Entada africana

espèce de plantes

Entada africana est une espèce de plantes à fleurs de la famille des Fabaceae. Elle se présente sous la forme d’un arbuste ou d’un petit arbre des régions tropicales à saison sèche. Son aire de répartition naturelle s’étend de l’Afrique de l’Ouest à l’Éthiopie et à l’Ouganda[2].

Entada africana
Description de cette image, également commentée ci-après
Fruit d’Entada africana.
Classification POWO
Règne Plantae
Ordre Fabales
Famille Fabaceae
Sous-famille Caesalpinioideae
Genre Entada

Espèce

Entada africana
Guill. & Perr., 1832

Synonymes

  • Entada sudanica Schweinf.
  • Entada ubanguiensis De Wild.
  • Entadopsis sudanica (Schweinf.) G.C.C.Gilbert & Boutique
  • Pusaetha africana (Guill. & Perr.) Kuntze
  • Pusaetha sudanica (Schweinf.) Kuntze

Statut de conservation UICN

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LC [1] : Préoccupation mineure

Différentes parties de la plante sont employées dans les médecines traditionnelles africaines. Les recherches consacrées à ses constituants chimiques et à leurs activités biologiques reposent toutefois principalement sur des expériences réalisées in vitro ou sur des animaux[3].

Description

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Entada africana est un arbuste ou un petit arbre non grimpant, le plus souvent de taille modeste, mais pouvant atteindre environ 15 m de hauteur. Le tronc est généralement court et porte une cime étalée. L’écorce, grisâtre à gris-jaune, est épaisse, liégeuse, fissurée et parfois écailleuse. Contrairement à plusieurs autres espèces du genre Entada, l’espèce ne développe pas de vrilles[4],[5],[6].

Les feuilles sont alternes et bipennées. Elles comportent généralement de trois à neuf paires de pennes, portant chacune de huit à vingt-quatre paires de folioles. Les folioles, oblongues-elliptiques à obovales-oblongues, mesurent de 0,9 à 4,5 cm de longueur et de 0,3 à 1,3 cm de largeur. Leur sommet est arrondi et leur surface est glabre ou légèrement pubescente[6],[4].

Les fleurs, de couleur blanc crème à jaunâtre, sont regroupées en racèmes supra-axillaires longs de 6,5 à 15 cm. Les inflorescences sont solitaires ou réunies en petits groupes[6],[5].

Le fruit est une grande gousse aplatie et brunâtre, mesurant généralement de 15 à 40 cm de longueur et de 5 à 8 cm de largeur. À maturité, la gousse se fragmente transversalement en articles indéhiscents contenant chacun une graine[5],[6].

Répartition et habitat

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L’espèce est indigène d’une grande partie de l’Afrique tropicale. Son aire de répartition s’étend de la Mauritanie, du Sénégal, de la Gambie et de la Guinée-Bissau, à l’ouest, jusqu’à l’Éthiopie et à l’Ouganda, à l’est. Elle est également présente au Bénin, au Burkina Faso, au Cameroun, en République centrafricaine, au Tchad, en république démocratique du Congo, au Ghana, en Guinée, en Côte d’Ivoire, au Mali, au Niger, au Nigeria, au Soudan du Sud et au Togo[2].

Entada africana pousse principalement dans les savanes soudaniennes et soudano-guinéennes, les boisements clairs, les jachères et les autres formations végétales ouvertes soumises à une saison sèche marquée. En Afrique de l’Ouest, elle est notamment rencontrée sur les bas de pente, dans les dépressions et sur les terrains où les réserves en eau du sol demeurent relativement accessibles pendant la saison sèche[4],[6].

Écologie

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Dans les zones soudaniennes d’Afrique de l’Ouest, Entada africana perd ses feuilles pendant une partie de la saison sèche. La floraison accompagne souvent l’apparition des nouvelles feuilles vers la fin de cette saison. Au Nigeria, la floraison et la feuillaison ont notamment été signalées entre février et avril[4],[3].

L’espèce possède une capacité de régénération par rejets de souche après la coupe. Une expérimentation conduite pendant treize ans dans des savanes boisées du Burkina Faso a montré que l’application annuelle de feux précoces réduisait la mortalité des rejets d’Entada africana dans les parcelles non pâturées. Sous pâturage, la différence entre les parcelles brûlées et non brûlées était moins marquée. Ces observations concernent donc les rejets soumis à un régime de feu précoce particulier et non l’ensemble des stades de développement ou des types de feux[7].

Des nodules racinaires ont par ailleurs été observés sur des individus d’Entada africana en Guinée. Cette observation montre que l’espèce peut établir une symbiose avec des rhizobiums, bactéries associées à la fixation biologique de l'azote chez de nombreuses Fabaceae[8].

Taxonomie

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L’espèce est décrite par les botanistes français Jean-Baptiste Guillemin et George Samuel Perrottet. Le nom Entada africana est publié en 1832 dans la Florae Senegambiae Tentamen[2].

Pusaetha africana (Guill. & Perr.) Kuntze est un synonyme homotypique, fondé sur le même matériel-type que le nom accepté. Les noms Entada sudanica, Entada ubanguiensis, Entadopsis sudanica et Pusaetha sudanica sont des synonymes hétérotypiques, fondés sur des types nomenclaturaux différents[2].

Les classifications phylogénétiques contemporaines placent le genre Entada dans le clade des mimosoïdes, au sein de la sous-famille des Caesalpinioideae. Le genre était auparavant rattaché à la sous-famille des Mimosoideae, voire traité dans la famille distincte des Mimosaceae[9].

Étymologie

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L’origine du nom générique Entada est rapportée de différentes manières. Certaines sources le rattachent à un nom vernaculaire du Malabar employé par le naturaliste néerlandais Hendrik van Rheede, tandis que d’autres le font dériver du mot portugais dentado, signifiant « denté »[10],[11]. L’épithète spécifique africana est la forme latine féminine signifiant « africaine ».

Noms vernaculaires

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En raison de sa vaste répartition et de ses nombreux usages, l’espèce possède plusieurs noms vernaculaires. Parmi les noms relevés figurent « samanere » en bambara, « seônego » et « sapâarga » en mooré, « mbatiari » en peul ou pulaar, ainsi que « bu salel » dans l’arabe parlé au Sénégal. Les graphies peuvent varier selon les régions et les systèmes de transcription employés[12],[13].

Usages traditionnels

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Plusieurs parties de la plante, notamment les racines, l’écorce et les feuilles, entrent dans des préparations médicinales traditionnelles. Une revue de la littérature publiée en 2019 rapporte des usages contre les fièvres, les douleurs, les plaies ainsi que certaines affections digestives et hépatiques[3].

Dans le nord du Bénin, les feuilles sont employées traditionnellement dans des préparations destinées aux plaies, aux fractures et aux entorses, ainsi qu’aux douleurs qui leur sont associées[14].

Autres usages

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Le bois est employé pour de petits travaux de menuiserie, la confection d’objets usuels et comme combustible. L’écorce peut fournir des fibres, tandis que les feuilles sont consommées comme fourrage. Les bases consacrées aux plantes utiles d’Afrique tropicale recensent également l’espèce parmi les ressources végétales à usages médicinaux, ligneux, fourragers, fibreux et énergétiques[15],[3].

Phytochimie et recherches pharmacologiques

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Plusieurs catégories de composés ont été identifiées dans la plante, notamment des saponines triterpéniques, des polysaccharides, des stérols et différents composés phénoliques[3].

Une étude publiée en 2022 a isolé onze composés phénoliques dans un extrait hydroalcoolique de feuilles. Parmi ceux-ci figurent notamment l’acide gallique, la catéchine, l’aromadendrine et plusieurs dérivés de la quercétine, de la naringénine et de la myricétine. Certains de ces composés ont réduit la libération de cytokines pro-inflammatoires dans un modèle in vitro utilisant des kératinocytes humains stimulés par le TNF-α[14].

Un extrait aqueux de racines a par ailleurs été étudié dans un modèle d’endométriose provoquée expérimentalement chez le rat. Les auteurs ont observé une réduction de la croissance des implants et de certains signes associés à la maladie[16].

Conservation

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Entada africana est classée dans la catégorie « Préoccupation mineure » (LC) de la liste rouge de l’Union internationale pour la conservation de la nature. L’évaluation a été publiée en 2019[17].

Notes et références

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  1. ↑ (en) Botanic Gardens Conservation International et IUCN SSC Global Tree Specialist Group, « Entada africana », sur The IUCN Red List of Threatened Species, (DOI 10.2305/IUCN.UK.2019-2.RLTS.T144292247A149028600.en, consulté le )
  2. 1 2 3 4 (en) « Entada africana Guill. & Perr. », sur Plants of the World Online, Royal Botanic Gardens, Kew (consulté le )
  3. 1 2 3 4 5 (en) Amina J. Yusuf et Muhammad I. Abdullahi, « The phytochemical and pharmacological actions of Entada africana Guill. & Perr. », Heliyon, vol. 5, no 9,‎ , e02332 (DOI 10.1016/j.heliyon.2019.e02332)
  4. 1 2 3 4 Michel Arbonnier, Arbres, arbustes et lianes des zones sèches d'Afrique de l'Ouest, Quae et Muséum national d'histoire naturelle,
  5. 1 2 3 Jean Berhaut, Flore illustrée du Sénégal, t. IV, Dakar, Gouvernement du Sénégal, Direction des Eaux et Forêts, , p. 521
  6. 1 2 3 4 5 (en) « Entada africana Guill. & Perr. », sur World Flora Online (consulté le )
  7. ↑ (en) Sidzabda Djibril Dayamba, Patrice Savadogo, Louis Sawadogo, Didier Zida, Daniel Tiveau et Per Christer Odén, « Dominant species’ resprout biomass dynamics after cutting in the Sudanian savanna-woodlands of West Africa: long-term effects of annual early fire and grazing », Annals of Forest Science, vol. 68, no 3,‎ , p. 555-564 (DOI 10.1007/s13595-011-0055-5)
  8. ↑ (en) Moussa Diabaté, Antonio Munive, Sérgio Miana de Faria, Amadou Ba, Bernard Dreyfus et Antoine Galiana, « Occurrence of nodulation in unexplored leguminous trees native to the West African tropical rainforest and inoculation response of native species useful in reforestation », New Phytologist, vol. 166, no 1,‎ , p. 231-239 (DOI 10.1111/j.1469-8137.2005.01318.x)
  9. ↑ (en) Shawn A. O’Donnell, Jens J. Ringelberg et Gwilym P. Lewis, « Re-circumscription of the mimosoid genus Entada including new combinations for all species of the phylogenetically nested Elephantorrhiza (Leguminosae, Caesalpinioideae, mimosoid clade) », PhytoKeys, no 205,‎ , p. 99-145 (DOI 10.3897/phytokeys.205.76790)
  10. ↑ (en) « Entada spiralis », sur Flora & Fauna Web, National Parks Board, Singapore (consulté le )
  11. ↑ (en) « Entada rheedii », sur PlantZAfrica, South African National Biodiversity Institute (consulté le )
  12. ↑ « Entada africana Guill. & Perr., Fabaceae », sur PRELUDE, Société française d’ethnopharmacologie (consulté le )
  13. ↑ (en) « Entada africana », sur JSTOR Global Plants, JSTOR (consulté le )
  14. 1 2 (en) Nonvignon Murielle Codo Toafode, Peter Marquardt, Virgile Ahyi, Karin Fester, Verena Spiegler et Cica Vissiennon, « Anti-Inflammatory Potential of Phenolic Compounds Isolated From Entada africana Guill. & Perr. Used in the Republic of Benin », Frontiers in Pharmacology, vol. 13,‎ , p. 931240 (DOI 10.3389/fphar.2022.931240)
  15. ↑ (en) « Entada africana Guill. & Perr. », sur PROTA4U, Plant Resources of Tropical Africa (consulté le )
  16. ↑ (en) Marie Alfrede Mvondo, Stéphane Minko Essono, Francis Désiré Bomba Tatsinkou, Sylvin Benjamin Ateba et Dieudonné Njamen, « The Root Aqueous Extract of Entada africana Guill. et Perr. (Mimosaceae) Inhibits Implant Growth, Alleviates Dysmenorrhea, and Restores Ovarian Dynamic in a Rat Model of Endometriosis », Evidence-Based Complementary and Alternative Medicine,‎ , p. 8563909 (DOI 10.1155/2017/8563909)
  17. ↑ « IUCN Red List of Threatened Species: Entada africana », IUCN Red List of Threatened Species,‎ (lire en ligne [archive du ], consulté le )

Voir aussi

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Liens externes

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