ABC (journal)

journal espagnol

ABC est un quotidien espagnol, propriété de Vocento. Il est fondé en 1903 à Madrid par le marquis Torcuato Luca de Tena y Álvarez Ossorio. Journal de l'aristocratie et de la bourgeoisie, de tendance conservatrice et monarchiste, il soutient d'abord Alphonse XIII, puis Juan de Borbón, avant de se rallier à son fils, le roi Juan Carlos Ier.

ABC
Image illustrative de l’article ABC (journal)

Pays Espagne
Langue Espagnol
Périodicité Quotidien
Genre Généraliste
Prix au numéro euro
Diffusion 242 154[1] ex.
Fondateur Torcuato Luca de Tena y Álvarez Ossorio
Date de fondation
Ville d’édition Madrid

Propriétaire Vocento
ISSN 1136-0143 (Ed. Madrid), 1136-0232 (Ed. intern.)
Site web www.abc.es

À partir de 1988, ABC propose des suppléments dominicaux, dont Blanco y Negro[2], qui change plusieurs fois de nom avant de disparaître.

Histoire

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Fondation et débuts

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Couverture du .

Torcuato Luca de Tena y Álvarez Ossorio emploie Sofía Casanova comme correspondante de guerre du journal en Pologne et en Russie entre 1915 et 1936 et publiera des centaines de ses articles[3].

Le , ABC de Séville voit le jour, auquel ABC de Madrid apporte sa ligne éditoriale, ses textes et même ses pages en héliogravure. Cette édition, née dans les derniers soubresauts de la dictature de Primo de Rivera, allait finir par s'imposer au cours des années 1930 sous la direction de Juan Carretero Luca de Tena[4].

Au cours de la Deuxième République, ABC s'impose comme le leader de la presse conservatrice — une place qu'occupait jusqu'alors le journal catholique El Debate[5]. Au cours de ces années, en raison de sa ligne éditoriale conservatrice, monarchiste et antirépublicaine[6],[7], qui allait progressivement évoluer vers des positions plus antilibérales et autoritaires[8], il connait diverses vicissitudes. En , la diffusion du journal est temporairement suspendue par les autorités républicaines à la suite du coup d'État manqué mené par le général José Sanjurjo[9]. Malgré cela, il reste l'un des journaux les plus vendus de cette époque — avec un tirage de 100 000 exemplaires[10].

Sur la scène internationale, ABC adopte une ligne éditoriale favorable à l'Allemagne nazie et, en effet, peu après l'arrivée au pouvoir d'Hitler, le journal va même jusqu'à saluer certaines de ses mesures antisémites[8],[11]. C'est à cette époque que ses pages fait découvrir au public les ouvrages de propagandistes antisémites connus tels que Ferrari Billoch, Hugo Wast, le duc de la Victoria, ou encore Adolf Hitler lui-même avec son ouvrage Mein Kampf[8]. Parallèlement à ABC, la publication du magazine illustré Blanco y Negro se poursuit également.

Sous la guerre civile

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Publication d’ABC du .

Le déclenchement de la guerre civile espagnole fait que chaque édition du journal se retrouve dans un camp différent : ABC de Madrid dans le camp républicain et ABC de Séville dans le camp des insurgés, ce dernier sous la direction de Luca de Tena. Pendant le conflit, ABC de Séville connait un âge d'or, puisqu'il prend la place qu'occupait jusqu'alors l'édition principale de Madrid[12]. Entre 1936 et 1939, le journal connait une augmentation spectaculaire de son tirage[13], doublant ainsi ses ventes. De plus, certains des auteurs et intellectuels les plus importants de l'époque contribuent à ses pages. Cependant, les relations avec le pouvoir sont complexes : son directeur, Juan Carretero Luca de Tena, est démis de ses fonctions à plusieurs reprises en raison de ses démêlés avec les autorités franquistes[12].

La situation est différente pour l'édition madrilène d’ABC. Le , les locaux de Prensa Española, rue Serrano, passent sous le contrôle des travailleurs eux-mêmes[14]. Le journal est alors géré par l'Union républicaine, qui en fait son organe de presse[15]. Le journal reste fermé pendant quelques jours, avant de paraître à nouveau le avec un grand titre acclamant la République[15]. Au cours de la lutte pour la direction, Augusto Vivero, Elfidio Alonso et Mariano Espinosa se sont succédé[16].

Dictature de Franco

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La loi sur la presse du , rédigée par Ramón Serrano Súñer, va supprimer la presse républicaine, transformant l'ensemble de la presse restante en une institution au service de l'État, vecteur des valeurs officielles et instrument d'endoctrinement politique. Dans ce contexte, ABC devient l'un des journaux les plus importants pour le maintien de la dictature. À certaines périodes du franquisme, ABC atteint même un tirage de 100 000 exemplaires — à l'instar d’autres quotidiens publiés à Madrid, tels que Pueblo (es) ou Ya[17]. Pendant les années de la Seconde Guerre mondiale, il adopte une position qui oscillait parfois entre la germanophilie et l'anglophilie. À l'instar d’autres journaux de l'époque, il va jusqu'à publier une rubrique intitulée Cartas de Berlín Lettres de Berlin »), rédigée par l'ambassade allemande elle-même[18]. Entre 1967 et 1970, sous la direction de Torcuato Luca de Tena, le journal connait son apogée et atteint un tirage de 200 000 exemplaires[19].

Quant à ABC de Séville, il reste le plus important de la région andalouse et l'un des plus lus — notamment dans les provinces de Cadix, Séville et Huelva[20]. Vers 1964, son tirage s'élève à 45 828 exemplaires, un chiffre qui va continuer à augmenter jusqu'au début des années 1970[20]. C'est dans ses ateliers que est publiée, à partir de 1943, l'édition sévillane de la Hoja del Lunes[21]. Dans les dernières années du franquisme, ABC en vient même à rivaliser avec son concurrent, El Correo de Andalucía[20].

Transition et démocratie

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Dans les ateliers sévillans d’ABC, le journal vient à imprimer, fin 1976, un quotidien du soir à vocation sévillane, Informaciones de Andalucía, qui connait toutefois une existence éphémère et finit par être un échec auprès du public[22]. ABC de Séville connait un plus grand succès durant ces années, sous la direction de Nicolás Salas[22].

Sous la transition démocratique, ABC connait un renouveau sous la direction de Luis María Anson. Certains auteurs ont souligné sa proximité idéologique et éditoriale avec le Parti populaire, et autrefois avec l'Alliance populaire[23]. Ainsi, en 2005, il est le troisième journal le plus vendu d'Espagne et le plus ancien de Madrid.

En , le conseil d’administration d’ABC nomme Ángel Expósito au poste de directeur[24]. Le 11 février, le recrutement de l'équipe de direction du quotidien La Razón est annoncé. Ce changement de direction est suivi d'une augmentation significative des ventes au cours de cette année-là[25]. Le , Bieito Rubido Ramonde remplace Ángel Expósito Mora à la tête du journal[26]. Il est présidé par Guillermo Luca de Tena jusqu’en 1998, date à laquelle celui-ci est remplacé par Nemesio Fernández-Cuesta[27], qui meurt en 2009[28]. Sa directrice de la rédaction est, également depuis 1998, Catalina Luca de Tena y García-Conde[27].

Ligne éditoriale

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Sa ligne éditoriale est généralement reconnue comme catholique, monarchiste et politiquement de droite. ABC a un style particulier : les pages sont agrafées, avec une grande photo à la une. Il est le doyen des quotidiens espagnols édités à Madrid.

Notes et références

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(es) Cet article est partiellement ou en totalité issu de l’article de Wikipédia en espagnol intitulé « ABC (periódico) » (voir la liste des auteurs).
  1. (es) OJD, « ABC » (consulté le ).
  2. La revue Blanco y Negro, créée en 1891, donne lieu à la création de la maison d'édition Prensa Española, par la suite rebaptisé Vocento, et est dans les locaux du journal ABC actuel.
  3. (es) « «Azules son las horas», ¿quién es Sofía Casanova? », sur abc, (consulté le )
  4. Reig García 2011, p. 124.
  5. Checa Godoy 1989, p. 27.
  6. Checa Godoy 1989, p. 277.
  7. Barrera 1995, p. 25.
  8. 1 2 3 Álvarez Chillida 2002, p. 326.
  9. Pérez Mateos 2002, p. 199-202.
  10. Checa Godoy 1989, p. 28.
  11. Rozenberg 2010, p. 102-103.
  12. 1 2 Reig García 2011, p. 143.
  13. Reig García 2011, p. 137-138.
  14. Langa Nuño 2007, p. 73-74.
  15. 1 2 Langa Nuño 2007, p. 74.
  16. Langa Nuño 2007, p. 74-76.
  17. Sevillano Calero 1998, p. 94.
  18. Pérez Mateos 2002, p. 277.
  19. Álvarez Chillida 2002, p. 382.
  20. 1 2 3 Reig García 2011, p. 156.
  21. Reig García 2011, p. 157.
  22. 1 2 Reig García 2011, p. 181.
  23. (en) Frank R, Laura Baumgartner, Chaqués Bonafont, « Newspaper Coverage of Political Parties in Spain » [PDF], University of North Carolina at Chapel Hill / Universitat de Barcelona and Institut Barcelona d’Estudis Internacionals (IBEI), (consulté le ).
  24. (es) « Ángel Expósito, director de ABC en sustitución de José Antonio Zarzalejos », sur ABC, .
  25. (es) « ABC es el periódico nacional que más aumenta sus ventas en 2008 », sur ABC, .
  26. (es) « Bieito Rubido, nuevo director de 'Abc' », sur El País, Madrid, .
  27. 1 2 (es) « La cuarta generación de los Luca de Tena se hace cargo de "Abc" », sur El País, .
  28. (es) « Nemesio Fernández Cuesta, ministro de Franco », sur El Mundo, Madrid, .

Annexes

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Bibliographie

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  • (es) Gonzalo Álvarez Chillida, El Antisemitismo en España. La imagen del judío (1812-2002), Madrid, Marcial Pons, (ISBN 978-84-95379-49-8).
  • (es) Carlos Barrera, Periodismo y Franquismo. De la censura a la apertura, Barcelone, Ediciones Internacionales Universitarias, .
  • (es) Antonio Checa Godoy, Prensa y partidos políticos durante la II República, Universidad de Salamanca, (ISBN 9788474815214).
  • Presse et pouvoir en Espagne, 1868-1975: colloque international de Talence, 26-27 novembre, 1993, , 83-98 p. (ISBN 9782909596112, lire en ligne), « Prensa de opinión / prensa de información ».
  • (es) Concha Langa Nuño, De cómo se improvisó el franquismo durante la Guerra Civil: la aportación del ABC de Sevilla, Centro de Estudios Andaluces, (ISBN 9788461153336).
  • (es) Pedro Montoliú, Madrid en la guerra civil: La historia, Madrid, Sílex, (ISBN 84-7737-072-9).
  • (es) Víctor Olmos, Historia del ABC, Barcelone, Plaza y Janés, (ISBN 84-01-37814-1).
  • (es) Juan Antonio Pérez Mateos, ABC. Historia íntima del diario, Libro-Hobby-Club, .
  • (es) Alejandro Pizarroso Quintero, « El periodismo en el primer tercio del siglo XX », Arbor, vol. 186, no extra, , p. 45-54 (ISSN 0210-1963, DOI 10.3989/arbor.2010.extrajunion3005, lire en ligne).
  • (es) Concha Langa Nuño, La comunicación en Andalucía: Historia, estructura y nuevas tecnologías, Séville, (ISBN 978-84-939078-0-8), « La prensa en la guerra civil y el franquismo (1936-1966) », p. 129-161.
  • (es) Danielle Rozenberg, La España contemporánea y la cuestión judía: retejiendo los hilos de la memoria y de la historia, Madrid, Casa Sefarad-Israel y Marcial Pons Historia, (ISBN 978-84-92820-20-7).
  • (es) « El diario madrileño ABC y los humoristas españoles: el concurso "del ingenio español" de 1928 », Artigrama: Revista del Departamento de Historia del Arte de la Universidad de Zaragoza, no 17, , p. 419-446 (ISSN 0213-1498, lire en ligne).

Articles connexes

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Liens externes

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