Eugène Guyon
Eugène Guyon, né le à Poitiers et mort le à Paris, est un journaliste français, directeur du journal bonapartiste La Patrie entre 1872 et 1893.
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Gaston de Saint-Valry (d) |
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Biographie
modifierNé à Poitiers, rue de la Croix-Blanche, le 14 avril 1828, Jacques Eugène Guyon est le fils de Jeanne Guyon, née Rossignol, et de François Guyon, employé aux ponts et chaussées[1].
Après avoir terminé ses études dans un collège de l'académie de Caen, il entre comme employé à la préfecture de la Vienne, où il reste pendant sept[2] ou huit ans[3].
Nommé inspecteur des travaux du Louvre dans le service extraordinaire du ministère d’État en 1856, Guyon s'installe à Paris. En 1857, à l'occasion de l'inauguration du Louvre, il fait ses premiers pas dans la presse en rédigeant un article pour Le Pays. En 1859-1860, il collabore, sous le pseudonyme de « Pierre de Montmartre », aux éphémères Nouvelles de Paris de Louis Lemercier de Neuville[4]. En 1860, il entre au Crédit foncier de France, où il occupe le poste de chef de bureau. Entre 1863 et 1870, il collabore au Journal des instituteurs, au Journal général de l'instruction publique (dans lequel il combat les projets de Victor Duruy relatifs à une réforme de l’enseignement supérieur), à la Chronique de René de Rovigo ainsi qu'au Lloyd universel et, en tant que correspondant, à plusieurs journaux étrangers ou de province[3].
En juillet 1871, Guyon entre à La Patrie, dont il prend la tête à partir de l'année suivante en tant que directeur-gérant[5], directeur politique et rédacteur en chef[3], à l'époque où le baron de Soubeyran, également propriétaire du Soir et du Paris-Journal, acquiert La Patrie, qu'il conservera jusqu'en 1884[6].
En 1874, sous le régime de l'Ordre moral, Guyon est nommé chevalier de la Légion d'honneur[1] pour « services exceptionnels rendus dans la presse à la cause de l'ordre ». Selon un journaliste républicain, ces services ne seraient autres que les attaques menées par La Patrie contre Arthur Ranc (pourtant ancien camarade de classe de Guyon) et contre Adolphe Thiers lors de la chute de ce dernier[7]. Membre du Syndicat de la presse parisienne, Guyon est l'un des cofondateurs de l'Association des journalistes parisiens en 1885. Malgré la réorganisation de la société exploitant La Patrie, consécutive à l'effacement de Soubeyran (1884), Guyon conserve la direction du quotidien jusqu'en janvier 1893 : poussé vers la sortie par Jules Jaluzot, propriétaire du journal depuis le mois d'avril 1892[6], il décide alors de prendre sa retraite[8].
Âgé de 68 ans, Eugène Guyon succombe à une embolie du cœur[9] le 29 avril 1896, au no 11 de la rue de Verneuil[10]. Affectée par la mort de son mari, sa veuve, Virginie Angèle Guyon, née Morin, ne lui survit que quelques heures[11]. Leurs corps sont donc inhumés ensemble au cimetière du Montparnasse (17e division) après des obsèques célébrées en l'église Saint-Thomas-d'Aquin[12].
Outre ses travaux journalistiques, on doit à Guyon des essais politiques, des romans et des nouvelles[3]. Il était maire de Gif-sur-Yvette, en Seine-et-Oise, depuis 1884.
Notes et références
modifier- 1 2 Dossier LH//1252/31 consultable dans la base Léonore.
- ↑ Gubernatis, p. 1127.
- 1 2 3 4 Larousse, p. 1357.
- ↑ Louis Lemercier de Neuville, Souvenirs d'un montreur de marionnettes, Paris, 1911, p. 114.
- ↑ Le 2 novembre 1872, Gaston de Saint-Valry apparaît encore, en page 3, comme le directeur-gérant de La Patrie. Dans le numéro du lendemain, son nom est remplacé par celui d'E. Guyon, avec le titre d'« administrateur-gérant » (La Patrie, 3 novembre 1872, p. 3).
- 1 2 Louis Charlet (dir.), Histoire générale de la presse française, t. III, Paris, 1972, p. 339.
- ↑ La République française, 10 mars 1874, p. 2.
- ↑ Le Figaro, 21 janvier 1893, p. 1.
- ↑ La Patrie, 30 avril 1896, p. 1.
- ↑ Archives de Paris, état civil du 7e arrondissement, registre des décès de 1896, acte no 712 (vue 6 sur 31).
- ↑ Archives de Paris, état civil du 7e arrondissement, registre des décès de 1896, acte no 714 (vue 6 sur 31).
- ↑ La Patrie, 2 mai 1896, p. 2.
Voir aussi
modifierBibliographie
modifier- Angelo De Gubernatis, Dictionnaire international des écrivains du jour , 2e section, Florence, Niccolai, 1890, p. 1127 (consultable sur Gallica).
- Pierre Larousse (fondateur), Grand Dictionnaire universel du XIXe siècle, t. XVII, 2e supplément, Paris, 1888, p. 1357 (consultable sur Gallica).
Liens externes
modifier- Ressource relative à la vie publique :