Eugène Albertini

historien, latiniste et épigraphiste français (1880-1941)

Eugène Albertini, né le à Compiègne (Oise)[1], mort le à Paris (2e arrondissement)[2], est un enseignant en littérature latine et un historien spécialiste de l'Afrique du Nord romaine et un épigraphiste de textes latins.

Eugène Albertini
Fonction
Membre de l'École française de Rome
-
Biographie
Naissance
Décès
Nom de naissance
Eugène François AlbertiniVoir et modifier les données sur Wikidata
Nationalité
Domiciles
Formation
Activités
Autres informations
A travaillé pour
Membre de
Conflit
Distinction

Biographie

modifier

Eugène François Albertini est issu d'une famille d'origine corse.

Son père, François Albertini, né en 1846 à Casaglione (Corse-du-Sud), mort en 1918 à Compiègne, est enseignant de collège[3].

Eugène Albertini effectue ses études supérieures en classes préparatoires littéraires au lycée Henri-IV à Paris (5e arrondissement). En 1900, il est reçu à l'École normale supérieure. En 1903, il est reçu, le premier, à l'agrégation de lettres[4]. Entre 1903 et 1906, il est étudiant à l'École française de Rome, où il rédige un mémoire sur l'Histoire des travaux publics sous le règne de l’empereur Claude[3],[5].

Entre 1906 et 1909, Eugène Albertini est successivement nommé enseignant au lycée de Nantes puis au lycée de Vesoul. En 1909, il devient membre de l'Institut des hautes études hispaniques[3],[6].

Durant la Grande Guerre, Eugène Albertini est mobilisé au sein du 13e régiment territorial d'infanterie. Au terme du conflit, il est élevé au grade de lieutenant, est cité à deux reprises à l'ordre du jour de son régiment, et reçoit la croix de guerre[7].

En 1919, Eugène Albertini est nommé professeur à l'université de Fribourg (Suisse). En 1920, il succède à Jérôme Carcopino comme professeur des Antiquités de l'Afrique à la faculté des lettres d'Alger.

Il soutient ses thèses de doctorat en 1923, la principale sur La composition dans les ouvrages philosophiques de Sénèque et la secondaire sur Les divisions administratives de l’Espagne (il était habituel de soutenir deux thèses en passant son doctorat). De 1923 à 1932, il est directeur des Antiquités de l'Algérie et collabore en cette qualité au Corpus des Inscriptions latines d'Algérie[8].

En 1932, il rentre en France et de 1932 à 1935, il est titulaire de la chaire de civilisation romaine au Collège de France. Mais il retourne tous les ans en Algérie pour visiter les sites de fouilles en qualité d'Inspecteur des Musées et des Antiquités en Algérie. Puis en 1936 et 1937, il est chargé du cours d'histoire romaine à la Faculté des lettres de Rio de Janeiro, nouvellement créée[9].

Il a publié de nombreux articles sur les Antiquités de l'Algérie dans le Bulletin archéologique du Comité des travaux historiques, les Comptes rendus de l'Académie des inscriptions et belles-lettres, le Journal des savants – où il fait paraître en 1928 une importante étude sur des actes de vente de l'époque vandale (Ve siècle) découverts dans la région de Tébessa (ces documents sont connus depuis sous le nom de Tablettes Albertini) –, la Revue africaine, le Recueil de la Société archéologique de Constantine, le Bulletin de la Société de géographie d'Oran, etc.[9]

Distinctions

modifier

Principales publications

modifier
  • Eugène Albertini, « Sculptures antiques du Conventus Tarraconensis », Anuari de l'Institut d'estudis catalans, vol. 4,‎ , p. 323-474 (ISSN 1135-6960, lire en ligne).
  • Eugène Albertini, L'Afrique romaine : notes prises aux conférences, Alger, Imprimerie orientale Fontana Frères, (lire en ligne).
  • Eugène Albertini, La composition dans les ouvrages philosophiques de Sénèque, Paris, E. de Boccard, .
  • Eugène Albertini, Les divisions administratives de l'Espagne romaine, Paris, E. de Boccard, .
  • Eugène Albertini, L'Empire romain, Paris, F. Alcan, .
  • Eugène Albertini, Georges Marçais et Georges Yver, L'Afrique du Nord française dans l'histoire, Paris, Archat, .

Notes et références

modifier
  1. ↑ Archives départementales de l'Oise, « État civil de Compiègne, registre des naissances et des décès du 9 août au 7 décembre 1881, vue 86 / 155, 3E159 / 111 » Accès libre, sur https://archives.oise.fr (consulté le )
  2. ↑ Archives de Paris, « État civil du 2e arrondissement, registre des décès du 2 janvier au 7 juillet 1941, vue 9 / 31, 2D 115 » Accès libre, sur https://archives.paris.fr (consulté le )
  3. 1 2 3 Christophe Charle et Eva Telkes, « 1. Albertini (Eugène, François) », Publications de l'Institut national de recherche pédagogique, vol. 3, no 1,‎ , p. 25–26 (lire en ligne, consulté le )
  4. ↑ André Chervel, « Les agrégés de l'enseignement secondaire. Répertoire 1809-1960 » Accès libre, sur https://rhe.ish-lyon.cnrs.fr, (consulté le )
  5. ↑ Rachel George, Brigitte Marin et Marie Zago, « Annuaire des membres de l’École française de Rome. 1873-2020 » Accès libre, sur https://www.efrome.it, (consulté le )
  6. ↑ Jean-Marc Delaunay, « Le petit palais de la rue du Marquis de la Ensenada (1909-1916) », dans Des palais en Espagne : L'École des hautes études hispaniques et la Casa de Velázquez au cœur des relations franco-espagnoles du xxe siècle (1898-1979), Casa de Velázquez, coll. « Bibliothèque de la Casa de Velázquez », , 61–110 p. (ISBN 978-84-9096-099-8, lire en ligne)
  7. ↑ Archives départementales de l'Oise, « Registre des matricules militaires, bureau de recrutement de Compiègne, classe 1880, matricule n°284, RP 904 » Accès libre, sur https://archives.oise.fr (consulté le )
  8. ↑ Aubert 1941, p. 66
  9. 1 2 Aubert 1941, p. 68
  10. ↑ Aubert 1941, p. 69

Voir aussi

modifier

Bibliographie

modifier
  • Marcel Aubert, « Éloge funèbre de M. Eugène Albertini, membre de l'Académie », Comptes rendus des séances de l'Académie des Inscriptions et Belles-Lettres, vol. 85, no 2,‎ , p. 65-70 (ISSN 1969-6663, lire en ligne).
  • Clémentine Gutron, « ALBERTINI Eugène », dans François Pouillon, Dictionnaire des orientalistes de langue française, Paris, Karthala, (ISBN 9782811107901).

Liens externes

modifier