Eugène Guillaume (compositeur)
Eugène Guillaume, né à Namur le et mort à Schaerbeek le , est un pianiste, professeur et compositeur belge de musique classique.
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Biographie
modifierEugène Nicolas Joseph Guillaume, né à Namur le , est le fils aîné de Joseph Guillaume, accordeur à la fabrique de pianos et d'harmoniums Balthasar Florence, et de Désirée Gaillard. Il est issu d'une famille de musiciens et d'artisans. Le , il épouse à Namur Clara Reclercq, originaire de Bomel[1] qui décède en 1928. En 1929, il se remarie avec Lydie Poliart, originaire de Bruxelles[2]. Un fils est né de chaque union.
Il fait ses études à l'Académie de musique de Namur où il décroche un premier prix de piano en 1896. Il entre ensuite au Conservatoire royal de Bruxelles où il obtient des premiers prix de solfège, d'harmonie et d'orgue en 1897, 1899 et 1901. En 1904, il obtient un deuxième prix de fugue au Conservatoire royal de Liège[2].
Dès 1901, il écrit sa première composition musicale avec un Ave Maria pour chœur et orgue[2]. Il étudie ensuite la composition avec Joseph Jongen et l'orchestration avec Paul Gilson[1].
En 1911, il est engagé au Théâtre royal de la Monnaie à Bruxelles comme accompagnateur au piano et chef de chant. En 1913, il est nommé professeur au Conservatoire de musique de Namur, aux Écoles de Musique de Schaerbeek et de Saint-Josse-ten-Noode[1].
Lors de la Première Guerre mondiale, il fuit avec sa famille l'occupation de la Belgique par l'armée allemande en et se réfugie au Royaume-Uni. Avec 91 artistes belges, il s'installe à Aberysthwyth, localité du pays de Galles[2]. Il y forme un orchestre qui se produit dans de nombreuses villes anglaises au bénéfice du Belgian National Relief Fund[1]. En 1916, il déménage à Paris où, pour subvenir à ses besoins, il travaille comme employé comptable et pianiste dans un cinéma de quartier[2]. La Première Guerre mondiale ayant pris fin en , il revient à Namur.
En , il est nommé professeur au Conservatoire royal de Bruxelles dans les classes d'harmonie et de solfège supérieur[1]. Dans les années 1930, il collabore à plusieurs reprises avec l'Institut National de Radiodiffusion (INR) pour composer l'accompagnement musical de ses programmes ou de jeux radiophoniques.
S'inscrivant dans la mouvance sociétale cherchant à élever le niveau culturel de la population wallonne, il donne des concerts de piano et d'orgue dans de nombreux endroits lors de manifestations à caractère éducatif (comme les Concerts d'Hiver, à Namur en 1928), philanthropique, populaire et mondain[2]. Conscient de son rôle social et musical, il n'hésite pas à défendre ses conceptions sur l'art avec vigueur dans plusieurs revues (dont Le Guetteur wallon) et journaux[1].
Lors de la Seconde Guerre mondiale, il organise dans son habitation et avec l'aide de sa femme, les « Samedis Eugène Guillaume », réunions artistiques et littéraires destinées à soutenir le moral de ses proches[1].
Jusqu'en 1947, il enseigne au Conservatoire royal de Bruxelles et, jusqu'en 1952, à celui de Namur[2].
À ses heures perdues, il se faisait photographe laissant un témoignage unique sur Namur et ses environs ainsi que sur la bourgeoisie locale de 1928 à 1935. Ce patrimoine photographique, composé de diapositives stéréoscopiques sur plaques de verre a été redécouvert en 2022.
Il décède à Schaerbeek le . Conformément à ses conceptions philosophiques franc-maçonnes, il est enterré dans l'intimité au cimetière de Schaerbeek[2].
Une partie importante de ses archives est désormais conservée au sein du Fonds Eugène Guillaume de la bibliothèque du Conservatoire royal de Bruxelles[3].
Œuvre musicale
modifierDans sa facture musicale, Eugène Guillaume a été influencé par César Franck dont il admire les œuvres. Il a agencé avec bonheur les formes les plus diverses de composition cherchant à leur donner une touche d'élégance et de fraîcheur : œuvres orchestrales, chœurs, cantates, opéras, jeux radiophoniques, musique de chambre, pièces instrumentales et mélodies[1].
Il a lui-même écrit une partie de ses textes. Pour son inspiration artistique, il a également fait appel à d'autres auteurs tels Adelin-Pierre Dohet, François Bovesse, Maurice de Ombiaux où à de grandes œuvres de la littérature française[2].
Il a reçu plusieurs prix. Un de ses quatuors a été primé au concours international de Bruxelles[4]. En 1925, Eugène Guillaume a deux œuvres primées au Concours international de Rio de Janeiro[5]. La Gaillarde d'argent (pour la musique), prix des Fêtes de Wallonie, lui est décernée par François Bovesse en 1929 et la Gaillarde d'or en 1930 pour la chanson Exil[2].
Il a composé en tout 220 œuvres dont :
- Sonate en fa pour piano (1920) ;
- Automne, trois pièces pour orchestre (1923) ;
- Sonate pour violon (1926) ;
- Romance pour violoncelle (1926) ;
- Au Cinéma, Suite pour piano orchestrée pour Jazz-Band ;
- Partie musicale d'une comédie musicale tirée d'un roman de Maurice des Ombiaux (1931) ;
- Le Potie, cordonnier, opéra comique sur un livret sur Maurice des Ombiaux ;
- Versailles, suite symphonique (1935) ;
- La Petite histoire tragique (1936) ;
- Concerto pour violon (1937) ;
- sept œuvres pour grand orchestre et sept pour petit orchestre ;
- Midone de Bioulx, musique pour jeu radiophonique sur l'INR (1938) ;
- La Farce du Boucher d'Abbeville, musique pour jeu radiophonique sur l'INR (1938) ;
- Wallonie, rapsodie ;
- Éclosion.
Hommages et distinctions
modifierL'Institut National de Radiodiffusion (INR) a programmé à de nombreuses reprises les œuvres d'Eugène Guillaume sur les ondes radiophoniques belges notamment à l'occasion de récitals.
Une exposition lui rend hommage au Mundaneum à Bruxelles en 1954.
En 2024, les clichés réalisés par Eugène Guillaume, exhumés en 2022 par Jean-François Pacco, journaliste et écrivain, ont fait l'objet de l'exposition « Beaux dimanches namurois » aux Archives de l’Etat de Namur[6].
Les distinctions belges suivantes lui ont été décernées :
Officier de l'ordre de la Couronne en 1947[7] ;
Chevalier de l'ordre de Léopold (Belgique) ;- Croix civique de première classe.
Références
modifier- 1 2 3 4 5 6 7 8 Ernest Montellier, Biographie nationale, Bruxelles, Emile Bruylant, (lire en ligne), p. 328-329
- 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 Jean-François Pacco, Beaux dimanches namurois - Les photographies d’Eugène Guillaume, 1928-1935, Namur, Editions photographiques namuroises,
- ↑ « Bibliothèque du Conservatoire royal de Bruxelles, Collections », sur Conservatoire royal de Bruxelles (consulté le )
- ↑ Si, « Au cercle artistique des invalides », Le Soir, , p. 2 (lire en ligne
) - ↑ « Nos musiciens », La Libre Belgique, , p. 2 (lire en ligne)
- ↑ Gregory Fobe, « Un livre et une expo pour découvrir les beaux dimanches namurois de l’entre-deux-guerres », sur RTBF, (consulté le )
- ↑ « Les Namurois de Bruxelles à l'honneur », Vers l'Avenir, , p. 3 (lire en ligne
)
Annexes
modifierBibliographie
modifier- René Lyr, Eugène Guillaume, Annuaire du Conservatoire royal de musique de Bruxelles, 1953, pp. 54-55.
- Ernest Montellier, Eugène Guillaume, Biographie nationale, tome 35, supplément, tome VII, 1969, pp. 328-330. Voir Académie royale de Belgique.
- Paul Moret, Aspects de la musique à Namur pendant le règne d’Albert Ier, Le Guetteur wallon, 1984, no3, pp. 122-131.
- Jules-Louis Tellier. Un musicien wallon, Eugène Guillaume vient de mourir, Vers l’Avenir, .
- Émile-Édouard Terwagne, Le compositeur Eugène Guillaume, Texte dactylographié d’une conférence, , Bibliothèque du Conservatoire royal de Bruxelles, Fonds Eugène Guillaume, CR-A-0572-(001), notice.
- Jean-François Pacco, Beaux dimanches namurois - Les photographies d’Eugène Guillaume, 1928-1935, éditions photographiques namuroises, 2024.
- Fonds Eugène Guillaume [partitions, affiches, programmes de concerts, photos, correspondances, etc.]. Cote : CR-A. Bruxelles : Bibliothèque du Conservatoire royal de Bruxelles. Voir Catalogue et Collections.
- Collection de diapositives stéréoscopiques privées prises par Eugène Guillaume, conservée aux Archives de l'Etat à Namur : AGATHA – L'environnement de recherche des Archives de l'État.