Eugène Ribère
Eugène Ribère, né le à Thuir (Pyrénées-Orientales) et mort le à Bordeaux (Gironde), est un joueur international français de rugby à XV évoluant au poste de troisième ligne aile, devenu ensuite entraîneur.
| Naissance |
Thuir (France) |
|---|---|
| Décès |
Bordeaux (France) |
| Taille | 1,80 m (5′ 11″) |
| Poste | Troisième ligne aile |
| Période | Équipe | M (Pts)a |
|---|---|---|
| 1916-1921 1921-1927 1927-1933 |
US Thuir US Perpignan US Quillan |
| Période | Équipe | M (Pts)b |
|---|---|---|
| 1924-1933 | 34 (27)[1] |
| Période | Équipe | |
|---|---|---|
| 1933-1936 | RC Narbonne |
a Compétitions nationales et continentales officielles uniquement.
b Matchs officiels uniquement.
Dernière mise à jour le 21 novembre 2024.
Formé à l'US Thuir, il joue ensuite à l'US Perpignan, championne de France en 1925, puis à l'US Quillan, qu'il mène comme capitaine à trois finales consécutives du championnat de France, dont une victorieuse en 1929.
International français de 1924 à 1933, il compte 34 sélections, à une époque où l'équipe de France ne dispute quasiment que le Tournoi des Cinq Nations, soit quatre ou cinq matchs par an. Eugène Ribère fait partie des équipes qui battent pour la première fois l'Angleterre en 1927 et le pays de Galles en 1928. Il détient le record de sélections en équipe de France jusqu'en 1952.
A l’issue de sa carrière de joueur, il entraîne le RC Narbonne, avec qui il est champion de France en 1936.
Biographie
modifierJeunesse et débuts à Thuir
modifierEugène Ribère naît le à Thuir, dans une famille de menuisiers et a trois frères[2]. Il exerce plus tard la profession de commerçant.
L'un de ses frères, Lucien, trois-quarts centre et capitaine d'une équipe de Thuir, l'initie au rugby à XV. Ainsi, à quatorze ans, Eugène Ribère débute dans la petite équipe de son village, créé avec son frère Lucien[3]. Encore frêle, il joue demi de mêlée[4]. D'autres joueurs de niveau national y font leurs débuts, notamment le demi de mêlée Pomarède, passé ensuite par l'AS Béziers et le CASG Paris, et Coderch, trois-quarts centre de l'US Perpignan[2]. En club, Ribère occupe longtemps les postes de trois-quarts centre et d'ailier avant de se fixer chez les avants[2]. Lucien meurt pendant la Première Guerre mondiale[2].
Eugène Ribère pratique aussi l'athlétisme, avec des performances de 11,6 secondes au 100 mètres, 55 secondes sur 400 mètres, 1,72 m en saut en hauteur et 6,27 m en saut en longueur[2].
En 1920, capitaine de l'US Thuir, il remporte le championnat du Languedoc de 2e série, son premier titre officiel[2].
Service militaire, US Perpignan et débuts en équipe de France
modifierEn 1921, il est incorporé au 502e régiment de chars d'assaut à Béziers, dont l'équipe de rugby rassemble alors de nombreux joueurs de premier plan[4]. Sa demande de jouer en équipe première est d'abord accueillie avec ironie, mais un seul match lui suffit pour démontrer sa valeur et gagner sa place. Au même moment, il intègre l'équipe première de l'US Perpignan sur les conseils de Roger Ramis[4], à partir de la saison 1922-1923[5].
Champion de France militaire, il est sélectionné la même année dans l'équipe de l'Armée française[6]. Pour son premier match avec cette sélection, disputé à Twickenham, l'équipe militaire française bat la formation britannique 15 à 6, et il est aligné aux cotés de joueurs comme Christian Magnanou ou Louis Cluchague[7]. Ribère a pour vis-à-vis le capitaine de l'Écosse, Charlie Usher (en), à qui il tient la dragée haute durant la partie[2]. Il se met en évidence en serrant fortement la main du prince de Galles, le futur roi Édouard VIII, lors de la présentation des équipes[8]. A la suite de cette rencontre, il dispute une rencontre de sélection à Pau, au stade de la Croix du Prince, en vue d’intégrer prochainement la sélection[9].
Ribère honore ainsi sa première cape en équipe de France au cours de la saison 1923-1924, face à l’Irlande[10]. Ce match, perdu sur le score de 6 à 0, est très heurté, et est surtout marqué par la grave fracture de la jambe du capitaine René Crabos[11],[12]. Jugé en deçà des attentes par les sélectionneurs[2], Ribère est alors écarté au profit de Alex Bioussa pour le match face au pays de Galles durant le Tournoi des Cinq Nations 1924[13]. Cette mise à l'écart ne dure pas, et il gagne ses galons de titulaire du XV de France[2].
Revenu à la vie civile en 1924, il rejoint de nouveau les rangs de l'US Perpignan[14]. Cette saison-là, le club atteint la finale du championnat de France[15] qu’il remporte en deux fois face à l’US Carcassonne[16]. Durant la saison, il est sélectionné pour affronter les All Blacks à Toulouse[17].
US Quillan et capitanat du XV de France
modifierJoueur polyvalent, il s’impose en équipe de France comme un joueur complet, parfois décalé au poste de centre afin de mettre l’accent sur la défénse, comme lors de la défaite face à l’Irlande au Ravenhill Stadium de Belfast, lors du Tournoi des Cinq Nations 1926[18].

En 1927, Ribère rejoint l'US Quillan, dont il devient le capitaine[19]. Sous la houlette de son mécène Jean Bourrel, le club de Quillan gravit les échelons du rugby français à toute vitesse, étant sacré champion de France de 3e série en 1921-1922, puis champion du Languedoc de 2e série en 1923-1924, et enfin champion de la division Honneur régionale lors de la saison suivante, en 1925-1926[20]. Il travaille alors au service comptabilité de l’usine de Jean Bourrel, avec son co-équipier Marcel Baillette[20],[21].
En équipe de France, il participe à la première victoire française sur l'Angleterre en 1927[4], puis à la première sur le pays de Galles en 1928[2].

Il conduit le club à trois finales consécutives du championnat de France[2]. La première finale se solde par une défaite en 1928 face à la Section paloise[22], la seconde par une victoire en 1929 face au FC Lézignan[23], puis la derniére par une défaite en 1930 face au SU Agen[24].
A la suite du différent entre la FFR et certains clubs français qualifiés d'amateurs marrons[25], le club de l’US Quillan est dissous en 1930[26]. Si son co-équipier Jean Galia se lance définitivement dans le rugby à XIII, Ribère, quant à lui, reste fidèle au XV et revient initialement dans son premier club de Thuir[27], avant de rester à Quillan et devenir l’un des artisans de la continuité des activités sportives du club[28], sous le nom de Stade quillanais[29], au stade Jean-Bourrel[30].
Plus tard dans la saison, devenu capitaine, il mène le XV de France à la deuxième place du Tournoi 1930, performance répétée lors de l’édition suivante, en 1931[2]. En , au stade de Colombes, il est notamment le capitaine de l'équipe de France qui bat l'Angleterre. Il y dispute son 31e match international et égale à cette occasion le record co-détenu par Adolphe Jauréguy et Aimé Cassayet[2].
Dans la foulée, Eugène Ribère annonce alors que le match France-Allemagne du dimanche suivant sera son dernier en sélection[2]. C’est au cours de ce match qu’il devient officiellement recordman des sélections en équipe de France[3]. Il revient pourtant rapidement sur cette décision et reste international jusqu'en 1933. Son total de 34 sélections reste le record français jusqu'à ce que Jean Prat le dépasse en 1952[31].
Entraîneur
modifierDevenu entraîneur, il prend les commandes du RC Narbonne en 1933[32], club qu’il mène au titre de champion de France en 1936[33].
En 1943, il devient entraineur de l’Olympique de Saint-Denis [34].
Style de jeu
modifierEn 1931, Le Miroir des sports décrit Ribère comme un joueur complet et rapide, capable de tenir n'importe quel poste grâce à sa formation de trois-quarts, et à l'aise dans tous les aspects du jeu, qu'il s'agisse des mêlées, des touches ou de l'organisation de l'attaque et de la défense[2].
Palmarès
modifierJoueur
modifier- 34 sélections en équipe de France, de 1924 à 1933 (12 fois capitaine (seulement dépassé par Adolphe Jauréguy avant-guerre à 13 capitanats), il marqua 7 essais)
- Recordman des sélections en équipe de France durant vingt ans (détrôné par Jean Prat en 1952).
- 10 Tournois des Cinq Nations consécutifs, également de 1924 à 1933 (record avant-guerre, devant Adolphe Jauréguy à 9 participations)
- 2e des éditions 1930 et 1931 du Tournoi, tout en étant capitaine (deux dernières participations des Français, avant leur exclusion par les Britanniques)
- Vainqueur pour la 1re fois de l'Angleterre, en 1927
- Vainqueur pour la 1re fois du pays de Galles, en 1928
Vice-champion olympique en 1924- Champion de France en 1925 avec l'US Perpignan
- Champion de France en 1929 avec l'US Quillan (et capitaine dès son arrivée en 1927)
- Champion du Languedoc en 1920 avec Thuir (+ 1925, 1928, 1929 et 1930)
- Vice-champion de France en 1928 et 1930 avec Quillan (et capitaine les 2 fois)
Entraîneur
modifier- Champion de France en 1936 avec le RC Narbonne
Notes et références
modifier- ↑ (en) « Eugène Ribère », sur www.espnscrum.com (consulté le ).
- 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 15 Marcel de Laborderie, « L'HOMME SPORTIF DU JOUR : EUGÈNE RIBÈRE », Le Miroir des sports, (consulté le ).
- 1 2 F. Janson, « Ribère, capitaine des coqs sera aujourd’hui le recordman des sélections », Paris-Midi, (consulté le )
- 1 2 3 4 C. Colomiès, « Confidences de l’international Ribère », sur Gallica, Midi olympique, (consulté le )
- ↑ Jean Baillette, US Thuir : chronique rugbystique et sportive du temps ancien, 1900-1950, FeniXX, (ISBN 978-2-307-56225-2, lire en ligne), p. 47
- ↑ « Autour des touches », sur Gallica, L'Auto, (consulté le )
- ↑ Roger William Magnanou, « A TWICKENHAM, L'ARMÉE FRANÇAISE BAT L'ARMÉE ANGLAISE EN RUGBY », Le Miroir des sports, (consulté le )
- ↑ « Quelques anecdotes », Le Miroir des sports, (consulté le )
- ↑ « Le dernier match de sélection de rugby à Pau, disputé dans la boue, se termina par une nette défaite de l'équipe de France, 12 points à 0. », Le Miroir des sports, (consulté le )
- ↑ F. Esterade, « La nouvelle équipe de France », L'Écho des Sports, (consulté le )
- ↑ Charles Gondouin, « La malchance de la France à Dublin », Sporting, (consulté le )
- ↑ « Les jours se suivent : le « quinze » de France, victorieux de l'Écosse, est battu par l'Irlande, pourtant considérée comme peu redoutable », Le Miroir des sports, (consulté le )
- ↑ Roger William Magnanou, « Le Miroir des sports : publication hebdomadaire illustrée », sur Gallica, (consulté le )
- ↑ Gaston Bénac, « Narbonne est battu par Perpignan, Biarritz par Soustons, et le T.O.E.C. résiste au champion », Le Miroir des sports, (consulté le )
- ↑ Roger Peyronnet de Torrès, « C'est l'U.S. Perpignan qui jouera, dimanche, contre Carcassonne, la finale du championnat de France de rugby, à Toulouse. », Le Miroir des sports, (consulté le )
- ↑ Géo André, « Grâce à un magnifique exploit personnel de Ramis, Perpignan bat Carcassonne et devient champion de France de rugby », Le Miroir des sports, (consulté le )
- ↑ André Glarner, « Malgré une énergique défense de l'équipe de France, les All Blacks ont remporté, à Toulouse, une nouvelle victoire », Le Miroir des sports, (consulté le )
- ↑ Géo André, « Défavorisée par un arbitrage discuté, l'équipe de France de rugby est battue à Belfast par le « quinze » irlandais », Le Miroir des sports, (consulté le )
- ↑ Gaston Bénac, « LA FINALE DU CHAMPIONNAT DE FRANCE (EXCELLENCE) - QUILLANAIS OU PALOIS ? », L'Auto, (lire en ligne, consulté le )
- 1 2 Marcel de Laborderie, « À Quillan, ville toute petite par sa population, mais grande par le rugby », Le Miroir des sports, (consulté le )
- ↑ Marcel de Laborderie, « Dernier coup d'œil sur le rugby dans l'Aude et l'Hérault [De notre envoyé spécial] - Suite et fin », Le Miroir des sports, (consulté le )
- ↑ Marcel de Laborderie, « À Toulouse, la Section paloise, favorite de l'épreuve nationale, bat l'US Quillan en finale du Championnat de France de rugby », Le Miroir des sports, (lire en ligne, consulté le )
- ↑ Gaston Bénac, « L'U.S. Quillanaise, la meilleure équipe de la saison, est Champion de France », sur Gallica, L'Auto, (consulté le )
- ↑ Jean Lafourcade, « Agen a dépossédé Quillan de son titre de champion de France », sur Gallica, L'Auto, (consulté le )
- ↑ Edouard de Luze, « La raison d'être du Tournoi des douze », L'Auto, (lire en ligne, consulté le )
- ↑ « Dispersion », Le Miroir des sports, (consulté le )
- ↑ « Où vont les as quillanais? », Paris-Midi, (consulté le )
- ↑ M.D., « Combinazione », Midi olympique, (consulté le )
- ↑ « Le Miroir des sports : publication hebdomadaire illustrée », sur Gallica, (consulté le )
- ↑ Marcel de Laborderie, « L’U.S. Montauban succède au glorieux Stade Toulousain sur le palmarès des champions du Comité des Pyrénées », Midi olympique, (consulté le )
- ↑ Jean Prat, « C'EST POUR AUTHENTIFIER UNE ERREUR D'AFFICHAGE QUE J'AI MARQUE CONTRE L'ECOSSE, A COLOMBES, LE BUT DE LA VICTOIRE », But-Club et le Miroir des sports, (consulté le )
- ↑ Soustre, « LE RECORDMAN DE LA SELECTION EUGENE RIBERE ENTRAINERA NARBONNE », L'Auto, (consulté le )
- ↑ Marcel de Laborderie, « Le Racing Club de Narbonne, champion de France de Rugby », sur Gallica, Le Miroir des sports, (consulté le )
- ↑ « Eugène Ribère devient entraîneur de l'Olympique de Saint-Denis », La Dépêche, (consulté le )
Liens externes
modifier- Ressources relatives au sport :