Ernest Sauvinet
Léon-Ernest Sauvinet, également appelé Ernest Sauvinet, né le à Vincennes et mort le à Paris, est un naturaliste français, assistant de zoologie au Muséum national d'histoire naturelle.
| Nom de naissance | Léon Ernest Sauvinet |
|---|---|
| Naissance |
Vincennes, France |
| Décès |
(à 60 ans) 5e arrondissement de Paris, France |
| Nationalité | Française |
| Domaines | Zoologie, ornithologie, histoire naturelle |
|---|---|
| Institutions | Muséum national d'histoire naturelle |
| Renommé pour | Participation à la Mission scientifique française du cap Horn ; travaux à la Ménagerie du Jardin des plantes |
| Distinctions | Chevalier de la Légion d'honneur ; officier de l'Instruction publique ; chevalier du Mérite agricole |
Préparateur-collecteur de la Mission scientifique française du cap Horn de 1882-1883, à bord de La Romanche, il poursuit ensuite sa carrière au Muséum, notamment à la ménagerie du Jardin des plantes, où il travaille pendant plusieurs décennies[1].
Biographie
modifierOrigines et famille
modifierLéon Ernest Sauvinet naît le 30 novembre 1861 à Vincennes, alors dans le département de la Seine. Il est le fils d'Henri Ernest Sauvinet et d'Émilie Mathilde Éléonore Denuelle[2].
Il épouse Jeanne Marie Louise Vidal le 1er juillet 1896 dans le 5e arrondissement de Paris. L'acte de mariage le désigne alors comme préparateur de zoologie au Muséum et domicilié 47 rue Cuvier[3]. Jeanne Marie Louise Vidal est née à Paris le 24 janvier 1876[3].
Le couple a trois enfants : Geneviève Mathilde Marie Sauvinet, née le 11 août 1897 ; Jean Ernest Marie Sauvinet, né le 19 septembre 1898 ; et René Gaston Marie Sauvinet, né le 20 février 1901[4]. À partir de 1901, Sauvinet bénéficie d'un logement gratuit au Muséum national d'histoire naturelle[5].
Mission scientifique du cap Horn
modifierSauvinet participe comme préparateur-collecteur à la Mission scientifique française du cap Horn, conduite en 1882-1883 à bord de La Romanche[1]. En 1882, la presse mentionne qu'il est autorisé à faire partie de l'expédition du cap Horn comme préparateur du Muséum[6].
Dans une lettre adressée le 18 mai 1884 au secrétaire général de la Société de géographie, Sauvinet revient sur son rôle dans la mission. Il indique avoir quitté Cherbourg le 17 juillet 1882 à bord de La Romanche, puis avoir atteint la Baie Orange, dans l'île d'Hoste, le 6 septembre suivant[7].
Dans cette même lettre, il écrit avoir assisté, le 6 décembre 1882, au passage de Vénus, événement astronomique qui constitue l'un des objectifs scientifiques majeurs de l'expédition. Il décrit également ses travaux de terrain : excursions, collectes destinées à enrichir les collections d'histoire naturelle, observations relatives au sol, aux crustacés, aux oiseaux et aux mammifères, ainsi que des recherches anthropologiques et ethnographiques[7].

Sauvinet mentionne enfin la réalisation de moulages de Fuégiens, effectuée avec le docteur Paul Hyades. Ces moulages, pris « sur le vif » selon sa lettre, sont destinés aux collections scientifiques et à l'exposition de la mission[7].
À son retour, Sauvinet est cité parmi les explorateurs du Talisman et de La Romanche auxquels l'Académie des sciences attribue une médaille d'honneur[8],[9].
Carrière au Muséum
modifierAttaché au Muséum national d'histoire naturelle, Sauvinet exerce notamment comme préparateur dans les chaires de zoologie. Il travaille sur les insectes et les crustacés, puis sur les mammifères et les oiseaux, avant d'être détaché au service de la ménagerie[1].
En 1894, il est envoyé par Alphonse Milne-Edwards, directeur du Muséum, dans le sud oranais, à Mécheria, afin de rapporter une collection vivante d'antilopes et de mouflons à manchettes destinés à la ménagerie[1]. La presse mentionne également son retour d'Oran avec plusieurs animaux, dont un grand-duc, des mouflons à manchettes, des antilopes et une caisse de scorpions[10].
La presse parisienne de la Belle Époque le présente régulièrement comme l'une des figures de la ménagerie du Jardin des plantes. Elle le décrit notamment comme chargé des soins donnés aux animaux, intervenant auprès des fauves, des pachydermes, des singes ou des reptiles[11],[12],[13].
En 1902, il est cité avec Milne-Edwards lors de l'arrivée au Jardin des plantes de deux lions offerts par le roi Menelik II au président de la République française[14].
Lors de la crue de la Seine de 1910, Sauvinet reçoit des félicitations pour les services rendus au sauvetage des animaux du Muséum[1].
Incidents liés aux animaux de la ménagerie
modifierSauvinet apparaît dans plusieurs récits de presse liés aux animaux de la ménagerie. En 1892, alors qu'il se trouve devant la loge de l'éléphant Saïd, celui-ci le saisit avec sa trompe et lui tord le poignet[15].
En 1905, lors de la mort du gardien François-Xavier Neff, étouffé par Saïd, la presse rapporte que Sauvinet intervient avec le docteur Sarvet pour tenter de dégager la victime[16].
Sociétés savantes et réseaux scientifiques
modifierSauvinet est membre de la Société zoologique de France, où il est mentionné à la fin des années 1880 comme préparateur au Muséum[17].
Il figure également dans un ensemble iconographique relatif au Congrès international de zoologie de 1889, conservé dans la collection de portraits de la Bibliothèque centrale du Muséum national d'histoire naturelle[18].
Sauvinet est aussi membre de la société des Amis de l'Éléphant, fondée au début du XXe siècle autour de la protection, de l'étude et de la domestication de l'éléphant d'Afrique[1]. Les travaux consacrés à cette société le citent parmi les savants du Muséum qui en sont membres, aux côtés notamment d'Albert Gaudry et d'Édouard Trouessart[19].
Mort
modifierLéon-Ernest Sauvinet meurt le 26 septembre 1922, à treize heures, à son domicile du 47 rue Cuvier, dans le 5e arrondissement de Paris[2]. Son acte de décès le désigne comme assistant de zoologie au Muséum d'histoire naturelle et chevalier de la Légion d'honneur. Il est alors l'époux de Jeanne Marie Louise Vidal[2].
L'acte est dressé le lendemain, 27 septembre 1922, sur la déclaration de Fernand Mattern et Charles Langlet, employés domiciliés 9 place du Panthéon[2]. Une notice nécrologique publiée dans Le Petit Journal le présente comme un naturaliste ayant consacré quarante-deux ans de sa vie au Muséum national d'histoire naturelle, dont trente ans à la ménagerie[20].
Ses obsèques ont lieu en l'église Saint-Médard, à Paris, et son inhumation au cimetière du Montparnasse[20].
Publications
modifierLe Comité des travaux historiques et scientifiques mentionne notamment les publications suivantes[1] :
- Souvenirs d'enfance. Fauvettes et serins, 1905 ;
- Liste des ouvrages et mémoires publiés par M. E. Oustalet, avec Joseph Deniker, 1906 ;
- Ménagerie du Muséum. Oiseaux, 1914-1915.
Distinctions
modifier- Médaille d'honneur de l'Académie des sciences, attribuée collectivement aux explorateurs du Talisman et de La Romanche en 1884[8] ;
- Officier de l'Instruction publique, 13 juillet 1893[1] ;
- Chevalier du Mérite agricole, 3 septembre 1907[1] ;
- Chevalier de la Légion d'honneur, nommé par décret du 30 juillet 1914,sous le ministère de Victor Augagneur puis reçu dans l'ordre le 26 août 1915 par Edmond Perrier, directeur du Muséum national d'histoire naturelle[21].
Iconographie
modifierLa Bibliothèque nationale de France conserve un portrait photographique de Sauvinet réalisé par le photographe Verneuil, installé 34 rue Dauphine à Paris. Le portrait est conservé avec son verso annoté, qui identifie « Léon Ernest Sauvinet » et indique son lien avec la Mission scientifique française du cap Horn[7].
Le même ensemble comprend une lettre autographe adressée par Sauvinet, le 18 mai 1884, au secrétaire général de la Société de géographie. Dans cette lettre, il revient sur sa participation à la mission du cap Horn, ses travaux de collecte naturaliste, ainsi que sur les recherches anthropologiques et ethnographiques conduites avec le docteur Paul Hyades[7].
Notes et références
modifier- 1 2 3 4 5 6 7 8 9 « SAUVINET Léon-Ernest », sur Comité des travaux historiques et scientifiques (consulté le ).
- 1 2 3 4 « Acte de décès de Léon Ernest Sauvinet, Paris 5e arrondissement, 27 septembre 1922, acte n° 1914, cote 5D 233 », sur Archives de Paris (consulté le ).
- 1 2 « Acte de mariage de Léon Ernest Sauvinet et Jeanne Marie Louise Vidal, Paris 5e arrondissement, 1er juillet 1896, acte n° 533 », sur Archives de Paris (consulté le ).
- ↑ « Table des naissances Sauvinet, Paris 5e arrondissement, Geneviève Mathilde Marie, Jean Ernest Marie et René Gaston Marie Sauvinet, cote D1M9 179 », sur Archives de Paris (consulté le ).
- ↑ « SAUVINET Léon, Ernest », sur OpenEdition Books, Publications scientifiques du Muséum national d'histoire naturelle (consulté le ).
- ↑ « Au jour le jour », Le Petit Moniteur universel, , p. 3 (lire en ligne, consulté le ).
- 1 2 3 4 5 « Léon Ernest Sauvinet : photographie et lettre autographe », sur Gallica, Bibliothèque nationale de France (consulté le ).
- 1 2 « Académie des sciences », Paris, , p. 3 (lire en ligne, consulté le ).
- ↑ « Académie des sciences », Gazette nationale ou le Moniteur universel, , p. 3 (lire en ligne, consulté le ).
- ↑ « Au Jardin des Plantes », L'Écho rochelais, , p. 3 (lire en ligne, consulté le ).
- ↑ « Courrier de Paris », L'Univers illustré, , p. 2 (lire en ligne, consulté le ).
- ↑ « Sale bête ! », La Libre Parole, , p. 1 (lire en ligne, consulté le ).
- ↑ « La vie chère chez les bêtes », Le Carnet de la semaine, , p. 8 (lire en ligne, consulté le ).
- ↑ « Les lions de Ménélick », La Presse, , p. 3 (lire en ligne, consulté le ).
- ↑ « La vengeance de l'éléphant », La Cocarde, , p. 3 (lire en ligne, consulté le ).
- ↑ « Un drame au Jardin des Plantes », Le Journal, , p. 6 (lire en ligne, consulté le ).
- ↑ Bulletin de la Société zoologique de France, (lire en ligne).
- ↑ « [Po. 2998 GF] [Congrès international de Zoologie] », sur Calames, Agence bibliographique de l'enseignement supérieur / Muséum national d'histoire naturelle (consulté le ).
- ↑ « La société des Amis de l’éléphant : protéger, réglementer, domestiquer (1905-1911) », dans Des animaux et des hommes, Éditions du Comité des travaux historiques et scientifiques, (lire en ligne).
- 1 2 « Un naturaliste apprécié », Le Petit Journal, , p. 2 (lire en ligne, consulté le ).
- ↑ « SAUVINET Léon Ernest, dossier de Légion d'honneur, notice c-216851 », sur Base Léonore, Archives nationales (consulté le ).
Voir aussi
modifierArticles connexes
modifier- Muséum national d'histoire naturelle
- Ménagerie du Jardin des plantes
- Mission scientifique française du cap Horn
- La Romanche
- Transit de Vénus de 1882
- Société de géographie
- Société zoologique de France
- Congrès international de zoologie
- Saïd (éléphant)
- Les Amis de l'Éléphant
- Alphonse Milne-Edwards
- Paul Hyades
Liens externes
modifier- Notice de Léon-Ernest Sauvinet sur le site du Comité des travaux historiques et scientifiques
- Dossier de Légion d'honneur de Léon Ernest Sauvinet sur la base Léonore
- Portrait photographique et lettre autographe de Léon Ernest Sauvinet sur Gallica
- Notice Calames relative au Congrès international de zoologie de 1889