesse de Franco et le duc de Bauffremont[149].

Quelques années plus tard, le [150], Margarita donne naissance à des jumeaux, Louis et Alphonse. Ils sont baptisés le en la basilique Saint-Pierre, au Vatican, par le cardinal Angelo Comastri[151],[152]. Il s'agit de la dernière apparition publique d'Emmanuelle[153], qui apparaît très affaiblie. Ne pouvant plus marcher, elle se déplace en fauteuil roulant[154].

Décès et inhumation

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Photographie d’une chapelle funéraire.
La chapelle de la maison de Dampierre où est inhumée Emmanuelle de Dampierre au cimetière de Passy (division 15).

Emmanuelle de Dampierre meurt le au palais Massimo alle Colonne, à Rome à l'âge de 98 ans. Ses funérailles sont célébrées le , en l'église Notre-Dame du Val-de-Grâce, par l’évêque de Versailles, assisté de l'aumônier familial, Christian-Philippe Chanut. De nombreuses têtes couronnées liées aux Bourbons sont présentes à la cérémonie, telles que l’archiduchesse Constance d’Autriche, le duc et la duchesse de Vendôme[N 32], les princes Charles-Emmanuel et Rémy de Bourbon-Parme ou encore le représentant du duc de Calabre[155]. Selon sa volonté, la défunte est ensuite inhumée dans la chapelle familiale de Dampierre dans la 15e division du cimetière de Passy[156].

Titulature et décorations

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Emmanuelle, duchesse d'Anjou et de Ségovie
Description de l'image Grandes armes de Louis de Bourbon, Duc d'Anjou, comme successeur des Rois de France.svg.
Formules de politesse
Indirecte Son Altesse Royale
Directe Votre Altesse Royale
Alternative Madame

Titulature en Espagne

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En Espagne, les titres réguliers susceptibles d'être portés par Emmanuelle de Dampierre lui ont été accordés à partir de 1987. Les autres prédicats et titres n'ont pas d'existence juridique et sont considérés comme des titres de courtoisie.

  •  : Doña Emmanuelle de Dampierre[N 33],[157].
  •  : Son Altesse Royale la duchesse de Ségovie[158].
    • Son Excellence la duchesse de Ségovie[N 34].
  •  : Son Excellence Doña Emmanuelle de Dampierre (comme veuve d'un infant d'Espagne, n'ayant pas reçu le titre d'infante de grâce)[159],[160],[N 2].

Titulature en France

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Les titres portés actuellement par les membres de la maison de Bourbon n'ont pas d'existence juridique en France — ni le titre ducal de Ségovie[N 1] en Espagne — et sont considérés comme des titres de courtoisie. Ils sont attribués par l'aîné des Bourbons. Épouse puis veuve du duc d'Anjou et de Ségovie, Emmanuelle de Dampierre porta les titres suivants :

  •  : Mademoiselle Emmanuelle de Dampierre ;
  •  : Son Altesse Sérénissime la duchesse de Ségovie (son mari étant prince du sang royal de France) ;
  •  : Son Altesse Royale la duchesse de Ségovie (son mari étant devenu fils de France) ;
  •  : Son Altesse Royale Madame la dauphine de France, duchesse de Ségovie (son mari étant devenu dauphin de France) ;
  •  : Son Altesse Royale Madame la duchesse de Ségovie (son mari étant devenu prétendant au trône) ;
  •  : Son Altesse Royale Madame la duchesse d'Anjou et de Ségovie[9],[161],[162] ;
  •  : Son Altesse Royale Madame la duchesse d'Anjou douairière, duchesse de Ségovie ;
  •  : Son Altesse Royale Madame la duchesse d'Anjou et de Ségovie[N 3] ;
  •  : Son Altesse Royale Madame la duchesse d'Anjou douairière, duchesse de Ségovie.

Honneurs

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Armoiries

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Depuis le , Emmanuelle de Dampierre portait[166] des armoiries composées à dextre des pleines armes de France, et à senestre des armes de la maison de Dampierre, écus surmontés de la couronne fleurdelisée des rois de France.

Dans la culture populaire

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Le rôle d'Emmanuelle de Dampierre est interprété par l'actrice Fiorella Faltoyano dans le premier et le deuxième épisode de la mini-série espagnole Alfonso, el príncipe maldito (2010)[167].

Son portrait fut peint par l’artiste Alain de La Horbe, en 1945[82].

Ascendance

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16. Aymar, marquis de Dampierre, pair de France
 
 
 
 
 
 
 
8. Vicomte Henri de Dampierre
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
17. Julie Charlotte d'Abbadie de Saint-Germain
 
 
 
 
 
 
 
4. Richard de Dampierre, 1er duc de San Lorenzo Nuovo
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
18. Francis Proteus Corbin
 
 
 
 
 
 
 
9. Elizabeth Tayloe Corbin
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
19. Agnes Rebecca Hamilton
 
 
 
 
 
 
 
2. Roger de Dampierre, 2e duc de San Lorenzo Nuovo
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
20. Antoine Carraby
 
 
 
 
 
 
 
10. Pierre Étienne Carraby, avocat à la Cour d'appel de Paris
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
21. Jeanne Marie Leroy
 
 
 
 
 
 
 
5. Jeanne Marie Carraby
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
22. Charles Ybry, maire de Neuilly-sur-Seine
 
 
 
 
 
 
 
11. Marie Marguerite Ybry
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
23. Clotilde Delbar
 
 
 
 
 
 
 
1. Emmanuelle de Dampierre
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
24. Don Francesco Ruspoli, 3e prince de Cerveteri
 
 
 
 
 
 
 
12. Prince Don Bartolomeo Ruspoli
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
25. Comtesse Maria Leopoldina von Khevenhüller-Metsch
 
 
 
 
 
 
 
6. Don Emanuele Ruspoli, 1er prince de Poggio Suasa
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
26. Valerio Ratti
 
 
 
 
 
 
 
13. Carolina Ratti
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
27. Luigia Masucci
 
 
 
 
 
 
 
3. Princesse Vittoria Ruspoli de Poggio Suasa
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
28. Lewis Agur Curtis
 
 
 
 
 
 
 
14. Joseph David Beers-Curtis
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
29. Mary Elizabeth Beers
 
 
 
 
 
 
 
7. Josephine Mary Beers-Curtis
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
30. George Washington Giles
 
 
 
 
 
 
 
15. Elizabeth Shipton Giles
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
31. Elizabeth Ogden
 
 
 
 
 
 

Notes et références

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  1. 1 2 3 « Ce titre n'a jamais eu existence légale en Espagne (c'était simplement un don d'Alfonso XIII en exil, qui n'a pas été officialisé par son petit-fils et successeur le roi Juan Carlos) » : Juan Balansó, ICC : L'Intermédiaire des chercheurs et curieux, no 468, mai 1990, p. 432 (ISSN 0994-4532) (BNF 34412422).
  2. 1 2 3 4 5 L'annulation civile roumaine n’étant pas reconnue en Espagne lorsque l’infant Jacques-Henri est décédé, Emmanuelle de Dampierre est restée son épouse, puis sa veuve selon le droit espagnol jusqu’à sa propre mort en 2012.
  3. 1 2 L'administration française a délivré à Emmanuelle de Dampierre des papiers d'identité au nom de « de Dampierre, Vittoria Jeanne Emmanuelle Joseph Pierre Marie. SAR duchesse d'Anjou et Ségovie »[13].
  4. Née Joséphine Beers-Curtis, elle est la sœur d’Élisabeth Curtis, marquise de Talleyrand.
  5. De ce mariage, naît un fils Armand (1934-1953). Rylda meurt vraisemblablement en lui donnant naissance.
  6. Malgré la naissance d'une fille en 1939 (Christiane de Dampierre), ils divorcent le par le tribunal civil de la Seine.
  7. Francesco Ercole, ministre de 1932 à 1935.
  8. Pour certains auteurs, il s'agirait ainsi d'un mariage forcé. (es) « Don Alfonso, de visita en La Zarzuela: “Aquí debería estar yo” », El Mundo, (lire en ligne).
  9. Cependant, dans l'acte de mariage de son fils aîné, Emmanuelle est bien titrée Altesse Royale[57].
  10. Le mariage demeure cependant dynaste pour la Maison de Bourbon car, selon les Lois Fondamentales du Royaume de France, le mariage morganatique n'existant pas.
  11. 1 2 De son nom complet : « Gonzalo Victor Alfonso Josè Bonifacio Antonio Maria Sante de Borbon-Segovia », Josè à l'italienne et non José à l'espagnole, Sante à l'italienne et non Todos los Santos à l'espagnole. Patrick Van Kerrebrouck avec la collaboration de Christophe Brun (préf. Hervé Pinoteau), Nouvelle histoire généalogique de l’auguste maison de France, t. 4 : La maison de Bourbon - 1256-2004, 2e éd., vol. 1, p. 263-267, Villeneuve d’Ascq : Patrick Van Kerrebrouck (auto-édition), 2004, 491 p.  (ISBN 2-9501509-5-0).
  12. En espagnol : Excelentísimo señor.
  13. À savoir : « Son Excellence Madame la duchesse de Ségovie » ou « Su Excelentísima señora la duquesa de Segovia »
  14. Tout en soignant sa tuberculose osseuse par l'héliothérapie dans une clinique suisse près du lac Léman[66], Zeininger de Borja préparait la publication d'un Annuaire de la Maison de Bourbon (projet qui ne put voir le jour du fait de la mort d'Alphonse XIII), dont il légua les archives à Hervé Pinoteau, qui en reprit l'idée et la soumit au prince Jacques-Henri de Bourbon, duc d'Anjou et de Ségovie (fils aîné d'Alphonse XIII), ce qui aboutit à la parution de l’État présent de la Maison de Bourbon (sept éditions de 1975 à 2025).
  15. L'infante Béatrice et son époux Alessandro Torlonia sont les parents de trois enfants (Sandra, Marco et Marino) en 1942.
  16. L'infante Christine a épousé le comte Marone en 1940 et sont les parents d'une fille, née en 1941.
  17. Sa fille Sibilla Weiller épouse le prince Guillaume de Luxembourg en 1994 à Versailles.
  18. À l'exception de l'ancienne reine Victoire-Eugénie, laquelle demeure à Lausanne, les autres membres de la famille royale assistent à la communion d'Alphonse et Gonzalve.
  19. Lettre[85] de Georges Cattaui à Hervé Pinoteau, en date du 9 novembre 1971.
  20. De Franz Büchler et de Fritz Hippler.
  21. Était aussi présente Fr. Tiedemann, que le duc d'Anjou et de Ségovie avait épousée civilement quatre mois plus tôt.
  22. Ministre de l'Education et de la propagande nazie, du au puis Chancelier du Reich suite au suicide d'Adolf Hitler, le .
  23. Le second époux de Charlotte, Fritz Hippler, très proche de Joseph Goebbels, fut invité chez Adolf Hitler.
  24. Le duc et la duchesse de Galliera, le duc et la duchesse de Calabre, Ferdinand de Bavière, , etc.
  25. Cela s'exprime notamment par le fait que le futur Juan Carlos Ier est appelé au rang de « prince d'Espagne », et non « prince des Asturies ».
  26. Cela se traduit avec l’éducation du successeur probable de Franco, Juan Carlos.
  27. La princesse Vittoria Ruspoli, mère d’Emmanuelle, « a toujours fait de son mieux pour souligner l'aspect français de sa descendance, alors que la reine Victoire-Eugénie [la grand-mère paternelle des enfants] a toujours méprisé les légitimistes en ne répondant jamais à leurs lettres »[109].
  28. Carmen Franco est la fille unique de Francisco Franco. Elle épouse le marquis Cristóbal Martínez-Bordiú en 1950.
  29. Notamment l'épouse de Franco, Carmen Polo, et contre l'avis d'Emmanuelle et du marquis de Villaverde qui trouvent Carmen trop jeune.
  30. 1 2 (es) [vidéo] « Lazos de sangre - T7 - Carmen Martínez-Bordiú », (consulté le ).
  31. Ainsi, la duchesse d'Anjou et de Ségovie n'assiste pas aux noces des enfants de Juan Carlos et Sophie, mais est néanmoins présente aux funérailles de ses belles-sœurs Christine, Béatrice et Mercedes.
  32. Depuis 2019, Jean d’Orléans, auparavant duc de Vendôme, est devenu prétendant orléaniste au trône de France et porte depuis le titre de courtoisie de comte de Paris.
  33. Le titre de duc de San Lorenzo fut reconnu en Espagne le par décret royal.
  34. Selon l’ancien roi Alphonse XIII et son fils cadet Juan, comte de Barcelone, lesquels se basent sur la Pragmatique Sanction de 1776, bien que techniquement abolie depuis 1931, en même temps que la monarchie espagnole.
  35. Cette décoration n'est qu'une revendication, résultant du fait que le duc de Ségovie se déclara chef des ordres espagnols (dont l'ordre de la reine Marie-Louise) en 1941.
  36. Elle porte l'insigne lors de la rencontre avec le pape qui a suivi son mariage.

Références

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  1. État civil du ministère des Affaires étrangères, Nantes, acte de naissance référencé « (CSL) ROME.1913..00004. » : Patrick Van Kerrebrouck avec la collaboration de Christophe Brun (préf. Hervé Pinoteau), Nouvelle histoire généalogique de l'auguste maison de France, t. 4 : La maison de Bourbon - 1256-2004, 2e éd., vol. 1, p. 265, note 29, Villeneuve d'Ascq : Patrick Van Kerrebrouck (auto-édition), 2004, 491 p.  (ISBN 2950150950).
  2. Communiqué du décès par l'Institut Duc d'Anjou
  3. Esquela ABC, avec la date du 3 mai.
  4. Héraldique européenne... le blog
  5. Juan Balansó, L'Intermédiaire des chercheurs et curieux, no 468, mai 1990, p. 432.
  6. 1 2 Duca di San Lorenzo. Maison de Dampierre
  7. 1 2 3 Jean-Marc CARON, « Trois mariages et... plusieurs enterrements... », sur GenealogieHistoiredeFamilles.over-blog.com (consulté le ).
  8. 1 2 3 4 5 Internet Archive, Almanach de Gotha genealogy 1998. Vol.1, London : Almanach de Gotha, (ISBN 978-0-9532142-0-4, lire en ligne).
  9. 1 2 (es) HI Iberia Ingeniería y Proyectos, « Real Academia de la Historia | Historia Hispánica », sur historia-hispanica.rah.es (consulté le )
  10. 1 2 Wilde 2013, p. 127.
  11. 1 2 Wilde 2013, p. 126.
  12. 1 2 3 4 5 6 7 Apezarena 2007, p. 87.
  13. Patrick Van Kerrebrouck et avec la collaboration de Christophe Brun (préf. Hervé Pinoteau), Nouvelle histoire généalogique de l'auguste maison de France, vol. 1, t. 4 : La maison de Bourbon - 1256-2004, Villeneuve d'Ascq, Patrick Van Kerrebrouck (auto-édition), , 2e éd., 491 p. (ISBN 2-9501509-5-0), p. 265.
  14. « Communiqué : Décès d'Emmanuelle de Dampierre », sur Institut Duc d'Anjou, (version du sur archive.org).
  15. 1 2 Domingos de Araújo Affonso 1961, p. 107.
  16. 1 2 Apezarena 2007, p. 91.
  17. 1 2 3 4 5 6 Eyre 2010, p. 180.
  18. Quid, « Descendants des anciens souverains »
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Bibliographie

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Document utilisé pour la rédaction de l’article : document utilisé comme source pour la rédaction de cet article.

Œuvres

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Ouvrages généalogiques

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  • Nicolas Énache, La descendance de Marie-Thérèse de Habsburg, Paris, Éditions L'intermédiaire des chercheurs et curieux, , 795 p. (ISBN 978-2-908003-04-8). Ouvrage utilisé pour la rédaction de l'article

Presse en ligne

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Voir aussi

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Articles connexes

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Liens externes

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