Eugène Spuller
Eugène Spuller, né le à Seurre (Côte-d'Or) et mort le à Sombernon (Côte-d'Or), est un avocat, écrivain, journaliste et homme politique français. Fidèle de Léon Gambetta, il accompagne celui-ci lors de son échappée en ballon monté vers Tours le , alors que Paris était encerclé par les troupes prussiennes.
| Eugène Spuller | |
Eugène Spuller, photographie de Pierre Petit. | |
| Fonctions | |
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| Sénateur français | |
| – (4 ans, 2 mois et 29 jours) |
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| Circonscription | Côte-d'Or |
| Député français | |
| – (6 ans, 6 mois et 11 jours) |
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| Élection | 18 octobre 1885 |
| Réélection | 22 septembre 1889 |
| Circonscription | Côte-d'Or |
| Législature | IVe et Ve (Troisième République) |
| Groupe politique | Union républicaine (1889-1892) |
| Successeur | Pierre Guéneau |
| – (9 ans et 8 mois) |
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| Élection | 5 mars 1876 |
| Réélection | 14 octobre 1877 21 août 1881 |
| Circonscription | Seine |
| Législature | Ire, IIe et IIIe (Troisième République) |
| Groupe politique | Union républicaine |
| Prédécesseur | Circonscription créée |
| Successeur | Circonscription supprimée |
| Ministre de l'Instruction publique, des Beaux-Arts et des Cultes | |
| – (5 mois et 27 jours) |
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| Gouvernement | Casimir-Perier |
| Prédécesseur | Raymond Poincaré |
| Successeur | Georges Leygues (Instruction publique et Beaux-Arts) Charles Dupuy (Cultes) |
| – (6 mois et 12 jours) |
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| Gouvernement | Rouvier I |
| Prédécesseur | Marcellin Berthelot (Instruction publique et Beaux-arts) René Goblet (Cultes) |
| Successeur | Léopold Faye |
| Ministre des Affaires étrangères | |
| – (1 an et 23 jours) |
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| Gouvernement | Tirard II |
| Prédécesseur | René Goblet |
| Successeur | Alexandre Ribot |
| Sous-secrétaire à la présidence du Conseil | |
| – (2 mois et 16 jours) |
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| Gouvernement | Gambetta |
| Prédécesseur | Edmond Turquet |
| Successeur | Fonction supprimée |
| Biographie | |
| Nom de naissance | Jacques-Eugène Spuller |
| Date de naissance | |
| Lieu de naissance | Seurre, Côte-d'Or |
| Date de décès | (à 60 ans) |
| Lieu de décès | Sombernon, Côte-d'Or |
| Nationalité | Française |
| Parti politique | Républicain modéré |
| Diplômé de | Faculté de droit de Dijon |
| Profession | Avocat, écrivain, journaliste |
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Famille et formation
modifierEugène Spuller est le fils d'André Spuller (1789-1851), un boucher à Saint-Seine-l'Abbaye puis à Seurre (Côte-d'Or). D'origine allemande, il est né à Forchheim (Kaiserstuhl, Bade-Wurtemberg). Sa mère est Marie Denizot (1799-1853), fille d'un propriétaire de Sombernon (Côte-d'Or). Il a une sœur, Rose-Pauline, et un frère, François-Auguste qui deviendra préfet de la Haute-Marne au début de la Troisième République[1].
Le , un jugement du tribunal civil de Beaune change le nom Spulerr en Spuller[1].
À l'âge de douze ans, en 1847, il part continuer ses études au lycée à Dijon où il étudiera ensuite le droit. En 1862, il s'établit à Paris, et y fut admis au barreau[2].
Carrière d'avocat
modifierParcours politique
modifierIl aida Émile Ollivier pendant sa campagne électorale à Paris en 1863, mais quand, en 1869, celui-ci se prépara à « rallier » l'Empire, Spuller soutint le candidat républicain. Il publia à cette époque une Petite histoire de l'Empire, qui servit de propagande contre le régime en place et fut diffusée à travers la France, elle servit également de base à d'autres publications similaires[2].
Lors de la guerre franco-prussienne, le , pendant le siège de Paris, il s'échappe en ballon avec Gambetta, devenant son énergique lieutenant en province.
Parlementaire républicain
modifierIl fut élu enfin député de la Seine (3e circonscription de Paris) le , puis réélu en 1877 et en 1881. Enfin, le , il fut élu député de la Côte-d'Or (2e circonscription de Beaune), le restera jusqu'en 1892[4]. Il fut élu vice-président de la Chambre des députés le puis réélu à ce même poste le [5].
Il deviendra ensuite sénateur de ce département le (réélu le ) jusqu'à son décès en 1896[6]. Après la mort de Jules Ferry, il présida brièvement l'Association nationale républicaine (1893).
Lors de la crise du 16 mai 1877, il rédige le manifeste des 363 à l'encontre du président de la République, Mac-Mahon.
Ministre
modifier- Sous-secrétaire à la présidence du Conseil du au dans le gouvernement Gambetta.
- Ministre de l'Instruction publique, des Beaux-Arts et des Cultes du au dans le gouvernement Rouvier I.
- Ministre des Affaires étrangères du au dans le gouvernement Tirard II. Il était en poste lors de l'Exposition universelle de Paris en 1889[5].
- Ministre de l'Instruction publique, des Beaux-Arts et des Cultes du au dans le gouvernement Casimir-Perier.
Le , Eugène Spuller et d'autres membres du gouvernement français ont officiellement présenté la statue de la Liberté aux États-Unis. Après la cérémonie, la statue a été démontée et placée dans 210 caisses de bois. Le paquebot qui la transportait est parti pour New-York le . Eugène Spuller représentera le Parlement français lors de l'inauguration de la statue à New-York en [3].
« Esprit nouveau »
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Alors qu'il était ministre de l'Instruction publique, des Beaux-Arts et des Cultes, il prononça le à la Chambre un important discours sur l'« esprit nouveau » qui animait le gouvernement opportuniste à l'égard des catholiques ralliés, rompant ainsi avec l'anticléricalisme issu du programme de Belleville. Il considérait que la politique religieuse devait être marquée par davantage de tolérance. Lui qui avait jusqu'alors soutenu la laïcité et lutté contre la suprématie de l'Église sur l'État, il exprima dans ce discours « la nécessité d'envisager les relations de l’Église et de l’État dans un esprit nouveau »[5]. Cette prise de position lui fut reprochée comme une infidélité à son passé politique. Après la chute du gouvernement Jean Casimir-Perier le , il ne jouera plus aucun rôle de premier ordre[7].
Journaliste
modifierIl contribua à de nombreux journaux dont L'Europe (journal français à Francfort), pour lequel il était correspondant en 1866, Le Nain jaune, le Journal de Paris, et L'Encyclopédie générale.
En 1868, il collabora avec Gambetta à la création de la Revue politique, dont il a été l'un des principaux rédacteurs avec Paul-Amand Challemel-Lacour, Léon Gambetta, Jules Ferry, Henri Brisson, etc. Cette même année, il fonda avec son frère, qui allait devenir préfet, un journal hebdomadaire qui s'adressait aux habitants des campagnes, le Journal de Langres[2].
Il a été longtemps le rédacteur en chef de La République française, revue qu'il fonda aussi avec Gambetta en . Il publia par ailleurs de nombreux articles dans d'autres journaux républicains[5].
Écrivain
modifierParallèlement à son activité politique, Eugène Spuller était aussi écrivain. Parmi ses écrits, on retrouve : Petite Histoire du second Empire (1870), Conférences populaires (deux volumes, 1879-1892), Ignace de Loyola et la compagnie de Jésus (1876), J. Michelet, sa vie et ses œuvres (1876), Au Ministère de l'instruction publique (2 volumes, 1885-1895), Figures disparues. Portraits contemporains, littéraires et politiques (deux volumes, 1886-1891), Histoire parlementaire de la Seconde République suivie d'une petite Histoire du Second Empire (1891), Lamennais : étude d'Histoire politique et religieuse (1892), L'évolution politique et sociale de l'église (1893), Royer-Collard (1895), et Hommes et choses de la Révolution (1896)[8].
Mort
modifierEugène Spuller est décédé à Sombernon (Côte-d'Or) le à la suite d'une longue et douloureuse maladie[5]. Il est inhumé au cimetière du Père-Lachaise (division 65)[9] à Paris. Sa tombe est surmontée d'une statue du sculpteur bourguignon Paul Gasq, qui représente l’Éducation nationale[10], et d'un buste à son effigie. Lors de l'inauguration de la statue, le , le philosophe Louis Liard parla d'Eugène Spuller en ces termes[7] :
« En entrant au ministère de l'instruction publique, il avait pu porter sur lui-même ce témoignage : « Je n'y entre pas comme un étranger qui pénètre pour la première fois dans un atelier où l'on travaille à un ouvrage qui lui est inconnu ». En le quittant, il put dire avec autant de vérité : « J'ai pris ma fonction au sens propre du mot ; j'ai tenu à être le premier instituteur de la nation. »
À son décès, ses papiers de fonctions relatifs à ses responsabilités ministérielles aux Affaires étrangères ont été saisis et remis aux Archives nationales, où ils sont aujourd'hui consultables[11].
Hommages
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- Une rue de Paris porte son nom.
- Un boulevard porte son nom à Dijon : le boulevard Eugène-Spuller.
- Une statue d'Eugène Spuller par Paul Gasq se trouve dans la mairie de Sombernon, commune où il est mort[12].
Notes et références
modifier- 1 2 Vincent Wright, Les Préfets de Gambetta, Paris, Presse de l'Université de Paris-Sorbonne, , 482 p. (ISBN 978-2-84050-504-4, lire en ligne), Spuller François-Auguste
- 1 2 3 « Biographie d'Eugène Spuller par A.Robert et G.Cougny », sur assemblee-nationale.fr (consulté le )
- 1 2 Nicolas Rouillard, « Spuller, ce célèbre inconnu », Le Bien Public, (lire en ligne)
- ↑ « Page d'Eugène Spuller sur le site de l'Assemblée nationale », sur assemblee-nationale.fr (consulté le )
- 1 2 3 4 5 « Biographie d'Eugène Spuller par J.Jolly », sur assemblee-nationale.fr (consulté le )
- ↑ « Page d'Eugène Spuller sur le site du Sénat », sur senat.fr (consulté le )
- 1 2 Maurice Pellisson, « Spuller », sur inrp.fr (consulté le )
- ↑ (sv) Nordisk familjebok, Stockholm, (lire en ligne), Spuller, Eugène
- ↑ Paul Bauer, Deux siècles d'histoire au Père Lachaise, Mémoire et Documents, , 867 p. (ISBN 978-2-914611-48-0), p. 730
- ↑ (en) « OBITUARY RECORD. », The New York Times, (ISSN 0362-4331, lire en ligne, consulté le )
- ↑ « Inventaire des archives Spuller (164PAAP) », sur diplomatie.gouv.fr
- ↑ « Monument à Eugène Spuller – Sombernon », sur e-monumen.net (consulté le )
Voir aussi
modifierBibliographie
modifier- Nathalie Bayon, Eugène Spuller (1835-1896) : itinéraire d'un républicain entre Gambetta et le ralliement, Villeneuve-d'Ascq, Presses universitaires du Septentrion, coll. « Histoire et civilisations », , 314 p. (ISBN 2-85939-857-0, présentation en ligne).
- « Eugène Spuller », dans Adolphe Robert et Gaston Cougny, Dictionnaire des parlementaires français, Edgar Bourloton, 1889-1891 [détail de l’édition].
- « Spuller, Eugène » dans Nordisk familjebok (deuxième édition, 1917) : (sv) Nordisk familjebok, Stockholm, (lire en ligne), Spuller, Eugène.
Articles connexes
modifierLiens externes
modifier- Archives conservées par : Archives diplomatiques (164PAAP, 164paap_cle011836-1__papiers_eugene_spuller.pdf)
- Ressources relatives à la vie publique :
- Ressource relative à la recherche :